Les incohérences de Paul Le Guen & Cie

Publié le par Mahalia Nteby

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Un tiers-mondiste deux tiers mondain : Il est au moins un podium sur lequel les Camerounais sont sûrs de monter. Il a ainsi été divulgué que l’équipe nationale de football du Cameroun fera partie du trio de tête en matière d’hébergement de luxe pendant l’épopée sud africaine (319 euros la nuitée), juste derrière la France (589 euros la nuit, Zahia exclue) et le Japon (395 euros). Pas mal, pour un pays pauvre très endetté qui devance ainsi de plusieurs longueurs des contrées notoirement démunies comme l’Allemagne, l’Italie, les Pays Bas. 

 

Perte de mémoire : Dans une interview donnée récemment, Alexandre Ribeiro, coordonnateur sportif national, connait au centime près le prix de l’hébergement de la Serbie («300 euros») mais est victime d’une inquiétante amnésie foudroyante («je ne connais pas exactement le prix») dès lors que l’on aborde le tarif de l’hôtel choisi pour l’équipe du Cameroun. Rappel : le sieur Ribeiro est sur la feuille de paie du contribuable camerounais parce qu’il a été chargé par le ministre Michel Zoah (Sports et Education Physique) de négocier tous les arrangements logistiques liés aux déplacements des Lions indomptables.

 

Attention spéciale : Le 11 avril, Paul Le Guen assurait en conférence de presse : «On ne traite pas le cas Rigobert Song comme certains autres. On fait attention. On prend toute la dimension du joueur, du capitaine qu’il était.» On a vu. Depuis son arrivée à la tête de la sélection nationale camerounaise, le Breton n’a parlé que deux fois à l’ancien capitaine, à qui il a enlevé le brassard sans même avoir la décence et la politesse de le lui dire en face. Les deux fois où il lui a adressé la parole, c’était devant les caméras, une veille de match, pour lui annoncer qu’il ne l’alignerait pas. Depuis lors, silence total. Quelle pudeur ! Quelle sensibilité ! Si c’est le traitement particulier que Paul Le Guen réserve à ceux qu’il respecte, qu’est-ce que ça doit être quand quelqu’un n’est pas dans ses bonnes grâces ?!

 

Bienheureux chassé-croisé : Alors que le staff technique des Lions s’attèle à entretenir un suspens quant à la liste des 30 joueurs qui seront provisoirement sélectionnés pour participer à la Coupe du monde en Afrique du Sud, il laisse quand même filtrer quelques informations sur les amateurs observés. Au compte-goutte et pas tout à fait par hasard. Il y en aurait ainsi trois ou quatre qui pourraient éventuellement postuler au stage de préparation débutant en Autriche le 20 mai, dont un qui survolerait le reste de la masse et se retrouverait peut-être parmi les 23 qui iront disputer l’aventure sud africaine. Peuchère ! Ceux qui croient qu’il pourrait s’agir de l’un des deux joueurs locaux ayant été sélectionnés dans des conditions abracadabrantesques pour le match amical contre l’Italie se fourvoient complètement. Le deal pour celui-là était de le faire jouer quinze minutes à Monaco. M’est avis que nous aurons la «surprise» de constater que l’heureux élu sera plutôt un joueur de Coton Sport qui vient de signer son transfert à Valenciennes et qui est représenté par Maxime Nana, lui-même agent de joueur très proche d’Alexandre Ribeiro. C’est fou comme les boucles se bouclent, quelques fois. C’est qu’on aurait tendance à oublier que le football est, pour certaines gens, un business avant tout, et très lucratif avec ça.

 

Concurrence sélective : Force est de constater que la notion de mise en concurrence est très élitiste dans l’entendement de Paul Le Guen. En fait, depuis son arrivée, elle semble se restreindre à deux joueurs : Gérémi Njitap et Rigobert Song. «Tous les week-ends, je scrute leurs performances quand ils jouent. Je suis très attentif. Je me déplace, je les vois et après, je ferai le meilleur choix possible pour le Cameroun et pour la sélection.» Bizarre quand même qu’il ait subitement besoin d’une telle observation microscopique, lui qui affirme lors de la même interview ne pas avoir eu besoin de les sélectionner pour le match contre l’Italie parce qu’il «les connaissait bien» et qu’il avait d’autres joueurs à tester ce jour là. Tant pis pour ceux qui y voient un acharnement sélectif. Mais Paul Le Guen n’en est plus à une contradiction près. «Quand je prends une décision, je tiens compte de tous les paramètres. Il y a la valeur du joueur, ce qu’il peut apporter au groupe, son expérience, sa fraîcheur, sa valeur intrinsèque.» Il est évident qu’avec de tels critères, Rigobert Song sera parmi les premiers à aller en Afrique du Sud. Cela dit, c’est bien beau de focaliser toute l’attention sur la défense, mais si on n’encaisse aucun but et qu’on n’en marque pas, on ne gagne pas de match. A contrario, une équipe qui encaisse 3 buts et en marque 4 sort toujours vainqueur du terrain. Si la stratégie de Le Guen était de ne pas aligner les joueurs qu’il connaissait déjà afin de tester de nouvelles options, l’on peut se demander pourquoi il n’a pas fait également sortir certains de nos attaquants qu’il connait sur le bout des doigts et du micro pour laisser une opportunité de jeu conséquente à la relève. Honni soit qui mal y pense !

 

Soumission inattendue : Le stage des amateurs, autour duquel a été fait tout un battage médiatique, s’est achevé le 15 avril, soit un jour plus tôt que prévu. Raison avancée par Paul Le Guen : Les entraineurs locaux en auraient exprimé le souhait. Mignon. On ne le savait pas si malléable. «Je suis le seul qui décide de la tactique », martelait-il il y a peu, insistant sur le fait que quand bien même il fait l’objet de pressions, seuls ses choix comptent au final. Vous faites partie de ceux qui s’étonnent donc de la servilité inopinée de Paul Le Guen quant à l’arrêt prématuré du stage des amateurs ? Circulez, il n’y a rien à voir.

 

 Amoureux, mais pas trop : A chaque fois que la question de leur avenir à la tête des Lions indomptables leur est posée, Le Guen et ses amis Colleu et Ribeiro réitèrent leur «amour» pour le Cameroun. L’entraineur affirme ainsi «se sentir bien» à Yaoundé et «être heureux d’être là», pendant que son adjoint loue le pays comme «grande terre de football» et qu’Alexandre Ribeiro se dit prêt à continuer à pointer au ministère des Sports et de l’Education physique tant le Cameroun est un pays qu’il «aime beaucoup.» Comment expliquer alors que, depuis qu’il a été embauché, Paul Le Guen ait dédié autant de temps à ses activités de commentateur et chroniqueur de Canal + en France et passé si peu temps en terre camerounaise ? La durée cumulée de l’ensemble de ses «visites» au Cameroun, depuis son embauche en juillet 2009 à ce jour, n’excède pas un mois. Que dire d’Yves Colleu, pour qui séjourner au Cameroun pendant une semaine revient à être «cloîtré» ? Dans la famille «lapsus révélateur», difficile de trouver mieux. En ce qui concerne le respect dû au pays qui les emploie, par contre, il faudra repasser.

 

 D’un hôtel à l’autre : «Aujourd’hui, penser que le Cameroun pourra jouer les quarts de finale de la Coupe du Monde, c’est perdre un peu la raison.» Paul Le Guen, conférence de presse du 27 janvier 2010 à l’hôtel Hilton de Yaoundé. «Je pense qu’il y a un malentendu. Ce que j’avais dit c’est que si nous arrivons en quart de finale, ce serait un bon résultat.» Le même, en conférence de presse le 11 avril 2010 à l’hôtel Mont Fébé de Yaoundé.

 

On pourrait se dire qu’il vaut mieux entendre cela que d’être sourde. Je n’en suis pas si sûre.

 

Mahalia Nteby in Le Messager, 30 avril 2010

Publié dans Edito

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Silas 25/04/2010



Mahalia, toutes ces vérités largement connues des dirigeants Camerounais qui n'en ont cure, soit par incompétence (chez eux c'est devenu une 2nde nature), soit par corruption (c'est presque
devenu génétique) soit les 2...


Les Ivoiriens qui avaient bu la France jusqu'à la lie au point que cette dernière choisisse l'option de son éclatement ont eu du mal à enfin mettre à l'écart cette nébuleuse
footbalistico-mafieuse venue de France, même devant les échecs répétés de ces agents. Il semble après un nombre invraisemblable d'échecs inadmissibles de part le potentiel et les moyens alloués
que l'aliénation à ce système a enfin trouver la porte de sortie! Espérons que le suivi permettra des résultats plus positifs. Et dire que l'unique vrai sacre Ivoirien a été obtenu par Yéo
Martial, un Ivoirien, aujourd'hui probablement aux oubliettes!!!!!!


La vérité a la peau dure et il arrive un moment où il devient vital de se rendre à l'évidence!!!!


Au Cameroon, nous en sommes à un point où TOUTES LES MAGOUILLES LES PLUS ABJECTES peuvent être dénoncées sans aucune conséquences réparatrices.


Le sursaut Ivoirien n'étant pas à espérer, il n'y a plus qu'à attendre que comme tout fruit mûr, le système tombe de lui même, mais surtout il faut travailler à une alternative crédible, et
surtout à une stratégie de remplacement des "gestionnaires" actuels, et ça c'est pas gagner vu la capacité de reproduction et l'intelligence dans la magouille de ces éléments négatifs.



Silas 25/04/2010



Exactement. C'est une erreur. Je rectifie: l'improbable sursaut Camerounais