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Bluff

Côte d'Ivoire: Une coopération sans contraintes, sans menaces, sans exigences ni humiliations

 

Le Président de la République trace les nouvelles lignes de l’ouverture de son pays au monde.

«Dans les journaux, nous lisons souvent cette phrase: la Chine est à l’assaut de l’Afrique. Je veux rectifier une chose : ce n’est pas la Chine qui est à l’assaut de l’Afrique. C’est l’Afrique qui est à l’assaut de la Chine. Nous coopérons avec la République populaire de Chine sans que nous ayons des exigences politiques». Et le Président Laurent Gbagbo de préciser : si l’Afrique va à l’assaut de la Chine, c’est parce que «les Africains ne se sentent pas humiliés quand ils coopèrent avec la Chine».

Comment coopérer avec l’autre dans une relation de respect mutuel? Comment aller vers l’autre sans que l’autre ne vous impose des exigences, des contraintes, des humiliations ?  La Côte d’Ivoire, dans sa nouvelle diplomatie, veut se positionner, dans son rapport avec l’autre, comme un pays à respecter, et non un pays à soumettre, non comme un Etat à humilier. La Côte d’Ivoire, dans sa diplomatie, exige respect et réclame un traitement de réciprocité.

Le Président de la République, profitant de la pose de la première pierre de l’hôpital général de Gagnoa (un projet financé par la Chine), samedi dernier, a tenu un discours qui trace, avec fermeté, les lignes de la diplomatie ivoirienne : «Si l’on ne nous humilie pas, nous allons coopérer tranquillement. Si l’on nous humilie, nous irons vers ceux qui ne nous humilient pas». Une ligne claire, qui installe la Côte d’Ivoire dans une diplomatie ouverte sur un monde qui célèbre le respect et la considération de l’autre. Une vision qui s’inscrit dans le refus des contraintes et des exigences qui prennent souvent des allures de chantage : «les milliers de conditions imposées dans le cadre de la coopération avec les autres sont une humiliation» que la Côte d’Ivoire ne peut accepter. D’autant qu’il est clair pour le Président Gbagbo que «les relations internationales consistent à entretenir des relations gagnants-gagnants», et que le premier acte de victoire d’un pays, «c’est de ne pas se sentir humilié». Celui qui ne l’aura pas compris, dira le Chef de l’Etat ivoirien, «ne pourra pas entretenir de relations décontractées avec l’Afrique».

Si l’Afrique, selon lui, «
va en Chine, c’est parce qu’avec la Chine, elle ne se sent pas humiliée. C’est ce que je veux expliquer à l’humanité tout entière. J’en parle en tant que Chef d’Etat qui a entendu certains de ses pairs gémir d’avoir tant été humiliés. L’aspect psychologique des peuples des pays du Tiers monde n’a pas été compris. Or, quand un peuple vous dit qu’il n’a pas peur de la mort, il faut le regarder autrement et le traiter autrement».

Réaffirmant les bonnes relations de la Côte d’Ivoire avec la Chine (une seule Chine), il donnera, sans ambages, son point de vue sur le Tibet : «Le Tibet est à la Chine depuis toujours. Si le Tibet a tant intéressé le monde, c’était à cause des Jeux olympiques. Les Jeux finis, plus personne ne s’intéresse au Tibet». Sur ce point, il précisera : «la diplomatie de provocation et la diplomatie d’humiliation, ce n’est pas bon». Sur la même lancée, il ajoutera : «je me réjouis que les dirigeants de Taïwan soient prêts à négocier». Parlant des Etats-Unis, il dira : «je me réjouis aussi qu’aux USA, nous ayons un nouveau chef qui a l’air de mieux discuter que ceux qui étaient là avant lui. Il faut que les gens se parlent. Il faut que les gens négocient. J’ai bon espoir que nous entrons dans une période plus détendue. La nouvelle diplomatie américaine donne des signes rassurants. Parce que tous les problèmes ne se règlent pas par la force. Quand Obama dit qu’il tend la main à l’Iran, il tient un discours d’un homme responsable».

Et de revenir à la Chine, en s’adressant à SEM. Wei Wenhua, son Ambassadeur accrédité en Côte d’Ivoire : «Excellence, restez sur la ligne sur laquelle vous êtes : le respect des pays du Tiers monde, la non humiliation, la non menace».

Le monde change et exige une diplomatie de respect, de dialogue et de consensus. Le monde change et la crise financière internationale, qui a fait effondrer les assises de l’économie mondiale, nous rappelle qu’un monde nouveau doit se construire sur la solidarité et la prise en compte de toutes les nations. La dégradation climatique nous renvoie à cette exigence vitale.

L’appauvrissement mondial interpelle tous les pays, surtout les plus riches. Et la Côte d’Ivoire s’inscrit dans cette diplomatie qui tourne le dos à l’arrogance, à la force, au mépris. Elle veut pouvoir avancer et se construire sur les chemins d’un monde plus juste, d’un monde qui instaure le respect comme sous-bassement de la diplomatie et des échanges entre les Etats. Cela, Laurent Gbagbo l’a redit à Gagnoa: la Côte d’Ivoire va coopérer avec ceux qui ne  l’humilient pas.


Agnès Kraidy
Fraternité Matin
06 Avril 2009
Lundi 15 décembre 2008



“C’est dans un environnement où la place de l’Etat est réduite à l’essentiel, c’est-à-dire la construction d’un édifice institutionnel et légal solide, prévisible et absolument impartial, que l’individu et l’entreprise peuvent réaliser le maximum de leur potentiel.”

Charles De Smet (Institut Hayek)

 

La pré-campagne présidentielle a commencé. Il faut espérer qu’elle ne se limitera pas à «pour ou contre Gbagbo» et qu’elle donnera l’opportunité aux Ivoiriens d’assister à des débats d’idées et à une confrontation de projets. Tout le monde a le droit d’être candidat, les chercheurs de pouvoir ne manquent pas, le peuple votera au suffrage universel et c’est sa volonté qui s’exprimera. Un gouvernement met exactement en œuvre ce que veut le peuple dans tous les domaines: armée, énergie, impôts, inflation, chômage, urbanisme, éducation, politique étrangère. Donc, si ce qui existe est le reflet de ce que désire le peuple, alors celui-ci maintiendra le statu quo. Mais si le peuple veut autre chose que ce qui existe actuellement, alors un candidat qui le proposerait aura plus de chance d’être élu. Il est donc important que la volonté du peuple soit éclairée pour que son choix soit motivé et non pas seulement émotionnel.

En dehors de demander aux Ivoiriens de voter pour le Président Laurent Gbagbo, le Front Populaire Ivoirien (FPI) a une ligne de discours politique et économique qu’il souhaite proposer aux électeurs lors de meetings et autres rencontres. Il est incontestable que le prochain Président de la République sera confronté à la nécessité de relancer l’économie. Or que constatons-nous?

En Côte d’Ivoire, des milliers d’entreprises de type PME (petite et moyenne entreprise) et dans une moindre mesure PMI (petite et moyenne industrie) se créent chaque année. Et c’est grâce à elles que l’économie, pendant la période de crise, ne s’est pas effondrée. Or, globalement parlant, 80 à 85% de ces entreprises disparaissent purement et simplement dans les cinq années qui suivent leur création, alors qu’une autre partie glisse progressivement vers l’informel en fuyant les services du fisc et des organismes de cotisation. Cette situation est fort déplorable, car les initiatives ne manquent pas, et la volonté d’entreprendre est de plus en plus forte en Côte d’Ivoire. Mais la réalité prouve que seule une infime portion de ces entreprises devient pérenne. Les conséquences sont multiples. La richesse qu’auraient produite ces entreprises est perdue pour la Côte d’Ivoire. Les employés de ces entreprises sont souvent laissés à un triste sort et bien entendu, le manque à gagner pour les caisses de l’État devient très vite colossal. Tout le monde y perd.

Les causes de cette situation sont variées. Le point commun à toutes ces entreprises est la faiblesse de leur capitalisation et leur incapacité à engranger des ressources nécessaires auprès des banques et des établissements de crédit, afin de faire face à un besoin de financement ou à une tension temporaire de trésorerie. S’ajoutent à cela le manque de volonté des banques à sortir de leurs secteurs traditionnels de financement et à adapter leurs ressources aux besoins d’un marché en pleine mutation, le refus de certaines d’entre elles de soutenir des PME locales, ainsi que le manque de savoir-faire des entrepreneurs dans le montage de dossiers à valeur sûre intéressants pour les institutions financières.


A ces aspects se greffent des considérations plus techniques. Bien souvent, les entrepreneurs ne disposent
pas de compétences suffisantes en matière de gestion. Ne comptant que sur leur expérience du métier qu’ils veulent promouvoir, ils négligent toute la partie concernant la gestion comptable et administrative. Cette ignorance éloigne petit à petit leurs entreprises de l’administration fiscale et des organismes de cotisation. Elles deviennent alors un nouveau genre de sociétés, régulièrement enregistrées mais informelles au regard de l’acquittement des taxes fiscales et des charges sociales. Certains de ces entrepreneurs, misant uniquement sur la qualité de leurs produits et services pour gagner des parts de marché, font abstraction de toute autre  démarche commerciale et perdent par conséquent la possibilité de générer du chiffre d’affaire additionnel, renforçant par là-même la situation de marginalisation vers laquelle ils glissent.

Il est navrant de constater que, sous nos cieux, les grandes entreprises ainsi que les grandes administrations de l’Etat nourrissent souvent une certaine méfiance à l’endroit des PME locales, leur préférant généralement des entreprises françaises ou tenues par des Occidentaux, alors que dans tous les pays qui se développent, l’État est le premier levier de lancement et de développement des entreprises locales. Et même s’il faut reconnaître que certaines PME autochtones ont pu laisser des souvenirs périssables, l’on ne coupe pas un arbre fruitier parce que l’on y a découvert un insecte.


A l’issue de ce constat, deux solutions peuvent être proposées.

Tout d’abord, la création d’une structure d’appui aux PME et PMI par l’Etat n’est pas seulement utile, elle est nécessaire. L’attribution principale de cette entité devrait être d’accompagner l’établissement des entreprises concernées en leur offrant des conseils et des prestations en gestion
et en finance. Un jeune entrepreneur qui s’installe pourrait ainsi bénéficier des services de cette structure en matière de comptabilité, de relations avec les organismes de cotisation et du fisc, et même de démarche commerciale. La prestation pourrait être constituée par des formations ou même par un suivi direct de l’entreprise par un agent de la structure d’appui. L’entrepreneur serait ainsi provisoirement déchargé des préoccupations de gestion et de comptabilité. Dans un premier temps ces prestations pourraient être gratuites sur une période de deux à trois ans, puis payantes sur les trois années suivantes.

Cette option pouvant être jugée déresponsabilisante, une alternative serait de faire prendre en charge par la structure d’appui une partie du salaire de certains collaborateurs clé de la PME (comptables, commerciaux) pendant les trois premières années et de leur offrir l’accès à des formations (fiscales, comptables, commerciales ou managériales) gratuites sur une période de six ans, si le dirigeant de la PME a recruté lesdits employés au sein d’un pool de chercheurs d’emploi recensés par la structure ou les agences étatiques existantes. La structure offrirait également un soutien dans le montage des dossiers financiers à soumettre aux banques.

Après six années d’exploitation en mode coaching, l’on peut estimer que les PME sont sorties de la période de risque élevé de disparition. L’entrepreneur formé, son entreprise est opérationnelle et peut donc évoluer normalement, comme toute autre société. Dans certains pays, comme la France, l’État met des locaux à disposition des jeunes entreprises pour une durée limitée. On a également déjà vu par le passé des financements octroyés par la Banque Africaine de Développement servir de fonds de garantie à des PME. Dans le cas posé ici, un tel fonds pourrait à la fois servir à la mise en place et à l’exploitation de la structure de soutien en question, en même temps qu’il procurerait une garantie aux proje
ts de valeur sûre dont le dossier aurait été monté par la structure. A travers cette dernière, on peut également envisager une plate-forme de bourse d’entreprises, où des PME et PMI pourraient mutualiser leurs ressources ou être encouragées à procéder à des fusions.

L’autre volet de cette proposition est d’aider à la professionnalisation des petites et moyennes entreprises. Il est bien connu que les PME n’ont pas le profil exigé, ni en terme de capacité financière, ni en terme de compétences, pour accéder aux grands marchés publics. Seules les grandes entreprises et les multinationales sont concernées par ces marchés à hauts profits, réduisant les PME à la portion congrue du secteur privé, où elles ne sont d’ailleurs souvent pas mieux loties.

L’idée serait donc d’adopter une législation qui obligerait toutes les grandes entreprises gagnant un marché public de l’État ou d’une collectivité locale à sous-traiter un pourcentage (20% par exemple) de la valeur totale du marché à une PME locale, comme cela se fait aux Etats-Unis. L’intérêt est double : d’abord, ce dispositif permettrait à ces PME d’avoir accès aux marchés publics, et donc de faire du chiffre ; ensuite il leur offrirait l’opportunité d’acquérir de l’expérience en se frottant aux exigences et au savoir-faire des grandes entreprises. Bien entendu, la grande entreprise ou la multinationale demeurerait seule responsable de la bonne exécution du projet, ce qui l’obligerait à suivre de près les travaux de la PME et à l’encadrer. Ce partenariat s’accompagnerait donc d’un transfert de compétences.

En tout état de cause, il ne s’agit pas pour l’État d’entraver ou de s’immiscer dans la liberté de commercer, mais plutôt d’inciter à la création et à la pérennisation d’entreprises privées. Certains pays européens ne se sont développés qu’avec le concours des PME et PMI, comme la Belgique qui est souvent citée en exemple, ou la Suisse qui, ne vivant que de services, dispose dans son réseau de banques, d’établissements financiers et de sociétés qui sont pour la plupart des PME. En Côte d’Ivoire, il est vrai que le CEPICI (Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire) existe et est chargé de la promotion des entreprises. Mais il semble bien plus porté vers les entreprises étrangères et les grands groupes et, dans tous les cas, ses attributions ne sont pas celles développées ici.

La mise en place de ce type de démarche contribuerait à asseoir durablement l’implantation et le développement de PME, dont la réussite serait un modèle pour d’autres jeunes entrepreneurs. L’État aurait ainsi lancé de nouvelles valeurs de réussite sociale, différentes du traditionnel cheminement qui passe par l’entrée à la fonction publique, la nomination à la tête d’une société d’Etat, puis la participation à un gouvernement. Ce modèle de réussite sociale par la politique doit être cassé au bénéfice de l’action privée que l’État se doit de promouvoir et d’accompagner par des mesures incitatives. La liberté et l’économie sociale de marché s’en trouveraient renforcées, pour le bien de tous.


Par Pr. Mamadou Koulibaly*, in Fraternité Matin, le 13 décembre 2008 

(*) Député, Président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire et Professeur en Economie

Par Mahalia Nteby - Publié dans : Côte d'Ivoire
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Dimanche 14 décembre 2008



The origin of the word “idiot” is from the ancient Greek. It originally meant a free-born Athenian citizen with the right to vote. Later usages of the word through the Romans and subsequent cultures depict an idiot as someone of low intellect and easily fooled. The citizens of the Ivory Coast are being treated as “idiots” right now; despite the fact that they have the right to vote, their political leaders are treating them as if they were of low intellect and are busy spending their time trying to fool them.

The political leaders assert that there can be a vote for a new President when there has been no reuniting of the country; no disarmament of the rebels; the continued occupation of their country by the French soldiers and the UN; no social programs in place; no promises of how change might be effected; nor on what basis the idiots can choose among several grotesquely uninspiring candidates for office; each with an appalling record of previous rule.


1)  The citizens of the rebel North continue to say they feel they have not been enfranchised to participate as equal citizens in the running of the country and have missed out on any deliveries of social services for years. Banks have not opened; hospitals have not opened; another school year is missed; social services are non-existent.

2)  The rebel leadership which occupies the positions of power in the rebel North are unable or unwilling to govern their regions except as tin-pot warlords. They were enfranchised as the de facto rulers of the occupied North in the Ouagadougou Agreement but have no idea about governing; no budget to make improvements; no ability or interest in delivering services to their areas of control.

3) These rebels remain armed despite promises of disarmament and, concomitantly, the militias are also armed. Each has notionally handed in weapons but they are stacked in easily reachable caches for whenever they might be needed. The money bounty for handing in weapons has not been fully paid so they are sure they have a right to keep their weapons.

4)  The system of voter registration has bogged down despite a great deal of money having been transferred from foreign donors (especially the Germans) to the French company SAGEM charged with that responsibility who have been unable and unwilling to fulfill this task in the time frame allowed and agreed.

5)  The infrastructure of the country as a whole, and the North in particular, is in a state of advanced decay. The cleanup operations, including that of toxic wastes, have been subcontracted to French companies without tender. Water contracts, energy, electricity and new port and transport contracts have been given to French companies without a tender. French business has returned in force to the Ivory Coast and is active in keeping all competition out.

6)  There are no tax collectors or civil servants in the North. There is no national government which functions. The government is unable to collect revenues from over half of the country and, as a consequence, is unable to deliver the services (schools, hospitals, civil administration, etc.) which would be paid from these tax revenues.

7)  The produce of the North of the country is being diverted, untaxed, from the channels of national commerce to the private accounts of the self-appointed warlords, thus depriving all the citizens of the taxes on the earnings that their labors have produced. The products produced in the South are channeled through a bunch of political rentiers who divert some of the returns on the sales of these products to private accounts. Some grow fat on the cocoa and coffee revenues; others fill their gorges on the revenues from oil sales. The world price of oil has dropped by more than 60% but petrol in Abidjan, even next door to the refinery, has only declined by less than 9%. The poor people of the Ivory Coast (that is about 85% of the population) have grown poorer after Ouagadougou than before.

8)  The forces of law and order are still divided between the loyalists and the rebels and coups and counter-coups are the recurring themes of this relationship. The thugs, bandits, rapists and thieves of the New Forces expect to be given a place and rank in the new armed forces and paid a pension for their time in rebellion against the state. There is constant fighting among the soldiers of the New Forces. In late November former rebels close to Kone Zackaria – a former warlord – attacked the town of Seguela. Police reports said that ten assailants and one New Forces’ soldier were killed when unidentified gunmen tried to take control of the arms depot of the New Forces in the central city of Seguela. According to the paper the armed group also set free prisoners. The New Forces (the euphemistic term for the rebels) are not now ready to give up their booty and privileges and cannot even agree with their fellow rebels how this loot should be shared.

9)  There is no coherent government as the ministers have been chosen, not elected, to fill their posts and pockets until a new election can be held.  Many of the ministers in the Cabinet were imposed on the FPI government by the Ouagadougou Agreement. They were never elected; many have never held any office above ‘eraser monitor’ in their madrassa but rose to high office through attacking their fellow citizens and stealing their property. They represent no one but their own ambitions. There is no government economic or developmental program; there is no government. There is a bunch of failed politicians scrambling to keep their places at the public trough as the new elections approach.

10) The elected politicians of the National Assembly have been in power since 2000. Many of their constituencies have changed dramatically since their election. Many constituencies are behind rebel lines where they still dare not travel. They have nothing to discuss in the Assembly as the country has become an international beggar seeking assistance to run an election that will change nothing. There is an election coming in which there are no issues being discussed by the politicians. The election is based on personalities. In other words there is little hope that these elections will actually change anything, other than the pecking order of the politicians at the public trough. It has been postponed several times; the most recently since November 30th. Perhaps it will be held in the Spring 2009.

11) The country is beset with exposures of crime and corruption. An investigation of the cocoa and coffee business exposed massive diversions of funds. The oil industry has been shown to be even worse. The State Prosecutor, Tchimou, is enmired in allegations of corruption and malfeasance using funds exceeding 71 billion CFA francs. The jails are overflowing.  A recent report stated that 2,000 people are languishing in jail in the Abidjan main prison for the past ten years in remand, awaiting their trial. According to the report, most of the inmates are living in appalling conditions. “At least two prisoners die every month,” said the report, adding “28 percent of the more than 5,000 prisoners incarcerated in the Abidjan prison are HIV-positive.” There are growing security concerns in Abidjan, as the economic capital of Cote d’Ivoire has become “a den of bandits.” According to the report, armed robberies take place everywhere in the city including houses, on the streets, in taxi cabs, churches, restaurants and filling stations… etc. The forces of law and order are failing the people.

12) The working people of the Ivory Coast are constantly active in venting their opposition to the current situation. Virtually every union has gone on strike; the students are out protesting; the township leaders in Abobo, Akouedo and Vridi have given up any hope of a government program to help them; despite promises to do so; especially in the removal of waste and poisons from the environment.

With no disarmament; no political debate on methods of relief for the current desperate; with only failed politicians seeking high political office; what is the point of having a vote? The election will change nothing without a program of reform. The voters are not called ‘idiots’ for nothing. When will the country awake and realize that its misfortunes have been brought about by themselves. They needed no external enemy. They, coached and supported by the French, have done it to themselves. Surely reform is possible; starting with disarmament; then the removal of the French occupying troops and advisors; and then moving on to a debate on where the country wants to go and a decision of how it wants to get there. Surely this is the right time to get started. If not now, when?

Dr. Gary K. Busch

Par Mahalia Nteby - Publié dans : Côte d'Ivoire
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Mardi 4 mars 2008

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Parfois le changement souhaité change lui-même de cap et produit des faits jamais espérés. C’est en substance le constat que l’on fait de la situation ivoirienne depuis l’arrivée des refondateurs au pouvoir. Un fait, et non des moindres, la corruption, mérite une attention singulière au regard de son ancrage dans la société post-refondation. Dans l’une de nos publications, le Mouvement de Libération de l’Afrique Noire (MLAN) avertissait sur le risque d’une rupture sociale après les efforts pour ramener la paix dans ce pays. En effet, sous le poids d’un gouvernement affairiste dans la deuxième moitié des années 90, on est passé à une élite qui s’est appropriée le patrimoine génétique de la corruption. Il importe donc, de revenir sur les agissements d’une refondation pacotille dont les seuls actes héroïques ne sont que la corruption généralisée au point de devenir un fléau.
 

De l’espoir au rêve d’une révolution avortée 

On peut perdre ses clefs, son temps ou ses illusions, tant que l'on garde espoir... il n'y a pas de quoi s'affoler ! C’est ainsi que les Ivoiriens ont maintenu le cap après la mort d’Houphouët Boigny en 1993 et le coup d’Etat de 1999. Les promesses de quelques marchands d’illusion, de faire de la Côte d’Ivoire, un Etat où l’égalité rimera avec équité, où la promotion ira de paire avec l’effort et où ce sera l’effort qui fera les forts, ont fini par avoir raison d’un peuple déjà désorienté. Les Ivoiriens rêvaient donc d’un pays où l’on ne sera pas considéré par son appartenance religieuse ou ethnique, non plus parce que son père s’appelle tel ou un tel, mais d’un pays où la justice sociale, le droit de l’homme et la paix seront le socle. Comme le temps qui s’écoule si vite pour laisser croire qu’un ordre définitif est enfin établi, la guerre éclate et le naturel revient au galop. Le catéchisme pieux est abandonné au profit des pratiques peu recommandables et infectes. L’école n’est plus l’ascenseur social ou du moins elle est complémentaire d’une poche pleine de monnaie sonnante et trébuchante. Où est passé ce rêve de faire de la Côte d’Ivoire, la petite «Suisse», un Etat prospère où chaque citoyen pourrait reprendre tel un refrain que nous sommes tous égaux en droit ? La paix, si jamais elle existe, ne reposera pas sur la crainte de la guerre mais sur l'amour de la paix, disait Julien Benda, mais peut-on parler de paix lorsqu’on foule au pied la justice sociale ? 

La corruption institutionnalisée en Côte d’Ivoire 

Un dictateur n'est qu'une fiction. Son pouvoir se dissémine en réalité entre de nombreux sous-dictateurs anonymes et irresponsables dont la tyrannie et la corruption deviennent bientôt insupportables. Comme le rappelait Jacques Brillant, "au banquet de la corruption, l'or vaut plus que la foi"! C’est le moins qu’on puisse dire de la Côte d’Ivoire d’aujourd’hui : la foi en la justice a laissé la place au désordre et au pillage des ressources par une «bourgeoisie compradore». Les actes de corruption en Côte d’Ivoire sont légions. On pourra citer l’affaire des déchets toxiques qui n’a jamais été élucidé, le détournement des 100 milliards dans la filière café-cacao. De même, des détournements de 500 millions et 1 milliard 100 millions ont eu lieu respectivement dans les Universités de Cocody et Bouaké. Cette épidémie qui gagne du terrain a contraint les hommes de Dieu à dénoncer cette flagellation sociale des dirigeants ivoiriens. La déclaration des évêques en témoigne : «au nom et à la faveur de cette même guerre, un petit nombre de citoyens s’accaparent avidement des biens du pays et garantissent leur avenir et celui de leur postérité, pour des générations entières. L’on s’est installé dans l’hypocrisie, le mensonge et la duplicité. Le peuple est pris en otage, victime et souffrant». 

Les Ivoiriens perdent pied dans ce bouillon de confusion et leur vie est si précaire qu’elle se conjugue au présent. Le régime du président Laurent Gbagbo se retrouve sous le feu des critiques, nourries par plusieurs affaires de blanchiment et de détournements de fonds présumés qui suscitent des doutes jusqu'à l'intérieur de son camp. Les vérités dérangeantes du professeur Mamadou Koulibaly sonnent comme un aveu d’impuissance au milieu d’un système dont le seul dessein est l’enrichissement illicite, fiévreux et honteux. La multiplication et l'ampleur des révélations concernant des affaires de corruption ont profondément terni l'image de la classe politique et des milieux économiques. Outre la corruption généralisée, c’est l’insolence et le caractère ostentatoire de «ces pauvres en esprit» qui dérangent. Tandis que les Ivoiriens végètent et vivent comme à l’époque de Zola, certaines personnes, de part leur train de vie, narguent la patience et la sagesse des Ivoiriens. Que dire de la MayBach de monsieur Victor Ecra, un refondateur, ami personnel de Laurent Gbagbo, qui s`est offert une voiture de grand luxe d`une valeur de 505 millions FCFA? Ce mal est d'autant plus grave qu'il se produit dans une période de profonde crise de l'emploi et qu'au même moment, le phénomène d'exclusion repousse à la marge de la société une masse sans cesse croissante de personnes issues de toutes les couches sociales. La Côte d’Ivoire est devenue un pays en état de catatonie avec une corruption assonante. La Côte d’Ivoire est devenue une véritable pétaudière où la classe moyenne et les pauvres sont les recalés de la société. Les ressources du pays doivent être affectées à sa reconstruction au lieu de les dilapider. Point n’est besoin du FMI pour nous rappeler que les ressources disponibles gagneraient à aller à la réhabilitation des routes et autres investissements qui bénéficient directement aux populations. Les questions de racket des forces de l’ordre et de l’unicité des caisses de l’Etat ont été aussi abordées. Le FMI a même réitéré par ailleurs son souhait que l’exécution du budget soit communiquée régulièrement à la population, au moins chaque trimestre afin que chacun sache comment les ressources de l’Etat sont utilisées. Faisons en sorte que cette corruption prenne fin car elle conduit au carriérisme, au népotisme et au favoritisme. 

Où est passée la justice ?

Une radiographie sociologique de la justice ivoirienne est devenue nécessaire afin que la philosophie retrouve sa vocation naturelle de tribunal de la raison politique. Les biens publics sont sacrés et inviolables, il incombe à tout citoyen de les respecter et de les protéger. Tout acte de sabotage, de vandalisme, de corruption, de détournement, de dilapidation ou d’enrichissement illicite doit être réprimé dans la stricte limite de la Constitution. Face à certain train de vie douteux et aux affaires de détournement en Côte d’Ivoire, on se demande si le procureur de la République vit dans ce pays. Toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l'exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit est tenu d'en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs. Monsieur le procureur devrait ouvrir une information judiciaire pour «corruption» et «abus de biens sociaux» à l’encontre de tous ceux qui ont un train de vie dont les revenus d’activité ne le permettent pas. 

Le peuple aura le dernier mot 

Le choc entre ce monde de l'exclusion et celui d'une élite dirigeante partiellement gangrenée par la corruption est porteur de graves conséquences, dont les plus manifestes sont le rejet de toute la sphère politique ou le recours à des formations extrêmes. Les hommes politiques ont tourné le dos aux préoccupations des populations pour poursuivre des buts personnels : l’enrichissement et la corruption. Les Ivoiriens ne sont plus maître de leur émotion, ils sont des joueurs du destin qu’ils n’ont pas choisi. Le peuple de Côte d’Ivoire aura raison des marchands d’illusions le moment venu car la majorité a toujours raison, mais la raison a bien rarement la majorité aux élections. 

Les élections prochaines seront l’occasion pour les oubliés, les exclus, les Ivoiriens d’en bas de choisir celui ou celle qui amènera la Cote d’Ivoire vers le développement équilibré où les enfants de pauvres auront les mêmes chances que les enfants de la Côte d’Ivoire d’en haut. Aucune autorité ne pourra feindre l’innocence vu l’impunité et l’immobilisme face à ces pratiques odieuses et immorales auxquelles une certaine élite ivoirienne s’adonne depuis quelques années. 

Ne nous reposons pas sur nos acquis, mais efforçons-nous de construire la paix, de vouloir que la paix soit dans le cœur et dans l'esprit de chacun. Cette paix tant recherchée, au demeurant, est possible. Mais elle exige que des engagements soient pris et tenus, en conscience. Il s’agit d’œuvrer à la réduction des inégalités. Il est peut-être temps que les autorités ivoiriennes s’emploient à l’éradication d’une corruption qui est nuisible à la croissance et au recul de la pauvreté. Le niveau moral de notre vie n'a rien de commun avec la gravité ou la nature de nos fautes. C'est la manière de se comporter bien ou mal dans le mal aussi bien que dans le bien qui nous classe. Il vous reviendra peuple de Côte d’Ivoire d’ensevelir les actes de quelques arrivistes qui à la faveur de cette douloureuse épreuve ivoirienne, construisent leur fortune sur les cendres de vos souffrances. 

Je signe cette prière au nom du peuple ivoirien. Après avoir connu des nuages chargés de menace, d’injustice et d’angoisse, le soleil brillera mais son éclat dépendra de vous. Je vous convie peuple ivoirien à ramener à leurs désillusions les marchands d’illusion qui ne pourront vendre leur forfaiture que sur des marchés parallèles de la politique. Vous aurez à faire bientôt un choix entre le politicien et l’homme d’Etat car comme le rappelle James Freeman Clarke, la différence entre le politicien et l'homme d'Etat est la suivante : le premier pense à la prochaine élection, le second à la prochaine génération. 

Prao Yao Séraphin, le 04 mars 2008

Par Mahalia Nteby - Publié dans : Côte d'Ivoire
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Jeudi 27 décembre 2007

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Ecoutez le
podcast du Professeur Mamadou Koulibaly, Président de l'Assemblée Nationale ivoirienne. 

Quelles sont les causes du retard de l'Afrique francophone ? La France y est-elle "pour quelque chose" ? Les négociations du cycle de Doha pourront-elle changer l'avenir ?

Le Professeur Koulibaly a accordé une interview à unmondelibre.org pour répondre à ces questions.

http://www.unmondelibre.org/podcasts/Koulibaly_08_02_2007.mp3

Par unmondelibre.org, le projet francophone pour les droits individuels, la liberté économique et la paix

Par Mahalia Nteby - Publié dans : Côte d'Ivoire
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Mercredi 24 octobre 2007

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Un discours insatisfaisant, même pour un partisan

Le discours-entretien que le Président Laurent Gbagbo a livré aux Ivoiriens le mercredi 17 octobre 2007 restera dans les annales, à mon humble avis, comme l’une de ses plus mauvaises interventions publiques. Certaines des déclarations du chef de l’Etat ont fait bondir de leurs sièges même des partisans comme moi. Le Président Gbagbo ayant par ailleurs réaffirmé le droit et le devoir, même des partisans, à faire honnêtement et consciencieusement leur travail (n’en déplaise aux censeurs, kpakpatos et autres terroristes intellectuels adeptes de la pensée unique), je me sens tout aise à continuer le mien, en disant à nos autorités, que «nous sommes contents» quand nous le sommes vraiment, ou que «nous ne sommes pas contents ni fiers» quand nous n’avons aucune raison de l’être. C’est une attitude qui a le mérite d’être saine pour tout le monde. Venons-en donc aux faits. Mon propos d’aujourd’hui tournera autour de la démission de l’Etat, telle qu’elle apparaît dans les propos du Président, et de la jungle qui semble vouloir le remplacer, si ce n’est déjà fait. Les preuves. 

Au journaliste qui relevait la persistance des laissez-passer et autres taxes qui entravent la liberté de circulation des populations dans les zones rebelles, malgré les «déclarations empreintes d’émotion» qu’on nous sert à longueur de journées, le président de la République de Côte d’Ivoire a donné une réponse des plus curieuses: «Moi-même j’irai très bientôt à Korhogo, Boundiali, Tengréla, Ferkessedougou, pour tirer les Ivoiriens, parce qu’on n’obtient rien sans rien. Si les Ivoiriens croient qu’après mon discours, la suppression de la zone de confiance, la flamme de la paix, ils vont rester à Abidjan et attendre que tout leur tombe entre les mains, ils se trompent. (…) Il faut partir chez soi quand on veut rentrer chez soi. Il faut forcer le chemin pour y aller. Et vous allez voir que progressivement, on va vous laisser partir. Ceux de Facobly et Kouibly ont fait un convoi, ils sont partis chez eux. (…) La liberté de circuler se trouve en circulant. Ce n’est pas en restant à Abidjan et en pleurnichant. Même avant la guerre, il y avait des coupeurs de route, des gens qui rackettaient, qui rançonnaient.» 

Franchement renversant ! Je n’ose pas croire que le chef de l’Etat ivoirien, qui a en charge la sécurité de nos biens et de nos personnes, en soit réduit à nous demander d’aller exposer nos poches et nos biens à ces nouveaux «racketteurs et nouveaux coupeurs de routes», qu’on est tout à fait sûr de trouver sur notre chemin !!! En d’autres termes, le chef de l’Etat nous dit : «Forcez le chemin ! Si les rebelles vous rackettent, ce n’est pas si grave que ça; avant la rébellion, il y avait aussi du racket. Si les rebelles vous tuent, ce n’est pas grave, avant la rébellion, il y avait aussi les coupeurs de routes qui tuaient aussi quelques fois» ! Non, avec tout le respect qu’un partisan comme moi vous doit, Monsieur le Président, ce n’est pas ça, «assurer la sécurité des biens et des personnes» ! «Assurer la sécurité des biens et des personnes», ce n’est pas leur demander d’aller affronter un danger plus certain que les probables coupeurs de routes qu’on n’était pas toujours sûr de trouver. Ce n’est pas leur demander d’aller forcer un passage, gardé par des hommes en armes qui n’ont pas le droit d’en porter, pour se faire humilier, spolier, blesser et probablement tuer. Non, Monsieur le Président, si c’est à cela que nous sommes aujourd’hui réduits, autant dire que nous ne vivons plus dans un Etat, mais dans une jungle, où chacun se débrouile et où c’est le plus courageux et le plus fort qui l’emporte ! 

Non, Monsieur le Président, vous ne nous tirerez pas en vous rendant à Korhogo, Boundiali, Tengréla, Ferkessedougou, etc. ! Vous, quand vous vous déplacez, c’est avec un dispositif sécuritaire impressionnant que le commun des Ivoiriens ne peut s’offrir ! Mais même avec ça, vous vous y préparez longtemps à l’avance ! Vos premières intentions de vous rendre à Bouaké avec des rebelles encore en armes datent de début 2004, pour un voyage effectif réalisé en 2007 ! Les Ivoiriens qui restent à Abidjan et attendent que ces rebelles, à qui l’Etat de Côte d’Ivoire a tout donné, veuillent enfin désarmer pour qu’ils puissent se rendre chez eux en toute sécurité, ne sont pas des pleurnichards. Surtout, si on veut bien tenir compte des traumatismes psychologiques qui sont les leurs, suite aux traitements inhumains que leur ont déjà fait subir dans un passé pas si passé que ça, ces mêmes rebelles ! 

Le chef de l’Etat parle de ceux qui ont pu aller chez eux. Et ceux qui ont risqué leurs vies dans ce genre d’aventures et qui les ont perdues, qui en parle ? 

Non, monsieur le Président, en tant que garant de toutes nos libertés, vous n’avez pas le droit de nous dire que nous trouverons la liberté de circuler, en circulant dans des zones où vous ne garantissez pas notre sécurité. Il n’est pas normal que ce soit «progressivement», au prix peut-être de plusieurs vies et d’une bonne partie des maigres économies des ressortissants des zones occupées, que ceux-ci puissent jouir de la liberté de circuler. 

Dans le même registre, nous avons été ahuris d’entendre le chef de l’Etat dire «si vous dites à un préfet "Allez dans telle localité" et qu’il vous dit "Ma sécurité n’est pas garantie" vous faites quoi ? Vous n’allez pas l’obliger à y aller. Donc vous êtes obligés de revenir et de faire en sorte que dans sa tête, il se sente bien. Et qu’il se sente en sécurité». Je refuse que cela soit la conception d’un chef d’Etat en matière de sécurité. Quand on a des personnes qui n’ont pas le droit d’être en armes et qui le sont, et qui obéissent à d’autres autorités, l’insécurité ne se trouve pas seulement dans la tête du représentant de l’Etat qui refuse de risquer sa vie. Surtout quand on voit ce qui vient de se passer à Bouna. 

Mais, dans l’affirmation de l’impuissance et de la démission de l’Etat, le Président Gbagbo ira encore plus loin, lors de cette fameuse interview: «Il y a aussi cette autre question de la cohabitation sur le terrain avec des autorités qui ne sont pas forcément celles de l’Etat. Alors cela pose des problèmes de restauration de l’autorité de l’Etat. Qui a le pouvoir ? On se rend bien compte que là où les préfets ont pris leur pouvoir, ils ont la totalité du pouvoir. Mais là où ils ont peur, ils ont la parcelle de pouvoir que leur courage leur permet d’avoir» !!! 

Complètement hallucinant ! On se croirait vraiment dans une jungle ! Alors comme ça, les préfets sont invités à guerroyer avec les com’zones ; et les plus courageux d’entre eux, s’ils arrivent à éviter les balles de quelques rebelles incontrôlés, pourront espérer avoir le pouvoir de représenter le chef de l’Etat (en totalité, après avoir écarté leurs concurrents). 

Voilà où nous ont conduit les fameux accords de Ouaga, si sacrés que personne n’a le droit d’être contre eux ou de les critiquer. Des accords qui, dans leur mise en œuvre sur le terrain, ne prévoient aucune place pour le désarmement ! Même pas pour le désarmement volontaire ! Le chef de l’Etat le confirmera d’ailleurs dans l’extrait qui suit : «Puisque nous nous sommes engagés dans la voie de la négociation, nous ne pouvons pas dire à des Ivoiriens : "tu n’es pas chez toi, quitte Bouna, quitte Korhogo". On ne peut pas leur dire ça. Ils peuvent rester là mais sans interférer avec l’Administration d’Etat. Puisque la voie sur laquelle nous nous sommes engagés oblige tous les Ivoiriens à accepter sur le territoire national tous les Ivoiriens.» No comment. 

Sylvestre Konin in Le Courrier d'Abidjan, le 24 Octobre 2007

Par Mahalia Nteby - Publié dans : Côte d'Ivoire
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Réalité

Do not leave Africa in scramble



To many minds, Africa is a picture of hopeless misery: afflicted by poverty, scarred by corruption and ravaged by Aids and war. These facts are true, but they tell only half the story. In many sub-Saharan African countries output briskly outpaced population growth during the last decade, leading to sustained growth in income per capita and promising a lasting escape from poverty.

Behind the success lies many African leaders’ willingness to adopt solid macroeconomic policies and move towards more transparency and less red tape. Economic integration with the world deepened and trading relations diversified. Record-breaking prices boosted commodity exporters’ incomes. The private sector’s success, for example in telecommunications, showed that Africa does not lack good business opportunities. Before the crisis, countries such as Ghana were on course to escaping aid dependence by entering global capital markets.

But Africa is now slipping. Foreign direct investment has shrivelled. Capital markets have seized up as funds flee to the safety of rich-country sovereign bonds – with which the market is flooded. The price of trade credit has soared, sharply halting trade flows, with commodity exporters suffering additionally from the drop in prices.

As tax revenues fall and demands on public services rise, governments without large savings are in a squeeze. African leaders warn of a popular backlash: if the public suffers undeserved pain after governments followed what rich countries told them to do in the 1990s, economic growth and democratic stability are at risk. Already coups and riots are on the rise.

The world’s leading countries must act to end the global crisis as soon as possible. In the meantime, Africa should not be a casualty of other priorities. African governments that have shown a commitment to sound policies must be helped to fill temporary funding gaps. And rich countries should quickly prop up trade finance: it would do much good and cost little.

Development aid
can do ill as well as good; the long-term goal must be to get rid of it. But that is no argument against short-term crisis assistance, which has been provided – quickly – to small and relatively rich European countries; many African countries need the same. Moreover, rich countries made aid promises at the Gleneagles summit that they have yet to fulfil.

The potential cost of the crisis in Africa is not just unemployment; it is starvation, civil war and the closing of an escape route from poverty. That is a price the world cannot afford to pay.


Editorial
Financial Times
Le 16/03/2009

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