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Bluff

Les Camerounais exploités des palmeraies de Bolloré 

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C'est un Germinal sous les tropiques qui se joue dans la palmeraie de Kienké, dans le sud-ouest du Cameroun. Dans cette plantation de palmiers à huile de 9 000 hectares de la Société camerounaise des palmeraies (Socapalm) - filiale d'un groupe belge, Socfinal, lui-même détenu à près de 40 % par le français Bolloré aux côtés de son traditionnel partenaire, la famille belge Fabri -, les ouvriers sont en colère. Depuis novembre, ils ont plusieurs fois fait grève contre leurs conditions de vie et de travail. En retour, la police a arrêté et détenu pendant quelques jours leur leader, Michael Agbor.

«Une journée ne suffit pas pour décrire nos souffrances», assure Albert, un ouvrier. Depuis plusieurs années, il vit en permanence dans la palmeraie. Six jours par semaine, il coupe de lourds régimes de noix de palme. Sans gants pour protéger ses mains : ses paumes ont pris la couleur orange des noix que Socapalm transforme en huile de cuisine. Chaque matin, il s'entasse avec ses collègues et le matériel de coupe dans les camions, des épaves, qui s'enfoncent dans la plantation pour charger les régimes. Le soir, il doit marcher, parfois sur une quinzaine de kilomètres, pour rentrer dans un des sept campements d'ouvriers installés au cœur de la plantation.

«Esclaves»

Le tout pour pas grand-chose : il gagne 22 francs CFA pour un régime de 15 kg. En moyenne, il touche 35 000 francs CFA (environ 53 euros) par mois, ce qui ne lui permet pas de vivre décemment. Il a néanmoins plus de chance que ceux qui coupent les régimes de 10 kg pour 8 francs CFA. «Les retenues sur nos salaires sont courantes. Nous sommes souvent payés en retard voire pas du tout», précise-t-il. Albert n'est pas affilié à la sécurité sociale et n'a pas de couverture médicale. «Beaucoup voudraient partir mais ne le peuvent pas, parce qu'ils n'en ont pas les moyens et parce qu'ils attendent qu'on paie leurs arriérés de salaire», affirme-t-il. «Nous sommes les esclaves de la Socapalm», soupire un de ses collègues. Ce n'est cependant pas auprès de l'entreprise, qui contrôle 80 % du marché de l'huile de palme au Cameroun, qu'ils peuvent se plaindre : celle-ci ne les emploie pas directement, mais a passé des contrats de sous-traitance avec une soixantaine de sociétés pour la gestion de l'essentiel de la main-d'œuvre.

«Nous savons que les ouvriers ne s'en sortent pas, que leurs employeurs les paient en retard», reconnaît Marc Mutsaars, le patron de Socapalm. La situation est la même dans les autres plantations du pays, explique-t-il pour tempérer. Il assure que l'entreprise va réduire de moitié le nombre de sous-traitants pour mieux contrôler leurs pratiques. Cette mesure permettra-t-elle d'améliorer aussi les conditions de logement ? «Nous vivons comme des animaux», indique, dégoûté, Albert. Il n'y a pas d'eau, pas de sanitaires et seulement quelques heures d'électricité par jour dans le campement où il vit avec sa famille. Surpopulation, insalubrité et promiscuité font le reste du quotidien de ces vieilles baraques de bois grisâtre et étroites, collées les unes aux autres. Un hôpital, des écoles pour les enfants qui habitent trop loin de l'unique établissement scolaire de la plantation : Michael Agbor tient scrupuleusement la liste des réclamations depuis qu'il a été élu à la tête d'une sorte de syndicat, créé il y a quelques mois par les ouvriers.

«Notre messie»

Vulgaire «agitateur» pour Socapalm, il est devenu un héros dans les campements. Ses collègues, qu'il estime au nombre de 10.000, savent que son intransigeance et sa détermination face aux entreprises sous-traitantes sont exceptionnelles dans un pays où les syndicats sont systématiquement achetés. Le lendemain de son arrestation, en décembre, certains ont marché sur 15 km, jusqu'à Kribi, où il avait été amené par la police, en scandant : «No Michael, no work!» «Nous n'avons pas peur, nous sommes tous mobilisés», commente Albert. Il raconte comment l'électricité a été coupée dans son campement lors du dernier débrayage. «Qu'ils fassent grève. Quand ils auront faim, ils reviendront travailler», leur auraient répondu les patrons.

«Michael est notre messie», avouent plusieurs salariés de Socapalm, mécontents de leurs salaires et de leurs conditions de vie. De peur des représailles, ils restent cependant à l'écart des mouvements des ouvriers. Michael Agbor a fait également profil bas pendant plusieurs jours en janvier. Après que des représentants des autorités camerounaises lui ont glissé : «Si tu continues, on va te tuer.» Il venait de refuser l'augmentation de 3 francs CFA par régime proposée par les sous-traitants. Depuis, ses collègues lui ont conseillé de ne plus travailler dans la plantation.

Fanny Pigeaud
Libération
11/03/2008

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Vendredi 28 mars 2008

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For once the World Bank says something smart about the real causes of prosperity


A Mexican migrant to the U.S. is five times more productive than one who stays home. Why is that?

The answer is not the obvious one: This country has more machinery or tools or natural resources. Instead, according to some remarkable but largely ignored research—by the World Bank, of all places—it is because the average American has access to over $418,000 in intangible wealth, while the stay-at-home Mexican's intangible wealth is just $34,000.

But what is intangible wealth, and how on earth is it measured? And what does it mean for the world's people—poor and rich? That's where the story gets even more interesting.

Two years ago the World Bank's environmental economics department set out to assess the relative contributions of various kinds of capital to economic development. Its study, "Where is the Wealth of Nations?: Measuring Capital for the 21st Century," began by defining natural capital as the sum of nonrenewable resources (including oil, natural gas, coal and mineral resources), cropland, pasture land, forested areas and protected areas. Produced, or built, capital is what many of us think of when we think of capital: the sum of machinery, equipment, and structures (including infrastructure) and urban land.

But once the value of all these are added up, the economists found something big was still missing: the vast majority of world's wealth! If one simply adds up the current value of a country's natural resources and produced, or built, capital, there's no way that can account for that country's level of income.

The rest is the result of "intangible" factors—such as the trust among people in a society, an efficient judicial system, clear property rights and effective government. All this intangible capital also boosts the productivity of labor and results in higher total wealth. In fact, the World Bank finds, "Human capital and the value of institutions (as measured by rule of law) constitute the largest share of wealth in virtually all countries."

Once one takes into account all of the world's natural resources and produced capital, 80% of the wealth of rich countries and 60% of the wealth of poor countries is of this intangible type. The bottom line: "Rich countries are largely rich because of the skills of their populations and the quality of the institutions supporting economic activity."

What the World Bank economists have brilliantly done is quantify the intangible value of education and social institutions. According to their regression analyses, for example, the rule of law explains 57 percent of countries' intangible capital. Education accounts for 36 percent.

The rule-of-law index was devised using several hundred individual variables measuring perceptions of governance, drawn from 25 separate data sources constructed by 18 different organizations. The latter include civil society groups (Freedom House), political and business risk-rating agencies (Economist Intelligence Unit) and think tanks (International Budget Project Open Budget Index).

Switzerland scores 99.5 out of 100 on the rule-of-law index and the U.S. hits 91.8. By contrast, Nigeria's score is a pitiful 5.8; Burundi's 4.3; and Ethiopia's 16.4. The members of the Organization for Economic Cooperation and Development—30 wealthy developed countries—have an average score of 90, while sub-Saharan Africa's is a dismal 28.

The natural wealth in rich countries like the U.S. is a tiny proportion of their overall wealth—typically 1 percent to 3 percent—yet they derive more value from what they have. Cropland, pastures and forests are more valuable in rich countries because they can be combined with other capital like machinery and strong property rights to produce more value. Machinery, buildings, roads and so forth account for 17% of the rich countries' total wealth.

Overall, the average per capita wealth in the rich Organization for Economic Cooperation Development (OECD) countries is $440,000, consisting of $10,000 in natural capital, $76,000 in produced capital, and a whopping $354,000 in intangible capital. (Switzerland has the highest per capita wealth, at $648,000. The U.S. is fourth at $513,000.)

By comparison, the World Bank study finds that total wealth for the low income countries averages $7,216 per person. That consists of $2,075 in natural capital, $1,150 in produced capital and $3,991 in intangible capital. The countries with the lowest per capita wealth are Ethiopia ($1,965), Nigeria ($2,748), and Burundi ($2,859).

In fact, some countries are so badly run, that they actually have negative intangible capital. Through rampant corruption and failing school systems, Nigeria and the Democratic Republic of the Congo are destroying their intangible capital and ensuring that their people will be poorer in the future.

In the U.S., according to the World Bank study, natural capital is $15,000 per person, produced capital is $80,000 and intangible capital is $418,000. And thus, considering common measure used to compare countries, its annual purchasing power parity GDP per capita is $43,800. By contrast, oil-rich Mexico's total natural capital per person is $8,500 ($6,000 due to oil), produced capital is $19,000 and intangible capita is $34,500—a total of $62,000 per person. Yet its GDP per capita is $10,700. When a Mexican, or for that matter, a South Asian or African, walks across our border, they gain immediate access to intangible capital worth $418,000 per person. Who wouldn't walk across the border in such circumstances?

The World Bank study bolsters the deep insights of the late development economist Peter Bauer. In his brilliant 1972 book Dissent on Development, Bauer wrote: "If all conditions for development other than capital are present, capital will soon be generated locally or will be available . . . from abroad. . . . If, however, the conditions for development are not present, then aid . . . will be necessarily unproductive and therefore ineffective. Thus, if the mainsprings of development are present, material progress will occur even without foreign aid. If they are absent, it will not occur even with aid."

The World Bank's pathbreaking "Where is the Wealth of Nations?" convincingly demonstrates that the "mainsprings of development" are the rule of law and a good school system. The big question that its researchers don't answer is: How can the people of the developing world rid themselves of the kleptocrats who loot their countries and keep them poor?

Ronald Bailey in Reason Magazine, le 05 octobre 2007

par Mahalia Nteby publié dans : Edito
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Lundi 24 mars 2008

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Si les événements qui ont secoué le Cameroun à la fin du mois de février ont permis de mettre en exergue le malaise que vit une frange importante de la population dans notre environnement socio-économique, elle a aussi trahi l’incapacité du consommateur camerounais à prendre son destin en charge dans la définition de son rapport au commerçant. Les revendications formulées  dans le sens de l’amélioration de la vie ont souvent été conclues par un appel à l’Etat à venir mettre de l’ordre là où le pouvoir d’achat des ménages perdait du souffle.

 

Certes, il est des secteurs où les dérives monopolistiques sont venues brimer la marge de manœuvre du consommateur et l’empêcher de se mêler comme il se doit à la détermination des prix des produits et services auxquels il voudrait accéder (électricité, eau, ciment, etc.). Certes encore il est fortement besoin que l’Etat s’astreigne à mettre en jeu une politique fiscalo-douanière qui prenne toute sa part dans la dynamisation de la consommation des ménages. Mais force est de constater que le client camerounais brille aussi par un manque certain de vitalité dans les batailles de pouvoir qui se livrent à l’intérieur des espaces marchands que les monopoles étatiques ou quasi-étatiques ont pourtant déserté ou épargné.

 

Les questions de la vie chère concernent aussi tout un éventail de produits dont le commerce laisse clients et vendeurs dans un face-à-face libéré de toute interférence. Il en va ainsi des produits agricoles dont les valeurs sont dictées pour l’essentiel par les seuls opérateurs des différentes filières. Ici, la ménagère fait souvent face à la loi des intermédiaires dont les marges bénéficiaires tendent, à la faveur des réactions peu déterminées qui s’opposent à leur diktat, à croître plus souvent qu’à leur tour. Et bizarrement, là où son propre laxisme crie, l’acheteur dénonce celui des services publics.

 

Or, d’où vient-il que le citoyen attende de l’Etat qu’il mobilise ses moyens et déploie ses agents dans les marchés pour contraindre importateurs et «bayam-sellam» [vendeurs ambulants, ndlr] à pratiquer des prix plus abordables pour la ménagère? Pourquoi et sur quelles bases l’Etat devrait-il se mêler de définir la valeur du poisson, de la viande, du plantain ou du macabo quand le client dispose pourtant de la plus redoutable et de la plus influente des armes qui existent sur un marché, à savoir la liberté d’acheter ou de ne pas acheter ? Rien n’est plus parlant dans l’esprit d’un commerçant que le refus de sa clientèle d’acquérir sa marchandise. Quelles pénalités ou amendes, au demeurant vite répercutées sur le prix de vente, pourraient conduire à la diminution des prix plus efficacement que la baisse de la demande ?

 

Cette solution étatiste qui coalise les risques d’augmenter le poids de la mauvaise dépense publique et d’entretenir des niches de corruption, présente en outre le désavantage de confiner le consommateur dans l’inconfort décrié en février avec force bris et barricades, lequel inconfort relève pourtant bien souvent de son auto-déresponsabilisation.

 

Il n’y a en effet rien de plus simple pour une ménagère que d’abandonner à la pourriture des tomates dont la valeur marchande serait portée à des hauteurs inconsidérées, et de se référer à des recettes culinaires qui assument l’absence de cet ingrédient. Aucune  pression insurmontable ne l’oblige à emporter dans ses cuisines un régime de plantains dont elle juge pourtant le prix démesuré et fantaisiste. Les denrées périssables qui offriraient la possibilité de mettre le vendeur dans les cordes plus vite qu’il ne le pense dans le cadre d’une opposition frontale avec l’acheteur, peuvent constituer le premier champ de cette bataille contre la vie chère, à condition que le consommateur prenne conscience autant de sa force que du besoin pour lui de s’organiser plus efficacement.

 

Car c’est bien de s’organiser qu’il sera le plus question ici, plutôt que d’exiger de l’Etat qu’il vienne tremper dans des eaux où sa présence sera plus nuisible que bénéfique. Aux ménagères de se communiquer spontanément les points de vente les plus intéressants pour leurs finances. Aux familles de mettre leurs moyens en commun pour aller faire leur marché mensuel là où les revendeurs s’approvisionnent, et se soustraire ainsi aux fantaisies de l’intermédiation. Les solutions fourmillent au-delà de ces exemples, il suffit de les identifier et de les mettre en œuvre.

 

Il n’était donc absolument pas besoin que le ministère du Commerce aille conclure des protocoles d’accord avec des importateurs dans le but déclaré de rendre leurs produits plus accessibles. L’Etat n’est pas plus au fait de la situation financière et du réel pouvoir d’achat d’un ménage que lui-même. Il ne dispose pas de la réactivité nécessaire pour opérer en temps et en heure les adaptations des prix aux conjonctures de l’économie.

 

Parions au passage que, toute honte bue, le consommateur viendra saluer ces protocoles comme les bouées de sauvetage sans lesquelles sa vie n’aurait plus été possible. Prenons aussi le pari que les prix convenus, pour n’être qu’indicatifs, connaîtront vite des variations à la hausse que les ménagères viendront dénoncer avec l’inertie de l’Etat comme les causes des malaises de leur porte-monnaie.

 

Il est d’autant plus aisé de se livrer à ces projections que les solutions appelées plus haut se trouvent bien loin de cette triste infantilisation, soit-elle consacrée par l’approbation de ses principales victimes. Elles procèderont nécessairement et presqu’exclusivement de l’esprit d’un acheteur conscient de porter en lui la part la plus importante du pouvoir de décider du niveau des prix, dans l’esprit d’un consommateur qui sait qu’il ne sera jamais roi s’il ne se décide résolument à quitter ses chaînes d’esclave.

Jean-Rostand Mounlom, le 24 mars 2008

par Mahalia Nteby publié dans : Edito
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Dimanche 9 mars 2008

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Un des objectifs principaux de l'Union Africaine est de favoriser l'intégration économique et politique du continent. À côté de l'Union Africaine, d'autres organisations régionales sont établies pour stimuler l'intégration économique dans une région particulière. Une intégration efficace en Afrique est perçue comme une des voies susceptibles de surmonter les défis auxquels fait face le continent. 

L'idée d'une Unité Africaine existe principalement sur le papier. Il n'y a aucun effort concret pour que les pays africains puissent profiter les uns des autres aux termes d'une coopération économique forte. Cette situation n'est pas intentionnelle. En dehors des barrières linguistiques, il y a les problèmes de communication et de transport qui gênent la libre circulation des marchandises et des services. Les divers efforts gouvernementaux et régionaux d'organisation pour créer une Afrique sans frontières n'ont pas pu voir le jour. 

Avec un total de 53 Membres, l'Union Africaine comprend 15 Etat sans littoral et 7 États insulaires, le transport aérien qui devait favoriser l'intégration de l'Afrique n'a eu aucun impact. En dehors des tarifs élevés qui caractérisent les vols inter-africains, les liaisons aériennes sont bien meilleures avec les pays de l'Europe et de l'Amérique du Nord. En comparaison, le trafic aérien annuel de l'Afrique constitue environ 4.5 % des 1.8 milliards de passagers du trafic mondial annuel. 

Cela pose en Afrique le défi intimidant de libérer les mouvements de marchandises et de services. L'amélioration des technologies et les réalisations du secteur privé pour vraiment unir l'Afrique ont commencé à faire avancer les choses. Car il y a bien sûr des avantages économiques énormes à avoir une Afrique unie. Ainsi, les sociétés de télécommunication mobiles en Afrique ont préparé le terrain pour l'unité africaine. 

Cela vient suite à la libéralisation du secteur des télécommunications mobiles dans beaucoup de régions du continent. Plus de 36 pays ont créé un organisme de réglementation séparé pour le secteur des télécommunications. De même, environ 45 pays ont autorisé des opérateurs privés de téléphonie mobile à s'installer. Cela a ouvert la voie pour l'apparition de la concurrence dans le secteur de la téléphonie mobile. 

L'intégration réelle vient du secteur privé. Les sociétés de télécommunication fonctionnant dans le continent le démontrent avec le lancement d'un réseau unique. Avec son lancement, en septembre 2006, cette innovation du marché a garanti la liberté de mouvement à travers les frontières géographiques. 

En fin de compte, cela a permis de donner le tempo pour l'apparition d'un marché fort en l'Afrique. 

Une initiative de réseau commencée en Afrique de l'Est est devenue aujourd'hui un large réseau qui couvre 12 pays comprenant l'Est, le Centre et l'Ouest de l'Afrique. En conséquence, 400 millions de personnes dans ces régions de l'Afrique peuvent émettre des appels et envoyer le SMS aux tarifs locaux. À cet égard, le prix du marché commun est fixé conformément au tarif moyen proposé par les compagnies de télécommunication. 

Les avantages sont bien sûr immenses. Cela va éliminer les appels à l'intérieur de l'Afrique qui doivent d'abord être acheminés par l'Europe avant la connexion. Les abonnés peuvent émettre et recevoir des appels partout où ils sont dans les 12 pays. De plus, ils seraient capables de gérer leurs affaires en temps réel, sans avoir à s'inquiéter de la façon de contacter leurs associés dans leur pays d'origine. De même, il est possible d'émettre des appels sortant au même tarif moyen qu'un client local. 

Fondamentalement ici, un réseau unique de télécommunication mobile a vraiment lancé l'Afrique vers une union poussée et une relation commerciale améliorée. En s'impliquant, les opérateurs privés de télécommunication cimentent les diverses parties de l'Afrique et mettent, en même temps, le continent sur la route certaine de la prospérité économique. Par dessus tout, le nouveau développement jouerait un rôle crucial dans la promotion du commerce transfrontalier et stimulerait la croissance économique. 

Ce qui peut être déduit de ceci est que l'unité africaine est tout à fait possible. Cela a été convenablement démontré. Cependant, cette union sera impossible à atteindre si la tâche de la réaliser est laissée aux divers Etats dans le continent. Au mieux, l'Unité Africaine continuerait à exister uniquement sur le papier et elle constituerait un sujet de discussion à chaque forum. 

En gros, l'atteinte graduelle de l'objectif d'une Afrique sans frontières a été rendue possible par l'action du secteur privé. C'est une indication forte que les objectifs de l'Union Africaine et de plusieurs organisations régionales sont progressivement récupérés par les entrepreneurs privés qui sont prêts à penser du nouveau, à se rendre en dehors des sentiers battus. 

Ce qui doit être fait par les divers Etats dans le continent désormais, c'est d'éliminer progressivement toutes les lois et réglementations qui entravent la participation du secteur privé à l'économie. Du moment où il y a des opérateurs de télécommunication qui assurent pouvoir connecter les diverses parties de l'Afrique avec leurs réseaux, il incombe aux régulateurs de télécommunication et aux fonctionnaires d'Etat des divers pays en Afrique de réduire et de simplifier les procédures de licences. 

Mieux encore, ils devraient arrêter d'imposer des frais de licences énormes aux opérateurs de télécommunication mobiles. Quand cela sera fait, une des voies concrètes pour unir réellement l'Afrique sera enfin dégagée. 

Thomson Ayodele, in unmondelibre.org, le 23 décembre 2007

par Mahalia Nteby publié dans : Edito
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Samedi 8 mars 2008

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Assis à la table des conférenciers, je regardais les différents visages autour de moi, et chacun semblait raconter une histoire, une histoire africaine, une histoire de pouvoir, de créativité, de courage et de résistance. Et dans les visages des non africains, je lisais de grandes attentes, comme s'ils disaient : «Afrique lève-toi, lève-toi» ! Comme si chaque visage chantait «c'est le moment» encore et encore.

ll est temps pour l'Afrique de faire le point sur ce qu'elle est et a été, et de se positionner pour un enjeu plus grand sur la plateforme mondiale. Autour du thème de la conférence «positionner l'Afrique pour le 21 ème siècle», beaucoup d'idées ont été partagées, et beaucoup de voies explorées. La conférence de deux jours a commencé le 12 novembre 2007 et a réuni 104 leaders politiques, acteurs de la société civile non marchande et hommes d'affaires venant de plus de 13 Etats africains, des Etats-Unis, d'Europe et du Moyen Orient. 

Je crois que l'Afrique reste pour la planète entière un grand partenaire commercial, sans lequel le monde ne serait pas où il est aujourd'hui ; et ce qu'il reste à faire au continent, c'est de posséder le pouvoir de l'unité et de rapatrier les bénéfices de ce commerce. Mon continent a largement contribué à la civilisation du monde par ce qu'il a donné en termes de travail, de gouvernance, de défense et de sécurité, d'éducation, mais aussi de médecine, de musique et de danse, de technologie, d'agriculture, de commerce, ou encore de religion, de tourisme, d'ingénierie, de possibilités en affaires et bien d'autres domaines de l'activité humaine. 

Il ne reste aux peuples, aux gouvernements et aux sociétés qu'à commencer à envisager un cadre plus large ; ils doivent voir au-delà des limites politiques, religieuses, ethniques et nationalistes afin d'embrasser la perspective d'une Afrique plus grande dans tous les sens du terme. Ma vision est celle d'une Afrique qui dépend d'une nouvelle génération de leaders ouverts à l'idée de partage du pouvoir, contrairement aux groupes actuels qui sont prêts à sacrifier tout le continent pour des intérêts égoïstes. 

Ma vision de l'Afrique est celle d'un continent où le système éducatif donne aux futurs leaders une énergie qui amène l'Afrique vers le monde. Je vois beaucoup de pays africains se rallier à l'Union Africaine. Je vois une nouvelle génération de leaders décidés à arrêter les guerres sur le continent. Je vois l'Union Africaine guider l'Afrique vers le nouvel ordre mondial du 21 ème siècle. 

Je vois des médias africains émergeants célébrant la renaissance du continent. Je vois des médias qui vont influencer le continent pour construire des démocraties plus fortes, de meilleures infrastructures, une meilleure sécurité et une meilleure défense, une bonne gouvernance, plus de sécurité alimentaire pour enfin résoudre peu à peu d'autres problèmes liés au sous-développement; afin de réduire considérablement les conflits politiques, la corruption, le paludisme, le Sida et d'autres maladies, la violence et la criminalité ; les violations des droits des hommes, des femmes et des enfants, et les autres maux du sous-développement. 

Je vois un système africain de gouvernance qui transcende les barrières coloniales, reconnaissant ainsi la vraie nature et la complexité de l'esprit de l'Afrique. Je vois un système de gouvernance mené par le peuple et dont la quête serait de reconstruire l'Afrique, réécrire son histoire et déterminer son avenir. Ce dont l'Afrique a besoin, c'est d'utiliser tous les outils disponibles dans cette campagne ayant pour but de passer de la perception d'une Afrique sévèrement pauvre, dépendante de l'aide, déchirée par la guerre et où l'injustice règne, vers celle d'un continent réellement indépendant qui offre à ses peuples les libertés fondamentales : d'expression, d'association, de religion, de l'éducation etc., un continent qui assure un environnement favorable pour les affaires, le commerce et les investissements. 

Je vois une Afrique qui ne dépend pas d'une vieille génération de leaders inamovibles, mais qui cède la place à une jeune génération de leaders dynamiques pour propulser le continent vers la gloire tant espérée ; une jeunesse qui ne sera pas vaniteuse et qui ne se permettra pas d'être manipulée par une minorité égoïste ; une jeunesse qui va imiter les patriarches d'une Afrique libérée, comme Nelson Mandela, Samora Machel, Kwame Nkrumah et d'autres, sans tomber dans le piège de vouloir garder le pouvoir à vie. 

Je vois une Afrique qui embrasse tous ses citoyens quels que soient leur credo, leur couleur, leur ethnie et toute autre forme de discrimination qui gêne évidemment le développement. Je vois une génération d'Africains qui s'étaient installés loin de leur patrie, revenir avec de l'argent, des compétences et des expertises pour investir dans leur terre mère. 

Je vois l'émergence d'une classe moyenne influente qui va soutenir et contrôler ses gouvernants dans l'administration et les finances. Je vois un peuple qui se déplace et commerce librement en Afrique. Je vois également en place une société civile informée, évoluée et éduquée. Je vois un partenariat entre l'Etat et le secteur privé et le développement de politiques économiques communes et intégrées partout en Afrique. 

Oh quelle belle Afrique je vois, libre et puissante ! 

Samuel Svikeyo, in unmondelibre.org, le 1er décembre 2007

par Mahalia Nteby publié dans : Edito
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Samedi 16 février 2008

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Et maintenant, le Tchad ! Le Tchad de l'Arche de Zoé, du Darfour et de ses massacres ? Non ! Celui d'un énième coup de force contre un pouvoir en place, avec nos militaires en tampon... 

Le statut postcolonial de la France en Afrique mêle intérêts légitimes et fidélités suspectes, atouts stratégiques et devoirs humanitaires, solidarité francophone et zizanies multiples, secrets de famille et intermédiaires clandestins. Pèsent encore sur ce magma l'inconscient refoulé du maître et de l'esclave, et les relents d'un psychodrame historique inachevé... 

Nous n'avons longtemps abordé l'Afrique qu'avec des fantasmes exotiques. Après « le bon sauvage » des Lumières vinrent le « cannibale » et les bamboulas indignes de l'Exposition universelle de 1900. Nous n'avons quitté « La case de l'oncle Tom » que pour « Tintin au Congo » ou « Le coeur des ténèbres ». Pendant ce temps, notre engagement colonial s'écartelait entre l'instituteur et l'exploitant, entre le médecin et le négrier. Et désormais entre nostalgie et repentance. L'Afrique d'aujourd'hui s'accouche-avec et contre nous-dans la douleur. L'Europe eut les siennes et ses millions de morts. La tragédie de l'Histoire change d'époque, de décor et de victimes. Mais elle remplit, pour finir, les mêmes abattoirs de la condition humaine... 

De notre balcon européen, dans la jouissance d'une longue paix, nous contemplons, vaguement ahuris, les affres du pandémonium africain. Ce génocide rwandais, d'abord, où notre injonction démocratique et notre souci d'influence régionale auront fait exploser les haines comprimées du couple Tutsi-Hutu. Et puis ces massacres récurrents du Darfour. Mais combien de violences couvent encore dans des nations adolescentes dont les frontières furent tracées à l'équerre, il y a cent cinquante ans, par nos diplomates en jaquette dans le mépris des ethnies, langues, religions, royaumes ou empires d'une Afrique écrabouillée ! Combien de conflits annoncés entre un Nord musulman et un Sud chrétien ! Quel crève-coeur de voir les deux nations les plus policées de l'Afrique postcoloniale, la Côte d'Ivoire dans l'Ouest, le Kenya dans l'Est, rechuter dans la violence interethnique ! Pensons à cette extension des déserts sous réchauffement planétaire, à cette extinction des cultures vivrières, à ces millions de faméliques agrippés aux ghettos de villes écloses comme champignons vénéneux... A ces désespérés, enfin, qui bricolent des radeaux de misère vers nos eldorados de riches ! 

Et pourtant ! Pourtant, on peine à le croire, mais l'Afrique va mieux. Elle trouve peu à peu, hors ces trous noirs, des espaces apaisés, des leaders respectables... L'ensemble du continent connaît enfin des taux de croissance positive (6,2 % prévus pour 2008). Le pétrole y est pour beaucoup, qui gonfle des budgets anémiques. Il ne crée encore que des pays riches à peuples pauvres. Mais tout de même un peu moins pauvres ! 

Cette Afrique émergente, elle inspire en tout cas des appétits nouveaux. Et d'abord celui, phénoménal, de la Chine. Avec sa masse, ses moyens colossaux, la Chine investit l'Afrique et son pétrole. Elle y expédie ses ingénieurs et ses ouvriers stakhanovistes, au total déjà près de 150 000 hommes. Un début de colonisation sans colonialisme ! La Chine se jette dans l'Afrique comme un fleuve dans la mer... 

L'Afrique nouvelle, nous autres Français devons l'aborder de plain-pied et sans condescendance, en quittant le balcon où le passé nous a juchés. A Dakar, Sarkozy a choqué en dispensant, de ce balcon, un paternalisme conseilleur à « l'homme africain qui n'est pas assez entré dans l'Histoire... » Et il est vrai que, vu jadis de ce surplomb (hégélien), l'Afrique irrationnelle était, comme la Sibérie, chassée d'une Histoire réservée aux seules chevauchées des paladins occidentaux de la Raison et du Progrès (1). Fâcheuse réminiscence ! 

Il nous faut apprendre à penser l'Afrique autrement. Constater que le nationalisme réveille, loin de notre modernité, des traditions englouties. Que, loin de sacrifier aux droits de l'homme, les pays d'Islam exaltent d'abord les droits de Dieu. Et que notre idéal démocratique bute, ici ou là, sur la servitude volontaire. Les peuples qui ne se sentent pas auteurs de notre modernité économique, technique, scientifique souffrent d'en être d'incommodes émules. Et d'être, en somme, « nés du mauvais côté » (2). Mais quoi, l'Histoire ne choisit plus son côté ! Elle charrie partout le meilleur et le pire 

Claude Imbert in Le Point, 07 février 2008

1. Voir « Dostoïevski lit Hegel en Sibérie et fond en larmes », de Földényi (Actes Sud). 
2. Voir l'ardente confession de la Tunisienne Hélé Béji, « Nous, décolonisés » (Arléa).

par Mahalia Nteby publié dans : Edito
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Tibet: Le piège tendu par les Occidentaux à la Chine


Aucune autre occasion n'aura été si belle pour les Occidentaux, comme celle offerte par les Jeux Olympiques de Pékin, pour s'essayer à des basses manœuvres de déstabilisation de la Chine par des manipulations en tous genres comme ce qui se passe aujourd'hui. Déplacer une question de géostratégie sur le terrain des droits de l'homme, on l'a vu avec l'Irak ou l'Afghanistan, est une ruse utilisée par les Occidentaux pour initier le chaos. Cette fois-ci, la question est de savoir s'ils ne risquent pas gros en s'attaquant au géant chinois.

Le réveil de la Chine ainsi que celui d'autres pays comme l'Inde est perçu, par les Occidentaux, comme un affront, une réelle menace qui constitue une atteinte à leur dignité. Situation que l'orgueil occidental ne saurait trop accepter et qu'il faut combattre par tous les moyens. Une preuve de plus qui trahit les bonnes intentions des occidentaux lorsqu'ils abordent la question du "Bien-être" de l'humanité. Tout dans les intentions et les incantations.

La crise qui sévit aujourd'hui au Tibet est parmi les possibles instruments et moyens de rétorsion dont les Occidentaux useront sans scrupules d'en abuser, pour essayer de contrer et faire face à la puissante machine chinoise, dont l'avancée a pour conséquence d'écarter, de faire vaciller la condescendance de l'Occident dans les territoires qui leur servent de sources d'approvisionnement et qu'ils considèrent comme conquis à jamais. Ainsi la Chine est, depuis quelques années maintenant, considérée comme le grain de sable qui vient enrayer la mécanique d'oppression occidentale, habituée à broyer et mettre à mal les économies africaines par exemples.

Les informations ci et là relayées dans les médias occidentaux de la situation au Tibet et les condamnations unanimes des puissances occidentales sont de nature en induire en erreur le citoyen lambda qui ne prendrait pas en compte la question d'approvisionnement en matières premières et autres énergies [la géostratégie], pour se contenter de scruter l'argument fallacieux et fantaisiste des droits de l'homme que les Occidentaux balancent à tout va. LOoccident peut-il lui-même se targuer de garantir les droits de l'homme sur son territoire ?

Pourquoi l'Occident ne met-il pas le même entrain à donner l'autonomie aux Basques qui la réclament du gouvernement espagnol, aux Bavarois qui veulent la sécession d'avec le pouvoir central allemand ou aux Corses qui sont en perpétuel mouvement pour se séparer de la France ?

Espérons simplement que les "états africains" dont les équipes participent aux jeux olympiques ne suivront pas l'hystérie occidentale en boycottant les Jeux ou leur ouverture, se privant ainsi d'un contrepoids qui, s'ils sont malins, les sort de l'asphyxie dans lequel l'Occident les plonge depuis des lustres.

Mboa Nguila
100 langue de bois
19/03/2008

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