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Bluff

Côte d'Ivoire: Une coopération sans contraintes, sans menaces, sans exigences ni humiliations

 

Le Président de la République trace les nouvelles lignes de l’ouverture de son pays au monde.

«Dans les journaux, nous lisons souvent cette phrase: la Chine est à l’assaut de l’Afrique. Je veux rectifier une chose : ce n’est pas la Chine qui est à l’assaut de l’Afrique. C’est l’Afrique qui est à l’assaut de la Chine. Nous coopérons avec la République populaire de Chine sans que nous ayons des exigences politiques». Et le Président Laurent Gbagbo de préciser : si l’Afrique va à l’assaut de la Chine, c’est parce que «les Africains ne se sentent pas humiliés quand ils coopèrent avec la Chine».

Comment coopérer avec l’autre dans une relation de respect mutuel? Comment aller vers l’autre sans que l’autre ne vous impose des exigences, des contraintes, des humiliations ?  La Côte d’Ivoire, dans sa nouvelle diplomatie, veut se positionner, dans son rapport avec l’autre, comme un pays à respecter, et non un pays à soumettre, non comme un Etat à humilier. La Côte d’Ivoire, dans sa diplomatie, exige respect et réclame un traitement de réciprocité.

Le Président de la République, profitant de la pose de la première pierre de l’hôpital général de Gagnoa (un projet financé par la Chine), samedi dernier, a tenu un discours qui trace, avec fermeté, les lignes de la diplomatie ivoirienne : «Si l’on ne nous humilie pas, nous allons coopérer tranquillement. Si l’on nous humilie, nous irons vers ceux qui ne nous humilient pas». Une ligne claire, qui installe la Côte d’Ivoire dans une diplomatie ouverte sur un monde qui célèbre le respect et la considération de l’autre. Une vision qui s’inscrit dans le refus des contraintes et des exigences qui prennent souvent des allures de chantage : «les milliers de conditions imposées dans le cadre de la coopération avec les autres sont une humiliation» que la Côte d’Ivoire ne peut accepter. D’autant qu’il est clair pour le Président Gbagbo que «les relations internationales consistent à entretenir des relations gagnants-gagnants», et que le premier acte de victoire d’un pays, «c’est de ne pas se sentir humilié». Celui qui ne l’aura pas compris, dira le Chef de l’Etat ivoirien, «ne pourra pas entretenir de relations décontractées avec l’Afrique».

Si l’Afrique, selon lui, «
va en Chine, c’est parce qu’avec la Chine, elle ne se sent pas humiliée. C’est ce que je veux expliquer à l’humanité tout entière. J’en parle en tant que Chef d’Etat qui a entendu certains de ses pairs gémir d’avoir tant été humiliés. L’aspect psychologique des peuples des pays du Tiers monde n’a pas été compris. Or, quand un peuple vous dit qu’il n’a pas peur de la mort, il faut le regarder autrement et le traiter autrement».

Réaffirmant les bonnes relations de la Côte d’Ivoire avec la Chine (une seule Chine), il donnera, sans ambages, son point de vue sur le Tibet : «Le Tibet est à la Chine depuis toujours. Si le Tibet a tant intéressé le monde, c’était à cause des Jeux olympiques. Les Jeux finis, plus personne ne s’intéresse au Tibet». Sur ce point, il précisera : «la diplomatie de provocation et la diplomatie d’humiliation, ce n’est pas bon». Sur la même lancée, il ajoutera : «je me réjouis que les dirigeants de Taïwan soient prêts à négocier». Parlant des Etats-Unis, il dira : «je me réjouis aussi qu’aux USA, nous ayons un nouveau chef qui a l’air de mieux discuter que ceux qui étaient là avant lui. Il faut que les gens se parlent. Il faut que les gens négocient. J’ai bon espoir que nous entrons dans une période plus détendue. La nouvelle diplomatie américaine donne des signes rassurants. Parce que tous les problèmes ne se règlent pas par la force. Quand Obama dit qu’il tend la main à l’Iran, il tient un discours d’un homme responsable».

Et de revenir à la Chine, en s’adressant à SEM. Wei Wenhua, son Ambassadeur accrédité en Côte d’Ivoire : «Excellence, restez sur la ligne sur laquelle vous êtes : le respect des pays du Tiers monde, la non humiliation, la non menace».

Le monde change et exige une diplomatie de respect, de dialogue et de consensus. Le monde change et la crise financière internationale, qui a fait effondrer les assises de l’économie mondiale, nous rappelle qu’un monde nouveau doit se construire sur la solidarité et la prise en compte de toutes les nations. La dégradation climatique nous renvoie à cette exigence vitale.

L’appauvrissement mondial interpelle tous les pays, surtout les plus riches. Et la Côte d’Ivoire s’inscrit dans cette diplomatie qui tourne le dos à l’arrogance, à la force, au mépris. Elle veut pouvoir avancer et se construire sur les chemins d’un monde plus juste, d’un monde qui instaure le respect comme sous-bassement de la diplomatie et des échanges entre les Etats. Cela, Laurent Gbagbo l’a redit à Gagnoa: la Côte d’Ivoire va coopérer avec ceux qui ne  l’humilient pas.


Agnès Kraidy
Fraternité Matin
06 Avril 2009
Mercredi 18 mars 2009



"Les colonialistes ne veulent pas admettre qu'un Noir soit l'égal d'un Blanc. Cette conception se manifeste dans le domaine social, dans l'échelle des salaires, dans le traitement médical, dans le logement, dans la justice et hélas, à l'Église. Quelle est alors l'âme éprise de liberté qui resterait insensible devant ce fait révoltant d'un étranger qui traite les enfants de la terre comme des hommes de seconde zone ? La doctrine coloniale n'a jamais cessé de proclamer que le Blanc est un être supérieur et que le Noir, spécialement, ne possède que des capacités limitées
... Une telle façon de ne rien faire pour modérer, sauf cas exceptionnel, la discrimination raciale fait beaucoup pour renforcer notre méfiance et notre combativité" (Ruben Um Nyobé)


L’information a été publiée avant-hier dans les colonnes du quotidien Notre Voie. L’opérateur de téléphonie mobile Orange Côte d’Ivoire a reçu, en date du 16 janvier 2009, un courrier de protestation de la part du directeur général de l’Agence des Télécommunications de Côte d’Ivoire (ATCI), en charge de la régulation du secteur des télécoms, pour «comportements et propos irrévérencieux envers les institutions ivoiriennes, y compris la Présidence de la République». L’individu incriminé est le français Charles Guéret, directeur commercial d’Orange Côte d’Ivoire, qui représente le directeur général Jean-Jacques de Pins lors des réunions de l’ATCI.

Cet avertissement n’est qu’un épisode de la situation sans précédent que traverse actuellement l’opérateur de téléphonie mobile hexagonal en Côte d’Ivoire. En effet, par courrier adressé au président du conseil d’administration de l’entreprise, les délégués du personnel d’Orange Côte d’Ivoire ont fait part de leur révolte contre les méthodes de gestion et attitudes arrogantes, irrespectueuses et malhonnêtes des français Jean-Jacques de Pins, Charles Guéret et François Couturier (directeur financier). Le point de non retour a été atteint lorsque les représentants du personnel ont décidé d’interdire l’accès à tous les sites d’Orange auxdits dirigeants et ont exigé de leur conseil d’administration leur départ de Côte d’Ivoire. Petite anecdote qui reflète bien l’état d’esprit colonialiste de sieurs concernés : face à l’impossibilité d’accéder à leurs bureaux, le trio, du haut de sa bulle impérialiste, a tout naturellement requis l’aide de l’armée française pour opérer un passage en force, ce que les éléments de la force d’occupation Licorne, qui ont remplacé les bidasses du 43ème BIMA démobilisés depuis plusieurs mois, ont décliné, pas fous et peu enclins à rallumer une insurrection qui dépasserait celle de novembre 2004.

Parallèlement, le vice-président pour la région Afrique du Centre et de l’Ouest de MTN, le dénommé Christian de Faria, lui aussi ressortissant français, se permettait, suite à l’arrêté d’expulsion pris par les autorités ivoiriennes à l’encontre du directeur général de MTN Côte d’Ivoire, le Canadien Aimable Mpore, de qualifier notre pays de «république bananière», avant d’aller signer une pétition contre la décision de l’Etat de Côte d’Ivoire, devant des membres du personnel estomaqués.

Que ce soit par racisme historique, comme dans le cas des sociétés occidentales en général et françaises en particulier, ou par ignorance de l’accablant traumatisme colonial imposé par la France et la Belgique aux pays d’Afrique francophone depuis l'époque de l’esclavage jusqu’à nos jours, pourtant si similaire à celui vécu par les Sud-Africains pendant l’oppressif régime de l’apartheid, il est indéniable que les opérateurs économiques étrangers ne font aucun effort pour promouvoir les talents nationaux au plus haut niveau au sein de leurs filiales africaines. Cela pourrait encore être acceptable, si les dirigeants étrangers nommés disposaient des compétences requises et nécessaires. Hélas ! Les critères de recrutement semblent plus être leur adhésion au colonial système françafricain ou leur racisme génétique que leurs qualifications professionnelles, leurs aptitudes techniques ou leur leadership. Et lorsque, une fois tous les trente-six du mois, il leur arrive de nommer un Noir à un poste de direction, ils sont suffisamment pernicieux, dans la plupart des cas, pour s’assurer qu’il ait soit fait allégeance à leurs objectifs de prédation économique, soit une tendance accrue à l’escroquerie, afin de disposer de moyens de pression sur lui, le cas échéant.

Si cet état de choses est à déplorer, il n’en demeure pas moins qu’il est facilité et encouragé par l’apathie de certains gouvernements africains, dans la plupart des cas des anciennes colonies françaises. Et cet attentisme complice et criminel contribue non seulement à annihiler les perspectives de développement des pays concernés, mais surtout l’émergence d’une classe moyenne et d’un capitalisme national solides. Comment un pays comme le Cameroun, qui dispose des textes relatifs à la nationalisation des cadres, peut-il autoriser des multinationales à employer des expatriés aux mêmes postes pendant cinq, six, voire dix ans, sans s’assurer qu’un transfert de savoir ou de compétences soit effectué au plus tard dans les trois années suivant l’arrivée de l’expatrié ? Comment les Etats concernés peuvent-ils permettre qu’une entreprise sud-africaine, elle-même créée grâce à la politique du Black Economic Empowerment (BEE) mise en place pour corriger les ravages et discriminations causées par l’apartheid, puisse, dans dix pays où elle est présente en Afrique centrale et de l’Ouest, n’avoir qu’un seul directeur général issu du terroir ? Est-il admissible que la législation ivoirienne ne dispose pas d’une obligation, pour tout investisseur étranger, d’ouvrir son actionnariat à des nationaux ? Est-il acceptable, compte tenu du nombre d’Ivoiriens et d’Africains hautement qualifiés qui exercent en Afrique et de par le monde, qu’une position comme celle de directeur financier d’une multinationale soit, en 2009 en Côte d'Ivoire, occupée par un Gaulois aux diplômes douteux et au parcours hasardeux? Les exemples du Nigeria et du Ghana, les deux meilleures références de réussite économique et de développement dans la sous-région, qui disposent tous deux d’une législation très protectionniste envers le savoir-faire local et la promotion des talents nationaux et qui veillent particulièrement à sa très stricte application, devraient suffire à faire taire tous ceux qui craignent que ce genre de réflexion ait pour finalité de faire fuir les investisseurs étrangers et inspirer les gouvernants hésitants de l’ex pré carré impérialiste français.

Une chose est sûre : si les entreprises étrangères n’arrivent pas à adapter rapidement leur politique managériale à l’évolution de la situation politique et socio-économique des pays d’Afrique francophone,  elles devront faire face à une riposte de plus en plus radicale des autorités et populations locales: l’expulsion du fort indélicat directeur général de MTN Aimable Mpore par l’Etat de Côte d’Ivoire, la rébellion des employés d’Orange Côte d’Ivoire contre le triumvirat colonial commis par Paris pour les diriger, les protestations de l’ATCI contre les «frasques verbales» de Charles Guéret sont des signes annonciateurs d’un changement profond et irréversible. Un proverbe occidental dit que «tant va la cruche à l’eau qu’à la fin, elle se casse». Il semblerait bien que les colons dirigeants d’entreprise et leurs lamentables laquais locaux, dont l’arrogant et abject comportement de gouverneurs de plantations a trop longtemps été toléré, courent de plus en plus le risque de se voir renvoyés à leurs expéditeurs. Et que là où l’Etat a abdiqué ou tarde à réagir, les citoyens et salariés apparaissent bien décidés à prendre eux-mêmes les choses en main.

«Les républiques bananières» vous saluent!

Mahalia Nteby, le 18 mars 2009

 

Par Mahalia Nteby - Publié dans : Edito
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Mardi 9 décembre 2008



«Zimbabwe : La pression de la communauté internationale s’accentue. Après l’Union Européenne et la Grande-Bretagne, c’est le président français Nicolas Sarkozy qui a exigé aujourd’hui le départ du pouvoir du président zimbabwéen Robert Mugabé». Lorsque j’ai entendu la présentatrice du journal de France 24 énoncer ces phrases comme si elles étaient les plus normales du monde, mon sang, je l’avoue, n’a fait qu’un tour.

Mais pour qui se prend-il ? Après être venu déverser son venin raciste à Dakar en juillet 2007, le gnome de l’Elysée récidive et s’autorise donc encore une fois à mettre son grain de sel dans une affaire qui échappe totalement à sa compétence. Pour bien se faire voir de Gordon Brown, chez qui il est une fois de plus allé prendre des leçons d’économie ce lundi, l’omniprésent mais si peu efficace président français s’est cru obligé de démontrer sa solidarité avec la Grande-Bretagne, ancienne puissance colonisatrice du Zimbabwe. Il n’est peut-être pas inutile de rappeler à Nicolas, réputé pour ses très arides connaissances en histoire, que la perfide Albion, qui n’a jamais mieux porté son nom, est responsable au premier chef de la situation qui prévaut actuellement en ex Rhodésie, que ce soit par le non respect des accords de Lancaster House, signés il y a maintenant vingt neuf ans, ou par l’asphyxie économique avec laquelle elle a volontairement étouffé toute perspective de développement de son ancienne colonie, dont elle a été contrainte d’accepter l’indépendance en 1980.

De même, c’est assurément en connaisseur, puisqu’il est lui-même un fervent adepte de méthodes de gestion despotiques et népotistes, que Sarkozy de Nagy-Bocsa s’est permis de qualifier Robert Mugabé de «dictateur». En effet, l’ami Nicolas, voyant la paille dans l’œil de son homologue zimbabwéen mais pas la poutre dans le sien, ne s’arroge-t-il pas le droit de nommer le président de son parti, l’UMP, faisant fi des opinions et du choix des militants, qui ne sont même pas consultés ? Que dire de l’augmentation de 170% de sa rémunération, qu’il a décidé tout seul comme un grand, pendant que la grande majorité de ses compatriotes tire le diable par la queue ? Les exemples sont légions, et ce ne sont pas les employés des chaînes publiques de télévision françaises réunies au sein de France Télévisions qui le démentiront, dont les dirigeants seront désormais nommés par le mari de Carlita.

Nicolas Sarkozy a encore une fois raté une occasion en or de se taire, alors qu’il aurait été beaucoup mieux inspiré de s’atteler à gérer une économie gauloise en pleine récession. Mais sommes-nous vraiment encore obligés, en décembre 2008, de devoir supporter cette arrogance occidentale envers l’Afrique ? Comment pouvons-nous permettre aux Blancs de continuer à ainsi marquer impunément leur mépris à notre encontre et à celui de nos chefs d’Etat sans réagir ?

Quand est-ce que les ambassadeurs de France et de Grande Bretagne seront-ils convoqués par nos ministres des Affaires Etrangères, qui se chargeront de leur rappeler vigoureusement que leurs pays n’ont aucun droit d’ingérence dans les affaires intérieures de nos Etats ?

Quand est-ce que nos dirigeants disposeront-ils de suffisamment de colonne vertébrale et de matière grise pour comprendre que ce ne sont pas les discours creux qu’ils prononcent lors de réunions internationales inutiles ou les jolis télégrammes de félicitations qu’ils envoient à Barack Obama qui les feront prendre au sérieux, mais bel et bien des actions et de réactions de souveraineté, sur laquelle nous n’acceptons plus de transiger ?

Quand est-ce que les présidents africains agiront-ils, comme Paul Kagame, en prenant des mesures contraignant nos tortionnaires d’hier et d’aujourd’hui à nous respecter ou même à nous craindre ?

En attendant ce jour béni, je me souviens du conseil qu’une vieille mère du village m’avait un jour donné pour la route : «Si tu croises un Français sur ton chemin, gifle-le avant toute chose. Parce qu’il y a toujours une bonne raison de gifler un Français quand on est Africain». Pas vrai, Nicolas ?

Mahalia Nteby, le 08 décembre 2008
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Vendredi 28 mars 2008

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For once the World Bank says something smart about the real causes of prosperity


A Mexican migrant to the U.S. is five times more productive than one who stays home. Why is that?

The answer is not the obvious one: This country has more machinery or tools or natural resources. Instead, according to some remarkable but largely ignored research—by the World Bank, of all places—it is because the average American has access to over $418,000 in intangible wealth, while the stay-at-home Mexican's intangible wealth is just $34,000.

But what is intangible wealth, and how on earth is it measured? And what does it mean for the world's people—poor and rich? That's where the story gets even more interesting.

Two years ago the World Bank's environmental economics department set out to assess the relative contributions of various kinds of capital to economic development. Its study, "Where is the Wealth of Nations?: Measuring Capital for the 21st Century," began by defining natural capital as the sum of nonrenewable resources (including oil, natural gas, coal and mineral resources), cropland, pasture land, forested areas and protected areas. Produced, or built, capital is what many of us think of when we think of capital: the sum of machinery, equipment, and structures (including infrastructure) and urban land.

But once the value of all these are added up, the economists found something big was still missing: the vast majority of world's wealth! If one simply adds up the current value of a country's natural resources and produced, or built, capital, there's no way that can account for that country's level of income.

The rest is the result of "intangible" factors—such as the trust among people in a society, an efficient judicial system, clear property rights and effective government. All this intangible capital also boosts the productivity of labor and results in higher total wealth. In fact, the World Bank finds, "Human capital and the value of institutions (as measured by rule of law) constitute the largest share of wealth in virtually all countries."

Once one takes into account all of the world's natural resources and produced capital, 80% of the wealth of rich countries and 60% of the wealth of poor countries is of this intangible type. The bottom line: "Rich countries are largely rich because of the skills of their populations and the quality of the institutions supporting economic activity."

What the World Bank economists have brilliantly done is quantify the intangible value of education and social institutions. According to their regression analyses, for example, the rule of law explains 57 percent of countries' intangible capital. Education accounts for 36 percent.

The rule-of-law index was devised using several hundred individual variables measuring perceptions of governance, drawn from 25 separate data sources constructed by 18 different organizations. The latter include civil society groups (Freedom House), political and business risk-rating agencies (Economist Intelligence Unit) and think tanks (International Budget Project Open Budget Index).

Switzerland scores 99.5 out of 100 on the rule-of-law index and the U.S. hits 91.8. By contrast, Nigeria's score is a pitiful 5.8; Burundi's 4.3; and Ethiopia's 16.4. The members of the Organization for Economic Cooperation and Development—30 wealthy developed countries—have an average score of 90, while sub-Saharan Africa's is a dismal 28.

The natural wealth in rich countries like the U.S. is a tiny proportion of their overall wealth—typically 1 percent to 3 percent—yet they derive more value from what they have. Cropland, pastures and forests are more valuable in rich countries because they can be combined with other capital like machinery and strong property rights to produce more value. Machinery, buildings, roads and so forth account for 17% of the rich countries' total wealth.

Overall, the average per capita wealth in the rich Organization for Economic Cooperation Development (OECD) countries is $440,000, consisting of $10,000 in natural capital, $76,000 in produced capital, and a whopping $354,000 in intangible capital. (Switzerland has the highest per capita wealth, at $648,000. The U.S. is fourth at $513,000.)

By comparison, the World Bank study finds that total wealth for the low income countries averages $7,216 per person. That consists of $2,075 in natural capital, $1,150 in produced capital and $3,991 in intangible capital. The countries with the lowest per capita wealth are Ethiopia ($1,965), Nigeria ($2,748), and Burundi ($2,859).

In fact, some countries are so badly run, that they actually have negative intangible capital. Through rampant corruption and failing school systems, Nigeria and the Democratic Republic of the Congo are destroying their intangible capital and ensuring that their people will be poorer in the future.

In the U.S., according to the World Bank study, natural capital is $15,000 per person, produced capital is $80,000 and intangible capital is $418,000. And thus, considering common measure used to compare countries, its annual purchasing power parity GDP per capita is $43,800. By contrast, oil-rich Mexico's total natural capital per person is $8,500 ($6,000 due to oil), produced capital is $19,000 and intangible capita is $34,500—a total of $62,000 per person. Yet its GDP per capita is $10,700. When a Mexican, or for that matter, a South Asian or African, walks across our border, they gain immediate access to intangible capital worth $418,000 per person. Who wouldn't walk across the border in such circumstances?

The World Bank study bolsters the deep insights of the late development economist Peter Bauer. In his brilliant 1972 book Dissent on Development, Bauer wrote: "If all conditions for development other than capital are present, capital will soon be generated locally or will be available . . . from abroad. . . . If, however, the conditions for development are not present, then aid . . . will be necessarily unproductive and therefore ineffective. Thus, if the mainsprings of development are present, material progress will occur even without foreign aid. If they are absent, it will not occur even with aid."

The World Bank's pathbreaking "Where is the Wealth of Nations?" convincingly demonstrates that the "mainsprings of development" are the rule of law and a good school system. The big question that its researchers don't answer is: How can the people of the developing world rid themselves of the kleptocrats who loot their countries and keep them poor?

Ronald Bailey in Reason Magazine, le 05 octobre 2007

Par Mahalia Nteby - Publié dans : Edito
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Lundi 24 mars 2008

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Si les événements qui ont secoué le Cameroun à la fin du mois de février ont permis de mettre en exergue le malaise que vit une frange importante de la population dans notre environnement socio-économique, elle a aussi trahi l’incapacité du consommateur camerounais à prendre son destin en charge dans la définition de son rapport au commerçant. Les revendications formulées  dans le sens de l’amélioration de la vie ont souvent été conclues par un appel à l’Etat à venir mettre de l’ordre là où le pouvoir d’achat des ménages perdait du souffle.

 

Certes, il est des secteurs où les dérives monopolistiques sont venues brimer la marge de manœuvre du consommateur et l’empêcher de se mêler comme il se doit à la détermination des prix des produits et services auxquels il voudrait accéder (électricité, eau, ciment, etc.). Certes encore il est fortement besoin que l’Etat s’astreigne à mettre en jeu une politique fiscalo-douanière qui prenne toute sa part dans la dynamisation de la consommation des ménages. Mais force est de constater que le client camerounais brille aussi par un manque certain de vitalité dans les batailles de pouvoir qui se livrent à l’intérieur des espaces marchands que les monopoles étatiques ou quasi-étatiques ont pourtant déserté ou épargné.

 

Les questions de la vie chère concernent aussi tout un éventail de produits dont le commerce laisse clients et vendeurs dans un face-à-face libéré de toute interférence. Il en va ainsi des produits agricoles dont les valeurs sont dictées pour l’essentiel par les seuls opérateurs des différentes filières. Ici, la ménagère fait souvent face à la loi des intermédiaires dont les marges bénéficiaires tendent, à la faveur des réactions peu déterminées qui s’opposent à leur diktat, à croître plus souvent qu’à leur tour. Et bizarrement, là où son propre laxisme crie, l’acheteur dénonce celui des services publics.

 

Or, d’où vient-il que le citoyen attende de l’Etat qu’il mobilise ses moyens et déploie ses agents dans les marchés pour contraindre importateurs et «bayam-sellam» [vendeurs ambulants, ndlr] à pratiquer des prix plus abordables pour la ménagère? Pourquoi et sur quelles bases l’Etat devrait-il se mêler de définir la valeur du poisson, de la viande, du plantain ou du macabo quand le client dispose pourtant de la plus redoutable et de la plus influente des armes qui existent sur un marché, à savoir la liberté d’acheter ou de ne pas acheter ? Rien n’est plus parlant dans l’esprit d’un commerçant que le refus de sa clientèle d’acquérir sa marchandise. Quelles pénalités ou amendes, au demeurant vite répercutées sur le prix de vente, pourraient conduire à la diminution des prix plus efficacement que la baisse de la demande ?

 

Cette solution étatiste qui coalise les risques d’augmenter le poids de la mauvaise dépense publique et d’entretenir des niches de corruption, présente en outre le désavantage de confiner le consommateur dans l’inconfort décrié en février avec force bris et barricades, lequel inconfort relève pourtant bien souvent de son auto-déresponsabilisation.

 

Il n’y a en effet rien de plus simple pour une ménagère que d’abandonner à la pourriture des tomates dont la valeur marchande serait portée à des hauteurs inconsidérées, et de se référer à des recettes culinaires qui assument l’absence de cet ingrédient. Aucune  pression insurmontable ne l’oblige à emporter dans ses cuisines un régime de plantains dont elle juge pourtant le prix démesuré et fantaisiste. Les denrées périssables qui offriraient la possibilité de mettre le vendeur dans les cordes plus vite qu’il ne le pense dans le cadre d’une opposition frontale avec l’acheteur, peuvent constituer le premier champ de cette bataille contre la vie chère, à condition que le consommateur prenne conscience autant de sa force que du besoin pour lui de s’organiser plus efficacement.

 

Car c’est bien de s’organiser qu’il sera le plus question ici, plutôt que d’exiger de l’Etat qu’il vienne tremper dans des eaux où sa présence sera plus nuisible que bénéfique. Aux ménagères de se communiquer spontanément les points de vente les plus intéressants pour leurs finances. Aux familles de mettre leurs moyens en commun pour aller faire leur marché mensuel là où les revendeurs s’approvisionnent, et se soustraire ainsi aux fantaisies de l’intermédiation. Les solutions fourmillent au-delà de ces exemples, il suffit de les identifier et de les mettre en œuvre.

 

Il n’était donc absolument pas besoin que le ministère du Commerce aille conclure des protocoles d’accord avec des importateurs dans le but déclaré de rendre leurs produits plus accessibles. L’Etat n’est pas plus au fait de la situation financière et du réel pouvoir d’achat d’un ménage que lui-même. Il ne dispose pas de la réactivité nécessaire pour opérer en temps et en heure les adaptations des prix aux conjonctures de l’économie.

 

Parions au passage que, toute honte bue, le consommateur viendra saluer ces protocoles comme les bouées de sauvetage sans lesquelles sa vie n’aurait plus été possible. Prenons aussi le pari que les prix convenus, pour n’être qu’indicatifs, connaîtront vite des variations à la hausse que les ménagères viendront dénoncer avec l’inertie de l’Etat comme les causes des malaises de leur porte-monnaie.

 

Il est d’autant plus aisé de se livrer à ces projections que les solutions appelées plus haut se trouvent bien loin de cette triste infantilisation, soit-elle consacrée par l’approbation de ses principales victimes. Elles procèderont nécessairement et presqu’exclusivement de l’esprit d’un acheteur conscient de porter en lui la part la plus importante du pouvoir de décider du niveau des prix, dans l’esprit d’un consommateur qui sait qu’il ne sera jamais roi s’il ne se décide résolument à quitter ses chaînes d’esclave.

Jean-Rostand Mounlom, le 24 mars 2008

Par Mahalia Nteby - Publié dans : Edito
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Dimanche 9 mars 2008

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Un des objectifs principaux de l'Union Africaine est de favoriser l'intégration économique et politique du continent. À côté de l'Union Africaine, d'autres organisations régionales sont établies pour stimuler l'intégration économique dans une région particulière. Une intégration efficace en Afrique est perçue comme une des voies susceptibles de surmonter les défis auxquels fait face le continent. 

L'idée d'une Unité Africaine existe principalement sur le papier. Il n'y a aucun effort concret pour que les pays africains puissent profiter les uns des autres aux termes d'une coopération économique forte. Cette situation n'est pas intentionnelle. En dehors des barrières linguistiques, il y a les problèmes de communication et de transport qui gênent la libre circulation des marchandises et des services. Les divers efforts gouvernementaux et régionaux d'organisation pour créer une Afrique sans frontières n'ont pas pu voir le jour. 

Avec un total de 53 Membres, l'Union Africaine comprend 15 Etat sans littoral et 7 États insulaires, le transport aérien qui devait favoriser l'intégration de l'Afrique n'a eu aucun impact. En dehors des tarifs élevés qui caractérisent les vols inter-africains, les liaisons aériennes sont bien meilleures avec les pays de l'Europe et de l'Amérique du Nord. En comparaison, le trafic aérien annuel de l'Afrique constitue environ 4.5 % des 1.8 milliards de passagers du trafic mondial annuel. 

Cela pose en Afrique le défi intimidant de libérer les mouvements de marchandises et de services. L'amélioration des technologies et les réalisations du secteur privé pour vraiment unir l'Afrique ont commencé à faire avancer les choses. Car il y a bien sûr des avantages économiques énormes à avoir une Afrique unie. Ainsi, les sociétés de télécommunication mobiles en Afrique ont préparé le terrain pour l'unité africaine. 

Cela vient suite à la libéralisation du secteur des télécommunications mobiles dans beaucoup de régions du continent. Plus de 36 pays ont créé un organisme de réglementation séparé pour le secteur des télécommunications. De même, environ 45 pays ont autorisé des opérateurs privés de téléphonie mobile à s'installer. Cela a ouvert la voie pour l'apparition de la concurrence dans le secteur de la téléphonie mobile. 

L'intégration réelle vient du secteur privé. Les sociétés de télécommunication fonctionnant dans le continent le démontrent avec le lancement d'un réseau unique. Avec son lancement, en septembre 2006, cette innovation du marché a garanti la liberté de mouvement à travers les frontières géographiques. 

En fin de compte, cela a permis de donner le tempo pour l'apparition d'un marché fort en l'Afrique. 

Une initiative de réseau commencée en Afrique de l'Est est devenue aujourd'hui un large réseau qui couvre 12 pays comprenant l'Est, le Centre et l'Ouest de l'Afrique. En conséquence, 400 millions de personnes dans ces régions de l'Afrique peuvent émettre des appels et envoyer le SMS aux tarifs locaux. À cet égard, le prix du marché commun est fixé conformément au tarif moyen proposé par les compagnies de télécommunication. 

Les avantages sont bien sûr immenses. Cela va éliminer les appels à l'intérieur de l'Afrique qui doivent d'abord être acheminés par l'Europe avant la connexion. Les abonnés peuvent émettre et recevoir des appels partout où ils sont dans les 12 pays. De plus, ils seraient capables de gérer leurs affaires en temps réel, sans avoir à s'inquiéter de la façon de contacter leurs associés dans leur pays d'origine. De même, il est possible d'émettre des appels sortant au même tarif moyen qu'un client local. 

Fondamentalement ici, un réseau unique de télécommunication mobile a vraiment lancé l'Afrique vers une union poussée et une relation commerciale améliorée. En s'impliquant, les opérateurs privés de télécommunication cimentent les diverses parties de l'Afrique et mettent, en même temps, le continent sur la route certaine de la prospérité économique. Par dessus tout, le nouveau développement jouerait un rôle crucial dans la promotion du commerce transfrontalier et stimulerait la croissance économique. 

Ce qui peut être déduit de ceci est que l'unité africaine est tout à fait possible. Cela a été convenablement démontré. Cependant, cette union sera impossible à atteindre si la tâche de la réaliser est laissée aux divers Etats dans le continent. Au mieux, l'Unité Africaine continuerait à exister uniquement sur le papier et elle constituerait un sujet de discussion à chaque forum. 

En gros, l'atteinte graduelle de l'objectif d'une Afrique sans frontières a été rendue possible par l'action du secteur privé. C'est une indication forte que les objectifs de l'Union Africaine et de plusieurs organisations régionales sont progressivement récupérés par les entrepreneurs privés qui sont prêts à penser du nouveau, à se rendre en dehors des sentiers battus. 

Ce qui doit être fait par les divers Etats dans le continent désormais, c'est d'éliminer progressivement toutes les lois et réglementations qui entravent la participation du secteur privé à l'économie. Du moment où il y a des opérateurs de télécommunication qui assurent pouvoir connecter les diverses parties de l'Afrique avec leurs réseaux, il incombe aux régulateurs de télécommunication et aux fonctionnaires d'Etat des divers pays en Afrique de réduire et de simplifier les procédures de licences. 

Mieux encore, ils devraient arrêter d'imposer des frais de licences énormes aux opérateurs de télécommunication mobiles. Quand cela sera fait, une des voies concrètes pour unir réellement l'Afrique sera enfin dégagée. 

Thomson Ayodele, in unmondelibre.org, le 23 décembre 2007

Par Mahalia Nteby - Publié dans : Edito
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Do not leave Africa in scramble



To many minds, Africa is a picture of hopeless misery: afflicted by poverty, scarred by corruption and ravaged by Aids and war. These facts are true, but they tell only half the story. In many sub-Saharan African countries output briskly outpaced population growth during the last decade, leading to sustained growth in income per capita and promising a lasting escape from poverty.

Behind the success lies many African leaders’ willingness to adopt solid macroeconomic policies and move towards more transparency and less red tape. Economic integration with the world deepened and trading relations diversified. Record-breaking prices boosted commodity exporters’ incomes. The private sector’s success, for example in telecommunications, showed that Africa does not lack good business opportunities. Before the crisis, countries such as Ghana were on course to escaping aid dependence by entering global capital markets.

But Africa is now slipping. Foreign direct investment has shrivelled. Capital markets have seized up as funds flee to the safety of rich-country sovereign bonds – with which the market is flooded. The price of trade credit has soared, sharply halting trade flows, with commodity exporters suffering additionally from the drop in prices.

As tax revenues fall and demands on public services rise, governments without large savings are in a squeeze. African leaders warn of a popular backlash: if the public suffers undeserved pain after governments followed what rich countries told them to do in the 1990s, economic growth and democratic stability are at risk. Already coups and riots are on the rise.

The world’s leading countries must act to end the global crisis as soon as possible. In the meantime, Africa should not be a casualty of other priorities. African governments that have shown a commitment to sound policies must be helped to fill temporary funding gaps. And rich countries should quickly prop up trade finance: it would do much good and cost little.

Development aid
can do ill as well as good; the long-term goal must be to get rid of it. But that is no argument against short-term crisis assistance, which has been provided – quickly – to small and relatively rich European countries; many African countries need the same. Moreover, rich countries made aid promises at the Gleneagles summit that they have yet to fulfil.

The potential cost of the crisis in Africa is not just unemployment; it is starvation, civil war and the closing of an escape route from poverty. That is a price the world cannot afford to pay.


Editorial
Financial Times
Le 16/03/2009

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