Dimanche 25 avril 7 25 /04 /Avr 00:27

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Un tiers-mondiste deux tiers mondain : Il est au moins un podium sur lequel les Camerounais sont sûrs de monter. Il a ainsi été divulgué que l’équipe nationale de football du Cameroun fera partie du trio de tête en matière d’hébergement de luxe pendant l’épopée sud africaine (319 euros la nuitée), juste derrière la France (589 euros la nuit, Zahia exclue) et le Japon (395 euros). Pas mal, pour un pays pauvre très endetté qui devance ainsi de plusieurs longueurs des contrées notoirement démunies comme l’Allemagne, l’Italie, les Pays Bas. 

 

Perte de mémoire : Dans une interview donnée récemment, Alexandre Ribeiro, coordonnateur sportif national, connait au centime près le prix de l’hébergement de la Serbie («300 euros») mais est victime d’une inquiétante amnésie foudroyante («je ne connais pas exactement le prix») dès lors que l’on aborde le tarif de l’hôtel choisi pour l’équipe du Cameroun. Rappel : le sieur Ribeiro est sur la feuille de paie du contribuable camerounais parce qu’il a été chargé par le ministre Michel Zoah (Sports et Education Physique) de négocier tous les arrangements logistiques liés aux déplacements des Lions indomptables.

 

Attention spéciale : Le 11 avril, Paul Le Guen assurait en conférence de presse : «On ne traite pas le cas Rigobert Song comme certains autres. On fait attention. On prend toute la dimension du joueur, du capitaine qu’il était.» On a vu. Depuis son arrivée à la tête de la sélection nationale camerounaise, le Breton n’a parlé que deux fois à l’ancien capitaine, à qui il a enlevé le brassard sans même avoir la décence et la politesse de le lui dire en face. Les deux fois où il lui a adressé la parole, c’était devant les caméras, une veille de match, pour lui annoncer qu’il ne l’alignerait pas. Depuis lors, silence total. Quelle pudeur ! Quelle sensibilité ! Si c’est le traitement particulier que Paul Le Guen réserve à ceux qu’il respecte, qu’est-ce que ça doit être quand quelqu’un n’est pas dans ses bonnes grâces ?!

 

Bienheureux chassé-croisé : Alors que le staff technique des Lions s’attèle à entretenir un suspens quant à la liste des 30 joueurs qui seront provisoirement sélectionnés pour participer à la Coupe du monde en Afrique du Sud, il laisse quand même filtrer quelques informations sur les amateurs observés. Au compte-goutte et pas tout à fait par hasard. Il y en aurait ainsi trois ou quatre qui pourraient éventuellement postuler au stage de préparation débutant en Autriche le 20 mai, dont un qui survolerait le reste de la masse et se retrouverait peut-être parmi les 23 qui iront disputer l’aventure sud africaine. Peuchère ! Ceux qui croient qu’il pourrait s’agir de l’un des deux joueurs locaux ayant été sélectionnés dans des conditions abracadabrantesques pour le match amical contre l’Italie se fourvoient complètement. Le deal pour celui-là était de le faire jouer quinze minutes à Monaco. M’est avis que nous aurons la «surprise» de constater que l’heureux élu sera plutôt un joueur de Coton Sport qui vient de signer son transfert à Valenciennes et qui est représenté par Maxime Nana, lui-même agent de joueur très proche d’Alexandre Ribeiro. C’est fou comme les boucles se bouclent, quelques fois. C’est qu’on aurait tendance à oublier que le football est, pour certaines gens, un business avant tout, et très lucratif avec ça.

 

Concurrence sélective : Force est de constater que la notion de mise en concurrence est très élitiste dans l’entendement de Paul Le Guen. En fait, depuis son arrivée, elle semble se restreindre à deux joueurs : Gérémi Njitap et Rigobert Song. «Tous les week-ends, je scrute leurs performances quand ils jouent. Je suis très attentif. Je me déplace, je les vois et après, je ferai le meilleur choix possible pour le Cameroun et pour la sélection.» Bizarre quand même qu’il ait subitement besoin d’une telle observation microscopique, lui qui affirme lors de la même interview ne pas avoir eu besoin de les sélectionner pour le match contre l’Italie parce qu’il «les connaissait bien» et qu’il avait d’autres joueurs à tester ce jour là. Tant pis pour ceux qui y voient un acharnement sélectif. Mais Paul Le Guen n’en est plus à une contradiction près. «Quand je prends une décision, je tiens compte de tous les paramètres. Il y a la valeur du joueur, ce qu’il peut apporter au groupe, son expérience, sa fraîcheur, sa valeur intrinsèque.» Il est évident qu’avec de tels critères, Rigobert Song sera parmi les premiers à aller en Afrique du Sud. Cela dit, c’est bien beau de focaliser toute l’attention sur la défense, mais si on n’encaisse aucun but et qu’on n’en marque pas, on ne gagne pas de match. A contrario, une équipe qui encaisse 3 buts et en marque 4 sort toujours vainqueur du terrain. Si la stratégie de Le Guen était de ne pas aligner les joueurs qu’il connaissait déjà afin de tester de nouvelles options, l’on peut se demander pourquoi il n’a pas fait également sortir certains de nos attaquants qu’il connait sur le bout des doigts et du micro pour laisser une opportunité de jeu conséquente à la relève. Honni soit qui mal y pense !

 

Soumission inattendue : Le stage des amateurs, autour duquel a été fait tout un battage médiatique, s’est achevé le 15 avril, soit un jour plus tôt que prévu. Raison avancée par Paul Le Guen : Les entraineurs locaux en auraient exprimé le souhait. Mignon. On ne le savait pas si malléable. «Je suis le seul qui décide de la tactique », martelait-il il y a peu, insistant sur le fait que quand bien même il fait l’objet de pressions, seuls ses choix comptent au final. Vous faites partie de ceux qui s’étonnent donc de la servilité inopinée de Paul Le Guen quant à l’arrêt prématuré du stage des amateurs ? Circulez, il n’y a rien à voir.

 

 Amoureux, mais pas trop : A chaque fois que la question de leur avenir à la tête des Lions indomptables leur est posée, Le Guen et ses amis Colleu et Ribeiro réitèrent leur «amour» pour le Cameroun. L’entraineur affirme ainsi «se sentir bien» à Yaoundé et «être heureux d’être là», pendant que son adjoint loue le pays comme «grande terre de football» et qu’Alexandre Ribeiro se dit prêt à continuer à pointer au ministère des Sports et de l’Education physique tant le Cameroun est un pays qu’il «aime beaucoup.» Comment expliquer alors que, depuis qu’il a été embauché, Paul Le Guen ait dédié autant de temps à ses activités de commentateur et chroniqueur de Canal + en France et passé si peu temps en terre camerounaise ? La durée cumulée de l’ensemble de ses «visites» au Cameroun, depuis son embauche en juillet 2009 à ce jour, n’excède pas un mois. Que dire d’Yves Colleu, pour qui séjourner au Cameroun pendant une semaine revient à être «cloîtré» ? Dans la famille «lapsus révélateur», difficile de trouver mieux. En ce qui concerne le respect dû au pays qui les emploie, par contre, il faudra repasser.

 

 D’un hôtel à l’autre : «Aujourd’hui, penser que le Cameroun pourra jouer les quarts de finale de la Coupe du Monde, c’est perdre un peu la raison.» Paul Le Guen, conférence de presse du 27 janvier 2010 à l’hôtel Hilton de Yaoundé. «Je pense qu’il y a un malentendu. Ce que j’avais dit c’est que si nous arrivons en quart de finale, ce serait un bon résultat.» Le même, en conférence de presse le 11 avril 2010 à l’hôtel Mont Fébé de Yaoundé.

 

On pourrait se dire qu’il vaut mieux entendre cela que d’être sourde. Je n’en suis pas si sûre.

 

Mahalia Nteby in Le Messager, 30 avril 2010

Par Mahalia Nteby - Publié dans : Edito
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Commentaires

Mahalia, toutes ces vérités largement connues des dirigeants Camerounais qui n'en ont cure, soit par incompétence (chez eux c'est devenu une 2nde nature), soit par corruption (c'est presque devenu génétique) soit les 2...

Les Ivoiriens qui avaient bu la France jusqu'à la lie au point que cette dernière choisisse l'option de son éclatement ont eu du mal à enfin mettre à l'écart cette nébuleuse footbalistico-mafieuse venue de France, même devant les échecs répétés de ces agents. Il semble après un nombre invraisemblable d'échecs inadmissibles de part le potentiel et les moyens alloués que l'aliénation à ce système a enfin trouver la porte de sortie! Espérons que le suivi permettra des résultats plus positifs. Et dire que l'unique vrai sacre Ivoirien a été obtenu par Yéo Martial, un Ivoirien, aujourd'hui probablement aux oubliettes!!!!!!

La vérité a la peau dure et il arrive un moment où il devient vital de se rendre à l'évidence!!!!

Au Cameroon, nous en sommes à un point où TOUTES LES MAGOUILLES LES PLUS ABJECTES peuvent être dénoncées sans aucune conséquences réparatrices.

Le sursaut Ivoirien n'étant pas à espérer, il n'y a plus qu'à attendre que comme tout fruit mûr, le système tombe de lui même, mais surtout il faut travailler à une alternative crédible, et surtout à une stratégie de remplacement des "gestionnaires" actuels, et ça c'est pas gagner vu la capacité de reproduction et l'intelligence dans la magouille de ces éléments négatifs.

Commentaire n°1 posté par Silas le 25/04/2010 à 15h49

Merci Silas. La vie est faite d'espoir, alors espérons. Mais ne feriez-vous pas plutôt allusion à l'improbable sursaut camerounais dans votre dernier paragraphe?

Réponse de Mahalia Nteby le 25/04/2010 à 17h59

Exactement. C'est une erreur. Je rectifie: l'improbable sursaut Camerounais

Commentaire n°2 posté par Silas le 25/04/2010 à 18h29

Déclaration

Un mois après la chute de Laurent Gbagbo, la presse ivoirienne dans la tourmente 

   mains

Un mois tout juste après l’arrestation de Laurent Gbagbo et l’accession au pouvoir d’Alassane Ouattara, la situation de la presse en Côte d’Ivoire demeure problématique. Si certains journalistes menacés ont finalement pu reprendre le travail, les journaux d’opposition, favorables à l’ancien chef de l’Etat, ne paraissent toujours pas. Les locaux du quotidien Notre Voie, proche du Front populaire ivoirien (FPI, parti de Laurent Gbagbo) sont même occupés par des éléments armés.

Reporters sans frontières exprime sa déception et demande aux nouvelles autorités d’agir rapidement pour restaurer un climat de confiance chez les journalistes et surtout permettre aux journaux d’opposition de préparer leur retour en kiosques.

"L’absence de presse d’opposition porte un coup très dur à la liberté de la presse en Côte d’Ivoire. Dans ces conditions, nous craignons que ne se développe le règne de la pensée unique. Le gouvernement d’Alassane Ouattara suscite des attentes dans le domaine du respect des libertés. Il doit les satisfaire", a déclaré l’organisation.

Aucune disposition officielle n’empêche les journaux d’opposition de paraître, mais le saccage des rédactions des quotidiens Notre Voie et Le Temps ainsi que l’incendie criminel de leur imprimerie ont créé des dommages très conséquents. De plus, la rédaction de Notre Voie est depuis quelques temps occupée par des soldats des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) qui interdisent l’accès des lieux aux journalistes.

"Cette situation est tout à fait nouvelle. Dans le passé, les locaux du Patriote, quotidien favorable à Alassane Ouattara, avaient été attaqués et détruits, mais jamais occupés comme le sont ceux de Notre Voie aujourd’hui. Nous ne comprenons pas le comportement des FRCI qui violent de façon flagrante le droit des employés de ce journal de se rendre sur leur lieu de travail", a estimé Reporters sans frontières.

Dans un discours prononcé au Conseil national de la presse, le 3 mai 2011, à l’occasion de la vingtième Journée internationale de la liberté de la presse, le ministre de l’Intérieur et de la Communication, Hamed Bakayoko, a eu des mots peu rassurants vis-à-vis des médias. Sa déclaration s’apparentait plutôt à une mise en garde. "La liberté oui, mais elle a ses limites. La liberté a une certaine frontière. On ne parle plus de liberté quand elle transcende certaines valeurs. Des gens avaient pensé que l’impunité était sans limite. Il faut qu’ils réalisent que ce n’est plus possible. On ne peut pas déstabiliser le tissu social simplement parce qu’on est journaliste. Nous n’allons pas accepter que la presse enfonce la Côte d’Ivoire. La presse porte une responsabilité importante dans cette crise. Les journaux et les journalistes ont voulu être aux avant-postes des politiques, ils ont voulu aller plus loin que les politiques", a-t-il déclaré.

D’autre part, Reporters sans frontières déplore la persistance dans la presse ivoirienne d’articles désignant certaines personnalités à la vindicte populaire. Le 10 mai 2011, le quotidien Nord-Sud a publié une photo du directeur de publication de Notre Voie, César Etou, pour illustrer un article intitulé "César Etou attise le feu de la haine". Le quotidien reproche au journaliste d’avoir contacté des organisations de défense des droits de l’Homme pour se plaindre du manque de respect des droits de Simone Gbagbo et de son entourage depuis leur arrestation.

En attendant la reprise de la Radio-Télévision Ivoirienne (RTI), Reporters sans frontières exhorte Télévision Côte d’Ivoire (TCI) à se comporter comme un média de service public en arrêtant de diffuser les slogans de campagne du candidat Ouattara et des chansons qui font son apologie. La TCI avait été créée par le camp Ouattara dans une démarche de résistance, elle doit désormais s’adresser à tous les Ivoiriens depuis qu’elle remplace la RTI et qu’Alassane Ouattara est devenu chef de l’Etat

Dans la mesure où l’espace audiovisuel n’est pas encore libéralisé en Côte d’Ivoire, les nouvelles autorités devraient préciser quel est le statut exact de la TCI. Reporters sans frontières rappelle qu’au moment de sa création, début 2011, il s’agissait d’un média pirate.

Enfin, l’organisation prend acte de la transformation du Conseil national de la communication audiovisuelle (CNCA) en Haute autorité de la communication audiovisuelle. La nomination de l’ancien ministre de la Communication, Ibrahim Sy Savané, à la tête de cette institution apparaît comme un signe d’ouverture prometteur. Reporters sans frontières espère que cette nomination va donner un coup d’accélérateur à la réforme libéralisant l’espace audiovisuel.

Reporters Sans Frontières
Le 10 mai 2011

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