Laurent Gbagbo résiste à l'ingérence

Publié le par Mahalia Nteby

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Le samedi 4 décembre 2010 fera date dans l’histoire. C’est ce jour là que Laurent Koudou Gbagbo a été investi comme président légal de Côte d’Ivoire. Il est vrai, en pleine tempête médiatique et international orchestrée par des institutions et médias qui se sont arrogés le droit de s’ingérer dans les affaires politiques africaines. Pour prêcher une démocratie à la caméléon qui peut subir des variations en fonction de certains intérêts économiques.

Que l’on le veuille ou non, Laurent Gbagbo est le nouveau président ivoirien. Il a reçu l’onction du Conseil constitutionnel, plus haute juridiction du pays à qui, la constitution, loi suprême du pays, reconnaît le droit de proclamer les résultats définitifs de l’élection présidentielle. Cette institution a proclamé la victoire de Laurent Gbagbo avec 51,45% des suffrages, contre 48,55% à son rival Alassane Ouattara. Elle a ainsi invalidé les résultats de la Commission électorale indépendante dans plusieurs départements du Nord encore sous contrôle des rebelles venus du Burkina Faso en 2002.

Laurent Gbagbo entame ainsi le mandat qui, nous l’espérons, lui permettra enfin de gouverner car, il faut reconnaitre qu’il n’a pas pu gouverner depuis son élection en 2000. Il a dû faire face à des forces rebelles, solidement armées et grassement financées qui ont coupé le pays en deux. Homme de consensus comme très peu de chefs d’Etat africains le sont, il a vu son pouvoir se vider progressivement par une série de négociations menées à l’extérieur de son pays.

En 2002, au lieu de condamner les forces rebelles qui tuaient impunément des civils dans le nord du pays, la «communauté internationale» n’a rien fait de mieux que d’exprimer sa «compassion à toutes les familles endeuillées et leur sympathie à tous ceux qui ont souffert des violences». Chose curieuse, au lieu de menacer ces rebelles de les traduire devant les juridictions internationales, certaines puissances étrangères brandissent aujourd’hui la menace de poursuivre le président élu en cas de violences. Quelle perfidie !

Laurent Gbagbo a pratiquement tout accepté. Il s’est vu imposé des Premiers ministres (Seydou Diarra, Charles Konan Banny, Guillaume Soro). Lors des négociations de Marcoussis en France, il a accepté de perdre la majorité dans son propre gouvernement. Concédant 14 ministères à l’opposition (dont celui de la Défense), acceptant de changer une disposition de la constitution pour permettre à Alassane Ouattara d’être candidat à la présidence de la République. Cette année, à l’occasion de la tenue des assemblées générales de la Banque africaine de Développement (BAD), le président Gbagbo s’est rendu au domicile de ses adversaires politiques Henri Konan Bedié et Alassane Ouattara pour leur demander d’observer une trêve (à propos de la crise) pour permettre que se tienne ces assises. Encore une concession de taille, le chef de l’Etat a accepté de perdre la majorité dans la Commission électorale (CEI). Une CEI qui est actuellement présidée – les donneurs de leçons oublient de le rappeler – par un cadre du PDCI, un parti de l’opposition. Enfin, l’on a bien vu le président Gbagbo accepter de débattre face à son adversaire devant les caméras de la télévision nationale. Un exercice inédit en Afrique noire au point que, dans plusieurs capitales africaines, les populations ont massivement visionné. En dehors de matchs de football, jamais un programme télé n’avait autant mobilisé les téléspectateurs.

Laurent Gbagbo, vous l’avez constaté a fait tellement de concessions qu’il ne lui manquait qu’une chose : céder son pouvoir. Ce qui aurait fait le bonheur de certains pays étrangers dont les médias ont annoncé les résultats avant même la CEI ivoirienne. Des pays qui s’activent désormais dans tous les milieux diplomatiques pour invalider l’élection de Laurent Gbagbo et dresser le monde entier contre lui. Comme si c’est le seul chef d’Etat qui a été élu dans les circonstances problématiques.

En Mauritanie, l’on a vu le Général Mohamed Ould Abdel Aziz renverser un président élu démocratiquement. Aujourd’hui, n’est-il pas dans les bonnes grâces de la communauté internationale? Quel acharnement pour imposer la démocratie en Côte d’Ivoire ! Il faut cesser de jouer le double jeu en imposant la démocratie dans certains pays et en faisant preuve de complaisance dans d’autres. Cela accrédite la thèse selon laquelle, l’obsession de la «communauté internationale» d’imposer la démocratie à l’occasion de cette élection est surtout une volonté de chasser Gbagbo du pouvoir.

En tout cas, avec le président Gbagbo, nous disons : «La souveraineté de la Côte d'Ivoire, c'est elle que je suis chargé de défendre et elle, je ne la négocie pas». Vive l’indépendance de l’Afrique !

Par Magnus Biaga, in Emergences (Cameroun) du 06 au 12 Décembre 2010.

Publié dans Côte d'Ivoire

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LOLO 10/12/2010 16:58



Merci mon frère de comprendre que tous les Africains epris de liberté et de paix doivent se mobiliser pour faire echec à ce enième coup d'Etat de la France. Africains qui croyez encore à
l'AFRIQUE mobilisons nous!  MARCHES DE PROTESTATION! RASSEMBLEMENT! DENONCIATION DES MANOEUVRES SOUTERRAINES DE LA FRANCE! VIVE L'AFRIQUE!



Adieu franceAfrique 09/12/2010 12:43



Merci á vous tous Journalistes Democrates , ça prouve que l'Afrique regorge des intellectuels, je suis persuadé qu'un jour nous arriverons á notre objectif, LE DEVELEPPEMENT DE L"AFRIQUE.
Pourquoi Sarkozi et sa femme pedé Obama ne vont pas nous laisser tranquille? ils peuvent imposer Alassane Watara mais l'Afrique intellectuelle vote Gbagbo. Ä bas le neocolonialisme!  Debout
toute l'Afrique et soutenez Laurent Gbagbo un digne fils d'Afrique. Que dieu le guide.