L'abécédaire 2010 de Mahalia - Spécial Côte d'Ivoire

Publié le par Mahalia Nteby

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 Appel : Il y a des signes qui ne trompent pas. Il est difficilement imaginable qu’un homme politique qui postule à la magistrature suprême d’un pays puisse le faire avec l’intention de nuire. D’aucuns sont attirés par le pouvoir, certains viennent avec des idéaux, d’autres avec la volonté de se rendre utiles ou de faire mieux que leurs prédécesseurs, beaucoup ratent leurs objectifs et déçoivent ceux qui ont cru en eux, mais jamais il n’avait été possible d’envisager qu’un homme puisse prétendre présider aux destinées d’un pays dans le dessein de le détruire. Jamais, avant Alassane Dramane Ouattara et sa clique. Nous les avons entendus appeler la «communauté internationale» à faire usage de la force contre le peuple qu’ils prétendent diriger. Cela, rien ni personne ne pourra jamais l’effacer de notre mémoire collective et individuelle. Bien sûr, se souvenir que Ouattara n’est pas ivoirien relativisera quelque peu notre stupeur, mais enfin ! Dans la série des appels demeurés lettre morte, nous nous souvenons également de l’appel à marcher sur la primature le 17 décembre dernier, pour y installer Guillaume Soro. Pas un chat sur les routes, rien. Les quelques excités qui ont tenté de prendre d’assaut la RTI la veille se sont sans aucun doute rendus compte qu’aucun de ceux qui les avaient envoyés au casse-pipe ni aucun membre de leurs familles n’étaient à leurs côtés dans cette entreprise périlleuse et hors-la-loi. Plus près de nous, l’appel à la grève générale du 27 décembre, qui a eu autant d’impact à Abidjan que le battement d’aile d’un papillon en Papouasie Nouvelle-Guinée. L’appel a été si royalement ignoré par le peuple ivoirien que même les média occidentaux, pourtant fers de lance de la conspiration anti-démocratique en Côte d’Ivoire, ont été obligés de reconnaître son échec total. Que dire des infructueux appels répétés à la soumission à l’intention des Forces de défense et de sécurité, les Forces armées nationales de Côte d’Ivoire, qui font corps comme un seul homme derrière le président élu Laurent Gbagbo ? Il faut dire que l’Etat-major des forces loyalistes en Côte d’Ivoire hésite entre le fou rire et l’écœurement, en entendant ceux qui sont responsables des massacres de leurs frères d’armes et de leurs concitoyens, oser leur demander de leur faire allégeance à peine un jour après avoir réclamé que des forces militaires étrangères viennent les combattre ! Si avec tout ça, la «communauté internationale» fait encore semblant de croire que les Ivoiriens ont élu Ouattara, c’est qu’elle a vraiment urgemment besoin d’un ORL-ophtalmologue.

Banque mondiale : Cette institution financière internationale (IFI) est, avec le Fond monétaire international ou la Banque Africaine de Développement, l’un des principaux assassins des économies africaines. Aussi n’est-il pas étonnant de voir que la BM et le FMI ont été parmi les premiers à réagir à la réélection – malvenue de leur point de vue – de Laurent Gbagbo au détriment de leur poulain, Alassane Dramane Ouattara, pur produit de Bretton Woods. Ces institutions a fortiori économiques, ont annoncé le gel de leurs «aides» et investissements en Côte d’Ivoire et leur intention de ne donner suite qu’aux desiderata de la poupée ventriloque qu’elles tentent en vain depuis une décennie de placer à la tête du pays phare de l’Afrique de l’Ouest. D’une part, il paraît utile de leur signaler que l’Etat et le peuple ivoiriens ne se reconnaîtront pas dans les prêts et engagements contractés par le putschiste Ouattara. Ensuite, sans doute ne savent-elle pas qu’elles nous ont, par leur prise de position partisane et anticonstitutionnelle, rendu un des plus fiers services qu’il nous ait été donné d’imaginer. Parce que nous ne voulons plus d’elles non plus. Et cette ingérence intolérable dans les affaires intérieures de la Côte d’Ivoire nous donne non seulement l’occasion, mais également la légitimité de rompre toute relation avec ces suppôts de l’asservissement économique des peuples africains. Nous ne sommes donc plus tenus de rembourser une «dette odieuse», pour paraphraser le qualificatif utilisé par Eric Toussaint, du CADTM (Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde), parce que contractée par des despotes imposés par les puissances coloniales à des fins autres que le développement, l’épanouissement et l’amélioration de la qualité de vie de ceux au nom de qui les emprunts ont été effectués, à savoir les populations africaines. En effet, le système mis en place pour saboter le développement des peuples noirs est d’une remarquable perversité. «Les crédits sont utilisés pour acheter des biens et des services proposés par les pays prêteurs. Et ils visent l’exécution de projets qui répondent davantage aux impératifs d’exportation de ces Etats qu’aux besoins des pays emprunteurs. Ces projets, loin de promouvoir le développement, servent au contraire à remplir les carnets de commandes des firmes occidentales et à enrichir les élites des pays bénéficiaires» confirme l’économiste sénégalais Sanou Mbaye. L’accès aux capitaux passant obligatoirement par une adhésion totale aux desideratas de l’Occident, en acceptant l’ «aide» des IFI, nous leur donnons de facto la tutelle de notre fonctionnement économique, politique et social. Rien qu’avec les sommes astronomiques qui étaient dévolues à ces remboursements, nous pourrons donc dorénavant faire plus pour le développement de notre pays qu’avec les «aides et investissements» coupe-gorges que ces messieurs de New York pensent agiter comme une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes. Bon débarras !

Charniers : Normalement, il devrait être interdit de rire d’une chose aussi affreuse qu’un charnier. Les images des corps jetés dans des fosses communes par les génocidaires Hutus épaulés par la soldatesque française de la force Noroît, sous les yeux impavides des forces onusiennes lors de l’hécatombe rwandaise qui, en 1994, fit près d’un million de victimes en cent jours, sont en effet encore trop horriblement gravées dans nos mémoires. Il aura fallu attendre que Guillaume Soro et Alassane Dramane Ouattara prennent à témoin la «communauté internationale» pour rendre loufoque l’évocation de charniers. Les 20 décès consécutifs à la marche insurrectionnelle du jeudi 16 décembre 2010, à laquelle ils avaient fort gaillardement invité leurs partisans sans pour autant y participer eux-mêmes, leur paraissant sans doute trop insignifiants, surtout lorsque l’on considère que parmi eux il y a 9 membres des forces de l’ordre loyales à Laurent Gbagbo et que les autres victimes ne sont pas attribuables à tel ou tel camp, voici donc nos deux nouvelles ‘Mère Théresa’ de l’hôtel du Golf qui commencent à faire de la surenchère funéraire, avec la même dextérité que celle qui leur a servi au bourrage des urnes en zones CNO lors de l’élection présidentielle. Nous passons donc en un clin d’œil à 50 morts, puis 173, puis 200, en attendant d’arriver aux milliers qui justifieraient peut-être l’incompréhensible appel d’offre lancé par l’Onuci le 27 septembre 2010 (un mois avant le premier tour de l’élection présidentielle) pour la prestation de services mortuaires incompatibles avec leur mission initiale de «paix». A moins que la très partisane ONU ait eu besoin de nettoyer les ravages commis par les hommes de Soro et Ouattara, experts unanimement reconnus en carnages en tout genre, ainsi qu’en témoignent les massacres des soixante gendarmes et de cinquante de leurs enfants en 2002, les tueries de Bouaké en 2008, sans parler de toutes les atrocités auxquelles ils se sont livrés et continuent de le faire, avec l’onction de leurs commanditaires que sont Nicolas Sarkozy et son bras armé dans la sous-région, l’assassin-président Blaise Compaoré. Les centaines de milliers de déplacés de guerre depuis 2002, violés, torturés, estropiés, pillés peuvent en témoigner concrètement.

Documentaire : S’il est un documentaire qui peut être qualifié de hit de l’année de ce côté-ci de l’hémisphère, c’est bien «La Françafrique» du réalisateur Patrice Benquet. La première partie, intitulée ‘La raison d’Etat’, remonte aux sources du mal et donne un sérieux coup de projecteur sur les coulisses toujours malodorantes et souvent sanglantes de la politique africaine de la France mise en place par Jacques Foccart à la demande du Général de Gaulles, à la suite de l’indépendance de l’Algérie. Le second volet ‘L’argent roi’, bien qu’abordé beaucoup plus superficiellement, éclaire néanmoins sur les mécanismes actuels utilisés par l’Etat français, qui se cache dorénavant derrière les multinationales gauloises pour maintenir la strangulation économique des nations africaines. Mais il existe beaucoup d’autres documents que chaque Africain digne de ce nom devrait avoir lus et visionnés pour mieux appréhender le phénomène de domination auquel nous sommes soumis. Il y a «Tuez-les tous», époustouflant documentaire sur le génocide rwandais de Raphaël Glucksmann ; «Mort à Genève», de Frank Garbely retraçant l’assassinat de l’indépendantiste camerounais Félix Moumié par les services secrets français ; «La victoire aux mains nues», de Sidiki Bakaba qui documente les massacres des populations ivoiriennes par l’armée française en novembre 2004 ; «Mobutu, roi du Zaïre», de Thierry Michel, narrant avec une rare richesse historique l’élimination de Patrice Lumumba et son remplacement par une marionnette aux ordres en la personne de Mobutu Sese Sekoko ; «L’homme qui dirigeait l’Afrique» portrait par Cédric Tourbe du concepteur de la Françafrique Jacques Foccart… Dans la famille des films grand public, nous trouvons : «The great debaters» de Denzel Washington ; «Lord of war» d'Andrew Nicol ; «Hotel Rwanda» de Terry George; «Malcolm X» de Spike Lee ; «Invictus» de Clint Eastwood ; «Cry Freedom», de Richard Attenborough ; «Blood diamonds» d'Edward Zwick ; «Lumumba» de Raoul Peck ; «1802, l’épopée guadeloupéenne» de Christian Lara : «Amistad», de Steven Spielberg ; «Rue Cases-Nègres» d’Euzhan Palcy etc. sans oublier la classique série télévisée «Roots» tirée du légendaire roman d’Alex Haley. Petit échantillon à avoir dans sa bibliothèque : Walter Rodney, Chinua Achebe, Frantz Fanon, Cheikh Anta Diop, Mongo Beti, Bernard Dadié, Aimé Césaire, Toni Morrison, François-Xavier Verschave ainsi que les «Mémoires» de Jacques Foccart, «Renaissance africaine» de Thabo Mbeki et «The white man’s burden», de William Easterly.

Erreurs : Laurent Gbagbo, aujourd’hui accusé de tous les maux par une «communauté internationale» qui se résume à la France, aux USA, à l’Union européenne et aux quelques vassaux dédiés aux basses manœuvres que la France a mis au pouvoir dans certains pays de son pré carré, est coupable. Non pas d’avoir «volé» les élections, comme se plaisent à le pérorer avec de moins en moins de résonnance les alliés étrangers de son adversaire battu. Mais d’avoir fait preuve de trop de malléabilité et de bonne foi. Georges Frêche, figure emblématique de la gauche française, disait encore il y a peu : «On ne fait pas 40 ans de vie politique en étant un perdreau de la dernière couvée. La politique est un monde rude, où les trahisons sont monnaie courante et où les assassinats sont la norme.» La première erreur de Gbagbo a été de ne pas traduire les dirigeants français devant la Justice pour les massacres des Ivoiriens aux mains nues en novembre 2004, et de n’avoir pas exigé le départ immédiat de l’armée française d’occupation (le 43è BIMA et la force Licorne), auteur desdites tueries. Sa deuxième erreur a été de ne pas procéder à la création d’une monnaie ivoirienne dans la foulée de cette agression barbare. Sa troisième faute est sans conteste l’accord politique de Ouagadougou. On ne dialogue pas avec ses ennemis. On ne leur fait pas confiance. On les bat. Et quand ils sont assommés par terre, on n’attend pas qu’ils se réveillent pour leur tendre une main chevaleresque qui les aidera à se relever, mais on les écrabouille. L’accord politique de Ouagadougou est certainement l’acte le plus «perdreau de la dernière couvée» du président ivoirien. Certes, il est en adéquation avec la philosophie pacifique qui caractérise sa carrière politique, mais était-il viable pour autant ? Gbagbo a également naïvement cru qu’en faisant quelques concessions à la France, comme le renouvellement du contrat d’exploitation de la Sodeci ou l’octroi du terminal à conteneur à Bolloré, il obtiendrait la paix des braves de la part du brasseur de vent qui a succédé à Jacques Chirac. Sa cinquième erreur est d’avoir accepté d’aller aux élections sans que les rebelles ne remplissent la condition préalable du désarmement. L’accord politique de Ouagadougou, que tant de patriotes ont eu du mal à digérer, stipule clairement que les élections ne devaient avoir lieu que deux mois après la fin du désarmement effectif des rebelles. Ne pas avoir été intransigeant sur cette condition est très grave et la chose que les Ivoiriens peuvent le plus lui reprocher. Mais cinq erreurs en huit années de crise, de guerre et de rébellion, ce n’est pas une si mauvaise statistique, l’essentiel étant que ces fautes ne se répètent pas, et que Laurent Gbagbo fasse dorénavant preuve d’une extrême fermeté dans la gestion des affaires de la Côte d’Ivoire. Intransigeance absolue avec les ennemis de la Nation. Cela implique, de façon non exhaustive, la rupture des relations diplomatiques avec la France et le Burkina Faso, la mise aux arrêts de tous les individus ayant attenté à la souveraineté et à l’intégrité de l’Etat, la sortie de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, la négociation de conventions commerciales dans l’intérêt bien compris du peuple ivoirien, sans compter la suspension du remboursement de la dette odieuse contractée par les précédents chefs d’Etat auprès des institutions financières internationales telles la Banque mondiale (BM) et le Fond monétaire international (FMI).

Françafrique : Il y a des gens qui ont découvert la Françafrique en regardant le documentaire du même nom diffusé le 9 décembre dernier dans l’émission Infrarouge de France 2. Mieux vaut tard que jamais. Pour ceux qui auraient raté l’aperçu donné à la télévision, voici donc un petit cours de rattrapage. «La France n’est grande que quand elle grimpe sur les épaules de l’Afrique» disait il y a quelques années un ancien ambassadeur américain en Angola. Et c’est en effet pour «justifier» son rang de puissance internationale, notamment à l’ONU, et pour assurer sa stabilité et son développement économiques que l’Hexagone tient à tout prix à asseoir son maintien du contrôle politique sur les Etats africains de l’ancien empire colonial français et à entretenir l’exploitation quasi monopolistique des richesses de ces mêmes Etats au profit des intérêts français. C’est pour assurer la pérennisation de ces objectifs  de domination néocoloniale et afin de mettre hors d’état de nuire tout groupe ou individu qui, tel Olympio, Sankara ou aujourd’hui Gbagbo, les menace, que les hommes politiques français, qu’ils soient de droite ou de gauche,  ont, dans un bel ensemble,  développé une passion pour les changements de régimes (Burkina Faso, Niger, Guinée), les élections truquées (Gabon, Togo, Centrafrique), les rebellions préfabriquées (Côte d’Ivoire). Le renversement par les armes ayant failli dans ce dernier cas, l’innovation en la matière aura eu lieu cette année, avec la désignation péremptoire de Dramane Ouattara comme «vainqueur déclaré par la communauté internationale» de l’élection présidentielle ivoirienne, faisant fi du choix des urnes, entériné par le Conseil Constitutionnel – par ailleurs plus haute juridiction éburnéenne et seul autorisé à proclamer les résultats définitifs d’une élection présidentielle en Côte d’Ivoire –, qui atteste de la réélection effective de Laurent Gbagbo à la magistrature suprême. Une fois les dictatures inféodées à Paris installées, elles ont pour mission de sécuriser la chasse gardée et les investissements français en écartant toute possibilité de réelle concurrence internationale dans les pays concernés. La pierre angulaire de ce système de prévarication des économies africaines est une nébuleuse politico-économique communément appelée «Françafrique». Celle-ci rassemble d’une part une poignée de groupes français (Bolloré, Bouygues, Total, France Telecom, CFAO, Société Générale, Veolia, Areva) disposant de positions hégémoniques dues à leurs connexions politiciennes et non comme résultat d’une supériorité de leurs offres lors de libres confrontations avec la concurrence mondiale. De l’autre, elle est constituée d’un magma de réseaux qui monopolisent des «contrats d’assistance technique» plus ou moins réels ou pertinents et participent de façon active à la fuite des capitaux pour le compte des élites collaboratrices locales, au financement occulte des partis politiques français ainsi qu’à leur enrichissement personnel. Afin de parvenir à ses fins, l’Etat français n’hésite pas à instrumentaliser l’Organisation des Nations Unies (ONU), l’Union Européenne (UE) et même la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union Africaine (UA), pour permettre à l’Hexagone de répartir le coût financier, militaire et diplomatique de sa politique sur des contribuables internationaux, alors que les bénéfices restent, eux, fermement en France. C’est dans cette optique que s’inscrivent aujourd’hui les menaces aberrantes d’une intervention militaire en Côte d’Ivoire agitées avec l’aide de quelques chefs d’Etat valets de la sous-région.

Gouvernement : Nommé le 7 décembre 2010 par le président de la République, le gouvernement du premier ministre Ake N’Gbo suscite beaucoup d’espoir parmi les populations ivoiriennes. Il faut dire qu’après huit années d’errements consécutifs aux différents accords internationaux plus ou moins boiteux qui ont ponctué la crise ivoirienne depuis la tentative de coup d’Etat du 19 septembre 2002, c’est la première fois qu’aucun tueur ou violeur n’en fait partie. Finis, les gouvernements «wouya wouya». Terminée, l’apologie de la rébellion. La nomination de Guillaume Soro à la primature comme résultante de l’accord politique de Ouagadougou avait radicalement dévalorisé la fonction ministérielle à Abidjan en même temps qu’elle sonnait le glas de toute bonne gouvernance. Maintenant que les rapaces de tous bords en ont été expurgés, la nouvelle équipe en place doit s’atteler à concrétiser les grands axes du programme de Laurent Gbagbo, dans un contexte rendu difficile par l’ingérence assourdissante d’une communauté dite internationale folle de rage par le énième échec de son poulain, Alassane Dramane Ouattara. A cela s’ajoute l’impératif de rebâtir la paix et l’unité nationale, pendant que les militaires s’attèleront à mater une fois pour toutes la rébellion et à bouter les assaillants hors de nos frontières, étape préalable à la récupération de l’intégralité du territoire national et au lancement des grands chantiers de reconstruction d’après-guerre qui permettront aux populations des zones Centre – Nord – Ouest ayant fui la barbarie des rebelles de Ouattara, de regagner leurs terres d’origine. Les défis auxquels doit faire face ce gouvernement d’ouverture et de renouveau, constitué des technocrates et des membres de la société civile, de différents partis politiques appartenant ou non à la majorité présidentielle, et même d’une candidate opposée à Gbagbo lors du premier tour du scrutin, sont donc de taille, mais loin d’être insurmontables. L’emploi des jeunes, l’industrialisation, l’assurance-maladie universelle, la gratuité de l’école, la redéfinition des programmes scolaires et universitaires, l’introduction de l’anglais comme langue officielle, la création d’une nouvelle monnaie sont autant de challenges que l’équipe du Professeur Ake N’Gbo s’apprête à relever, pour le bonheur des Ivoiriens, qui ont accueilli avec enthousiasme  l’obligation dorénavant faite à chaque ministre et secrétaire d’Etat de se soumettre à une déclaration de patrimoine à son entrée et à sa sortie du gouvernement, ainsi que la décision de procéder aux audits de tous les ministères.

Hôtel du Golf : Aussi connu sous le sobriquet ‘Golfie’ ou ‘république hôtelière du Golf’. Hôtel en bord de lagune, appartenant à l’Etat de Côte d’Ivoire, transformé, dixit le général Dogbo, commandant de la Garde républicaine, en «repaire de bandits» depuis qu’il est occupé illégalement par le perdant des élections, le burkinabé Alassane Dramane Ouattara, et la cohorte de rebelles, terroristes et mercenaires qu’il utilise pour déstabiliser la Côte d’Ivoire et s’en approprier la présidence. Le peuple s’interroge : Qui paie les factures ? Et surtout, qu’est-ce qu’on attend pour les déloger et les recaser à la MACA (maison d’arrêt et de correction d’Abidjan) ?

Impartial : D’après le dictionnaire Larousse, ce terme signifie : «qui ne favorise pas l’un aux dépens de l’autre ; qui n’exprime aucun parti pris». Il faut croire que cette définition évolue plus on se dirige vers la First avenue new yorkaise, siège de l’Organisation des Nations Unies. En effet, ne voilà-t-il pas une force dite «impartiale», en l’occurrence l’ONUCI (Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire), dont la «mission de paix et d’observation» se mue soudain en mission de défense à tout prix du candidat désavoué par les urnes lors de la présidentielle ivoirienne du 28 novembre dernier ? 800 soldats onusiens pour «protéger» d’on ne sait trop quel danger un individu hors-la-loi, retranché volontairement – aux frais de la princesse –  dans un hôtel appartenant à l’Etat de Côte d’Ivoire, alors que son domicile se situe à moins de 2000 mètres de là! Une force dite «impartiale», placée sous les ordres d’un énergumène nommé Choi, ci-devant représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies en Côte d’Ivoire, qui tout en s’auto-décrétant au-dessus de la Constitution et du Conseil Constitutionnel du pays dans lequel il est affecté (phénomène très en vogue sur les bords de la Lagune Ebrié ces derniers temps), s’est découvert des talents de contremaître au service d’Alassane Dramane Ouattara, si l’on en croit le rapport confidentiel de l’Onuci en date du 24 décembre 2010, rédigé par Joe Longaigh, officier des opérations auprès du Bureau des Opérations du maintien de la Paix, qui établit en son point 5 : «Aujourd’hui, le RSSG Choi a visité l’hôtel du Golf en compagnie de journalistes internationaux. Plus tard, le RSSG s’est rendu à la résidence de M. Ouattara (sans les journalistes) pour inspecter des travaux techniques en cours, avant de retourner à l’hôtel rencontrer le Président Ouattara.» Le même Choi, qui a déclaré sans sourciller que seuls les rapports des observateurs internationaux européens (donc blancs) étaient à prendre en compte, ceux des observateurs africains (donc noirs) étant insignifiants comme leurs auteurs, sans doute ! Vous avez dit «impartial», vraiment ?

Jerry Rawlings : L’ancien chef de l’Etat ghanéen a été l’une des premières personnalités africaines d’envergure, avec Pedro Pires et Eduardo Dos Santos, à s’exprimer sur la situation  postélectorale ivoirienne. A deux reprises, l’actuel envoyé spécial de l’Union africaine pour la Somalie a appelé les acteurs et la communauté dite internationale à faire preuve de maturité et de retenue dans la gestion de crise qui prévaut actuellement en Côte d’Ivoire. Mais il a également qualifié d’ «hypocrite» l’option belliqueuse envisagée par l’ONU, l’Union européenne et africaine et la CEDEAO, tout en pointant du doigt le parti pris des média internationaux et leur omerta sur les cas avérées de fraude dans le Nord du pays. L’une des questions soulevées par celui qui demeure encore aujourd’hui l’homme le plus populaire du Ghana est simple : pourquoi ne pas donner suite à la proposition de recomptage des voix par des observateurs neutres tel que cela a été suggéré par le président Laurent Gbagbo ? L’on pouvait en effet s’attendre à ce que le camp Ouattara, s’il est sûr de son fait, se précipite sur cette offre on ne peut plussensée. Loin de là ! Au lieu de saisir cette main tendue, les squatteurs de l’hôtel du Golf n’ont rien trouvé de mieux à faire que d’appeler la communauté dite internationale à intervenir militairement pour leur ouvrir le chemin du palais du Plateau. Rien que ça ! Si tu cries au voleur, et que la personne que tu accuses d’être le voleur te propose d’appeler la police pour constater son forfait, pourquoi refuser ? Incompréhensible. A moins que…

Kivu : Cette région du Congo symbolise par excellence l’échec et la dangerosité des casques bleus, ces soldats prêtés par les pays membres de l’ONU pour servir de force d’interposition et de maintien de la paix dans des pays déchirés par des conflits. Plus de 500 femmes y ont été violées en trois jours en août 2010, à proximité immédiate d’une base de la soldatesque des Nations unies. «Nous avons clairement échoué. Nos actions ont été insuffisantes, ce qui a eu pour effet des brutalités inacceptables contre les villageois de la région», a déclaré Atul Khare, l'un des responsables de l'ONU chargé du maintien de la paix. Mais bien souvent, ils ne se contentent pas d’être inutiles. Leur présence peut s’avérer autrement préjudiciable. Brutalité, abus, viols de mineures, pédophilie et trafic sexuel, les accusations s'accumulent en provenance de la République démocratique du Congo, du Libéria, de la Côte d’Ivoire, du Kosovo, de la Sierra Leone, du Rwanda, d'Haïti. Depuis 2004, plus de 500 casques bleus ont été rapatriés et bannis de futures missions de paix. Le phénomène a pris une telle ampleur que même l’ancien secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, pourtant peu regardant sur les questions d’éthique et de bonne conduite, avait sonné l’alarme il y a quelques années sur les cas de dérive «particulièrement choquants» dans les rangs des soldats onusiens. Au Congo, ce sont les contingents sud-africain, marocain, indien et pakistanais qui sont montrés du doigt de façon récurrente. Au regard du lourd passif qu’ils trainent derrière eux, il convient de se poser la question : Et si les casques bleus des Nations unies, censés séparer les belligérants et protéger la population des théâtres de conflits meurtriers, faisaient partie du problème plutôt que de la solution? Tourné essentiellement en République démocratique du Congo, le documentaire canadien «Le déshonneur des casques bleus» de Raymonde Provencher lève le voile sur l’horrifiante capacité de nuisance de ces «soldats de l’espoir». Monuc, Minuar, Minustah, Onuci : même principe, même combat ! Tant que le recrutement des casques bleus ne fera pas l’objet de critères sérieux, qu’ils seront protégés par une toute puissante immunité et ne pourront pas être traduits devant la justice des pays dans lesquels ils sévissent, l’on peut considérer comme de la légitime défense tous les actes posés par les populations ivoiriennes pour contraindre au départ, officiellement exigé par le gouvernement ivoirien en date du 18 décembre 2010, les soldats de l’Onuci, devenus une force partisane et belligérante dans le conflit qui oppose le président élu Laurent Gbagbo à son adversaire vaincu.

Libations : 1960 – 2010. Cinquante ans d’exploitation, de stagnation, de dépit, de régression, de pauvreté, d’injustices, de violence. Et pourtant ! Douze chefs d’Etat africains se sont rendus docilement en France pour répondre à la convocation élyséenne les sommant de célébrer le cinquantenaire de leurs «indépendances» à Paris le 14 juillet 2010. Il s’agit des béninois Thomas Yayi Boni, burkinabe Blaise Compaoré, camerounais Paul Biya, centrafricain François Bozizé, congolais Denis Sassou Nguesso, gabonais Ali Bongo, malien Amadou Toumani Touré, mauritanien Mohammed Ould Abdel Aziz, nigérien Djibo Salou, sénégalais Abdoulaye Wade, tchadien Idriss Déby et togolais Faure Gnassimbe. Tels des toutous, ils se sont agglutinés autour des 165 centimètres – talonnettes incluses – du président français, la queue frétillante et la langue pendante au moindre regard blasé que daignait leur jeter leur maître Sarkozy! Leur empressement faisait peine à voir, la palme revenant au général-putschiste nigérien, qui semblait prêt à tout pour échanger son poste de chef d’Etat en Afrique contre celui de chauffeur à l’Elysée. Le rassemblement de la honte. Le seul à avoir refusé de participer à cette insultante et pitoyable mascarade est le président ivoirien Laurent Gbagbo, qui est également le seul à conduire une lutte de libération pour s’émanciper du joug néo colonial français. D’où l’ire inextinguible du sieur Sarkozy, prêt à user de tous les moyens pour anéantir cet homme africain qui ose entrer dans l’Histoire, qui ose s’élancer vers l’avenir, qui ose avoir l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin, pour reprendre les termes de son ignominieux discours de Dakar. D’où l’aversion de ses pairs, dont l’attitude veule et aplaventriste contraste de façon frappante avec la posture combattante de Laurent Gbagbo, qui a décidé qu’il était grand temps que la Côte d’Ivoire écrive enfin sa propre Histoire. Ceci explique sans aucun doute le comportement vindicatif et jubilatoire de la plupart des festoyeurs parisiens dans la gestion de la crise ivoirienne. Mais rira bien qui rira le dernier. Parce que ce qui arrive à Laurent Gbagbo aujourd’hui est un précédent qui, s’il n’y est pas fait échec, fera date et pourra se répéter à l’infini, partout où la France jugera nécessaire de procéder à un changement de régime en Afrique sans se salir les mains ni dépenser des sommes colossales.

Médias : La composante médiatique de la guerre menée par la France et ses alliés contre la Côte d’Ivoire est sans doute l’une des plus notables. C’est dans un bel ensemble que les médias français se sont accordés pour lancer l’une des plus grandes campagnes de désinformation de tous les temps. Haro sur Gbagbo ! Suivies par leurs consœurs anglo-saxonnes (BBC, CNN, VOA etc.), nourries des dépêches fallacieuses de Reuters, Afp et Ap, relayées par une presse unanimement aux ordres (Le Figaro, L’Express, Le Monde, Libération, Jeune Afrique etc.), les radios et télévisions France 24, France 2, Tf1, TV5, i-télé, Lci, Rfi ont sonné ce qu’elles pensaient être le hallali final de la renaissance ivoirienne. Elles ne se contenteront pas d’annoncer en primeur au monde «la victoire d’Alassane Ouattara» à l’élection présidentielle sur la base d’un résultat ânonné hors-délai, hors-norme et hors forme, non pas par la Commission électorale indépendante, mais par son seul président, Youssouf Bakayoko, amené au quartier général du soi-disant vainqueur par les ambassadeurs de France et des Etats-Unis, alors que le professeur Yao N’Dré, président de la plus haute juridiction ivoirienne, avait depuis belle lurette déclaré ladite CEI forclose, conformément aux textes en vigueur en Côte d’Ivoire. Elles dresseront des portraits diffamants du président élu proclamé par le Conseil constitutionnel (seule instance habilitée à le faire, selon la Loi fondamentale ivoirienne), Laurent Gbagbo. Elles créeront de toutes pièces des informations anxiogènes relatives à des assassinats en série, des escadrons de la mort, des charniers dont l’existence est aussi réelle que les armes de destruction massive brandies comme prétexte par George Bush pour justifier l’invasion de l’Irak. Une mention particulière doit être faite ici à Onuci-FM, la radio onusienne qui émet depuis Abidjan et s’attèle avec une célérité ahurissante à surclasser la très funeste Radio Mille Collines rwandaise comme instrument de préparation et de propagation de desseins génocidaires. Cependant, comme Astérix face aux Romains, la Radio télévision ivoirienne (Rti) résiste à l’armada médiatique occidentale. Et d’une façon tellement efficace que l’Etat français se sentira contraint de procéder au brouillage du signal de la Rti sur le bouquet de Canal+ Horizons, afin d’empêcher les téléspectateurs et auditeurs du monde entier de voir leurs grotesques mensonges démontés soir après soir depuis un petit studio de Cocody, à Abidjan. Ce n’est pas un hasard si l’une des premières actions du tandem Ouattara/Soro a été d’appeler leurs supporters à une marche insurrectionnelle visant à installer leurs obligés à la tête de la Rti. C’est n’est pas par hasard que Pierre Brou Amessan, l’actuel directeur général de la Rti, se trouve sur la liste des «sanctionnés» de l’Union européenne. Il est en effet, avec les militaires loyalistes qui se battent tous les jours pour assurer la sécurité des Ivoiriens et de leurs institutions, l’un des plus vaillants soldats de la lutte contre la recolonisation française de l’Afrique, au même titre que l’armée de petites mains anonymes qui, dans un élan sans pareil de civisme et de panafricanisme, a envahi le web pour gagner la bataille d’Internet. Cette crise nous aura appris deux leçons : d’abord, l’urgence de ne jamais être dépendants d’opérateurs européens en matière de communication. Etre présents sur le bouquet de Canal+ est une chose, mais il faut également signer des accords de diffusion avec le sud-africain Multichoice/Dstv et privilégier l’option d’hébergement de notre signal sur des satellites asiatiques plutôt qu’américains ou européens. Et ensuite, la nécessité d’investir dans la création d’une vraie chaine africaine d’information bilingue, selon le modèle de la qatari Al Jazeera. Celle-ci ne saurait bien évidemment être crédible que si, d’une part, son siège et ses installations techniques se trouvent sur le continent noir et non en Occident comme cela est le cas pour toutes les chaines qui prétendent jouer ce rôle aujourd’hui (Africa 24, Vox Africa, Africable, Télésud etc.), et si, d’autre part, elle exclue tout financement étranger ou toute participation des institutions financières internationales.

Négriers : «Elles sont lourdes, lourdes les chaînes que le nègre met au cou du nègre pour complaire aux maîtres du jour», écrivait Bernard Dadié. Il est affligeant de voir que, du temps de l’esclavage à nos jours, la mentalité de «collaborateur zélé» de l’oppresseur demeure une constante chez beaucoup de ceux qui se trouvent, par hasard, manipulation ou putsch, à la tête des Etats africains ! Ainsi donc, certains chefs d’Etat membres de la CEDEAO (Communauté économique et douanière des états de l’Afrique de l’Ouest) ont osé menacer le président Laurent Gbagbo d’une intervention militaire s’il ne cédait pas le pouvoir au pantin désigné par le président français Nicolas Sarkozy ! Certes, mieux vaut entendre cela que d’être sourde, mais quand même ! De qui est-il question ? Blaise Compaoré, assassin dont les mains dégoulinent encore du sang de Thomas Sankara ; Faure Gnassimbe, dont le violent et grotesque hold-up électoral a eu lieu en mondovision ; Abdoulaye Wade, sénile gériatre s’acharnant à donner libre cours à sa volonté népotique de transmettre le pouvoir à son fils, par ailleurs déculotté jusque dans son propre bureau de vote lors des élections municipales de mars 2009 à Dakar ; Thomas Yayi Boni, économiste ayant protégé avec bienveillance les auteurs du détournement de plus de 150 millions d’euros des petits épargnants béninois ; Ellen Johnson-Sirleaf, officiellement mise en cause comme financière de la guerre civile libérienne par la Truth and Reconciliation Commission, chargée d’enquêter sur les crimes commis de 1979 à 2003, qui a exigé à son endroit une interdiction d’occuper un poste officiel pendant les 30 prochaines années ; ou, last but not least, Goodluck Jonathan, président non élu du Nigéria, incapable à ce jour de gérer les sanglants problèmes ethniques et religieux du pays qu’il gouverne ni de s’assurer la nomination de son parti pour les prochaines élections présidentielles prévues le 9 avril 2011. Que dire du bedonnant et patibulaire Ali Bongo, venu mettre sa bouche dans un palabre qui ne le concerne pas, usurpateur de la présidence du Gabon –selon les déclarations des auteurs mêmes de la fraude électorale, les services secrets et la cellule africaine de l’Elysée–, et dont le principal souci est de faire «tout ce qui est en mon pouvoir pour servir les intérêts de la Franc-maçonnerie en général et de cette grande loge [la loge nationale du Gabon, ndlr] en particulier? » Quel bel assortiment de justiciers donneurs de leçon ! Yako, Afrique !

Obama : 4 novembre 2008. Le monde retient son souffle. Puis une onde de choc secoue la planète. Barack Hussein Obama est le premier noir élu président des Etats-Unis. Une indicible joie traverse l’Afrique, comme si l’élection d’Obama était un peu la notre, la réalisation du rêve de Martin Luther King, l’aboutissement du combat de Malcolm X et la revanche pour des siècles de traite des Nègres et d’esclavage. A peine deux années plus tard, le réveil est brutal. Celui sur lequel le monde en général, et le monde noir en particulier, avait fondé tant d’espoirs, s’est révélé être une coquille vide. «Les Etats-Unis ont abandonné l’idée d’obtenir le gel de la colonisation israélienne en Cisjordanie». Cette phrase terrible enterre aussi bien les espérances de millions de Palestiniens qu’elle entérine la faillite morale et politique de l’administration Obama. Quelle désillusion ! Incapable de faire la paix là où cela est nécessaire, impatient de faire la guerre où il ne faut pas, se trompant de combat avec une belle régularité : Quel drôle de prix Nobel de la paix ! En juillet 2009, lors de son premier voyage sur la terre de ses ancêtres depuis son élection, l’homme lançait à Accra : «L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, elle a besoin d’institutions fortes».  Il n’aura pas attendu longtemps avant de renier cette belle harangue, puisqu’en décembre 2010, il s’alignera sur Nicolas Sarkozy pour tenter de tordre le coup aux Institutions ivoiriennes afin de légitimer un coup d’Etat électoral au profit d’un homme plus réceptif aux enjeux géostratégiques occidentaux que Laurent Gbagbo. Barack Obama n’est rien d’autre qu’un président américain comme un autre. Capable de mener les guerres les plus injustes sous les prétextes les plus fallacieux pour sécuriser les intérêts économiques des Etats-Unis, et Dieu sait si les immenses gisements de pétrole au large des côtes ivoiro-ghanéennes sont diablement alléchants. En 1953, Dwight D. Eisenhower participait au renversement de Mossadegh en Iran pour s’approprier le pétrole iranien ; en 2003, George W. Bush envahissait l’Irak pour mettre la main sur le pétrole irakien ; en 2010, Barack Obama s’associe à Nicolas Sarkozy pour tenter de rafler le pétrole ivoirien en complotant pour renverser le président Gbagbo. Il est temps de faire savoir à ces Laurel et Hardy de la politique que leur funeste projet n’aboutira pas, tout simplement parce que la courageuse résistance ivoirienne, soutenue par les peuples dignes d’Afrique, y fera barrage. Yes we can !

Patriotisme : La résistance ivoirienne est historiquement née lorsque des millions d’Eburnéens sont descendus dans les rues du pays pour empêcher le général-putschiste Robert Guéi de voler la victoire de l’outsider Laurent Gbagbo à l’élection présidentielle de 2000. Guéi accepta l’inéluctabilité de sa défaite avant que le Conseil constitutionnel ne la confirme, quand, survolant Abidjan en hélicoptère, il  constata la densité de la marée humaine qui avait envahi les artères de la ville. Mais le mouvement patriotique prendra toute son ampleur à partir de 2002, quand Alassane Dramane Ouattara, qui avait déjà financé le renversement d’Henri Konan Bédié par le général Guéi, mais s’était retrouvé sur la touche lorsque ce dernier refusa de lui céder le fauteuil présidentiel comme convenu initialement, décidera de tenter un autre coup d’Etat en s’appuyant cette fois sur de jeunes soldats aidés par des assaillants burkinabés, maliens et libériens. C’est grâce à l’amour inconditionnel des citoyens ivoiriens pour leur patrie que les plans machiavéliques de Ouattara et de ses donneurs d’ordre occidentaux ont pu être contrés. Les patriotes ont défendu la Nation quand le groupe de travail international (GTI), sous la houlette de la villepiniste Brigitte Girardin, s’était mis en tête de dissoudre l’une des institutions fondamentales de la République, l’Assemblée nationale, dont le président était alors perçu comme étant l’homme le plus anti-français d’Afrique de l’ouest. Ils sont morts en faisant barrage aux chars français qui faisaient route vers la résidence du chef de l’Etat ivoirien pour l’assassiner ; ils sont morts transpercés par les balles des soldats de Licorne tirant sur eux depuis l’hôtel Ivoire ; ils sont morts explosés et brûlés par les bombardements des ponts d’Abidjan par l’aviation gauloise ; ils sont morts déchiquetés par les coups de machettes et les tirs de kalachnikovs des barbares rebelles à la solde de Ouattara… Et pourtant, si l’on s’en réfère aux médias internationaux, les patriotes ivoiriens sont une bande de jeunes voyous assoiffés de sang et de violence ! Cherchez l’erreur. L’élan patriotique s’était quelque peu effrité ces dernières années. Difficile de rester mobilisés, quand l’une des figures emblématiques du mouvement, Charles Blé Goudé, passait son temps à faire du porte à porte pour demander aux populations d’accepter Guillaume Soro comme premier ministre de Laurent Gbagbo ou à aller en boîte de nuit avec le plus sanguinaire chef de guerre de Côte d’Ivoire, le lugubre Wattao. Cependant, grâce à l’inacceptable, la révoltante et l’humiliante ingérence étrangère faisant suite à la tentative avortée de hold–up électoral par le «serial loser» Ouattara en décembre 2010, la flamme patriotique s’est rallumée, plus vivace que jamais, et pas seulement en Côte d’Ivoire, comme les prouvent les manifestations et marches de soutien au président Gbagbo organisées à travers toute l’Europe. En 2008, le peuple américain n’élisait pas en Barack Obama le président de l’Afrique. De la même façon, en 2010, le peuple ivoirien n’a pas élu en Laurent Gbagbo le président de l’Occident. «Salut ô terre d’espérance, pays de l’hospitalité, tes légions remplies de vaillance ont relevé ta dignité.» Oui, les fiers Ivoiriens ont répondu, répondent et répondront toujours à l’appel de la Nation, nonobstant les incantations de ceux qui, depuis des décennies, se développent sur le dos de la Côte d’Ivoire. Il y a encore beaucoup d’actes patriotiques à poser. Dératiser l’hôtel du Golf. Chasser de notre territoire les tueurs de la force Licorne et de l’Onuci. Rompre quelques relations. Expulser quelques ambassadeurs. Refouler  hors de nos frontières tout titulaire d’un visa, carte consulaire ou passeport émis par des individus nommés par Alassane Dramane Ouattara. Déchirer solennellement le Pacte colonial. Créer une monnaie ivoirienne. Rebaptiser du nom de figures africaines, afro-américaines et afro-caribéennes les rues, ponts et boulevards encore dotés de patronymes coloniaux. Renationaliser quelques sociétés. Instaurer des quotas pour les expatriés et imposer un transfert de compétences aux ressources humaines locales dans un temps déterminé et non négociable... «Tes fils chère Côte d’Ivoire, fiers artisans de ta grandeur, tous rassemblés pour ta gloire, te bâtiront dans le bonheur».

Quiproquo : La terre entière a été témoin de l’esclandre : deux membres de la Commission électorale indépendante appartenant à La Majorité Présidentielle, Damana Pickas et Vehi Tokpa, arrachant des mains du porte-parole de la Cei, Bamba Yacouba, les feuilles de résultats provisoires qu’il s’apprêtait à annoncer, le 30 novembre 2010. Le cas semblait entendu : le camp Gbagbo voulait s’accrocher au pouvoir par tous les moyens et empêcher le monde d’apprendre sa défaite. Que nenni ! La vérité est toute autre ! Les règles de la Cei prévoyaient clairement que seuls les résultats ayant fait l’objet d’un consensus pouvaient être consolidés comme résultats provisoires par cette administration. Or il s’avère, ainsi que le confirmera lui-même le président de la Cei dès le lendemain lors d’une intervention télévisée à la Rti, que les résultats que Bamba Yacouba voulait propager n’avaient pas fait l’objet du consensus requis comme préalable à toute annonce. Le commissaire central de la Cei et le directeur de cabinet adjoint du ministre de l’Intérieur avaient donc non seulement le droit, mais également l’obligation d’empêcher l’acte délictueux du porte-parole rebelle. C’est un peu comme si un tueur en série entrait chez vous et menaçait d’abattre les vôtres avec une arme. Le laisseriez-vous assassiner votre famille parce que vous savez que vous avez le droit de votre côté et qu’il sera arrêté, jugé et jeté en prison après son forfait, ou bien tenteriez-vous quand même de le désarmer, pour sauver vos proches ? Le deuxième malentendu à lever concerne une question de fond : Légitimité et légalité sont-elles nécessairement antinomiques en Côte d’Ivoire ? Au sortir du second tour du scrutin présidentiel, beaucoup ont cru devoir expliquer ainsi la dichotomie factice créée de toutes pièces par une communauté dite internationale anormalement engagée dans notre pays. Au risque d’en irriter certains, l’heure est venue de mettre fin au mythe de Ouattara «président légitime» opposé à Gbagbo «président légal». Que Gbagbo soit le président légal, cela ne fait aucun doute. Il est celui qui a été proclamé vainqueur et investi par la plus haute juridiction de Côte d’Ivoire, le Conseil constitutionnel, dont les décisions revêtent l’autorité de la chose jugée. Mais, n’en déplaisent aux rapaces qui tournoient avec convoitise au-dessus des richesses de nos sol et sous-sol, il en est également le président légitime. Parce que, contrairement à George W. Bush, que la Cour suprême des Etats-Unis avait proclamé vainqueur au détriment d’Al Gore, pourtant crédité du plus grand nombre voix lors de l’élection de présidentielle américaine de 2000, c’est bel et bien Laurent Gbagbo qui a été choisi par la majorité des électeurs ivoiriens. Et cela est non seulement confirmé par le Conseil constitutionnel, que les médias internationaux s’entêtent à qualifier de «proche de Gbagbo», comme si ceux des autres pays du monde étaient composés de membres de l’opposition, mais également par la Commission électorale indépendante, à 80% aux mains d’Alassane Dramane Ouattara. En effet, les résultats consolidés et donc consensuels de 14 régions sur 19 compilés par la Cei au soir du 1er décembre 2010 donnent Gbagbo en tête. Et cela sans contestation aucune de son adversaire, qui n’a à aucun moment introduit une quelconque réclamation auprès du Conseil constitutionnel à ce propos, mais qui a prouvé qu’il reconnaissait l’existence de cette juridiction en lui envoyant une très farfelue et rigolote «prestation de serment écrite», qu’aucun rédacteur de la Constitution, même shooté à l’ecstasy, n’aurait pensé à inclure dans la Loi fondamentale. L’annulation des fraudes organisées par le camp Ouattara dans les zones contrôlées par les rebelles n’a donc en rien entaché la vérité du scrutin : Laurent Gbagbo est le président légal et légitime de la Côte d’Ivoire pour les cinq prochaines années… si les agitations de la communauté dite internationale ne viennent pas allonger d’autant son second mandat, comme la tentative de coup d’Etat de 2002, sensée abréger son premier mandat, n’aura in fine contribué qu’à en doubler la durée. Enfin, last but not least, il est impossible de clore la rubrique des quiproquos sans évoquer les incohérences de l’Union européenne, qui annonce une interdiction de visa pour une liste de personnalités ivoiriennes «sanctionnées» pour incarner ou supporter les institutions légitimes de Côte d’Ivoire. A ce sujet, nous avons juste deux questions à poser à l’Ue : Comment refuser un visa à quelqu’un qui n’en n’a pas besoin pour circuler en Europe ? Et est-ce qu’annoncer que l’on va refuser un visa à des gens qui n’ont jamais eu l’intention d’en demander, c’est une sanction ou une élucubration ?

RHDP : C’est à Paris, le 18 mai 2005 qu’a été scellée l’alliance surréaliste entre Alassane Dramane Ouattara, ancien premier ministre de Côte d’Ivoire de 1990 à 1993 et Henri Konan Bedié, ancien président de la république, sous le nom de rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et le progrès (Rhdp). Outre le fait que les acteurs ont jugé nécessaire, 45 ans après l’accession du pays à l’indépendance, d’aller en France pour donner naissance à un mouvement politique ivoirien, il est beaucoup d’autres anomalies à relever dans ce qui restera dans les annales comme l’une des plus grosses farces politiciennes ouest africaines. Le Rhdp, c’est l’association contre-nature de deux hommes qui s’autoproclament tous deux héritiers du père fondateur de la Côte d’Ivoire mais qui s’avèrent en fait être les deux plus grands démolisseurs de l’œuvre de Félix Houphouët-Boigny (FHB). Ouattara d’abord, qui n’a pas attendu la mort du Vieux pour détruire ce à quoi ce dernier tenait le plus : la paix et la stabilité. Cet économiste burkinabé a eu en charge la gestion de l’économie ivoirienne pendant quatre ans. Malheureusement entièrement dévoué aux désidératas des institutions financières internationales, il prendra des décisions et appliquera des mesures qui seront fatales pour le pays. Pendant que les Etats-Unis et l’Union européenne soutenaient largement leurs agriculteurs, il coupa les subventions aux planteurs ivoiriens, enterrant de facto leur compétitivité. S’ensuivirent des licenciements massifs de fonctionnaires, la réduction de plus de 40% des salaires des rescapés, des mises à la retraite anticipée,  des rémunérations à deux vitesses, la privatisation au franc symbolique des joyaux de l’économie éburnéenne... Il sema le germe de la division en introduisant la carte de séjour pour les étrangers, dans un pays qui jusque là s’était toujours distingué par son hospitalité. Il porta également un coup fatal au système éducatif ivoirien en gelant l’embauche des enseignants de l’éducation de base, en fermant les cantines scolaires, en éliminant la gratuité du transport et de la couverture sanitaire de base pour les étudiants. Sa plus grande trahison, qui consista à initier la dévaluation du franc CFA contre laquelle Félix Houphouët-Boigny s’était toujours battu avec la dernière énergie, couplée au pillage insolent des biens de l’Etat auquel il s’est livré avec la complicité de son épouse française de confession juive, achevèrent de précipiter la Côte d’Ivoire dans un gouffre économique duquel elle est encore loin d’être sortie. Cela eut pour conséquence immédiate la rupture de la paix sociale si chère à Houphouët, avec son lot de manifestations étudiantes et syndicales, d’arrestations arbitraires, des jugements fantaisistes… Quant à Henri Konan Bédié, en appelant – au grand effarement de ses militants – à voter pour celui qui a financé le coup d’Etat qui l’a chassé du pouvoir en 1999, celui pour lequel il a conçu la tristement célèbre xénophobe théorie d’épuration ethnique appelée «ivoirité», qu’il développa justement pour écarter du pouvoir un Ouattara qui lorgnait goulument vers le fauteuil présidentiel sans pour autant remplir les conditions pré-requises pour y prétendre, il a tout simplement assassiné l’autre grande œuvre de FHB : l’historique PDCI-RDA (parti démocratique de Côte d’Ivoire), qui faisait pourtant partie du patrimoine politique de l’humanité, comme l’ANC en Afrique du Sud. Pas étonnant que l’association bouffonesque de ces deux individus se soit soldée par un plantage en bonne et du forme. Avec des héritiers comme ça, pas besoin d’ennemis. Le pauvre Houphouët doit s’être retourné maintes fois dans sa tombe !

Souveraineté : Peut-on vraiment s’offusquer qu’en 2010, un président français s’arroge le droit de désigner le chef d’Etat d’un pays africain «indépendant» depuis cinquante ans, en parfaite violation du choix de la majorité des populations et des dispositions constitutionnelles dudit pays? La souveraineté de la Côte d’Ivoire, qui est aujourd’hui bafouée par la «communauté internationale», n’est en réalité que factice, comme l’est celle de la majorité des pays d’Afrique de l’Ouest et centrale, car bien que la plupart de leurs constitutions la proclament, les Etats d’Afrique noire dite francophone subissent encore aujourd’hui les contraintes de l’aliénation à la puissance coloniale. Comment clamer notre souveraineté, alors que même les textes fondateurs de nos républiques et la quasi-totalité de nos textes de loi sont calqués sur le modèle français, bien que nos réalités culturelles, sociales, historiques et idéologiques divergent totalement ? Comment revendiquer notre autonomie, alors que nous peinons à dénoncer et déchirer les contrats indignes qui bradent les richesses de nos pays à l’exploiteur français par le biais d’un pacte colonial signé le 24 avril 1961, dissimulé au milieu de nuisibles accords de défense à géométrie variable ? Comment prétendre être libres alors que l’un des principaux attributs de la souveraineté des Etats, la monnaie, est, en ce qui nous concerne, géré de bout en bout par des mains étrangères, voire ennemies ? Comment aspirer à notre émancipation alors que génération après génération, nous sortons de l’école après avoir appris par cœur l’histoire de France, Descartes, Voltaire et La Fontaine mais sachant peu de choses sur le berceau de l’Humanité dont nous sommes originaires, incapables de narrer les luttes et les exploits de Soundjata Keïta, Chaka Zulu, Ruben Um Nyobe, Félix Moumié, Patrice Lumumba, Thomas Sankara, Bantu Steven Biko, Ana Zingha, Sylvanus Olympio, Kwame Nkrumah, Samory Touré, Menelik II, la reine Pokou, Jean-Jacques Dessalines, Oliver Tambo, ou de réciter les contes de Birago Diop et les poèmes d’Aimé Césaire ? Comment préserver le droit de notre peuple à décider lui-même ce qui est bon pour lui quand nous devons importer les armes sensées le défendre ? Comment ambitionner être souverains quand nous dépendons de la France pour nous exprimer, au plan national comme international ? Il n’y a, au regard de ce qui précède, aucune raison d’être particulièrement choqué par la démarche coloniale parfaitement assumée de Nicolas Sarkozy en Côte d’Ivoire.

Terrorisme : Si les opinions publiques occidentales s’émeuvent quand des terroristes foncent avec des avions dans leurs gratte-ciels, font sauter des bombes dans leurs gares, cafés et représentations diplomatiques, ou enlèvent et décapitent des Européens au Sahel, elles peinent à s’opposer aux agissements meurtriers que leurs dirigeants commettent en dehors de leurs frontières. Dernier exemple en date : Ils s’appellent Stefan Barry, Jochen Kilian, Dirk Gerlich, Stephan Franke, Christian Stein, Fabian Müller, Sebastian Berwind, Frank Hütter, Patrick Thönessen, Alexander Schweig, Detlef Merchel et Uwe Max Heinrich Schulz. Ils sont tous titulaires de passeports délivrés le 16 décemb

re 2010 par le ministère allemand des affaires étrangères, à l’exception des deux derniers qui ont été délivrés respectivement le 21/12/2009 et le 20/12/2010.  Il s’agit des douze mercenaires teutons engagés par le gouvernement français pour assassiner le président Gbagbo, qui ont débarqué de façon rocambolesque sur le sol ivoirien par l’entremise de l’ambassadeur des Etats-Unis à Abidjan, Philippe Carter III. Cet ami de longue date du couple Ouattara  a sollicité et obtenu des autorités légales (et non de celles du Golf!) une autorisation de survol et d’escale à l’aéroport Félix Houphouët Boigny pour un appareil exploité par la compagnie Phenix Air avec Brian Edminster pour commandant de bord. Cependant, au lieu de se poser à Abidjan, l’appareil a plutôt atterri à Bouake, après une escale à Alger, pour y débarquer les tireurs d’élite allemands dotés de matériel sophistiqué. Si leur mission n’est à ce jour pas encore accomplie, l’histoire coloniale française en Afrique est jalonnée d’épisodes assassins. Mais faire partie des «grandes puissances» ne garantit en rien le succès d’offensives militaires impérialistes. Sarkozy et Obama seraient bien inspirés de replonger leurs nez dans les livres d’histoire, aux chapitres Indochine, Vietnam, Algérie, Afghanistan. Plus récemment, en 1992, sous le mandat de l’Onu, les Etats Unis, au nom d’une soi-disant ingérence humanitaire qui sentait quand même beaucoup le pétrole, lançaient l’opération «Restore hope» en Somalie, qui se solda par la mort de 173 soldats américains,  casques bleus et civils étrangers et contraignit Bill Clinton à retirer ses troupes. Qui ne se souvient pas du spectacle délectable des cadavres des soldats américains trainés par des voitures dans les rues de Mogadiscio sous les vivas de la foule ? De quoi susciter des vocations ! Il reste à espérer que l’Union européenne a planifié l’évacuation de tous ses ressortissants, non seulement de Côte d’Ivoire, mais également des autres pays d’Afrique. Parce qu’une chose est certaine : le temps où les Noirs se trucidaient pour le bon plaisir des Blancs, leur permettant de faire main basse sur leurs richesses pendant qu’ils étaient occupés à se battre, est révolu. «Donnez-leur des armes, ils s’entretueront les uns les autres», affirmait le chantre de l’apartheid Pieter Botha. Certes, il y a toujours un quarteron des nègres, comme Ouattara et ses sbires, prêts à commettre l’irréparable pour satisfaire aux exigences de Bwana, mais un nombre sans cesse croissant d’Africains a bien compris le rôle néfaste joué par les Blancs dans l’attisement des conflits sur notre continent et ne compte plus les laisser faire sans réagir. Les peuples contemporains d’Afrique n’ayant plus l’intention d’être les uniques victimes d’une bestialité exacerbée par les dirigeants européens, il est évident que l’attitude des gouvernements qui cautionnent ou exécutent les dérives pyromanes de Nicolas Sarkozy en Côte d’Ivoire expose leurs ressortissants innocents au fort bouillonnant ressentiment anti-français et aux actes de violence qui pourraient s’ensuivre à Douala, Yaoundé, Libreville, Conakry, Ndjamena, Abidjan, Bangui, Alger, Niamey, Kinshasa, Brazzaville…

Union africaine : L’Afrique est le continent le plus riche du monde en ressources naturelles et en espaces cultivables. Par quel tour de passe-passe abracadabrantesque arrive-t-elle donc au XXIè siècle en étant la zone la plus pauvre de la planète, déchirée par les guerres les plus fratricides ? Les bases de l’Union européenne d’aujourd’hui ont été jetées lorsque Robert Schuman, au sortir de la deuxième guerre mondiale, annonça la naissance d’une Haute Autorité, mettant en commun les productions allemande et française de charbon et d’acier, avec pour objectif non seulement la préservation de la paix mais aussi et surtout l’amélioration des conditions de production et donc du niveau de vie des populations franco-allemandes et de tous les pays européens participant à la nouvelle aventure. A quand donc le véritable acte fondateur de l’Union africaine, bâti autour d’une fusion d’intérêts économiques communs, par exemple les ressources énergétiques dont le continent est si riche (uranium, pétrole, gaz naturel, bois, cours d’eau, soleil…), qui mettra fin aux sanglants conflits qui endeuillent l’Afrique, tout en assurant une production modernisée et de qualité, la fourniture d’énergie à des clauses identiques sur les marchés des pays adhérents, l’accroissement des exportations vers le reste du monde, la progression concomitante des conditions de vie de la main-d’œuvre desdites industries, ainsi que le relèvement substantiel du niveau de vie et du développement des populations africaines ? Pas de si tôt, si l’on observe le comportement des dirigeants locaux, qui, au lieu d’être solidaires et de s’unir pour peser sur l’échiquier international, préfèrent se dresser les uns contre les autres et confier les destinées de leurs contrées aux très intrusives puissances étrangères. Une anecdote racontée par le président Gbagbo illustre parfaitement l’omniprésence de ces dernières. «Quand nous faisons les réunions de l'Union africaine et de la Cédéao, les représentants des pays européens sont toujours plus nombreux dans les couloirs que ceux des pays africains. Pour vous donner un exemple, au sommet de Charm el-Cheikh, il y avait à l'ordre du jour le problème du Zimbabwe. Il y avait tellement d'Européens dans les couloirs qu'un chef d'Etat africain a pris la parole pour dire : ‘Ecoutez, les Européens font une pression tellement grotesque que nous décidons de soutenir Mugabe, même si on ne l'aime pas.’» C’est d’ailleurs en constatant la propension des rebelles à se précipiter hors de la salle des négociations pour prendre leurs directives et informer en temps réel leurs donneurs d’ordre hexagonaux de l’évolution des pourparlers de Tshwane que Thabo Mbeki, à l’époque président sud africain et médiateur de la crise ivoirienne, avait ordonné le brouillage des communications téléphoniques, mettant en transes le camp Ouattara, qui se trouva ainsi coupé du cordon ombilical le liant à Paris. «Le fait que les nègres ressemblent et agissent comme des hommes ne fait pas d’eux des êtres doués d’intelligence». Une vue d’ensemble des participants aux conférences des chefs d’Etat de l’Union africaine semble malheureusement donner raison à Pieter Botha. Qu’attendre de digne de la part de personnages aussi lobotomisés, émasculés et amputés de leurs colonnes vertébrales ? Seuls quelques uns d’entre eux ont prouvé leur capacité à résister aux pressions occidentales : Paul Kagame, Isaias Aferworki, Laurent Gbagbo, Muammar Kadhafi, Meles Zenawi, Jose Eduardo Dos Santos, Yayah Jammeh, Robert Mugabe, Abdelaziz Bouteflika. Mais cela est loin d’être suffisant. Avec une arrogance sans précédent, Nicolas Sarkozy s’est d’ores et déjà invité au sommet de l’Union africaine prévu fin janvier 2011 à Addis Abeba. Est-il seulement imaginable qu’il aille ainsi taper l’incruste à un sommet de chefs d’Etat d’Asie ou d’Amérique du Sud ? A-t-on déjà vu des dirigeants africains assister aux réunions de l’Union européenne ? Peut-on espérer un  ras-le bol imminent face à cette intenable immixtion occidentale ? Les contorsions du président de la commission de l’Union africaine, le gabonais Jean Ping – ancien missi dominici du parrain de la Françafrique Omar Bongo – dans le dossier ivoirien font passer les danseurs Bafia du Cameroun pour des modèles de rigidité et n’augurent rien de bon pour l’évolution de l’Union africaine, que le Maroc a, sans dommage, refusé d’intégrer.

Visa : Que les Occidentaux ne s’y trompent pas. Ce que les Africains poursuivent quand ils viennent en Europe, ce n’est pas leurs femmes, mais tout simplement ce qui leur appartient de fait et de droit : le confort dont le pillage de leurs richesses par la nébuleuse françafricaine les prive.  Une éducation de qualité, un système sanitaire de pointe, des emplois, des retraites payées, la sécurité sociale et la sécurité tout court, mais aussi des infrastructures sportives, technologiques, industrielles, culturelles et artistiques dignes de ce nom. Parce que tant que le développement et la stabilité de l’Occident se feront aux dépens du continent Noir, chaque Africain a non seulement le droit mais également le devoir «d’envahir» l’Europe. Afin que l’Europe devienne l’Afrique. «La Libye s’engage à stopper l’immigration clandestine si vous lui fournissez au moins 5 milliards d’euros par an et de l’assistance technique. […] Sinon, la Libye ne sera plus le garde-côte de l’Europe.» Cette exigence du guide de la révolution Muammar Kadhafi à l’Union européenne n’est en rien farfelue ou exorbitante. C’est en voyageant que l’on se développe. On s’ouvre l’esprit, on s’inspire, on apprend de nouvelles perspectives, on élargit son horizon. Ce n’est pas pour rien que tous les grands créateurs ont toujours été des adeptes du voyage. Les hommes ne se développent pas quand ils sont cloîtrés. La limitation des mouvements des Africains est pensée en ce sens. Nous attendons du gouvernement de Laurent Gbagbo qu’il pose des actes concrets à ce sujet. Le développement économique de chaque pays dépend du développement de ses ressources humaines. Quelle coopération économique peut-on envisager si nos ressortissants ne peuvent circuler librement chez nos partenaires commerciaux ? Nos gouvernants doivent faire de la levée de l’obligation de visa une des conditions sine qua none de la signature de conventions commerciales majeures futures. Vous voulez exploitez nos ressources énergétiques, minières et agricoles ? Souffrez donc que nos ressources humaines puissent librement circuler dans vos pays, chers dirigeants occidentaux ! Rassurez-vous, dès lors que nous serons dans un schéma de partenariat équitable gagnant-gagnant, vous n’avez pas à craindre qu’elles y demeurent à perpétuité : le temps et la convivialité sont bien meilleurs en Afrique !

Wikileaks :… ou le monde vu depuis les coulisses de la diplomatie américaine. Grâce à Julian Assange, créateur du site Wikileaks, il existe depuis la fin du mois de novembre, une lecture plus captivante qu’Harry Potter et Agatha Christie réunis : les télégrammes confidentiels des ambassades américaines à travers le monde, de 1966 à 2010. Plus de 250 000 documents, mis en ligne jour après jour, qui révèlent tous les petits secrets du fonctionnement du monde. On apprend ainsi que le détournement de 18,3 milliards de francs CFA, découvert à la Banque des états de l’Afrique Centrale (Beac) en 2009, a été fait à l’instigation du défunt chef de l’Etat gabonais, Omar Bongo Ondimba, et a aussi bien servi à son enrichissement personnel qu’à celui de son fils Ali Bongo, l’actuel président du Gabon, mais aussi et surtout à financer de façon occulte les partis et les hommes politiques français, dont Nicolas Sarkozy nommément cité. Non pas que cela soit une découverte pour les exégètes de la Françafrique. Ce qui est assez surprenant, par contre, c’est la collusion permanente des intérêts américains et français dès qu’il s’agit de l’Afrique. «La France est un de nos plus puissants alliés en Afrique», confirme d’ailleurs l'ambassade américaine à Paris à la secrétaire d'État Hillary Clinton le 25 janvier 2010. L’on retrouve cette symbiose inquiétante dans les dossiers guinéen et ivoirien. Les manigances de la France et des USA et l’utilisation systématique de Blaise Compaoré comme leur marionnette sur le terrain est dévoilée crûment dans les mémos envoyés par les représentations diplomatiques américaines à Ouagadougou, Conakry, Abidjan et Paris. Savoureuses, les dépêches détaillant comment le général Sekouba Konaté est contraint de succéder à Dadis Camara, alors qu’il n’a absolument aucune envie d’exercer un quelconque pouvoir ! Particulièrement intéressantes, les mentions récurrentes à l’affairisme du président burkinabé, qui «a des intérêts économiques personnels en Guinée, comme dans beaucoup d'autres pays africains, ce qui conditionne sa prise de décision», selon les dires du fonctionnaire du Quai d’Orsay Stéphane Gompertz à l’ambassadrice américaine en Guinée, assertions confirmées par Wanda Nesbitt, diplomate US à Abidjan dans un télégramme du 02 juillet 2009 : «Il s'avère maintenant que la quatrième annexe à l'accord politique d'Ouagadougou est fondamentalement un accord entre Blaise Compaoré et Laurent Gbagbo de se partager le contrôle du nord jusqu'à après l'élection présidentielle, en dépit du fait que le texte exige des forces Nouvelles qu’elles rendent le contrôle du nord au gouvernement et achèvent le désarmement deux mois avant l'élection. L'ambassadeur Badini (représentant du facilitateur Blaise Compaoré à Abidjan) a confirmé à l'ambassadeur la nature de partage du pouvoir de l'accord, le 26 juin». Ceci est extrêmement grave, car cela prouve que les Etats Unis sont parfaitement au courant que le véritable seigneur de guerre en Côte d’Ivoire n’est ni Guillaume Soro, ni Alassane Dramane Ouattara, qui ne sont que des faire-valoir,  mais bel et bien l’homme-lige de la France, Blaise Compaoré, dont le pillage éhonté des matières premières de la Côte d’Ivoire est tout simplement accepté. Pas étonnant donc que le Burkina Faso soit devenu, au cours de la crise ivoirienne, un grand exportateur de cacao et de diamants, alors que ces ressources sont absentes de son territoire !

X : En juillet 2007, un homme infiniment petit s’est adressé à la jeunesse d’Afrique depuis Dakar en ces termes : «La colonisation n’est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l’Afrique. Elle n’est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux. Elle n’est pas responsable des génocides. Elle n’est pas responsable des dictateurs. Elle n’est pas responsable du fanatisme. Elle n’est pas responsable de la corruption, de la prévarication. Elle n’est pas responsable des gaspillages et de la pollution.» Cet individu s’appelle Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, et il est le président de la république française. Tout au long de cet abécédaire, nous avons eu l’occasion de constater à quel point cette tirade est insultante et surtout mensongère : La colonisation française est responsable de toutes les difficultés actuelles de l’Afrique dite francophone, de son sous-développement, de son endettement, de sa pauvreté. Elle est responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux, comme au Biafra, comme en Côte d’Ivoire, comme au Congo, comme au Tchad. Elle est responsable des génocides, comme au Rwanda, comme au Cameroun, comme en Algérie. Elle est responsable des dictateurs qu’elle installe au pouvoir pour mieux servir les intérêts gaulois, comme Blaise Compaoré, Omar et Ali Bongo, Gnassimbé Eyadema et Faure Gnassimbe, Denis Sassou Nguesso... Elle est responsable du fanatisme, de l’extrémisme et de la révolte que ses attitudes impérialistes suscitent. Elle est responsable de la corruption, de la prévarication, à travers la nébuleuse françafricaine, à travers le pillage opéré par les multinationales françaises. Elle est responsable des gaspillages et de la pollution, comme l’affaire des déchets toxiques déversés à Abidjan le prouve. Alors, pour digérer les contrevérités du nain de l’Elysée, il semble adéquat de laisser la parole à un homme infiniment grand, Malcolm X : «Personne ne peut vous donner la liberté. Personne ne peut vous donner l’égalité, la justice ou quoique ce soit. Si vous êtes des hommes, vous la prenez.» En Côte d’Ivoire, nous sommes prêts. «Nous déclarons notre droit sur cette terre, à être des êtres humains, à être respectés en tant qu’êtres humains, à accéder aux droits des êtres humains dans cette société, sur cette terre, en ce jour, et nous comptons le mettre en œuvre par tous les moyens nécessaires.» En Côte d’Ivoire, nous sommes prêts. «Il n’y a pas de révolution pacifique. Il n’y a pas de révolution non-violente. La révolution est sanglante. La révolution est hostile. La révolution ne connaît pas de compromis. La révolution retourne et détruit tout ce qui se met en travers de son chemin. Si vous n’êtes pas prêts à user de la violence, alors effacez le mot révolution de vos dictionnaires !» En Côte d’Ivoire, nous sommes prêts. «Si vous n’êtes pas prêts à mourir, alors effacez le mot ‘liberté’ de votre vocabulaire.» En Côte d’Ivoire, nous sommes prêts. «S'il est nécessaire d'organiser une armée de la nation noire, nous organiserons une armée de la nation noire. Ce sera le vote ou la balle. Ce sera la liberté ou ce sera la mort.» En Côte d’Ivoire, nous sommes prêts.

Ya fohi ! : Sarkozy bande ses petits muscles, Obama hausse le ton, Compaoré complote, la communauté dite internationale braille, l’Union européenne sanctionne, Badluck Jonathan menace, la Cedeao s’agite, l’Union africaine brasse de l’air, l’Onuci s’incruste, Licorne se cache, Ouattara soliloque, Soro monologue, Bédié rumine… et pendant ce temps, les Ivoiriens vaquent tranquillement à leurs occupations. Imperturbables et dignes, dans la sérénité et la bonne humeur. Ya fohi ! Il n’y a rien, comme on dit en nouchi.

Zone franc : Il n’y a plus grand-chose à dire sur cette relique d’un autre temps. La France a cessé d’être une puissance monétaire depuis l’avènement de l’euro comme monnaie unique européenne. En effet, pour être considérée comme telle, il eut fallu qu’elle conserve elle-même la main haute sur sa propre monnaie, ce qui n’est plus le cas depuis que la Banque de France a transféré ses compétences à la Banque centrale européenne. La France est donc dans l’incapacité juridique de continuer de garantir le franc CFA avec sa monnaie. D’autre part, la monnaie est la clé de voûte de la souveraineté d’un Etat. Hors, la mise sous tutelle de la souveraineté monétaire des Etats de la zone Franc a été imposée par la puissance coloniale française à des gouvernements pseudo indépendants à sa botte, sans consultation des peuples concernés. Le franc CFA a fait son temps en Côte d’Ivoire. L’outrecuidance du conseil des ministres de l’Uemoa qui, outrepassant ses prérogatives, s’est ingéré dans la crise ivoirienne en recommandant à la Bceao de ne plus reconnaitre la signature du gouvernement légitime pour la transférer au perdant des élections du 28 novembre 2010 est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase et marque un point de non retour. Laurent Gbagbo l’a dit lors de sa prestation de serment : la souveraineté de la Côte d’Ivoire est non négociable. S’il ne veut pas perdre le soutien populaire dont il jouit en ce moment, il n’a pas d’autre choix que de lancer rapidement une nouvelle monnaie ivoirienne, symbole d’une liberté et d’une indépendance nouvellement et chèrement acquises.

Mahalia Nteby, le 04 janvier 2011 (mahalia.nteby@yahoo.fr)

Publié dans Côte d'Ivoire

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l'Etranger 11/01/2011 03:02



Quelle prouesse!


Ya fohi ! : Sarkozy bande ses petits muscles, Obama hausse le ton, Compaoré complote, la communauté dite internationale
braille, l’Union européenne sanctionne, Badluck Jonathan menace, la Cedeao s’agite, l’Union africaine brasse de l’air, l’Onuci s’incruste, Licorne se cache, Ouattara soliloque, Soro monologue,
Bédié rumine… et pendant ce temps, les Ivoiriens vaquent tranquillement à leurs occupations. Imperturbables et dignes, dans la sérénité et la bonne humeur. Ya fohi ! Il n’y a rien, comme on dit en nouchi.


C'est le résumé de cette acrostiche, sacré commentaires. Merci Madame!


 



Didier Chateau 08/01/2011 19:42



Que puis-je ajouter à votre article, Madame, sinon qu'il est la vérité. Une chose cependant, quand vous écrivez : "I am among those who do not
like France. That’s the way it is: it's visceral, it's genetic, it's historical.", je me sens un peu mal à l'aise. Je suis français, français depuis des siècles. Sachez que je suis fier de
mes racines, et que je ne me sens nullement responsable ou solidaire de la politique qui a été, et est encore aujourd'hui celle de la France à l'égard de l'Afrique. Ayez donc la bonté de ne pas
mettre tous les français dans le même panier. J'ai eu la chance, de par mon métier, de parcourir la planète. Je peux vous affirmer ceci : des cons, j'en ai vu partout, mais des braves gens
aussi... ça relativise, non ? Cordialement. DC



MOURI 04/01/2011 23:03



Bonjour,


J'ai vraiment apprécié votre abécédaire, mais à la place de Obama pour O, j'aurais mis Occidentocratie, j'ai écrit un article à ce sujet il y'a 3ans pour parler des élections en Afrique, dommage
que j'ai perdu ma clef USB où se trouvait le texte. Mais l'idée générale c'était de démontrer qu'en est déclaré vainqueur des élections celui-là qui est désigné par l'occident; j'ai pris à
lépoque l'exemple de Biya au Cameroun qui perd les élections en 1992 mais est désigné vainqueur par la cour suprême; Election supprimée en Algérie en 1990 car le FIS avait gagné la plupart
des communes, Congo brazzaville Sassou qui reprend par la force ce qu'il avait perdu démocratiquement etc. Et récemment le cas du gabon, Togo et ce qui se joue actuellemnt en côte d'ivoire.


Et aprés hypocritement on vient nous demander pourquoi l'Afrique ne se développe-t-il pas avec les sous-préfets fosoyeurs installés la tête de nos nations. Un seul mot avec Gbagbo, le temps de
l'Afrique de se relever est arrivé.


 



Ayikasinbien 04/01/2011 13:42



Le mensonge est rapide, narcissique arrogant et démonstratif. La vérité va toujours du bon pied enveloppée de discrétion, d'humilité et de conviction. Et elle s'impose au mensonge au final.


Alassane Dramane Ouattara a introduit dans la politique ivoirienne:


* le mensonge: -Tous ces papiers administratifs sont frappés du sceau du faux-Il se dit mulsulman, il ne l'est pas, juste pour le besoin de la cause-Le fait de faire de lui un candidat
exceptionnel aux élections ne le gêne pas outre mesure; tout ivoirien décrété ivoirien exceptionnel aurait fournir tous les éléments pour  redevenir un citoyen ordinaire-


*la violence: depuis son instrusion sur la scène la violence s'est introduite en politique. Toute manifestation du RDR se solde toujours dans le désordre, le vol le cafouillage et la violence:
machettes, couteaux, armes à feu coups d'état, rébellion.........


Kobia Ludovic



guy-venance kesse 29/12/2010 12:23



Pour le moment nous ,peuple de côte d'ivoire observions attentivement l'état des choses et nous saurions à la fin de tous ces soubressauts faire la part des choses et choisir parmis tous, avec
qui marcher désormais.  salut ! Afrique.Digne terre d'espérance, l' avenir t'appartient.              


                                                                             
signé Génération 90 (côte-d'ivoire)