Côte d'Ivoire: "Si la bataille doit avoir lieu, qu'elle fasse rage!"

Publié le par Mahalia Nteby

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«L’Hôtel du Golf est maintenant devenu un refuge de bandits. Et je crois qu’à la longue, il faut que nous nous préparions à libérer ce lieu de façon brutale.»  Ces paroles claires et fermes, qui ont tout d’une promesse, ont été prononcées par le Général Dogbo Blé Brunot, Commandant de la Garde Républicaine de Côte d’Ivoire et par ailleurs Commandant du Palais présidentiel, lors d’une rencontre avec ses hommes vendredi 10 décembre 2010. A trop vouloir imposer un président illégitime et illégal en la personne d'Alassane Dramane Ouattara, la coalition françafricaine autour de Nicolas Sarkozy ne réussit qu'à radicaliser les positions de l'armée et du peuple ivoirien. Extraits.

 

[...] «Depuis la proclamation des résultats de l’élection présidentielle, l’une des Institutions, en l’occurrence le Conseil constitutionnel, est attaquée. On dit souvent que les militaires ne doivent pas s’ingérer dans les débats politiques. Mais quand la Nation est attaquée, quand le pays est attaqué par des étrangers, par des gens venus d’ailleurs, tout militaire doit s’engager. Et plus particulièrement les militaires de la Garde républicaine, c’est-à-dire les gardiens de la République, doivent être encore plus engagés. […]

Je suis venu ce matin pour vous dire qu’il semblerait qu’il y a des gens qui rodent autour des camps, pour recruter des militaires pour les faire basculer dans la « République du Golf », cette république diabolique qui s’est formée sous nos yeux.

Ordre vous est donné ce matin de mettre hors d’état de nuire par tous les moyens celui qui viendrait ici vous contacter. Et gare à celui qui va se rendre complice de ce genre d’individus. Je vous le répète, je vous donne l’ordre de mettre hors d’état de nuire par tous les moyens conventionnels ou non tout individu qui roderait autour de ce camp, pour vous contacter.

En remettant en cause la décision du Conseil constitutionnel, les pays étrangers et Choi démontrent là un mépris à l’égard de la souveraineté de notre Etat. Comme si la Côte d’Ivoire n’avait pas d’enfants. Ils oublient qu’il y a des enfants de la Côte d’Ivoire qui sont là. En Côte d’Ivoire, il y a le peuple et l’armée ivoirienne qui sont là. Je leur dit du haut de cette tribune que la Garde républicaine n’acceptera jamais et se battra de toutes ses forces avec tous ses moyens contre l’application d’une décision autre que celle du Conseil constitutionnel. Ils trouveront sur leur chemin des garçons, des militaires décidés à défendre la souveraineté de leur pays.

[…] Actuellement, ils sont dans un état d’inconscience totale qui leur permet de rêver. On ne peut pas accepter qu’un pays soit piétiné, que les Institutions d’un pays soient piétinées. La Côte d’Ivoire est la terre de nos pères, de nos ancêtres et ce n’est pas la terre des parents de Choi, ni de présidents des pays membres de la Cedeao. C’est à nous de défendre la terre de nos pères. Et personne d’autre ne le fera à notre place.

Ne vous laissez pas intimider ni impressionner par qui que ce soit, par une communauté dite internationale qui n’est qu’un ramassis de comploteurs qui veulent s’accaparer de la Côte d’Ivoire et de ses biens. En tant que dignes fils de ce pays, vous ne devrez pas accepter cela. C’est pourquoi je vous invite au rassemblement, à la mobilisation pour faire barrage à ces imposteurs et qu’ils trouvent sur leur chemin des enfants de la Côte d’Ivoire prêts à défendre leur pays.

[…] Que tous ceux qui sont en train de faire ce complot contre la Côte d’Ivoire, en passant par Hôtel Sebroko (siège de l’Onuci), Hôtel du Golf, Abuja et l’Onu sachent que nous les attendons. Qu’ils se rendent compte qu’ils ne rendent même pas service à ceux qu’ils veulent mettre au pouvoir de force, au mépris des lois de notre pays. Si la bataille doit avoir lieu, il faut qu’elle fasse rage ! Et il faut que vous vous montriez à la hauteur de cet ultime combat de libération. Nous attendons les comploteurs au coin de la rue. Nous les attendons sur le terrain.

[…] L’Hôtel du Golf est maintenant devenu un refuge de bandits. Et je crois qu’à la longue, il faut que nous nous préparions à libérer ce lieu de façon brutale. Parce que c’est un peu trop facile. Il faut qu’on leur montre le contraire.

Officiers, sous-officiers, militaires de rang de la Garde républicaine, cette réunion d’aujourd’hui n’est pas une réunion comme on en a l’habitude, mais c’est un message que je voulais porter à votre connaissance. Face à la situation de mépris révoltante à laquelle nous faisons face, je vous demande de vous conditionner pour le combat ultime de la Côte d’Ivoire.»

Général Dogbo, Commandant de la Garde républicaine de Côte d'Ivoire, le 10 décembre 2010

Publié dans Côte d'Ivoire

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