Face aux graves dérives du GTI, la Présidence de la République ivoirienne réagit

Publié le par Mahalia Nteby


Le Groupe de travail international a tenu, le vendredi 1er décembre 2006, sa onzième réunion sur la situation en Côte d'Ivoire. Au terme de ses délibérations, cet organe de suivi du processus de sortie de crise en Côte d'Ivoire a publié un communiqué dont il n'est pas nécessaire de revenir sur le contenu. Il suffira seulement de dire que le Groupe de travail international n'a pas varié dans sa volonté exprimée, dès sa première réunion, d'empêcher le fonctionnement des institutions que la République de Côte d'Ivoire s'est données et de méconnaître la Constitution et les lois ivoiriennes.

En effet : - dès sa première réunion tenue à Abidjan le 8 novembre 2005, le GTI a publié un communiqué dans lequel il avait donné au Premier ministre le pouvoir de désignation et de révocation des responsables de l'Administration civile et militaire, le tout en violation de la Résolution 1633. - dans le communiqué en date du 15 janvier 2006, publié à l'issue de sa troisième réunion, le GTI a écrit que "le mandat de l'Assemblée nationale qui a expiré le 16 décembre 2005 n'a pas à être prolongé" ; - dans le communiqué en date du 8 septembre 2006, publié avant l'adoption de la Résolution 1721, le GTI a découvert des obstacles à la conduite du processus de sortie de crise dont une "dualité institutionnelle" en Côte d'Ivoire et écrit que le Premier ministre devait nommer aux emplois civils et militaires. Et, pour lever ces obstacles, le GTI a demandé à l'ONU la subordination de la Constitution et des lois ivoiriennes à la Résolution en préparation.

Or, tout le monde sait, depuis le 2 novembre 2006, date de l'adoption de la Résolution 1721, que le GTI n'a pas été suivi et que le projet de résolution que le Groupe de travail a inspiré a été rejeté en l'état, le Conseil de sécurité ayant affirmé la souveraineté des Etats membres et la primauté de la Constitution et des lois nationales sur les instruments internationaux, y compris sur les propres résolutions de l'ONU.

Cette position de l'ONU a été bien accueillie par le président de la République, qui a déclaré que tout ce qui est contraire à la Constitution ivoirienne et aux lois nationales ne sera pas appliqué en Côte d'Ivoire. C'est donc tout à fait vainement que le GTI tente de contourner la réalité juridique et politique en Côte d'Ivoire en recommandant que les parties ne puissent "se prévaloir d'aucune disposition juridique pour faire obstacle au processus de paix". A quoi serviraient dans ces conditions toutes les modifications législatives et à caractère constitutionnel, effectuées par le président de la République et les députés quatre années durant, à la demande de la communauté internationale ?

Le président de la République saisit cette occasion pour dénoncer l'appel et les encouragements à la violence contenus dans le point 3 du communiqué final du GTI. En effet, à l'appel du Premier ministre à troubler l'ordre public contenu dans sa déclaration lue le lundi 27 novembre 2006 et soutenue par le bloc rebelle, des manifestations de rue ont eu lieu à Abidjan et dans quelques villes de l'intérieur du pays. Celles-ci ont entraîné la mort d'une personne au moins, de nombreux blessés et causé de nombreux dégâts. Le GTI, à la surprise générale, déclare comprendre cela, au lieu de prononcer une condamnation, même de principe.

Le président de la République fait savoir qu'il informera le Secrétaire général de l'ONU, les membres permanents du Conseil de sécurité et toutes les instances de l'Union africaine, de ces graves dérives du GTI contraires à l'esprit et à la lettre de la Charte des Nations unies.

En tout état de cause, ces appels du GTI à la violence et les menaces de sanctions individuelles qu'il brandit rituellement font la preuve de l'incapacité de cet organe de suivi à innover dans la recherche de solutions.

Cette attitude du GTI confirme la conviction du président de la République que c'est aux Ivoiriens eux-mêmes qu'il appartient d'élaborer une solution interne de sortie de crise, dans le respect de la Constitution et des lois qu'ils se sont données.

Désiré Tagro
Porte-parole de la présidence de la République

Publié dans Côte d'Ivoire

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