La trilogie de la fissuration du front anti-Gbagbo

Publié le par Mahalia Nteby


En décembre prochain, Kofi Annan, Secrétaire Général de l’ONU quitte ses fonctions actuelles. En février 2007, Abdoulaye Wade est soumis de nouveau aux suffrages des électeurs sénégalais. Rien n’est couru d’avance pour lui. En mai 2007, à n’en pas douter, les carottes seront cuites pour Chirac. Trois anti-Gbagbo chevronnés qui sont appelés à faire valoir la fin de leur capacité de nuisance à la Côte d’ivoire. Les choses seront-elles pour autant plus simples pour les ivoiriens ? Ils doivent eux-mêmes s’en donner les moyens.


I - Le droit international et la liberté des peuples

Habitués qu’ils sont depuis plusieurs années de voir la communauté internationale jouer aux équilibristes entre une condamnation à peine audible de la prise de pouvoir par les armes et la volonté à peine voilée de mettre la République dans une position inconfortable, les ivoiriens attendaient avec bien d’appréhensions la résolution que l’Onu s’apprêtait à prendre sur la crise qui ébranle leur pays. La résolution 1721 est adoptée, et le chaos annoncé urbi et orbi par les ennemis de la Côte d’Ivoire, n’est pas encore survenu. Certes, les ivoiriens n’ont pas eu ce qu’ils attendaient de la communauté internationale, la manifestation d’une volonté claire de désarmer les rebelles, mais ils ont su faire respecter l’outil essentiel qui leur permet d’accomplir eux-mêmes cette tâche ; la Constitution. La situation aurait pu être plus difficile, si l’on considère le document largement diffusé par la presse et qui présente les grandes décisions que la France soumettait à l’appréciation des quinze membres du Conseil de Sécurité de l’Onu. Ce document reflète -malgré les responsabilités que Banny croit y trouver envers et contre la volonté du peuple exprimé en 2000- le caractère amoral et raciste de ceux qui l’ont présenté. Certes, la morale n’est pas la vertu première de la Chiraquie. Mais tout de même ! Et quelle injure au siècle des Lumières ! D’ailleurs, n’est-il pas temps d’aller chercher des éléments d’éclairage de la voie de notre révolution dans les Lumières anglo-américaines avec G. Washington, J. Adams, Th. Jefferson, J. Madison ?

Comme tous le savent maintenant, le texte initial français n’est pas passé. Seule sa version édulcorée a fait l’objet d’adoption, après d’intenses tractations qui ont mis la diplomatie française à rude épreuve. Loin de l’euphorie de Dominique de Villepin, juché à la tribune des Nations Unies, jubilant dans sa déferlante oratoire tel un acteur, en train de donner des leçons à la diplomatie américaine au sujet de la guerre en Irak, la France revigorait ainsi une certaine fierté française de tenir tête aux américains, cette fois, la France est peu fière, et Chirac n’a pas le plaisir d’accrocher une nouvelle médaille à son tableau de chasse pour avoir cloué Gbagbo au pilori de l’Onu dressé et décoré par Kofi Annan. Entre le projet initial français et la version adoptée, il y a un groupe de pays qui croient profondément que dans la crise ivoirienne, il y a des lignes jaunes à ne pas franchir. La Constitution en est une. La plus absolue. Et elle est préservée. C’est le lieu de rendre hommage à certains pays qui se sont mis le plus en évidence dans le Droit, lors de ces tractations. La Chine, la Russie, les Etats-Unis d’Amérique, la Tanzanie sont à saluer. Mais, bien d’autres pays ont œuvré, de manière moins publique mais tout aussi importante, pour entraver l’action de Chirac contre la Constitution d’un Etat souverain, contre un coup d’Etat constitutionnel, une réédition de Marcoussis. Qu’ils en soient félicités. Certes, la presse française défend les intérêts de la France ou son héritage historique en Afrique, mais elle ne tolère pas que Chirac conduise son pays à l’humiliation. Elle ne manque pas de fustiger Chirac bradant l’image et la grandeur de la France. Et la presse française n’est pas seule à entrevoir la descente aux enfers que risque la diplomatie et l’armée françaises en Côte d’ivoire. Des voix internes s’élèvent pour dire non même si elles ne manifestent pas un amour particulier pour les institutions ivoiriennes. Laurent Fabius, ancien premier ministre de François Mitterrand et ancien président de l’Assemblée nationale française demande que les accords de défense (il aurait pu dire les accords commerciaux pour être plus exact) fassent l’objet de révision. Les ivoiriens n’attendent que cela. De même, Pierre Messmer, ancien premier ministre et pure produit de la violence du gaullisme colonisateur triomphant, demande à Chirac de retirer de Côte d’Ivoire, l’ensemble des forces militaires françaises. Et cela relève également de ce que disait de Gaulle, en parlant de l’Algérie, «Aucune force militaire ne peut résister à un peuple qui se bat pour sa liberté». Que Chirac se le tienne pour dit ! Les ivoiriens arracheront leur liberté, envers et contre la Chiraquie. C’est juste une question de volonté et de détermination. Pour reprendre les propos de Rosa Luxembourg, «les libertés ne se mendient pas, elles se prennent».

II - Le front international anti-Gbagbo se fragilise

Tout le monde sait désormais que Chirac, dans la turbulence de sa fin de règne, est en belligérance ouverte contre la Côte d’Ivoire de Gbagbo. En septembre 2002, des ivoiriens lui ont fait croire en l’exécution d’un coup d’Etat éclair, sur une base des schémas classiques d’analyse en usage auprès des spécialistes français de l’Afrique. La Françafrique entière y a souscrit. L’opinion internationale s’est laissée manipuler à grand renfort de plumes acerbes et de langues venimeuses. La crise s’est installée, et elle perdure avec des changements d’équipes mais toujours la même logique : usurper la souveraineté de la Côte d’Ivoire. Elle coûte excessivement chère à la France qui cherche une solution radicale pour évincer Gbagbo du pouvoir. Mais rien n’y fait. Chirac patauge dans la gadoue des forêts sacrées ivoiriennes. Les génies de l’Afrique l’y retiennent. Un vrai labyrinthe dont Chirac l’Africain n’a pas le plan. Sauf à solliciter quelqu’un qui connaît, en plus de l’âme et de la psychologie africaine, les réalités concrètes du moment, et non celles que les spécialistes puisent dans des livres d’histoire au contexte dépassé, pour construire leurs documents stratégiques d’aujourd’hui. Chirac s’essouffle et s’affaiblit dans ce que l’on qualifie au bord de la Seine de dernière aventure coloniale chiraquienne en Afrique.

L’inconfortable position de Chirac va s’accroître dans les mois qui viennent avec la perte de solides alliés dans sa guerre coloniale contre la Côte d’Ivoire. D’ailleurs, personne ne comprend pourquoi, d’un côté, les officiels français crient que la Côte d’Ivoire n’est pas un enjeu économique significatif pour la France, et d’un autre côté, que Chirac dépense autant d’argent pour maintenir en Côte d’Ivoire, depuis près de cinq ans un contingent de plus de 10230 soldats et assimilés, selon certaines sources proches du département américain de la défense. Entre ces deux assertions, c’est le grand écart pour la diplomatie française qui en vient à proclamer qu’elle ne peut plus parler au nom de Chirac. Un retour aux cours de diplomatie s’impose ! Décidément la crise ivoirienne renverse l’ordre des choses et réserve encore bien des surprises. Que tous ceux qui tirent un enseignement de cette crise se tiennent prêts, il y a de formidables leçons à en tirer à la fois pour la recherche en sciences politiques et pour la pratique diplomatique en Afrique, terre sans loi ni droit.

Tout comme la chaîne de l’esclavage n’a pas réussi à briser la résistance des africains, la douteuse chaîne de fraternité construite autour de la Côte d’Ivoire n’a pas réussi à lui faire courber l’échine. La Côte d’Ivoire tient encore et ses institutions, même malmenées, sont encore en place. Une place solidement fortifiée. A telle enseigne que les maillons de la chaîne commencent à se fragiliser et à s’effriter. En novembre 2004, on a vu une Cedeao galvanisée demandant crânement et obtenant la mise en place d’un embargo contre la Côte d’Ivoire. En octobre 2006, la fougue s’est émoussée et les recommandations de cette organisation sont plus équilibristes et moins rassurées. Perd-t-elle foi en l’aventure ivoirienne de Chirac ? La question mérite d’être posée.

En dépit d’un activisme effréné de certains leaders françafricains, d’autres d’entre eux commencent à se recentrer sur leur propre sort. A commencer par celui dont le pays est géographiquement plus proche d’Abidjan. Kofi Annan est le premier secrétaire général de l’Onu que l’Afrique noire a eu. En dehors du Ghana qui peut manifester une fierté d’avoir envoyé un de ses fils à la tête de cette organisation internationale, l’Afrique ne gardera pas de lui l’image d’un secrétaire général ambitieux qui a oeuvré pour que le continent s’approprie sa liberté. Bien au contraire. Annan a privilégié ses propres intérêts et ceux de ses comparses de la françafrique. De Marcoussis en janvier 2003 à la maison de verre de New York en novembre 2006, le secrétaire général a farouchement soutenu le plan chiraquien d’affaiblir Gbabgo pour faire main basse sur la Côte d’Ivoire. Une fois revenu au bercail, saura-t-il expliquer à ses compatriotes pourquoi une telle haine contre ce pays au voisinage si proche ? Quel intérêt pour le Ghana, à court et long terme ? Alors que la maison du voisin brûle, Kofi Annan pactise avec le pyromane sans se soucier de «l’incontrôlabilité» du feu. Il y a là quelque chose d’absurde qui s’accommode mal à la morale et à l’éthique républicaine. Mais, malgré ses efforts soutenus, et contrairement à ce que Chirac attendait de lui, Annan n’a pas su contribuer à porter l’estocade à la Côte d’Ivoire, et bientôt les instruments de sa nocivité lui seront retirés. Il deviendra un simple citoyen de son pays, à défaut de se faire porter à la tête d’une organisation cornaquée par Paris, de type francophonie à laquelle il ne peut prétendre. On ne voudra pas de lui à l’Union Africaine. Préoccupé par son avenir proche, il a certainement moins de temps à s’activer contre les institutions ivoiriennes. On murmure qu’il convoite de conduire la destinée du Ghana. On lui souhaite bon vent et surtout du courage au peuple du Ghana qui saura certainement faire la bonne appréciation le moment venu. Koffi Annan a eu quatre années pour en finir avec la légalité en Côte d’Ivoire. Il a lamentablement échoué. Comme tous ceux qui poursuivent le même but.

En quittant l’Onu en décembre 2006, Kofi Annan renvoie les projecteurs sur Abdoulaye Wade, le baron octogénaire de la françafrique. Voilà un politicien à qui les longues années dans l’opposition politique n’ont pas donné la conviction nécessaire et la volonté de construire réellement son pays et aider l’Afrique à se relever de la pauvreté et de la misère. Quel gâchis ! Bien sûr, on connaissait ses fricotages avec le pouvoir élyséen. C’est à l’aune de cela qu’on apprécie davantage la constance de Gbagbo et son sens de la chose publique, dans sa volonté de redonner aux ivoiriens le droit de la libre propriété de leur pays. En déployant autant d’énergie pour saper les efforts de paix en Côte d’Ivoire, Wade devait véritablement se sentir une âme d’obligé de Chirac. Sinon, cela s’explique difficilement. Même les bénéfices que tire le Sénégal des tribulations de la Côte d’Ivoire ne peuvent justifier ce choix de Wade. Les dérisoires retombées économiques temporaires sont bien loin de valoir le prix à payer. Pour quelqu’un que l’on dit libéral ! Seuls les critères d’analyse françafricains peuvent l’avoir conduit à ces choix désastreux. Mais pour Wade, l’heure de repasser à la case départ tambourine à la porte. Il est de nouveau candidat. Les suffrages des sénégalais sont là, telle une guillotine, pour trancher. A entendre la rue sénégalaise, l’homme du «Sopi» a travesti les attentes, et visiblement, les populations sont déçues. Lorsque les populations sont mécontentes, comment réagit le peuple électeur ? Le peuple sénégalais a montré sa capacité à gérer une alternance. Avec ses médias, il a arraché le pouvoir à ceux qui voulaient confisquer le résultat des urnes, légitimant ainsi une seconde fois Wade après l’avoir légitimé dans les urnes. Le peuple sénégalais a démontré sa maturité politique. En février 2007, il le démontrera à nouveau. Dans le jeu de concurrence politique, le peuple du Sénégal va sanctionner. Et nul ne lui volera sa victoire. Tel est le nouveau comportement des peuples africains. Que ce soit par l’action des médias ou de la rue, les peuples d’Afrique trouveront désormais la voie appropriée pour reprendre les attributs de leur souveraineté et les remettre entre les mains de la personne de leur choix. Sans que quiconque ne s’y oppose par un quelconque hold-up électoral. Telle est la nouvelle donne que les «experts français des questions africaines» doivent inclure dans le spectre de leurs grilles d’analyse. Les patriotes sénégalais doivent être vigilants pour faire barrage à toute tentative de spoliation de l’expression de leur liberté. Le risque est réel. Le peuple sénégalais connaît maintenant la démagogie de son président. Wade est dans toutes ses fébrilités, et en tout cas, ce n’est pas chez les ivoiriens qu’il viendra chercher de quoi boucler son budget de campagne. Préoccupé par son propre sort, il ne peut que se concentrer sur lui même et par la même occasion, desserrer l’étau autour des institutions ivoiriennes. Espérons que les voix des électeurs sénégalais lui retireront les leviers du pouvoir dont il se sert pour nuire à son pays, à ses voisins et à l’Afrique, au lieu de poser des actes qui devraient faire avancer tout le monde sur la route de la dignité et la liberté.

Annan out, Wade appelé par ses concitoyens à faire valoir ses droits à la retraite, Chirac lui-même a ses propres interrogations pour mai 2007. Pour l’heure, il ne se fait guère d’illusion sur ce que pensent les français à son sujet, même si pour lui, la tentation est très forte de se représenter. Il caresse secrètement le projet de voir Sarkozy s’empêtrer dans les secousses des banlieues et des affaires de type Clearstream. Mais rien, ici aussi, n’est encore couru. Et Chirac connaît les handicaps qu’il trimbale depuis les douze années de sa présidence crapuleuse et désastreuse. Autant, en son temps il a fait un enfant dans le dos à Chaban-Delmas, puis à Giscard, autant il peut être sûr que Sarkozy lui rendra la politesse. Les mois qui viennent s’annoncent palpitantes sur la scène intérieure de la politique française. L’étroitesse des liens entre ce qui se passe en France et la politique en Afrique fait que les africains sont bien attentifs aux joutes en cours et à venir. L’Afrique accueillera avec soulagement de voir le peuple français dire, encore une dernière fois, non à Chirac, comme aux législatives de 1997, comme aux régionales, aux cantonales et aux européennes de 2004, comme au référendum de 2005.

Ces trois départs constituent la «trilogie de la fissuration du front anti-Gbagbo», même si l’on ne présage de rien en ce qui concerne les projets de leurs successeurs.

III - Tout cela peut-il donner aux Ivoiriens le droit de la propriété de leur pays ?

La majorité des ivoiriens sont convaincus que l’heure est venue de rompre les amarres, de recouvrer le droit de la propriété de leur propre vie individuellement et collectivement. La paix recherchée par les africains ne peut provenir que de cette liberté fondamentale. En régime démocratique les pouvoirs doivent être équilibrés mais cela ne signifie pas que l’on doive imposer des hommes qui se neutralisent au point d’immobiliser les régimes. Il s’agit en réalité d’équilibrer les passions et les intérêts des populations. Les antagonismes sociaux peuvent s’exprimer sans pour autant détruire la République.

L’équilibre des pouvoirs suit celui de la propriété. Nous ne pouvons pas renoncer à la propriété de notre pays et en donner le droit à un autre Etat fût il la France. Cette renonciation déséquilibre les relations entre pouvoir et propriété. Ce déséquilibre provoque à son tour les révoltes des populations africaines contre ce qu’elles considèrent comme étant une usurpation de leur droit. L’intérêt qu’un pays est censé défendre est celui de ses populations. L’intérêt lui-même est ce que l’on recherche dans la propriété.

La puissance des individus et des nations provient de la propriété et des efforts qui sont fait pour bien la définir et mieux la défendre. Le cercle vicieux du sous-développement africain et l’installation séculaire de ce continent dans la trappe à pauvreté sont les signes patents que les droits de la propriété ne sont pas encore bien définis par les Etats de ce continent. En particulier il y a là la belle démonstration de l’inefficacité des lois agraires en vigueur sur ce continent. Les peuples ont des droits inaliénables que le colon a extorqué et l’Etat indépendant d’Afrique ne s’est pas encore opposé aux dispositions coloniales. Il a gardé pour lui-même les droits usurpés hérités de la période coloniale. La vraie indépendance revient à nous approprier notre pays. Pour cela les Etats doivent rendre aux populations l’entière propriété de leurs droits sur leurs sols et laisser aux individus et aux communautés la totale liberté d’échange de ces droits.

Ces derniers temps, plus que jamais, tous ceux qui concourent à la recherche de la paix en Côte d’Ivoire martèlent que la paix ne peut venir que des ivoiriens. Il faut les croire car ils ont parfaitement raison. Et des deux camps qui s’affrontent, qui des rebelles ou des défenseurs des institutions de la république peuvent prendre l’initiative du retour à la paix ? La rébellion, c’est la guerre, c’est la violence, c’est le piétinement de la légalité. La défense de la République, de la légalité constitutionnelle, des institutions, du droit, c’est l’élection démocratique, c’est la paix. Dans sa résolution 1721, l’Onu a tracé une fois pour toute la voie. C’est une voie qui est en apparence bien mince mais c’est la meilleure voie et c’est le seul vrai acquis pour nous. La Constitution est le seul référentiel de résolution de la crise. Tout le reste en découle. Et dans cette Constitution, le droit de propriété est proclamé.

La Côte d’Ivoire est largement sortie de son isolement diplomatique. En plus de l’Afrique digne qui s’est manifestée, le Conseil de Sécurité vient de rallier la voie de la Côte d’Ivoire. Il appartient maintenant aux ivoiriens de puiser dans les richesses de leur Constitution, les ressources nécessaires pour mettre un terme à leur propre souffrance. Le choix des moyens leur appartient. De plus, l’amorce de la trilogie de la fissuration du front anti-Gbagbo renforce davantage l’opportunité qui se présente à la Côte d’Ivoire. Il s’agit maintenant de la saisir et de capitaliser sur les atouts qui concourent en ce moment à l’avantage de la Côte d’Ivoire. Les ivoiriens sont dans une attente vigilante et sereine. Ils réclament avec force la fin de la crise. Les dirigeants se doivent d’écouter leur plainte et s’engager résolument dans la voie de sortie. Les nations qui défendent le Droit doivent appuyer encore la Côte d’Ivoire et, les patriotes africains doivent soutenir ce combat qui demeure, quoiqu’on dise, un combat pour que l’Afrique renoue avec son libre droit de s’appartenir elle même. Ce mois de commémorations accuse devant l’histoire le passé sanglant que charrie la mémoire de nos frères et sœurs froidement assassinés par les forces d’occupations françaises depuis plus de cinq siècles. Licorne depuis qu’elle est ici ne fait que perpétuer l’œuvre d’Angoulvant, de Clozel, de Binger, Faidherbe et bien entendu de Savorgnan de Brazza. Ces derniers sont au panthéon de la grandeur de la France pour que nous croupissions dans les ténèbres de la Françafrique d’aujourd’hui. Pour paraphraser Machialvel disons à la mémoire de ces grands hommes de France ceci «Vous avez pu pénétrer facilement l’Afrique puisque nous sommes un monde hospitalier que vous avez toujours pu occuper grâce à la complicité de quelques nostalgiques et ignorants des anciens régimes, mécontents et amateurs de pouvoir despotiques qui vous ont ouvert les portes et faciliter votre victoire. Mais si vous voulez vous maintenir en Côte d’Ivoire occupée vous trouverez des difficultés sans fins et avec ceux que vous opprimez et avec ceux qui vous ont soutenu».

Pr Mamadou Koulibaly in Le Courrier d'Abidjan, 30 Novembre 2006

Publié dans Politique africaine

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Koffi 01/12/2006 11:00

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