Je vous souhaite la bienvenue sur SAOTI, le site de l'Afrique digne et libre. Dans cet espace, je publie des articles relatifs à l'indépendance et à la Renaissance africaine, écrits par des journalistes talentueux, que j'ai la chance de compter parmi mes amis. Vous pourrez apprécier les plumes de Melvin Akam, Nathalie Yamb, Ambroise Ebonda, Sylvestre Konin... et aussi quelques uns de mes papiers. Bonne lecture et n'hésitez pas à laisser vos commentaires! Mahalia Nteby
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Les Camerounais exploités des palmeraies de Bolloré
C'est un Germinal sous les tropiques qui se joue dans la palmeraie de Kienké, dans le sud-ouest du Cameroun. Dans cette
plantation de palmiers à huile de 9 000 hectares de la Société camerounaise des palmeraies (Socapalm) - filiale d'un groupe belge, Socfinal, lui-même détenu à près de 40 % par le français Bolloré
aux côtés de son traditionnel partenaire, la famille belge Fabri -, les ouvriers sont en colère. Depuis novembre, ils ont plusieurs fois fait grève contre leurs conditions de vie et de travail.
En retour, la police a arrêté et détenu pendant quelques jours leur leader, Michael Agbor.
«Une journée ne suffit pas pour décrire nos souffrances», assure Albert, un ouvrier. Depuis plusieurs années, il vit en permanence dans la palmeraie. Six jours par semaine, il coupe de
lourds régimes de noix de palme. Sans gants pour protéger ses mains : ses paumes ont pris la couleur orange des noix que Socapalm transforme en huile de cuisine. Chaque matin, il s'entasse avec
ses collègues et le matériel de coupe dans les camions, des épaves, qui s'enfoncent dans la plantation pour charger les régimes. Le soir, il doit marcher, parfois sur une quinzaine de kilomètres,
pour rentrer dans un des sept campements d'ouvriers installés au cœur de la plantation.
«Esclaves»
Le tout pour pas grand-chose : il gagne 22 francs CFA pour un régime de 15 kg. En moyenne, il touche 35 000 francs CFA (environ 53 euros) par mois, ce qui ne lui permet pas de vivre décemment. Il
a néanmoins plus de chance que ceux qui coupent les régimes de 10 kg pour 8 francs CFA. «Les retenues sur nos salaires sont courantes. Nous sommes souvent payés en retard voire pas du tout»,
précise-t-il. Albert n'est pas affilié à la sécurité sociale et n'a pas de couverture médicale. «Beaucoup voudraient partir mais ne le peuvent pas, parce qu'ils n'en ont pas les moyens et
parce qu'ils attendent qu'on paie leurs arriérés de salaire», affirme-t-il. «Nous sommes les esclaves de la Socapalm», soupire un de ses collègues. Ce n'est cependant pas auprès de
l'entreprise, qui contrôle 80 % du marché de l'huile de palme au Cameroun, qu'ils peuvent se plaindre : celle-ci ne les emploie pas directement, mais a passé des contrats de sous-traitance avec
une soixantaine de sociétés pour la gestion de l'essentiel de la main-d'œuvre.
«Nous savons que les ouvriers ne s'en sortent pas, que leurs employeurs les paient en retard», reconnaît Marc Mutsaars, le patron de Socapalm. La situation est la même dans les autres
plantations du pays, explique-t-il pour tempérer. Il assure que l'entreprise va réduire de moitié le nombre de sous-traitants pour mieux contrôler leurs pratiques. Cette mesure permettra-t-elle
d'améliorer aussi les conditions de logement ? «Nous vivons comme des animaux», indique, dégoûté, Albert. Il n'y a pas d'eau, pas de sanitaires et seulement quelques heures d'électricité
par jour dans le campement où il vit avec sa famille. Surpopulation, insalubrité et promiscuité font le reste du quotidien de ces vieilles baraques de bois grisâtre et étroites, collées les unes
aux autres. Un hôpital, des écoles pour les enfants qui habitent trop loin de l'unique établissement scolaire de la plantation : Michael Agbor tient scrupuleusement la liste des réclamations
depuis qu'il a été élu à la tête d'une sorte de syndicat, créé il y a quelques mois par les ouvriers.
«Notre messie»
Vulgaire «agitateur» pour Socapalm, il est devenu un héros dans les campements. Ses collègues, qu'il estime au nombre de 10.000, savent que son intransigeance et sa détermination face
aux entreprises sous-traitantes sont exceptionnelles dans un pays où les syndicats sont systématiquement achetés. Le lendemain de son arrestation, en décembre, certains ont marché sur 15 km,
jusqu'à Kribi, où il avait été amené par la police, en scandant : «No Michael, no work!» «Nous n'avons pas peur, nous sommes tous mobilisés», commente Albert. Il raconte comment
l'électricité a été coupée dans son campement lors du dernier débrayage. «Qu'ils fassent grève. Quand ils auront faim, ils reviendront travailler», leur auraient répondu les patrons.
«Michael est notre messie», avouent plusieurs salariés de Socapalm, mécontents de leurs salaires et de leurs conditions de vie. De peur des représailles, ils restent cependant à l'écart
des mouvements des ouvriers. Michael Agbor a fait également profil bas pendant plusieurs jours en janvier. Après que des représentants des autorités camerounaises lui ont glissé : «Si tu
continues, on va te tuer.» Il venait de refuser l'augmentation de 3 francs CFA par régime proposée par les sous-traitants. Depuis, ses collègues lui ont conseillé de ne plus travailler dans la
plantation.
Fanny Pigeaud
Libération
11/03/2008
La froide logique est décidément le pire ennemi de la coalition qui, sous couvert de pacifisme pour les uns, de neutralité pour les autres, livre une guerre impitoyable à la Côte d’Ivoire républicaine depuis plus de quatre ans.
Qu’on considère donc sa posture d’hier à aujourd’hui ! Que disait-elle en septembre 2002 ? Que toute solution «unilatérale» devait être écartée, que tous les différends devaient être réglés par la «négociation», qu’il ne saurait y avoir de solution en dehors d’un «consensus» validé par «tous les Ivoiriens.»
C’est au nom de cette idéologie par ailleurs discutable – les pays riches n’ont jamais réglé leurs problèmes par le consensus mais par le suffrage universel, l’arbitrage démocratique sur des bases constitutionnelles – que les Ivoiriens sont allés de Lomé à Pretoria en passant par Linas-Marcoussis et les différentes réunions d’Accra. Parce que leurs termes étaient volontairement ambigus et que leurs initiateurs français eux-mêmes jouaient de leur interprétation pour faire pression sur les acteurs internes et aboutir à leurs objectifs propres, les accords de Linas-Marcoussis n’ont pas fonctionné. Parce qu’il n’était que la formalisation d’un «désaccord» et de calculs sournois, l’accord d’Accra III a accouché de la guerre.
Instruit des échecs précédents, le médiateur sud-africain Thabo Mbeki, choisi – faut-il le rappeler – par des baobabs de la CEDEAO, s’est évertué à aller le plus loin possible dans le détail, lors de la rédaction des accords additifs à ceux de Linas-Marcoussis. Afin qu’aucune interprétation tendancieuse n’occasionne des surenchères. La feuille de route issue des accords de Pretoria, ainsi que le PNDDR-RC, tranchent tous les aspects de la querelle ivoirienne. Dans le plus grand consensus.
Où est alors le problème ? Le problème, c’est le refus d’appliquer les accords les plus intégrateurs, correspondant aux équations majoritaires. Le problème, c’est la passion du passage en force. En dépit de la Constitution. En dépit des accords librement signés. Un homme symbolise ce refus, et cette féroce tendance dictatoriale : il s’appelle Charles Konan Banny. Une institution l’a accompagné pendant près d’un an dans cette dérive : il s’agit du GTI.
Dès qu’il est devenu Premier ministre, Banny s’est affranchi de la feuille de route de Pretoria, du PNDDR/RC et même de la feuille de route que le GTI a confectionnée pour lui, en catimini, et qui n’a jamais été rendue publique. Avec l’appui du GTI, protégé par l’armée française, il a préféré engager une lutte pour créer une gouvernance ad hoc.
Comment ne pas être par exemple frappé quand le GTI demande, pour la résolution qui devra remplacer la 1633, que le Premier ministre puisse nommer aux emplois civils et militaires… alors que le même GTI avait affirmé, dans un de ses communiqués, que la 1633 lui en donnait déjà le droit ? Tricherie, manip, passage en force, trahison vis-à-vis des mandants du Conseil de sécurité de l’ONU !
De quel consensus est issu «l’état-major intégré» autour duquel Banny et ses amis du RHDP ont ergoté pendant des mois, afin de bloquer le processus ? Dans quelle feuille de route les «audiences foraines» se trouvent ? Sur la base de quels textes, issus de lois ou d’accords, le ministre (rebelle) de la Justice, s’est-il fondé pour organiser son opération ?
En Côte d’Ivoire, le problème n’est pas l’absence de pouvoirs du Premier ministre, ministre de l’Economie et des Finances, ministre de la Communication, qui a placé deux proches à la Défense et à l’Intérieur. C’est l’improvisation de nouvelles règles de sortie de crise, souvent farfelues, toujours anticonstitutionnelles, jamais négociées. C’est l’attitude «asymétrique» qui consiste à demander que les revendications de la rébellion soient satisfaites au nom de la «confiance» et à refuser d’écouter les préoccupations les plus légitimes d’un camp présidentiel qui a délibérément accepté de donner à ses adversaires la quasi-totalité de la Commission électorale indépendante, la totalité des médias d’Etat, l’intégralité de la tutelle sur le monde judiciaire. Quel pouvoir africain en a fait de même, dans l’histoire du continent ?
Ceux qui militent, en Afrique et en France, pour l’humiliation perpétuelle d’un président élu au profit d’individus responsables de la guerre, donc de milliers de morts et de centaines de milliers de déplacés de guerre, ne recherchent pas la paix. L’attitude belliqueuse du RHDP – qui appelle ouvertement à un coup d’Etat sans subir la moindre mise en garde d’une communauté internationale hystérique au moindre propos malheureux d’une figure du parti présidentiel – est à cet égard très parlante. Ces gens ne désirent qu’une seule chose : débarquer le président élu par les Ivoiriens par l’usage du désordre, de l’arme diplomatique et de l’entrée en guerre d’une armée française juge et partie.
Théophile Kouamouo in Le Courrier d'Abidjan, 16 Octobre 2006
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Tibet: Le piège tendu par les Occidentaux à la Chine

Aucune autre occasion n'aura été si belle pour les Occidentaux, comme celle offerte par les Jeux
Olympiques de Pékin, pour s'essayer à des basses manœuvres de déstabilisation de la Chine par des manipulations en tous genres comme ce qui se passe aujourd'hui. Déplacer une question de
géostratégie sur le terrain des droits de l'homme, on l'a vu avec l'Irak ou l'Afghanistan, est une ruse utilisée par les Occidentaux pour initier le chaos. Cette fois-ci, la question est de
savoir s'ils ne risquent pas gros en s'attaquant au géant chinois.
Le réveil de la Chine ainsi que celui d'autres pays comme l'Inde est perçu, par les Occidentaux, comme un affront, une réelle menace qui constitue une atteinte à leur dignité. Situation que
l'orgueil occidental ne saurait trop accepter et qu'il faut combattre par tous les moyens. Une preuve de plus qui trahit les bonnes intentions des occidentaux lorsqu'ils abordent la question du
"Bien-être" de l'humanité. Tout dans les intentions et les incantations.
La crise qui sévit aujourd'hui au Tibet est parmi les possibles instruments et moyens de rétorsion dont les Occidentaux useront sans scrupules d'en abuser, pour essayer de contrer et faire
face à la puissante machine chinoise, dont l'avancée a pour conséquence d'écarter, de faire vaciller la condescendance de l'Occident dans les territoires qui leur servent de sources
d'approvisionnement et qu'ils considèrent comme conquis à jamais. Ainsi la Chine est, depuis quelques années maintenant, considérée comme le grain de sable qui vient enrayer la mécanique
d'oppression occidentale, habituée à broyer et mettre à mal les économies africaines par exemples.
Les informations ci et là relayées dans les médias occidentaux de la situation au Tibet et les condamnations unanimes des puissances occidentales sont de nature en induire en erreur le citoyen
lambda qui ne prendrait pas en compte la question d'approvisionnement en matières premières et autres énergies [la géostratégie], pour se contenter de scruter l'argument fallacieux et fantaisiste
des droits de l'homme que les Occidentaux balancent à tout va. LOoccident peut-il lui-même se targuer de garantir les droits de l'homme sur son territoire ?
Pourquoi l'Occident ne met-il pas le même entrain à donner l'autonomie aux Basques qui la réclament du gouvernement espagnol, aux Bavarois qui veulent la sécession d'avec le pouvoir central
allemand ou aux Corses qui sont en perpétuel mouvement pour se séparer de la France ?
Espérons simplement que les "états africains" dont les équipes participent aux jeux olympiques ne suivront pas l'hystérie occidentale en boycottant les Jeux ou leur ouverture, se privant
ainsi d'un contrepoids qui, s'ils sont malins, les sort de l'asphyxie dans lequel l'Occident les plonge depuis des lustres.
Mboa Nguila
100 langue de bois
19/03/2008