Décès de Carlos Belli Bello: Merci l'ami

Publié le par Mahalia Nteby

«Je répondrai toujours présent, jusqu’à mon ultime souffle, à l’appel du peuple frère de Côte d’Ivoire» (Carlos Belli Bello)

Il y a des mots qui sont difficiles à écrire. Ceux-ci en font partie. Parce qu’au lieu de devoir rendre hommage à un combattant, j’aurais préféré continuer à discuter et échanger des points de vue avec lui.

C’était un résistant.

Celui qui est parti samedi soir a toujours résisté. Il a combattu pour la libération de son pays, contre la rébellion instrumentalisée qui mettait en péril la stabilité de l’Angola. Il a soutenu la Côte d’Ivoire aux heures les plus sombres, dans ces instants où l’on discerne les vrais amis des faux. Face à la guerre menée par la France contre l’Etat de Côte d’Ivoire, il s’est résolument placé du côté du peuple ivoirien, petit Poucet face aux tentaculaires manipulations politico-médiatiques de la Françafrique. Peu friand de la langue de bois que l’on dit pourtant inhérente à l’exercice de la fonction diplomatique, l’homme se distinguait par ses prises de position tranchées. Toujours en faveur d’une Afrique débout, d’une Côte d’Ivoire libérée du joug colonial français.

Carlos Belli Bello était un patriote. Africain avant tout. La résistance ivoirienne, l’Afrique digne ont perdu une figure emblématique, source d’inspiration pour les nouvelles générations. Ses propos nous revigoraient, ses interventions nous rendaient une fierté que l’oppresseur s’est toujours attaché à nous arracher.

Carlos Belli Bello est mort.

« J’ai simplement accompli mon devoir de combattant Africain, de combattant pour la liberté de la patrie et de vétéran de la lutte de libération Nationale en Angola », m’écrivait-il récemment.

Ceux qui l’ont connu savent quel monument s’en est allé. Jusqu’au bout, il a tenu parole. Il a répondu à l’appel des Ivoiriens. La meilleure façon de lui rendre hommage, c’est de continuer sa lutte. Notre lutte. Et de vaincre. Mais pour l’instant, unis dans la profonde douleur causée par sa disparition, nous lui disons : « Merci Monsieur l’Ambassadeur, merci l’ami. Ce fut un honneur de vous avoir connu et d’avoir appartenu à la même catégorie de résistants. »

Nathalie Yamb in Le Courrier d'Abidjan, 16/08/2006

Publié dans Edito

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