Je vous souhaite la bienvenue sur SAOTI, le site de l'Afrique digne et libre. Dans cet espace, je publie des articles relatifs à l'indépendance et à la Renaissance africaine, écrits par des journalistes talentueux, que j'ai la chance de compter parmi mes amis. Vous pourrez apprécier les plumes de Melvin Akam, Nathalie Yamb, Ambroise Ebonda, Sylvestre Konin... et aussi quelques uns de mes papiers. Bonne lecture et n'hésitez pas à laisser vos commentaires! Mahalia Nteby
| Décembre 2009 | ||||||||||
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Lettre à Jean S.
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Deux poids deux mesures, dites-vous ? Mais, c’est tout comme ! Où
étaient donc la Cour Pénale Internationale (CPI) et les zélateurs de la CPI au moment des événements de Gaza, en particulier durant la Blitzkrieg (guerre-éclair) de 3 semaines menée par les
dirigeants israéliens contre les Palestiniens en janvier 2009 ?
A voir, la manière dont cet organisme et ses relais s’acharnent, de façon violente et irrévérencieuse, outrecuidante et haineuse, contre le Président soudanais, Mohammed El Béchir, et au-delà,
contre ce qu’il représente aux yeux de ses contempteurs, en l’occurrence, un référentiel culturel et religieux autre que celui des lobbies judéo-chrétiens occidentaux, il y a lieu de se
poser la question : De quoi s’autorise cette manière de justice prétendument internationale ? En effet, les cas notoires d’Ariel Sharon pour Israël (Shabra et Shatila : 1982)
et Georges W. Bush (Iraq : 2006), pour ne citer que les plus célèbres fauteurs de crimes contre l’Humanité jamais imaginés, courent toujours, à côté desquels M. Milosevic n’est que
de la petite bière, et M. Taylor Charles un bouc émissaire destiné à tenir en respect et à faire chanter les dirigeants africains en place.
Il y a donc lieu de se demander si ce "deux poids, deux mesures" dans le processus de mise en place d’une justice internationale n’est pas une arme aux mains des puissances de la mondialisation,
qui après le contrôle du marché, visent à discipliner à leurs objectifs et à leurs modes de vie, les cultures et les traditions qui échappent jusqu’ici au vieil impérialisme occidental confronté
à une crise de vieillissement organique et qui voit se dresser en face de lui des revendications identitaires et des résistances morales, politiques et idéologiques pouvant revêtir, çà et là mais
non exclusivement, le visage du Bolivarisme en Amérique latine (Venezuela, Bolivie, Salvador), de la Renaissance de
l’Empire du Milieu en Chine ou de l’Islamisme en Iran et dans les pays du Golfe persique, au Liban et en Palestine occupée (Cisjordanie et Gaza), dans les pays arabes (Algérie, Egypte, Maroc,
Tunisie), sans parler de la Corne de l’Afrique, singulièrement en Somalie et au Soudan, et d’ores et déjà (ou
demain ?) l’Afrique de l’Ouest (Mauritanie, Sénégal, Mali, Nigeria, Côte d’Ivoire, etc.).
Du fait que sa démarche reste désespérément sélective et orientée pour ce qui concerne les pays africains en général et les pays musulmans en particulier (Sud Liban, Palestine, Jérusalem/Al
Quds, Soudan), la CPI n’entame pas seulement une crédibilité qu’elle a du mal à obtenir auprès de l’opinion, mais elle
s’aliène du même coup les forces morales et politiques qui eussent dû soutenir son action et relayer ses messages, à commencer par l’Union Africaine, qui s’est légitimement émue et l’a fait
savoir, de la manière cavalière et irrespectueuse de la souveraineté des Etats et des peuples, dont le premier fonctionnaire stipendié peut stigmatiser des chefs d’Etats élus en Afrique pour des
faits qui restent encore à établir, alors que dans le même temps, les pratiques de type criminel et les tragédies militaro-colonialistes des puissances occidentales sont minimisées par cette même
CPI. Qui plus est, singulièrement lorsqu’il s’agit des réparations occidentales relatives à la traite des Noirs et à l’esclavage ou des crimes de guerre des colonialismes européens dans le
monde ou du sionisme contemporain en Afrique (Octobre 73 : Israël franchit le canal de Suez et occupe le Sinaï). Pourquoi la CPI
feint-elle d’ignorer les pratiques génocidaires de l’Etat sioniste depuis au moins 1948, pratiques qui perdurent et se répètent à séquence régulière depuis 60
ans : Der Yassin à la fin des années 40 ; Guerre des Six jours en 1967 ; Guerre du Kippour en 1973, Invasion du Sud Liban en 82; Siège de Ramallah en 2002/2003 ; Guerre du
Liban Sud en 2006 ; Massacres de Gaza en 2009). S’il y a une morale internationale qui tente de prendre la forme d’une justice internationale, pourquoi se montre-t-elle plus sensible et
perméable aux actes présumés des nations les moins nanties, singulièrement africaines et/ou musulmanes, tout en demeurant réfractaire voire indifférente aux exactions commises à grande échelle
par les puissances occidentales et leurs alliés ?
Partant, il y a lieu de se demander si cette CPI, qui se donne comme l’expression d’une nouvelle moralité internationale, n’est pas en train de prendre les allures d’une justice de classe des
riches et puissants judéo-occidentaux et capitalistes et/ou alliés, pour autant qu’elle privilégie certaines cibles et certains pays dépendants ou fragilisés au détriment des groupes
dominants de la mondialisation libérale qui se sont institués comme seuls parangons d’une justice internationale qui ne s’applique qu’aux faibles.
Aussi, serait-il indiqué - parce que conforme à l’idéal de Justice et de Liberté de tous les peuples et de toutes les nations - de la part de la Cour
Pénale Internationale d’instruire systématiquement tous les crimes recensés contre l’Humanité depuis au moins la
traite des Noirs et le colonialisme jusqu’à l’holocauste de Gaza perpétré par l’Etat d’Israël en Janvier 2009, en passant par les crimes de Bush en Irak et de Sharon au Sud
Liban.
Au total, si la justice internationale a pour mission de rétablir l’équité dans
les relations entre les nations et les peuples, de protéger les plus faibles contre les appétits des plus forts, il est de la plus haute instance que la
CPI rompe avec ses ambiguïtés de Cour des Riches et assume ses responsabilités vis-à-vis de tous les justiciables et de tous les
assujettis.
En prenant le contre-pied de la Nouvelle Morale Universelle en marche, au regard du soutien universel à
la Résistance palestinienne de Gaza en Janvier 2009, face à l’agression sioniste, et ce, toutes tendances confondues, au-delà
des confessions et des obédiences religieuses, ethniques et confessionnelles et raciales, la CPI a défié cette même
opinion qui dès lors se trouve devant le choix de combattre ou de capituler face à ce "deux poids, deux mesures" manifeste. Sous ce rapport, la défense du Soudan et du Président du Soudan
agressés selon une logique sélective, discriminatoire et punitive passée de mode, demeure le réflexe de tous les amis de la
justice, de la vérité et de la liberté.
Sans préjuger aucunement - c’est évident -, d’une analyse impartiale et d’un examen circonstancié de la question du Darfour. En définitive, si une
justice internationale à deux vitesses est le tribut à payer par les pays les moins nantis aux puissances de la mondialisation, la citoyenneté universelle une et indivisible devrait passer
logiquement et conceptuellement des mains des hypocrites de l’ancienne moralité internationale à celles de la convergence des citoyens et des Nations qui entend traduire M. Sharon et M. Bush, de
même que les anciens colonialismes européens, devant les Tribunaux de Conscience des Peuples, et exiger réparation de tous les crimes contre l’Humanité commis au nom de la prétendue suprématie de
l’Europe sur l’univers. Le Président en exercice de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI) est donc interpellé au plus haut niveau, de même que les citoyens et tous les foyers
religieux musulmans du Sénégal et sur la gravité de la situation en question et sur la conduite à tenir.
Pr. Malick Ndiaye, Sociologue, Université Cheikh Anta DIOP de Dakar, le 17 mars 2009
Sondage, héritage et outrage à l'intelligence
Stéphane Kipré
Depuis que l’hebdomadaire français Le Point a publié un
sondage de TNS Sofres effectué pour le compte de Laurent Gbagbo, Président de la République de Cote d’Ivoire et candidat à sa propre succession, la presse abidjanaise est en ébullition.
«Gbagbo loin devant», tel est le titre mis en avant par Le Point, dont les media locaux proches du pouvoir se font amplement l’écho. Mais ont-ils
raison de se gargariser ainsi de «l’écrasante avance de Gbagbo» ?
Rappelons les chiffres : 42% des intentions de vote au 1er tour pour Laurent Gbagbo, 30% pour Henri Konan Bédié et 28% pour Alassane Dramane Ouattara. A première vue, tout semble donc aller pour le mieux dans
le meilleur des mondes pour les partisans du candidat Gbagbo. Et pourtant, on est bien loin du compte.
D’une part, le sondage occulte le fait qu’il y aura vingt candidats au premier tour de la présidentielle ivoirienne et non trois. Les scores mentionnés ne tiennent
donc pas la route bien longtemps, tant ils seront dilués par la profusion des aspirants à la magistrature suprême; il suffit de regarder ce qui s’est passé au Gabon pour s’en convaincre.
Deuxièmement, si l’on compare les résultats de ce dernier sondage avec ceux de celui effectué en juillet 2009, également par TNS Sofres pour le compte de Laurent Gbagbo, l’on se rend compte que
celui-ci a, au contraire, de sérieuses raisons de s’inquiéter. En effet, le sondage tant célébré montre un recul du candidat Gbagbo par rapport au trimestre précédent, où il rassemblait encore
43% des intentions de vote au premier tour, alors qu’Henri Konan Bédié progresse d’un point (il avait 29% en juillet), creusant ainsi l’écart avec un Ouattara stagnant à 28% depuis trois
mois.
Enfin, et c’est la plus mauvaise nouvelle pour l’actuel occupant du Palais du Plateau, le sondage établit son incapacité à l’emporter dès le premier tour, même sous les auspices les plus cléments
d’un cercle de candidats restreint à trois personnes. Hors, s’il est contraint d’aller à un deuxième tour, Laurent Gbagbo n’aura pas d’autre solution que de s’allier à l’un ou l’autre de ses
adversaires, avec toutes les compromissions que cela implique et qui continueront de servir de prétexte pour ne pas donner aux Ivoiriens un gouvernement cohérent, compétent et responsable,
capable de leur offrir le développement auquel ils aspirent légitimement.
Mais qu’est-ce qui explique ce trend négatif pour l’actuel président ?
L’embrouillamini qui caractérise son entourage n’y est certainement pas étranger. A force de vouloir ajouter une tonne d’ingrédients, dont certains fort avariés,
à la soupe, il a fini par rendre le breuvage quasiment indigeste, même pour ses partisans les plus historiques. En effet, est-il étonnant de voir de
plus en plus de militants de base du Front Populaire Ivoirien se détourner de Laurent Gbagbo, alors que ce dernier semble prendre plus de plaisir à s’entourer de « pièces rapportées »,
plutôt qu’à la présence de ceux qui l’ont accompagné depuis les années de la clandestinité jusqu’à son accession au pouvoir ?
Les exemples foisonnent : Guillaume Soro, égorgeur de la liberté et de la prospérité des Ivoiriens, est érigé en Premier Ministre modèle ;
Charles Blé Goudé, ancien Secrétaire Général de la FESCI, hâbleur et bonimenteur, dont certains passages des opuscules qu’il a commis sont apparus en
délicatesse avec la vérité, est abreuvé de fonds incommensurables pour organiser de grandes tournées de harangue. Last but not least,
Stéphane Kipré, sorti de nulle part et dont le seul fait de gloire est d’avoir épousé une des filles du couple présidentiel, se retrouve (miraculeusement ?), à la tête d’une
telle fortune qu’il peut se permettre de fonder son propre parti, de créer son propre journal et d’y annoncer en avant-première le refus de son beau-père de laisser parrainer de sa candidature
par le FPI au profit d’une nébuleuse Majorité Présidentielle (LMP). Plus ils sont hypocrites, arrivistes ou incapables, plus ils ont de chance de faire partie du «cercle restreint». Un véritable outrage à l’intelligence.
Imaginer que Gbagbo puisse véritablement envisager de positionner ces individus comme ses poulains fait frissonner et laisse présager que finalement, en matière de kidnapping du pouvoir et
d’installation des «héritiers», la Côte d’Ivoire tend à se placer dans la droite ligne de pays comme le Gabon, le Togo, le Sénégal, la Libye, l’Egypte, la République Démocratique du Congo, la
Guinée Equatoriale, et même la France des Sarkozy père et fils… et qu'elle est toute aussi mal servie, qualitativement
parlant.
En conclusion, à part Stéphane Fouks, le communicant français (!) qui s’occupe du programme et de la stratégie de
la campagne de Gbagbo, et ses intermédiaires dans l’entourage présidentiel ivoirien, dont les poches se remplissent fort peu pudiquement, on ne voit pas vraiment qui a une raison de se réjouir
des résultats de ce sondage. Comme le disait Albert Camus : «Mal nommer les choses c’est ajouter au malheur du
monde.»
E2
LePoint.fr
Le 22/10/2009