Je vous souhaite la bienvenue sur SAOTI, le site de l'Afrique digne et libre. Dans cet espace, je publie des articles relatifs à l'indépendance et à la Renaissance africaine, écrits par des journalistes talentueux, que j'ai la chance de compter parmi mes amis. Vous pourrez apprécier les plumes de Melvin Akam, Nathalie Yamb, Ambroise Ebonda, Sylvestre Konin... et aussi quelques uns de mes papiers. Bonne lecture et n'hésitez pas à laisser vos commentaires! Mahalia Nteby
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Côte d'Ivoire: Une coopération sans contraintes, sans menaces, sans exigences ni humiliations
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L'auteur de l'article, William Easterly, est professeur d'économie à l'Université de New York et auteur, entre autres, du livre "The White's Man Burden: Why the West's efforts to aid the rest
have done so much ill and so little good", paru en français aux Editions l'Organisation sous le titre: "Les pays pauvres sont-ils condamnés à le rester ?". Il s'interroge ici sur la
réelle efficacité de la philantrophie de M. Gates, fondateur de Microsoft et l'un des hommes les plus riches du monde, dans la lutte contre la pauvreté.
Ce journal [Le Wall Street Journal, ndlr] a récemment rapporté que Bill Gates déteste mes idées. M. Gates s’est allié avec la bureaucratie de l’aide au développement. Or, cette
bureaucratie est notoirement sensible aux critiques de gens comme moi, qui ne trouvent aucune preuve confirmant que les grands projets de «l’industrie» de l’aide au développement aient
sorti un quelconque pays de la pauvreté.
M. Gates semble croire que la solution au problème du développement est de persuader les entrepreneurs de répondre aux besoins des pauvres en promouvant la philanthropie d’entreprise. Cette
dernière est fondée sur une motivation liée à la reconnaissance. Historiquement, on remarque malheureusement que cet argument n’est pas valable. D’abord, la motivation fondée sur la
reconnaissance a démontré qu’elle pesait très peu en comparaison avec la motivation du profit. Sinon, il y aurait beaucoup plus que les 5,1 milliards de dollars donnés chaque année par la
philanthropie d’entreprise américaine au Tiers Monde (chiffres de 2005). Ce chiffre représente en effet seulement 0.0004 % des 12400 milliards de dollars de la production américaine sur le
marché. Le fait que l’entreprise GAP donne quelques centimes par T-shirt vendu à la lutte contre le Sida en Afrique est-il vraiment le seul espoir des pauvres ?
Par contraste, la recherche du profit dans le système de libre entreprise a considérablement amélioré le sort des travailleurs pauvres. En effet, les entrepreneurs investissent, ce qui permet
d’accroître la production et donc les profits. Ils cherchent les progrès technologiques qui permettent de produire plus. Grâce à l’aide de machines plus performantes, les travailleurs génèrent
plus de richesses. Avec un marché du travail concurrentiel, la demande des entreprises en travailleurs plus productifs s’accroît, élevant ainsi leurs salaires. La croissance régulière des
salaires tire ainsi de la pauvreté les travailleurs non qualifiés.
Le nombre de gens incapables d’acheter de la nourriture pour leurs enfants est bien plus faible que ce qu’il a été par le passé – grâce au système de libre entreprise. Ce dernier n’a pas créé la
malnutrition, il l’a réduite. La mondialisation depuis les années 1950 jusqu’à aujourd’hui a accru le revenu annuel moyen mondial de 2000 dollars à l’époque à 7000 dollars aujourd’hui.
Contrairement à une légende populaire, les pays plus pauvres ayant choisi au départ la libre entreprise, ont alors connu des taux de croissance similaires à ceux des riches. Cette croissance a
donné la plus impressionnante sortie de la pauvreté de l’histoire de l’humanité.
Les régions du monde qui sont toujours pauvres souffrent d’un manque de liberté d’entreprise. L’investissement direct étranger en Afrique, bien qu’en hausse, ne représente que 1% des flux
mondiaux aujourd’hui. La raison en est que l’environnement de l’investissement privé en Afrique est toujours hostile. Même s’il existe en Afrique des success stories de pays et d’entreprises,
cela est loin d’être suffisant.
M. Gates a aussi annoncé que sa fondation a entamé un «partenariat qui donne aux paysans africains un accès au marché du café de première qualité, avec l’objectif de doubler leurs revenus
grâce à leurs cultures». Cela suffit sans doute pour aider quelques paysans producteurs de café rwandais et kenyans, mais cela ne permettra pas d’initier la dynamique de développement,
fondée sur la libre entreprise. Les obstacles majeurs aux exportations dans les pays pauvres sont intérieurs : corruption ou conflits politiques. Ce n’est pas parce que les pays riches n’achètent
pas assez de café de première qualité.
En outre, comment les philanthropes choisissent-ils le produit qui va devenir le moteur de croissance d’un pays ? Les recherches concluent pour la plupart que la stratégie de «sélection de
projets gagnants» à travers la politique industrielle de l’Etat s’est avérée être un échec. Les projets «gagnants» sont trop imprévisibles pour être découverts par des bureaucrates,
et encore moins par des philanthropes extérieurs. Pourquoi l’Egypte s’est-t-elle accaparé 94% des importations italiennes en céramiques de salle de bain ? Pourquoi l’Inde, une économie avec très
peu de travail qualifié, est-elle devenue un géant en technologies de l’information et en délocalisations de services qui requièrent du travail qualifié ? Pourquoi le Kenya a-t-il gagné 39% des
parts du marché européen de la fleur coupée ? Pourquoi le petit Lesotho est-il devenu un exportateur majeur de textiles vers les Etats-Unis ? Pourquoi les Philippines se sont emparées de 72% du
marché mondial des circuits intégrés ? Parce que des entrepreneurs motivés par le profit ont cherché le succès, et ce, sans planification publique.
Bien sûr, il faut laisser ceux que la libre entreprise a enrichi essayer de faire le bien pour ceux qui sont encore pauvres, comme a admirablement choisi de le faire M. Gates. Mais ce mélange
«New-Age» d’entreprise, de philanthropie et de besoin de reconnaissance ne mettra certainement pas fin à la pauvreté. L’histoire a montré que le système de libre entreprise motivé par le profit
est le meilleur espoir pour les pauvres.
Par William Easterly in The Wall Street Journal, le 07 mars 2008 (traduction in unmondelibre.org)
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Do not leave Africa in scramble

To many minds, Africa is a picture of hopeless misery: afflicted by poverty, scarred by
corruption and ravaged by Aids and war. These facts are true, but they tell only half the story. In many sub-Saharan African countries output briskly outpaced population growth during the last
decade, leading to sustained growth in income per capita and promising a lasting escape from poverty.
Behind the success lies many African leaders’ willingness to adopt solid macroeconomic
policies and move towards more transparency and less red tape. Economic integration with the world deepened and trading relations diversified. Record-breaking prices boosted commodity exporters’
incomes. The private sector’s success, for example in telecommunications, showed that Africa does not lack good business opportunities. Before the crisis, countries such as Ghana were on course
to escaping aid dependence by entering global capital markets.
But Africa is now slipping. Foreign direct investment has shrivelled. Capital markets have
seized up as funds flee to the safety of rich-country sovereign bonds – with which the market is flooded. The price of trade credit has soared, sharply halting trade flows, with commodity
exporters suffering additionally from the drop in prices.
As tax revenues fall and demands on public services rise, governments without large savings
are in a squeeze. African leaders warn of a popular backlash: if the public suffers undeserved pain after governments followed what rich countries told them to do in the 1990s, economic growth
and democratic stability are at risk. Already coups and riots are on the rise.
The world’s leading countries must act to end the global crisis as soon as possible. In the
meantime, Africa should not be a casualty of other priorities. African governments that have shown a commitment to sound policies must be helped to fill temporary funding gaps. And rich countries
should quickly prop up trade finance: it would do much good and cost little.
Development aid can do ill as well as good; the long-term goal must be to get rid of it. But that is no argument against
short-term crisis assistance, which has been provided – quickly – to small and relatively rich European countries; many African countries need the same. Moreover, rich countries made aid promises
at the Gleneagles summit that they have yet to fulfil.
The potential cost of the crisis in Africa is not just unemployment; it is starvation, civil
war and the closing of an escape route from poverty. That is a price the world cannot afford to pay.
Editorial
Financial Times
Le 16/03/2009