L'unité africaine grâce aux entrepreneurs privés: l'exemple de la téléphonie mobile en Afrique de l'Est

Publié le par Mahalia Nteby

MTN.jpg

Un des objectifs principaux de l'Union Africaine est de favoriser l'intégration économique et politique du continent. À côté de l'Union Africaine, d'autres organisations régionales sont établies pour stimuler l'intégration économique dans une région particulière. Une intégration efficace en Afrique est perçue comme une des voies susceptibles de surmonter les défis auxquels fait face le continent. 

L'idée d'une Unité Africaine existe principalement sur le papier. Il n'y a aucun effort concret pour que les pays africains puissent profiter les uns des autres aux termes d'une coopération économique forte. Cette situation n'est pas intentionnelle. En dehors des barrières linguistiques, il y a les problèmes de communication et de transport qui gênent la libre circulation des marchandises et des services. Les divers efforts gouvernementaux et régionaux d'organisation pour créer une Afrique sans frontières n'ont pas pu voir le jour. 

Avec un total de 53 Membres, l'Union Africaine comprend 15 Etat sans littoral et 7 États insulaires, le transport aérien qui devait favoriser l'intégration de l'Afrique n'a eu aucun impact. En dehors des tarifs élevés qui caractérisent les vols inter-africains, les liaisons aériennes sont bien meilleures avec les pays de l'Europe et de l'Amérique du Nord. En comparaison, le trafic aérien annuel de l'Afrique constitue environ 4.5 % des 1.8 milliards de passagers du trafic mondial annuel. 

Cela pose en Afrique le défi intimidant de libérer les mouvements de marchandises et de services. L'amélioration des technologies et les réalisations du secteur privé pour vraiment unir l'Afrique ont commencé à faire avancer les choses. Car il y a bien sûr des avantages économiques énormes à avoir une Afrique unie. Ainsi, les sociétés de télécommunication mobiles en Afrique ont préparé le terrain pour l'unité africaine. 

Cela vient suite à la libéralisation du secteur des télécommunications mobiles dans beaucoup de régions du continent. Plus de 36 pays ont créé un organisme de réglementation séparé pour le secteur des télécommunications. De même, environ 45 pays ont autorisé des opérateurs privés de téléphonie mobile à s'installer. Cela a ouvert la voie pour l'apparition de la concurrence dans le secteur de la téléphonie mobile. 

L'intégration réelle vient du secteur privé. Les sociétés de télécommunication fonctionnant dans le continent le démontrent avec le lancement d'un réseau unique. Avec son lancement, en septembre 2006, cette innovation du marché a garanti la liberté de mouvement à travers les frontières géographiques. 

En fin de compte, cela a permis de donner le tempo pour l'apparition d'un marché fort en l'Afrique. 

Une initiative de réseau commencée en Afrique de l'Est est devenue aujourd'hui un large réseau qui couvre 12 pays comprenant l'Est, le Centre et l'Ouest de l'Afrique. En conséquence, 400 millions de personnes dans ces régions de l'Afrique peuvent émettre des appels et envoyer le SMS aux tarifs locaux. À cet égard, le prix du marché commun est fixé conformément au tarif moyen proposé par les compagnies de télécommunication. 

Les avantages sont bien sûr immenses. Cela va éliminer les appels à l'intérieur de l'Afrique qui doivent d'abord être acheminés par l'Europe avant la connexion. Les abonnés peuvent émettre et recevoir des appels partout où ils sont dans les 12 pays. De plus, ils seraient capables de gérer leurs affaires en temps réel, sans avoir à s'inquiéter de la façon de contacter leurs associés dans leur pays d'origine. De même, il est possible d'émettre des appels sortant au même tarif moyen qu'un client local. 

Fondamentalement ici, un réseau unique de télécommunication mobile a vraiment lancé l'Afrique vers une union poussée et une relation commerciale améliorée. En s'impliquant, les opérateurs privés de télécommunication cimentent les diverses parties de l'Afrique et mettent, en même temps, le continent sur la route certaine de la prospérité économique. Par dessus tout, le nouveau développement jouerait un rôle crucial dans la promotion du commerce transfrontalier et stimulerait la croissance économique. 

Ce qui peut être déduit de ceci est que l'unité africaine est tout à fait possible. Cela a été convenablement démontré. Cependant, cette union sera impossible à atteindre si la tâche de la réaliser est laissée aux divers Etats dans le continent. Au mieux, l'Unité Africaine continuerait à exister uniquement sur le papier et elle constituerait un sujet de discussion à chaque forum. 

En gros, l'atteinte graduelle de l'objectif d'une Afrique sans frontières a été rendue possible par l'action du secteur privé. C'est une indication forte que les objectifs de l'Union Africaine et de plusieurs organisations régionales sont progressivement récupérés par les entrepreneurs privés qui sont prêts à penser du nouveau, à se rendre en dehors des sentiers battus. 

Ce qui doit être fait par les divers Etats dans le continent désormais, c'est d'éliminer progressivement toutes les lois et réglementations qui entravent la participation du secteur privé à l'économie. Du moment où il y a des opérateurs de télécommunication qui assurent pouvoir connecter les diverses parties de l'Afrique avec leurs réseaux, il incombe aux régulateurs de télécommunication et aux fonctionnaires d'Etat des divers pays en Afrique de réduire et de simplifier les procédures de licences. 

Mieux encore, ils devraient arrêter d'imposer des frais de licences énormes aux opérateurs de télécommunication mobiles. Quand cela sera fait, une des voies concrètes pour unir réellement l'Afrique sera enfin dégagée. 

Thomson Ayodele, in unmondelibre.org, le 23 décembre 2007

Publié dans Edito

Commenter cet article