Je vous souhaite la bienvenue sur SAOTI, le site de l'Afrique digne et libre. Dans cet espace, je publie des articles relatifs à l'indépendance et à la Renaissance africaine, écrits par des journalistes talentueux, que j'ai la chance de compter parmi mes amis. Vous pourrez apprécier les plumes de Melvin Akam, Nathalie Yamb, Ambroise Ebonda, Sylvestre Konin... et aussi quelques uns de mes papiers. Bonne lecture et n'hésitez pas à laisser vos commentaires! Mahalia Nteby
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Côte d'Ivoire: Une coopération sans contraintes, sans menaces, sans exigences ni humiliations
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Question à 8 milliards €: Où va l'aide publique au développement ?
Avec 8,2 milliards d’euros alloués en 2006 au titre de l’aide publique au développement (APD), la France se classe au quatrième rang des pays de l’OCDE (Organisation de Coopération et de
Développement Economiques) et au premier rang des pays du G8 en terme de contribution rapportée à son PIB (0,47% en 2006). J. Chirac avait même promis 0,5% en 2007 et 0,7% en 2012, l’objectif
fixé par la communauté internationale en 1970. Finalement, l’APD française tournera autour de 0,43% en 2007 et 2008 et Nicolas Sarkozy a repoussé l’objectif des 0,7 % à 2015.
Dans les instances diplomatiques, on n’en finit pas de redécouvrir l’importance du financement du développement, de la lutte contre la pauvreté et la France est souvent au premier rang des
donneurs de leçons de vertu. Après le Président Chirac, initiateur (parmi d’autres) de la nouvelle taxation internationale sur les billets d’avion, ce fut au tour de Nicolas Sarkozy de plaider
pour un "nouvel ordre mondial" lors d’un discours prononcé à l’ONU le 25 septembre 2007. "Les pauvres et les exploités se révolteront un jour contre l’injustice qui leur est
faite" affirmait le président français.
La réalité oblige pourtant à une lecture critique du tableau "idyllique" des engagements français en matière de solidarité internationale. Sur les montants d’abord. Si on exclut la
partie allouée aux "opérations de rééchelonnement de la dette des pays du Sud", qui souvent ne permet pas de dégager de l’argent frais dans les pays récipiendaires et qui est en grande
partie la résultante de prêts antérieurs contractés en toute irresponsabilité avec des régimes illégitimes et corrompus, l’APD française n’augmente pas. Elle diminuerait même sensiblement (- 90
millions de 2004 à 2005). De plus, le contenu même de l’enveloppe réserve quelques surprises. Elle contient par exemple les frais de bourses accordées aux étudiants étrangers, les coûts
administratifs relatifs à l’accueil des demandeurs d’asile, des financements accordés aux territoires d’outre-mer ainsi que des programmes dédiés à la promotion de la francophonie et au
rayonnement culturel de la France dans le monde. En définitive, moins de 55% de l’APD seraient constituées de programmes sectoriels ou d’assistance technique, dont la moitié seulement allouée aux
pays les moins avancés.
Plus généralement, cette APD française s’inscrit dans une politique de la France en Afrique qui est contestable dans ses objectifs et souvent incontrôlable :
- cette politique continue à se décider à l’Elysée, avec un contrôle insuffisant du Parlement
- elle maintient au pouvoir des régimes dictatoriaux et corrompus, peu soucieux du bien être de leur population et qui détournent bien souvent l’aide dont leur pays bénéficie
- elle est incohérente avec ses objectifs déclarés de solidarité internationale dans sa gestion de la dette des pays pauvres, dans sa politique agricole et dans sa politique au sein des
institutions internationales telles que la Banque Mondiale, le FMI (Fond Monétaire International), l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce)...
- elle a permis aux réseaux de la "Françafrique" de s’intégrer dans les réseaux internationaux aux tendances mafieuses qui ont pour vecteurs la spéculation sur les dettes des pays du
Sud, le mercenariat, les ventes illégales d’armes, le pillage des ressources africaines et la criminalité internationale.
Il est donc nécessaire de réformer le dispositif de coopération française au développement, au-delà des timides réformes institutionnelles de 1997 et 2004, et de proposer et appliquer une
nouvelle politique extérieure de la France, plus responsable et plus transparente. Ce sont bien les fondements et la légitimité de notre relation avec les pays africains qui doivent se poser à
nous aujourd’hui. Conduite à terme, cette réflexion conduirait sans doute à ternir l’image d’Epinal de "la France, amie et bienfaitrice de l’Afrique".
En effet si l’on décortique les statistiques économiques, on s’aperçoit que l’argent versé par la France au titre de l’aide est peu de choses en comparaison avec les rapatriements des
multinationales, l’argent des trafics menés en Afrique ou même les transferts des migrants africains résidants en France. Le phénomène est identique au niveau mondial où la charité et la
générosité affichée par les grandes puissances, qui aiment afficher leur compassion pour le continent africain, est au final bien peu de choses en comparaison à ce que ces dernières font ou ont
fait subir à l’Afrique : exploitation des richesses, dette, accords commerciaux iniques, plans d’ajustements structurels et schémas néolibéraux imposés, etc.
S’intéresser aux dessous du financement du développement revient donc souvent à tordre le cou à bon nombre d’idées reçues dont la première et la plus répandue est l’affirmation selon laquelle les
pays du Nord et la France en particulier "aident" l’Afrique.
L'aide publique au développement, un cache-misère ?
- Les principaux écueils de l'APD française
- Une coopération bilatérale au service des intérêts français
- Une coopération multilatérale aux contours flous
- Des annulations de dette qui gonflent l'aide
- La vraie nature des flux financiers Nord-Sud
Lire le document entier sur http://survie-france.org/IMG/pdf/4pagesAPDSURVIEv2.pdf
Survie in survie-france.org, Décembre 2007
Do not leave Africa in scramble

To many minds, Africa is a picture of hopeless misery: afflicted by poverty, scarred by
corruption and ravaged by Aids and war. These facts are true, but they tell only half the story. In many sub-Saharan African countries output briskly outpaced population growth during the last
decade, leading to sustained growth in income per capita and promising a lasting escape from poverty.
Behind the success lies many African leaders’ willingness to adopt solid macroeconomic
policies and move towards more transparency and less red tape. Economic integration with the world deepened and trading relations diversified. Record-breaking prices boosted commodity exporters’
incomes. The private sector’s success, for example in telecommunications, showed that Africa does not lack good business opportunities. Before the crisis, countries such as Ghana were on course
to escaping aid dependence by entering global capital markets.
But Africa is now slipping. Foreign direct investment has shrivelled. Capital markets have
seized up as funds flee to the safety of rich-country sovereign bonds – with which the market is flooded. The price of trade credit has soared, sharply halting trade flows, with commodity
exporters suffering additionally from the drop in prices.
As tax revenues fall and demands on public services rise, governments without large savings
are in a squeeze. African leaders warn of a popular backlash: if the public suffers undeserved pain after governments followed what rich countries told them to do in the 1990s, economic growth
and democratic stability are at risk. Already coups and riots are on the rise.
The world’s leading countries must act to end the global crisis as soon as possible. In the
meantime, Africa should not be a casualty of other priorities. African governments that have shown a commitment to sound policies must be helped to fill temporary funding gaps. And rich countries
should quickly prop up trade finance: it would do much good and cost little.
Development aid can do ill as well as good; the long-term goal must be to get rid of it. But that is no argument against
short-term crisis assistance, which has been provided – quickly – to small and relatively rich European countries; many African countries need the same. Moreover, rich countries made aid promises
at the Gleneagles summit that they have yet to fulfil.
The potential cost of the crisis in Africa is not just unemployment; it is starvation, civil
war and the closing of an escape route from poverty. That is a price the world cannot afford to pay.
Editorial
Financial Times
Le 16/03/2009