Je vous souhaite la bienvenue sur SAOTI, le site de l'Afrique digne et libre. Dans cet espace, je publie des articles relatifs à l'indépendance et à la Renaissance africaine, écrits par des journalistes talentueux, que j'ai la chance de compter parmi mes amis. Vous pourrez apprécier les plumes de Melvin Akam, Nathalie Yamb, Ambroise Ebonda, Sylvestre Konin... et aussi quelques uns de mes papiers. Bonne lecture et n'hésitez pas à laisser vos commentaires! Mahalia Nteby
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Côte d'Ivoire: Une coopération sans contraintes, sans menaces, sans exigences ni humiliations
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Le hasard des dates permet de rapprocher deux discours, tous deux prononcés à l’ONU celui de Nicolas Sarkozy, le 25 septembre 2007, et celui de Thomas Sankara, le 4 octobre 1984. Ce rapprochement
nous est suggéré par l’actualité : Nicolas Sarkozy vient de prendre la présidence du Conseil de sécurité et nous commémorons ces jours-ci le vingtième anniversaire de l’assassinat, le 15 octobre
1987, de Thomas Sankara.
À bien des égards le discours de 1984 est plus actuel que celui de 2007. Qu’on en juge : sur l’ONU, aujourd’hui, on en est encore aux vœux pieux : "Sa réforme pour l’adapter aux réalités du
monde d’aujourd’hui est une priorité pour la France", alors qu’il y a vingt-trois ans le problème était posé en termes clairs : "Nous proposons également que les structures des Nations
unies soient repensées et que soit mis fin à ce scandale que constitue le droit de veto."
Sur les dangers encourus par le monde : d’une part, en 2007, l’enfoncement des portes ouvertes : "C’est à l’échelle planétaire qu’il faut poser et résoudre les problèmes du monde. Personne
sur la Terre ne peut se mettre tout seul à l’abri des conséquences du réchauffement climatique, du choc des civilisations, des grandes épidémies." ; d’autre part, en 1984, une proposition
concrète : "Que tous les budgets de recherches spatiales soient amputés de 1/10 000e et consacrés à des recherches dans le domaine de la santé et visant à la reconstitution de l’environnement
humain perturbé par tous ces feux d’artifices nuisibles à l’écosystème."
Sur les malheurs du monde : d’un côté la crainte des nantis : "Les pauvres et les exploités se révolteront un jour contre l’injustice qui leur est faite", de l’autre la réalité de la
tragédie : "
Dans l’un et l’autre discours, à vingt-trois ans d’intervalle, il y a l’appel à un "nouvel ordre mondial". Celui de Nicolas Sarkozy est aussi vague que bien intentionné : "Je lance
un appel solennel aux Nations unies pour qu’elles prennent en main la question d’une plus juste répartition des profits, de la rente des matières premières, des rentes technologiques".
Thomas Sankara est plus précis : "Il n’y a plus de duperie possible. Le Nouvel Ordre économique mondial pour lequel nous luttons et continuerons à lutter, ne peut se réaliser que si, prenant
conscience de notre importance dans le monde, nous obtenons un droit de regard et de décision sur les mécanismes qui régissent le commerce, l’économie et la monnaie à l’échelle
planétaire."
L’un et l’autre trouvent des accents pathétiques pour décrire le désespoir de la misère et dénoncer la dictature de l’argent. En 2007, l’éternel constat est évident. "Je veux dire avec
gravité qu’il y a trop d’injustices dans le monde pour que le monde puisse espérer vivre en paix." Mais en 1984, cet humanisme de façade avait déjà été décrit : "Du reste, tous les
nouveaux "maîtres à penser" sortant de leur sommeil, réveillés par la montée vertigineuse de milliards d’hommes en haillons, effrayés par la menace que fait peser sur leur digestion cette
multitude traquée par la faim, commencent à remodeler leurs discours et, dans une quête anxieuse, recherchent une fois de plus en nos lieux et places, des concepts-miracles, de nouvelles formes
de développement pour nos pays."
L’implacable lucidité de Thomas Sankara réduit d’avance les trémolos sarkozistes à ce qu’ils sont : un bon coup de "com", un coup d’épée dans l’eau.
Odile Tobner in Afrikara, le 4 Octobre 2007
Do not leave Africa in scramble

To many minds, Africa is a picture of hopeless misery: afflicted by poverty, scarred by
corruption and ravaged by Aids and war. These facts are true, but they tell only half the story. In many sub-Saharan African countries output briskly outpaced population growth during the last
decade, leading to sustained growth in income per capita and promising a lasting escape from poverty.
Behind the success lies many African leaders’ willingness to adopt solid macroeconomic
policies and move towards more transparency and less red tape. Economic integration with the world deepened and trading relations diversified. Record-breaking prices boosted commodity exporters’
incomes. The private sector’s success, for example in telecommunications, showed that Africa does not lack good business opportunities. Before the crisis, countries such as Ghana were on course
to escaping aid dependence by entering global capital markets.
But Africa is now slipping. Foreign direct investment has shrivelled. Capital markets have
seized up as funds flee to the safety of rich-country sovereign bonds – with which the market is flooded. The price of trade credit has soared, sharply halting trade flows, with commodity
exporters suffering additionally from the drop in prices.
As tax revenues fall and demands on public services rise, governments without large savings
are in a squeeze. African leaders warn of a popular backlash: if the public suffers undeserved pain after governments followed what rich countries told them to do in the 1990s, economic growth
and democratic stability are at risk. Already coups and riots are on the rise.
The world’s leading countries must act to end the global crisis as soon as possible. In the
meantime, Africa should not be a casualty of other priorities. African governments that have shown a commitment to sound policies must be helped to fill temporary funding gaps. And rich countries
should quickly prop up trade finance: it would do much good and cost little.
Development aid can do ill as well as good; the long-term goal must be to get rid of it. But that is no argument against
short-term crisis assistance, which has been provided – quickly – to small and relatively rich European countries; many African countries need the same. Moreover, rich countries made aid promises
at the Gleneagles summit that they have yet to fulfil.
The potential cost of the crisis in Africa is not just unemployment; it is starvation, civil
war and the closing of an escape route from poverty. That is a price the world cannot afford to pay.
Editorial
Financial Times
Le 16/03/2009