Dimanche 2 septembre 7 02 /09 /Sep 21:41

Les incompréhensions concernant l’Afrique sont multiples, le dernier discours de Nicolas Sarkozy à Dakar en apporte une preuve éclatantE. Dans les pays riches, ces malentendus sont souvent véhiculés par des médias officiels qui devraient avoir pour but d’ouvrir les yeux des citoyens sur des différences à propos desquelles il y a tant à apprendre, notamment sur une autre façon de concevoir le monde et la relation à autrui. Mais l’existence de cette autre vision du monde est dérangeante quand on veut accréditer l’idée qu’il n’y a pas d’alternative à la logique actuelle. Il est fondamental d’ouvrir les yeux sur l’Afrique, sans l’idéaliser, sans la mépriser, sans la dénaturer, mais en la respectant.

N--gro-2.jpg

Smithologie ? 

Stephen Smith, pour ceux qui l’ignorent, a été responsable Afrique du journal français Le Monde, journal de référence s’il en est. Il est donc un responsable éminent de l’information sur l’Afrique en France. Il a publié un livre intitulé Négrologie qui a eu l’insigne honneur de recevoir le Prix du livre d’essai France Télévisions 2004. On se dit alors qu’il ne peut être fondamentalement mauvais. Pourtant il l’est. 

L’idée-force de cet ouvrage est exprimée dès l’introduction : «Pourquoi l’Afrique meurt-elle ? En grande partie, parce qu’elle se suicide.» Selon lui, tous ceux qui défendent une quelconque authenticité africaine sont complices. Ce sont eux qu’il appelle négrologues. 

Très tôt dans son livre, Smith pourfend tous ceux qui pensent que l’Afrique a une place particulière dans le monde et est porteuse de valeurs qu’elle doit s’efforcer de préserver : «En dépit des circonstances atténuantes que l’on peut lui reconnaître, l’afro-optimisme est un crime contre l’information. On n’a ni le choix ni le droit. [...] L’Afrique au singulier existerait seulement en tant qu’abstraction, à l’instar de l’Europe, si le continent au sud du Sahara ne s’était pas abîmé dans de multiples catastrophes, affligé de nombreux fléaux, victime de lui-même. [...] Depuis l’indépendance, l’Afrique travaille à sa recolonisation. Du moins, si c’était le but, elle ne s’y prendrait pas autrement. Seulement, même en cela, le continent échoue. Plus personne n’est preneur.» 

Au fil des pages, en s’appuyant sur un pseudo-raisonnement à l’emporte-pièce, perce une haine rampante qui se pare de condescendance. Selon Smith, le monde occidental est la référence absolue et tout se mesure à l’aide de cette jauge. Il ne peut envisager que l’on refuse l’ordre établi par les pays riches : «A-t-on le droit de s’interroger sur "les capacités institutionnelles de l’État postcolonial", alors qu’il n’y a guère un aéroport en Afrique qui soit convenablement administré, plus de services postaux qui fonctionnent, que la distribution d’eau et d’électricité a dû être confiée, presque partout, à des groupes étrangers, toujours les mêmes, ces nouvelles "compagnies concessionnaires" ? Enfin, sur un continent qui n’a inventé ni la roue ni la charrue, qui ignorait la traction animale et tarde toujours à pratiquer la culture irriguée, même dans les bassins fluviaux, les coopérants doivent-ils se mordre les lèvres quand, en discutant avec leurs homologues africains, ils ont eu le malheur d’évoquer le "retard" de l’Afrique ?» L’Afrique n’est pas en retard, monsieur Smith, elle est dominée. Et les enfants d’Afrique ne se complaisent pas dans ce rôle de dominés, ils se débattent, souvent brillamment, ils imaginent, ils inventent, ils subissent, ils « débrouillent »… Mais le propos de Smith est-il vraiment surprenant quand on sait qu’il a commis en 1994 un autre livre au titre évocateur et insupportable : L’Afrique sans Africains ? 

Inégalité et différence 

Pour ne pas être accusé de prôner l’inégalité des races, Smith prend les devants… sans oublier d’ajouter quelques commentaires sympathiques comme des lames de couteaux : «Qu’est-ce à dire ? Que "les" Africains sont des incapables pauvres d’esprit, des êtres inférieurs ? Sûrement pas. Seulement, leur civilisation matérielle, leur organisation sociale et leur culture politique constituent des freins au développement, au sens littéral de ce terme dérivé du verbe latin volvere pour désigner des pays qui "tournent". L’Afrique ne tourne pas parce qu’elle reste "bloquée" par des obstacles socioculturels qu’elle sacralise comme ses gris-gris identitaires. Le succès de ses émigrés en est la meilleure preuve a contrario : ceux qui parviennent à s’échapper de l’Afrique réussissent en règle générale fort bien, et d’autant mieux qu’ils s’arrachent à la sociabilité africaine.» La civilisation matérielle est le summum des critères pour Smith, et en cela, la façon d’être de nombre d’Africains est un obstacle. Une seule issue donc pour l’Afrique de Smith : s’intégrer à la mondialisation néolibérale et consumériste, accepter les volontés de ses oppresseurs, se perdre pour leur ressembler, même si la planète ne pourrait supporter bien longtemps un mode de vie universel calqué sur celui des pays riches d’aujourd’hui. 

La solidarité objective entre les riches des pays les plus industrialisés et ceux d’Afrique est bien visible pour qui analyse le système actuel et cette colonisation subtile via la dette, mais pour Smith, rien ne différencie un Africain d’un autre Africain. Il n’ausculte pas, il ne parle qu’en terme simpliste d’opposition Nord/Sud, il frappe à l’aveugle : «D’où un sentiment d’impuissance toujours renouvelé chez nombre d’Africains, qui ne demandent qu’à croire à la conspiration permanente d’un Occident bien connu pour sa "duplicité", son "cynisme", ses "coups fourrés". C’est là le vocabulaire, passablement paranoïaque, de toute une série noire d’ouvrages sur l’Afrique qui, avec au moins une décennie de retard, font leur fiel des "scandales" imputés à l’Occident, alors que celui-ci s’est retiré du continent sur la pointe des pieds, sans même payer son ticket de sortie pour les abus réellement commis, du temps de son hégémonie incontestée. Mais comme il s’agit seulement d’ "accrocher" les pouvoirs occidentaux, le feu sacré de l’indignation ne brûle pas au sujet de la criminalisation de beaucoup d’États du continent, des trafics d’armes, de drogues ou d’êtres humains sans connexion blanche, de l’interventionnisme militaire des nouvelles puissances régionales telles que le Rwanda, l’Angola, le Nigeria, des guerres hors conventions, des exactions commises à l’égard d’opposants, des massacres d’Africains par d’autres Africains.» Et c’est tout pour Smith, pas de militaires français pour former les génocidaires rwandais, pas de Total pour faire perdurer la guerre en Angola, pas de pétrole ou de diamants achetés par des puissants au Nord qui permettent aux exactions de se poursuivre… Pourtant, les pays africains n’ont pas le monopole des exactions contre des opposants, toute l’actualité le démontre. Il n’y a donc là aucun rapport avec une certaine identité africaine. Quand on en est réduit à parler de «massacres d’Africains par d’autres Africains», c’est qu’à coup sûr, la grille de lecture n’est pas la bonne. Il se trouve que certains d’entre eux sont armés par des grandes puissances qui y ont intérêt, et que les autres subissent aussi bien les exactions que l’ajustement structurel et la pauvreté. 

La décolonisation seulement apparente, les manœuvres des anciennes métropoles pour rester aux commandes sans en avoir l’air, les compromissions des dirigeants servant ce but, furent des bombes à retardement. Le chaos a ses causes précises. Les anciens tuteurs au Nord ont une part importante de responsabilités. Il ne faut surtout pas croire que le jour où le dernier gouverneur français est parti d’Afrique, tout est redevenu comme si la France n’avait jamais pris le contrôle de pans entiers du continent. Les conséquences se font encore sentir aujourd’hui. Mais Smith accuse l’Afrique de tous les maux : «Privée de sa "rente" géopolitique, incitée à se hisser au niveau du reste du monde en matière de libertés publiques et de gestion d’État, l’Afrique s’est livrée à des violences inouïes, moins à l’encontre de ses anciens "tuteurs", souvent hors de portée, que contre elle-même. En vingt ans, un continent "bon enfant" que des hippies attardés traversaient en auto-stop sans la moindre crainte s’est transformé en une zone largement interdite, une jungle sans foi ni loi avec des clairières surprotégées, réservées aux expatriés. Crime inconnu dans le temps, nombre de "Blanches" y ont été violées, un geste vengeur que les ambassades occidentales tentent d’isoler comme un mauvais germe en étouffant le "scandale". Mais, surtout, l’Afrique s’est automutilée, s’est abandonnée à l’ultime chantage du faible : le suicide. À quel point faut-il être hors de soi, aliéné à ne plus se reconnaître, pour se grimer et s’affubler de perruques, pour abattre, brûler vifs ou écharper à coups de machette des hommes, femmes et enfants ?» Ainsi décrit, le viol semble s’être progressivement inscrit dans la culture africaine… Monsieur Smith, l’Afrique est un des territoires du système capitaliste et les peuples africains y sont mutilés et opprimés avec la complicité des dirigeants du Sud. Il ne s’agit pas d’une automutilation. Les coups portés le sont par des puissants, au Nord et au Sud, que vous servez ou que vous couvrez. 

Génocide de la pensée 

Après le viol, le génocide est une seconde nature pour l’Afrique que croit connaître Smith, l’Afrique de son invention pour alimenter ses cauchemars : «[Patrice Nganang] fait cette remarque dans un court texte, titré "La dernière station de l’imagination africaine", où le Rwanda est présenté comme le terminus d’une pensée qui se résume dans des concepts tels que "essentialisme", "négritude", "africanisé"... La prolifération de la thématique "génocidaire" partout au sud du Sahara donne, hélas, raison à Patrice Nganang : la pensée identitaire, la plupart du temps "tribale" en Afrique, cherche son ultime preuve d’existence dans la négation absolue de l’Autre qu’est le meurtre de masse.» Il ne lui traverse pas l’idée dans ce livre que la manipulation du clivage Hutu/Tutsi au Rwanda par le colonisateur belge puisse être pour quelque chose dans le génocide de 1994… Et il oublie d’écrire clairement que le génocide n’est absolument pas une spécificité africaine, il ne rappelle pas le lourd passé de certains Européens dans ce domaine, de l’Inquisition à la Shoah, des «Indiens» d’Amérique à la Bosnie, pour n’en citer que quelques-uns. Il est des non-dits coupables dans des sujets aussi sensibles que celui-là… 

Jusque là latent, le racisme anti-africain de Smith s’affirme alors, odieusement : «Comme le dit, avec son inimitable acidité, Yambo Ouologuem : "Quant au Noir, lorsqu’il devient un individu, c’est un type brillant." Mais en tant que membre d’une collectivité, que sait-il faire d’utile ? [...] La "fuite des cerveaux" prive l’Afrique de sa sève, seul reste le bois mort. Car il n’y a pas que les diplômés qui partent. Les habitants les plus dynamiques - les plus entreprenants au sens large usent de tous les moyens, légaux ou illégaux, pour émigrer dans un pays occidental. Là encore, c’est un choix rationnel, les chances de mieux gagner sa vie y étant infiniment plus grandes. Toutefois, on aurait tort de penser que le pays d’origine en profite, par exemple à travers les mandats envoyés aux parents : dans bien des cas, ces fonds rapatriés - "gratuits" comme l’aide étrangère - subventionnent, et perpétuent, des pratiques économiques condamnées, sans avenir (comme l’agriculture traditionnelle dans la vallée du fleuve Sénégal ou des investissements improductifs à Kayes, au Mali).» Selon Smith, l’Africain moyen est donc du bois mort : le lecteur sera juge. 

L’Afrique est un continent à qui on dicte depuis longtemps les règles du jeu sinistre qu’on lui fait jouer. Nombreux sont les Africains qui refusent ces règles-là. Et ils ont raison. Mais la domination est trop forte. Quand on vous fait jouer avec des règles qui vous sont absolument étrangères, le jeu tourne vite à l’anarchie. Smith n’envisage pas d’autres règles que celles du modèle dominant. Il n’envisage de système de pensée que le sien. Il n’envisage de démocratie qu’à l’occidentale, où 50,1 % des individus qui se sont déplacés aux urnes, convoqués trop rarement après des campagnes électorales coûteuses et très contrôlées sur le plan médiatique, donnent à quelques notables la possibilité de décider pour tous, sans aucune possibilité de les révoquer et de les contraindre à rendre des comptes aux électeurs… Il n’envisage de richesse que financière. Il n’envisage de réussite que sociale et matérielle. Alors forcément, nombreux sont ceux en Afrique qui ne se reconnaissent pas dans cette façon de voir, et qui refusent ce modèle. Ce refus, qui est donc profondément une affirmation, est considéré par Smith comme un recul : «Les explorateurs, et tous les étrangers qui les ont suivis depuis, ont basculé les Africains dans un monde que ceux-ci ne reconnaissent pas comme le leur. N’est-ce pas la raison profonde pour laquelle l’Afrique, au lieu d’avancer, recule ? Ou, plus précisément, n’avance que sous la contrainte extérieure, hier coloniale, aujourd’hui tutélaire (FMI, Banque mondiale, États donateurs, etc.) ? Le développement, l’État, le rang du continent dans le monde, même la santé publique ou l’éducation nationale ne sont pas, en Afrique, le souci du plus grand nombre. C’est "une affaire de Blancs", comme on dit couramment en Afrique francophone. En somme, ce serait seulement la suite logique d’une erreur historique d’aiguillage ayant mis le continent sur une voie de garage. Au lieu de s’épuiser à vouloir rattraper les "maîtres de la terre", hier les colons, aujourd’hui les "mondialisateurs", les Africains se sont enfermés dans un passé réinventé et idéalisé, une "conscience noire" hermétiquement scellée. [...] tant que les Africains ne comprendront pas qu’ils ne peuvent pas baigner dans le liquide amniotique de leur « authenticité » tout en se lamentant de l’absence d’eau chaude et d’électricité, ils seront obligés de "détourner" leur destin : en volant des deniers publics, en tuant le "temps des Blancs" et ceux de leurs "frères" qui s’y inscrivent pour bâtir une existence, laborieuse mais honnête. Les "négrologues" sont pires que la "négrologie" : l’Afrique se meurt d’un suicide assisté.» Il semblerait donc qu’un Africain authentique ne puisse pas avoir l’eau chaude, et que la meilleure issue pour l’Afrique selon Smith serait de s’épuiser à rattraper ses oppresseurs… Quel programme séduisant ! 

Degré zéro 

Le suicide assisté dont parle Smith est le degré zéro du raisonnement. Cette affirmation sous-entend que l’Afrique, par ce qu’elle est, veut sa propre perte. Or l’Afrique n’est pas homogène. Il n’y a pas en Afrique une entité pensante unique. Les enfants d’Afrique sont tous différents. Dans l’histoire de la pensée, l’attitude qui consiste à parler d’un continent de façon monolithique s’est toujours révélée être une faute intellectuelle majeure. Smith n’y échappe pas. Avec le même manque affligeant de rigueur que lui, on pourrait faire un livre intitulé Francologie pointant les différentes dérives de responsables français et leurs implications dans tant d’affaires peu glorieuses comme les détournements d’Elf… Quiconque examine les dictatures violentes en Amérique du Sud pendant les années 1970 et 1980 pourrait facilement faire un livre intitulé Latinologie et se tromper tout aussi lourdement… 

La logique défendue par Smith est exactement celle des grandes puissances et de la dette. En s’attaquant aux Africains et à l’Afrique, il exonère les puissants de leurs responsabilités. Il était au Rwanda en 1994, il a vu la France soutenir le pouvoir génocidaire puis favoriser l’évacuation des assassins par l’opération Turquoise. Cela ne l’empêche pas de défendre avec acharnement la position française. Les propos d’un journaliste du Nouvel Observateur, Laurent Bijard, en mai 2004, dix ans plus tard, sont troublants : «J’ai honte que la France n’admette toujours pas sa responsabilité, alors que tous les autres l’ont fait, y compris les États-Unis et la Belgique. Et je n’ai plus trop d’espoir... surtout quand je vois que des confrères, comme Stephen Smith, continuent à soutenir la France. J’étais avec Smith au Rwanda, nous avions les mêmes opinions, et il ne se gênait pas pour les exprimer. Aujourd’hui il a complètement changé de discours, je ne me l’explique toujours pas... » Smith est un serviteur de l’ordre établi, celui des puissants d’aujourd’hui. 

Il méconnaît lourdement le passé du continent, pourtant révélateur d’un continent qui avait atteint un haut niveau de développement politique, social et culturel avant que la traite des esclaves et la colonisation par les puissances européennes n’amorcent le déclin du continent. Par exemple, «aux 13e et 14e siècles, la ville de Tombouctou était plus scolarisée que la plupart des villes analogues en Europe». La plus ancienne université au monde, dont la création remonte au 9e siècle, avant celle de Bologne ou de la Sorbonne à Paris, est l’université Quaraouiyyîn, à Fès au Maroc. Dans la prestigieuse cité yorouba d’Ifé, au Nigeria, qui a dominé la région entre le 12e et le 15e siècle, les recherches archéologiques ont permis de découvrir des sculptures en terre cuite puis en bronze d’un style inconnu, dont la perfection et le réalisme idéalisé était largement comparable à l’art classique de la Grèce antique. 

Smith fait semblant de croire que l’Afrique est déconnectée de son passé, notamment d’opprimée, et des forces économiques mondiales, qu’elle décide de tout ce qui lui arrive. Qu’elle se pilote elle-même. Et qu’elle choisit librement le suicide. L’Afrique des peuples n’est pas libre mais ce n’est pas parce qu’elle refuse de l’être et qu’elle préfère ses chaînes. Elle subit le rapport de forces mondial. Elle subit la volonté du FMI, de la Banque mondiale, des multinationales, des dirigeants africains. Elle est mise en coupe réglée. Elle ne se suicide pas, on tente de l’exécuter. Et il ne manque pas d’Africains, hommes et femmes, jeunes et vieux, pour agir au quotidien afin que les peuples d’Afrique choisissent leur propre voie vers la réalisation des droits humains. C’est à leur côté que nous nous battons. 

Pour comprendre l’Afrique, quel meilleur conseil que de lire ses écrivains et ses intellectuels ? De Franz Fanon à Wolé Soyinka, de Cheikh Anta Diop à Aminata Traoré, de Mongo Beti à Ngugi Wa Thiong’o, de Ken Saro-Wiwa à Joseph Ki-Zerbo, de Dennis Brutus à tant d’autres, la littérature africaine est une mine d’or pour l’esprit, loin du déluge erroné et malodorant de Smith. 

Laissons la conclusion à l’écrivain André Gide, qui ne fut pas un hippie attardé traversant l’Afrique en auto-stop : «Moins le blanc est intelligent, plus le noir lui paraît bête.» 

Par Damien Millet in CADTM, le 19 Août 2007

Nous recommandons la lecture de Négrophobie, le livre-réponse de Boubacar Boris Diop, Odile Tobner et François-Xavier Verschave aux insanités distillées par Stephen Smith.

N--gro.jpg
Par Mahalia Nteby - Publié dans : Politique africaine
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Retour à l'accueil

Commentaires

salut, je viens de tomber sur votre blog.
Très joli blog. Mais vos idées sont à mon avis, l'opium pour la jeunesse africaine. Pour un site qui est supposé parlé de la renaissance africaine, je trouve qu'il fait trop la part belle aux Français.
Enfin, passez une bonne journée.
Commentaire n°1 posté par tamera le 14/10/2007 à 20h06

Réalité

Un mois après la chute de Laurent Gbagbo, la presse ivoirienne dans la tourmente 

   mains

Un mois tout juste après l’arrestation de Laurent Gbagbo et l’accession au pouvoir d’Alassane Ouattara, la situation de la presse en Côte d’Ivoire demeure problématique. Si certains journalistes menacés ont finalement pu reprendre le travail, les journaux d’opposition, favorables à l’ancien chef de l’Etat, ne paraissent toujours pas. Les locaux du quotidien Notre Voie, proche du Front populaire ivoirien (FPI, parti de Laurent Gbagbo) sont même occupés par des éléments armés.

Reporters sans frontières exprime sa déception et demande aux nouvelles autorités d’agir rapidement pour restaurer un climat de confiance chez les journalistes et surtout permettre aux journaux d’opposition de préparer leur retour en kiosques.

"L’absence de presse d’opposition porte un coup très dur à la liberté de la presse en Côte d’Ivoire. Dans ces conditions, nous craignons que ne se développe le règne de la pensée unique. Le gouvernement d’Alassane Ouattara suscite des attentes dans le domaine du respect des libertés. Il doit les satisfaire", a déclaré l’organisation.

Aucune disposition officielle n’empêche les journaux d’opposition de paraître, mais le saccage des rédactions des quotidiens Notre Voie et Le Temps ainsi que l’incendie criminel de leur imprimerie ont créé des dommages très conséquents. De plus, la rédaction de Notre Voie est depuis quelques temps occupée par des soldats des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) qui interdisent l’accès des lieux aux journalistes.

"Cette situation est tout à fait nouvelle. Dans le passé, les locaux du Patriote, quotidien favorable à Alassane Ouattara, avaient été attaqués et détruits, mais jamais occupés comme le sont ceux de Notre Voie aujourd’hui. Nous ne comprenons pas le comportement des FRCI qui violent de façon flagrante le droit des employés de ce journal de se rendre sur leur lieu de travail", a estimé Reporters sans frontières.

Dans un discours prononcé au Conseil national de la presse, le 3 mai 2011, à l’occasion de la vingtième Journée internationale de la liberté de la presse, le ministre de l’Intérieur et de la Communication, Hamed Bakayoko, a eu des mots peu rassurants vis-à-vis des médias. Sa déclaration s’apparentait plutôt à une mise en garde. "La liberté oui, mais elle a ses limites. La liberté a une certaine frontière. On ne parle plus de liberté quand elle transcende certaines valeurs. Des gens avaient pensé que l’impunité était sans limite. Il faut qu’ils réalisent que ce n’est plus possible. On ne peut pas déstabiliser le tissu social simplement parce qu’on est journaliste. Nous n’allons pas accepter que la presse enfonce la Côte d’Ivoire. La presse porte une responsabilité importante dans cette crise. Les journaux et les journalistes ont voulu être aux avant-postes des politiques, ils ont voulu aller plus loin que les politiques", a-t-il déclaré.

D’autre part, Reporters sans frontières déplore la persistance dans la presse ivoirienne d’articles désignant certaines personnalités à la vindicte populaire. Le 10 mai 2011, le quotidien Nord-Sud a publié une photo du directeur de publication de Notre Voie, César Etou, pour illustrer un article intitulé "César Etou attise le feu de la haine". Le quotidien reproche au journaliste d’avoir contacté des organisations de défense des droits de l’Homme pour se plaindre du manque de respect des droits de Simone Gbagbo et de son entourage depuis leur arrestation.

En attendant la reprise de la Radio-Télévision Ivoirienne (RTI), Reporters sans frontières exhorte Télévision Côte d’Ivoire (TCI) à se comporter comme un média de service public en arrêtant de diffuser les slogans de campagne du candidat Ouattara et des chansons qui font son apologie. La TCI avait été créée par le camp Ouattara dans une démarche de résistance, elle doit désormais s’adresser à tous les Ivoiriens depuis qu’elle remplace la RTI et qu’Alassane Ouattara est devenu chef de l’Etat

Dans la mesure où l’espace audiovisuel n’est pas encore libéralisé en Côte d’Ivoire, les nouvelles autorités devraient préciser quel est le statut exact de la TCI. Reporters sans frontières rappelle qu’au moment de sa création, début 2011, il s’agissait d’un média pirate.

Enfin, l’organisation prend acte de la transformation du Conseil national de la communication audiovisuelle (CNCA) en Haute autorité de la communication audiovisuelle. La nomination de l’ancien ministre de la Communication, Ibrahim Sy Savané, à la tête de cette institution apparaît comme un signe d’ouverture prometteur. Reporters sans frontières espère que cette nomination va donner un coup d’accélérateur à la réforme libéralisant l’espace audiovisuel.

Reporters Sans Frontières
Le 10 mai 2011

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés