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Bluff

Les Camerounais exploités des palmeraies de Bolloré 

bollor--esclavagiste.jpg 

C'est un Germinal sous les tropiques qui se joue dans la palmeraie de Kienké, dans le sud-ouest du Cameroun. Dans cette plantation de palmiers à huile de 9 000 hectares de la Société camerounaise des palmeraies (Socapalm) - filiale d'un groupe belge, Socfinal, lui-même détenu à près de 40 % par le français Bolloré aux côtés de son traditionnel partenaire, la famille belge Fabri -, les ouvriers sont en colère. Depuis novembre, ils ont plusieurs fois fait grève contre leurs conditions de vie et de travail. En retour, la police a arrêté et détenu pendant quelques jours leur leader, Michael Agbor.

«Une journée ne suffit pas pour décrire nos souffrances», assure Albert, un ouvrier. Depuis plusieurs années, il vit en permanence dans la palmeraie. Six jours par semaine, il coupe de lourds régimes de noix de palme. Sans gants pour protéger ses mains : ses paumes ont pris la couleur orange des noix que Socapalm transforme en huile de cuisine. Chaque matin, il s'entasse avec ses collègues et le matériel de coupe dans les camions, des épaves, qui s'enfoncent dans la plantation pour charger les régimes. Le soir, il doit marcher, parfois sur une quinzaine de kilomètres, pour rentrer dans un des sept campements d'ouvriers installés au cœur de la plantation.

«Esclaves»

Le tout pour pas grand-chose : il gagne 22 francs CFA pour un régime de 15 kg. En moyenne, il touche 35 000 francs CFA (environ 53 euros) par mois, ce qui ne lui permet pas de vivre décemment. Il a néanmoins plus de chance que ceux qui coupent les régimes de 10 kg pour 8 francs CFA. «Les retenues sur nos salaires sont courantes. Nous sommes souvent payés en retard voire pas du tout», précise-t-il. Albert n'est pas affilié à la sécurité sociale et n'a pas de couverture médicale. «Beaucoup voudraient partir mais ne le peuvent pas, parce qu'ils n'en ont pas les moyens et parce qu'ils attendent qu'on paie leurs arriérés de salaire», affirme-t-il. «Nous sommes les esclaves de la Socapalm», soupire un de ses collègues. Ce n'est cependant pas auprès de l'entreprise, qui contrôle 80 % du marché de l'huile de palme au Cameroun, qu'ils peuvent se plaindre : celle-ci ne les emploie pas directement, mais a passé des contrats de sous-traitance avec une soixantaine de sociétés pour la gestion de l'essentiel de la main-d'œuvre.

«Nous savons que les ouvriers ne s'en sortent pas, que leurs employeurs les paient en retard», reconnaît Marc Mutsaars, le patron de Socapalm. La situation est la même dans les autres plantations du pays, explique-t-il pour tempérer. Il assure que l'entreprise va réduire de moitié le nombre de sous-traitants pour mieux contrôler leurs pratiques. Cette mesure permettra-t-elle d'améliorer aussi les conditions de logement ? «Nous vivons comme des animaux», indique, dégoûté, Albert. Il n'y a pas d'eau, pas de sanitaires et seulement quelques heures d'électricité par jour dans le campement où il vit avec sa famille. Surpopulation, insalubrité et promiscuité font le reste du quotidien de ces vieilles baraques de bois grisâtre et étroites, collées les unes aux autres. Un hôpital, des écoles pour les enfants qui habitent trop loin de l'unique établissement scolaire de la plantation : Michael Agbor tient scrupuleusement la liste des réclamations depuis qu'il a été élu à la tête d'une sorte de syndicat, créé il y a quelques mois par les ouvriers.

«Notre messie»

Vulgaire «agitateur» pour Socapalm, il est devenu un héros dans les campements. Ses collègues, qu'il estime au nombre de 10.000, savent que son intransigeance et sa détermination face aux entreprises sous-traitantes sont exceptionnelles dans un pays où les syndicats sont systématiquement achetés. Le lendemain de son arrestation, en décembre, certains ont marché sur 15 km, jusqu'à Kribi, où il avait été amené par la police, en scandant : «No Michael, no work!» «Nous n'avons pas peur, nous sommes tous mobilisés», commente Albert. Il raconte comment l'électricité a été coupée dans son campement lors du dernier débrayage. «Qu'ils fassent grève. Quand ils auront faim, ils reviendront travailler», leur auraient répondu les patrons.

«Michael est notre messie», avouent plusieurs salariés de Socapalm, mécontents de leurs salaires et de leurs conditions de vie. De peur des représailles, ils restent cependant à l'écart des mouvements des ouvriers. Michael Agbor a fait également profil bas pendant plusieurs jours en janvier. Après que des représentants des autorités camerounaises lui ont glissé : «Si tu continues, on va te tuer.» Il venait de refuser l'augmentation de 3 francs CFA par régime proposée par les sous-traitants. Depuis, ses collègues lui ont conseillé de ne plus travailler dans la plantation.

Fanny Pigeaud
Libération
11/03/2008

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Vendredi 10 août 2007

Il y a quelques jours, et en réponse au discours controversé prononcé par Nicolas Sarkozy, chef d’Etat français à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (Sénégal), nous publiions un texte d’Achille Mbembe, “L’Afrique de Nicolas Sarkozy”. Ce texte a été très largement diffusé en Afrique francophone et en Europe. Repris par plusieurs organes de presse et dans les médias alternatifs, il a suscité de vigoureux débats sur plusieurs sites internet. Il a également donné lieu à de nombreuses réactions et nouvelles interrogations qui obligent son auteur à préciser sa pensée – ce qu’il a aimablement accepté de faire dans la note qui suit. 

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L’on veut savoir pourquoi, à mes yeux, le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar est odieux, indécent, et à la limite du vraisemblable. 

Il est répugnant pour quatre raisons. 

Il y a d’abord la volonté, plusieurs fois suggérée par Nicolas Sarkozy lors de la récente campagne électorale, d’instrumentaliser l’histoire de France ou en tout cas de rallier les Français à une vision factice et agressive du signifiant national. Pour le néo-conservatisme français, la manipulation de l’histoire nationale passe par trois voies : la récupération de certaines figures emblématiques de la gauche (Jaurès, Blum, Moquet), le procès intenté à la culture et à la pensée dite de “Mai 68”, et pour ce qui nous concerne directement, la réhabilitation du colonialisme (qui va de pair avec la persécution des étrangers dans l’Hexagone).

Indulgence pour les larrons 

Ce dernier est désormais présenté non comme le crime qu’il fut du début (guerres de conquête) jusqu’à la fin (les luttes pour l’indépendance et la décolonisation), mais comme une simple “faute” qu’il faudrait passer par pertes et profits. Pis, la nouvelle légende veut que la colonisation ait été une entreprise bénévole et humanitaire. Prostrés dans la haine de soi et de la France, voire dans l’ingratitude, les ex-colonisés, nous dit-on, seraient malheureusement incapables d’en apprécier en dernière instance les bienfaits puisque, abandonnés à eux-mêmes, ils n’auraient jamais trouvé la voie du progrès et de la liberté. 

À ce projet révisionniste s’ajoute, au nom du refus de la repentance, la disqualification de tout regard critique sur le système colonial et le déni de toute responsabilité quant aux horribles crimes et atrocités de l’époque. Je conviens que le contenu de l’histoire (y compris l’histoire de la colonisation) ne saurait se résumer aux massacres. Ceci dit, l’on ne peut pas faire comme si la conscience de soi était une chose, et la conscience de l’injustice ou du dommage causé à autrui une autre que l’on peut aisément séparer de notre conscience d’homme. 

On l’a vu lors de la campagne électorale en France et, plus récemment encore à Dakar. Chaque fois, le procédé est le même. On commence par dénoncer et par stigmatiser ceux et celles qui “rougissent de l’histoire de la France” ou la “noircissent” - les “adeptes de la repentance”. 

Puis, au nom de la fierté nationale, de l’amour pour la patrie, de la sincérité et de la bonne foi, on enchaîne par une exaltation en bonne et due forme des colons. On veut nous faire croire que d’aussi humbles serviteurs de la mission civilisatrice n’auraient gagné leur vie qu’en toute honnêteté. Colonisant en toute innocence, ils n’auraient jamais exploité personne. Au demeurant, ils n’avaient pour dessein que de “ donner l’amour ” à des peuplades asservies par des siècles d’obscurantisme et de superstitions. Injustice de l’histoire, ils n’ont, en fin de compte, récolté que la haine et le mépris de ceux au salut desquels ils sacrifièrent pourtant tout. 

Pour Nicolas Sarkozy et les siens, les pertes subies par les colons français pèsent plus lourds à la bourse de la mémoire que les ravages et les destructions subis par ceux qui, au prix de mille privations, d’incessantes humiliations et, parfois, de leurs vies, mirent un terme à cette nuit de la souffrance humaine que fut la colonisation. Car, dans la théologie politique des néo-conservateurs français, l’indulgence pour les larrons doit toujours l’emporter sur la pitié pour les crucifiés. 

Amitiés perfides 

La deuxième raison de ma stupéfaction est l’insolence, et surtout l’arrogance et la brutalité qu’autorise une telle volonté de méconnaissance. Pour noyer la vérité et jeter la poudre aux yeux de ceux qui sont distraits, l’on recourt au “raisonnement par les bons sentiments” dont Françoise Vergès (Abolir l’esclavage. Les ambiguités d’une politique humanitaire) a démontré, il n’y a pas longtemps, la perversité. 

En effet, ce discours incohérent (la faute oui, la repentance non) et vermoulu, mais à la nuque raide - telle est bien la marque déposée du nouveau conservatisme français. Il se trouve que chez Nicolas Sarkozy en particulier, ce conservatisme prend de plus en plus des allures truculentes, à la manière du trop bandant de nos satrapes tropicaux, comme en témoigne d’ailleurs son penchant pour le maniement de l’invective sous les oripeaux de l’exhortation, le tout assaisonné d’imprécations et de déclarations à l’emporte-pièce – le pur épuisement qui naît d’un vide fondamental. 

Car, ce que notre négrophile donneur de leçons cherche à camoufler derrière les formules convenues telles que la sincérité ou encore la vérité, c’est avant tout une insoutenable dose de mauvaise foi que l’on veut faire passer pour de la générosité et de la franchise. L’amitié dont il se réclame à tue-tête ne porte pas seulement au flanc la blessure d’une flèche perfide. Et le nouveau chef de l’État ne cherche pas seulement à manipuler l’histoire de France. Il veut aussi falsifier la nôtre et les significations humaines dont cette dernière est porteuse. Ce faisant, et par on ne sait quel pouvoir, il s’autorise de parler de l’Afrique et des Africains à la manière du maître qui a pris la mauvaise habitude de maltraiter son esclave et d’avilir sa chose, et qui ne parvient pas à se déprendre d’attitudes héritées d’un sinistre passé dont nous ne voulons plus. 

Colo-nostalgie 

Puis il y a la fourberie. L’on prétend s’adresser à l’élite africaine. En réalité, l’on ne cesse de faire des clins d’œil à la frange la plus obscurantiste de l’électorat français - l’extrême-droite, les colo-nostalgiques, tous ceux-là qui, rongés par la mélancolie postcoloniale, pensent que quatre ou cinq millions d’immigrés et de citoyens français d’origine noire et arabe dans un pays de plus de cinquante-cinq millions d’âmes menacent l’identité française. 

Plus grave encore, ce n’est pas comme si le président Sarkozy était dans l’attente d’une réponse de notre part. Car il y a plus de vingt ans déjà que Jean-Marc Éla (L’Afrique des villages) a écrit le plus beau livre sur l’inventivité des paysans africains. Auparavant, Cheikh Anta Diop, Théophile Obenga, Joseph Ki-Zerbo, Abdoulaye Bathily, Bethuel Ogot, Ade Ajayi, Adu Boahen, Joseph Inikori, Toyin Falola, Kwame Arhin et des dizaines d’autres avaient mis en place les fondations d’une historiographie africaine solide et documentée. Celle-ci établit, entre autres comment, de tous temps, l’Afrique a fait partie du monde, y a joué activement son rôle et a contribué ce faisant au développement des techniques, du commerce et de la vie de l’esprit. 

Aux yeux de notre nouvel ami, tout cela ne compte guère. Et pour cause. Il ne s’adresse pas à nous comme dans un rapport de face-à-face où nous compterions comme interlocuteurs. En fait, il ne regarde ni ne voit notre visage. Chez lui, “l’homme noir” est un être abstrait, doté d’une “âme” certes, mais sans visage, puisque plongé dans les ténèbres de l’innommé. Quand il prétend dialoguer avec nous, ce n’est pas dans le cadre d’un rapport moral d’égalité et, par conséquent, de justice. C’est dans le registre de la volonté de puissance - un je-ne-sais-quoi de narcissique et d’autant plus triomphaliste qu’il est marqué du sceau de l’ignorance volontaire et assumée. 

L’insolence de l’ignorance 

La troisième raison de mon incrédulité est la vision éculée que le nouveau chef d’état français a choisie, désormais, de véhiculer de l’Afrique et des Africains. Comme je l’indiquais dans un texte précédent, cette vision se situe en droite ligne de la dogmatique raciste du XIXe siècle. 

Le président puise à pleines mains dans cette fange, sans la moindre distance ni ironie. Il répète des pages entières des élucubrations de Hegel, Lévy-Bruhl, Leo Frobenius, Placide Tempels et autres inventeurs de “ l’âme africaine ”, construisant au passage sa “vérité” avec les copeaux de l’ethnophilosophie d’hier, comme d’autres avant lui s’investissaient dans l’ethnozoologie, dans l’espoir de mettre à nu “ l’essence foncièrement animale du nègre ”. 

Mais sait-il seulement que l’étroitesse d’esprit caractéristique du racisme colonial – ce terrorisme avant la lettre – a fait l’objet d’une critique soutenue par les intellectuels africains eux-mêmes depuis la deuxième moitié du XIXe siècle ? Sait-il seulement que respecter l’ami, c’est aussi se référer honnêtement à ses opinions ? 

Or, il existe bien une longue tradition de critique interne des sociétés et des cultures africaines qui aurait pu aider notre théoricien à développer un argument un tant soit peu vraisemblable. Encore aurait-il fallu qu’il commence par enlever la poutre logée dans ses yeux avant de se préoccuper de celle qui encombre l’oeil du voisin. 

De ce point de vue, des roitelets nègres ont en effet pris part à la Traite des esclaves, comme aujourd’hui le cartel des satrapes – dont la plupart bénéficient du soutien actif de la France - qui participent à la destruction de leurs propres peuples. Mais que dire donc de la collaboration française sous l’occupation nazie ? Que dire du régime de Vichy dont la chute eût été impossible sans la contribution décisive des gens d’origine africaine (comme le montre l’historien Siba Grovogui, Beyond Eurocentrism and Anarchy. Memories of International Order and Institutions), mais dont on copie et reproduit aujourd’hui les méthodes de classification et de discrimination des personnes par le biais du ministère de l’identité et de l’immigration ? 

Comment se fait-il que celui qui, en France, promeut un type de relation entre l’identitaire et l’État si proche de l’idéologie de Vichy et qui ne résiste pas à la tentation de mobilisation de formes de xénophobie anti-arabe et africaine soit le même qui vienne nous administrer des leçons d’universalisme dans l’enceinte d’une université dédiée à un authentique patriote africain ? 

Pour être logique avec soi-même, pourquoi ne va-t-on pas dire aux Israéliens que, quant au fond, les soutiers du nazisme n’étaient, comme nos colons d’hier, que de pauvres innocents, des gens honnêtes qui ne voulaient que le bien des Juifs ? Pourquoi ne va-t-on pas dire à Nelson Mandela que, quant au fond, les tortionnaires et bénéficiaires du dernier État raciste au monde – l’État d’apartheid en Afrique du Sud – ne voulaient que son bien ? 

On le voit bien, ce petit jeu du révisionnisme est moralement répugnant. Et Césaire l’avait bien compris, qui dans son Discours sur le colonialisme, dénonçait déjà, en 1952, “les voluptés sadiques, les innommables jouissances qui vous friselisent la carcasse de Loti quand il tient au bout de sa lorgnette d’officier un bon massacre d’Annamites”. 

Une tradition critique 

Dans la pensée africaine de langue française, Frantz Fanon (Peau noire, masque blanc) est sans doute celui qui a fait la déconstruction la plus convaincante de la sottise raciste tout en proposant les linéaments d’une humanité fraternelle. 

De W.E.B. Dubois à C.L.R. James en passant par Martin Luther King et Nelson Mandela, de Stuart Hall à Paul Gilroy, Fabien Éboussi Boulaga et tous les autres, le meilleur de la pensée noire a toujours été rendu sous la forme du rêve d’un nouvel humanisme, d’une renaissance du monde par-delà la race, d’une polis universelle où est reconnu à tous le droit d’hériter du monde dans son ensemble. L’Afrique dont ils se réclament – ce mot et ce nom – est une multiplicité vivante qui, à l’instar du mot “Juif”, est lié, dès les origines, au futur de l’universel. 

Au cœur de cette pensée, les questions de mémoire sont d’abord des questions de responsabilité devant soi et devant un héritage. Dans cette pensée, on ne devient vraiment “ homme ” que dans la mesure où l’on est capable de répondre de ce dont on n’est pas l’auteur direct, de celui ou de celle avec qui on n’a, apparemment, rien en partage – l’assignation à la responsabilité. C’est à cause de cette assignation principielle à la responsabilité que notre tradition critique s’oppose fondamentalement à l’antihumanisme et la politique du nihilisme qui caractérise le néo-conservatisme à la française. 

Nicolas Sarkozy se prévaut de Senghor pour accréditer des thèses irrecevables parce qu’historiquement fausses et moralement corrompues, marquées comme elles le sont par le pesant d’antihumanisme qui, toujours, loge au fond de toute idéologie raciste. 

D’abord, il fait semblant d’oublier qu’au moment où Césaire, Senghor et les autres lancent le mouvement de la négritude, l’humanité des Noirs est contestée. Les Noirs, à l’époque, ne constituent pas seulement une race opprimée. Comme les Juifs, il n’y a, alors, pratiquement pas un seul endroit au monde où ils jouissent de paix, de repos et de dignité. La lutte, à l’époque, est littéralement une lutte pour l’affirmation du droit à l’existence. 

Cette dimension insurrectionnelle de la critique culturelle, on ne la retrouve pas seulement chez les penseurs africains. Elle est également présente chez les penseurs afro-américains et de la diaspora, descendants d’esclaves et survivants des temps de la captivité dans les plantations du Nouveau Monde. La gommer aujourd’hui pour ne retenir que la poétique du royaume de l’enfance, du merveilleux et des forêts qui chantent relève de la falsification. D’autre part, il est vrai que quand on se bat pour affirmer son droit d’exister, on a tendance à recourir à des figures de style fixes et binaires, à des raccourcis peut-être mobilisateurs, mais sans doute un peu courts sur la longue durée. Senghor en particulier ne s’en priva guère qui, s’inscrivant dans la continuité des vocabulaires les plus racistes de son époque, déclara que l’émotion est nègre comme la raison est hellène. Encore ouvre-t-il la voie à un dépassement de la race et à la possibilité d’une réconciliation des mondes, comme on peut le lire dans ses Chants d’ombre. 

Sarkozy oublie par ailleurs qu’aux yeux de nombreux intellectuels africains, le même Senghor est demeuré une figure polémique. Poète chanté et reconnu, l’essentiel de sa réflexion philosophique a été largement réfuté. Comme l’ont bien montré la génération de Marcien Towa (Léopold Sédar Senghor : négritude ou servitude ?) et de Stanislas Adotevi (Négritude et négrologues), ce dernier ne concevait pas seulement la culture comme quelque chose de biologique et d’inné. Pour bien des penseurs africains anglophones, Senghor se contenta, tout au long de sa carrière, de faire la politique de la France en Afrique. Ils estiment, à tort ou à raison, qu’au panthéon des héros africains, c’est ce qui le distingue de Kwame Nkrumah (Africa Must Unite), Amilcar Cabral (Unity and Struggle), Cheikh Anta Diop (Nations nègres et culture) ou encore Nelson Mandela (Long Walk to Freedom). 

Plus près de nous, la pensée contemporaine d’origine africaine n’a cessé de démontrer que s’il existe bel et bien une existence locale, des catégories vides de sens telles que “l’âme africaine” ne sauraient en rendre compte. 

Paul Gilroy (The Black Atlantic), Édouard Glissant (Poétique de la relation), Maryse Condé, Françoise Vergès, Raphael Confiant et bien d’autres ont largement fait valoir qu’il n’y a pas d’identité fixe. Pour l’ensemble du nouveau roman africain de langue française, d’Alain Mabanckou à Efoui Kossi en passant par Abdurahman Waberi, Ken Bugul, Véronique Tadjo, Samy Tchak, Patrice Nganang et les autres, les identités ne peuvent être que des identités de relation et non de racines. Le cinéma africain, de Sembène Ousmane à Basseck ba Kobhio, tout comme la musique africaine n’ont cessé de montrer que l’identité fixe est source de mort culturelle ; ou encore que le présent et le futur seront nécessairement hybrides. Dans le domaine des arts et de l’esthétique, la problématique de la différence est battue en brèche, comme en témoigne la récente Exposition internationale “ Africa Remix ” de Simon Njami (voir Africa Remix. Contemporary Art of a Continent). 

D’autre part, l’ethnophilosophie, dans laquelle puise abondamment Nicolas Sarkozy, a fait l’objet d’une vigoureuse critique. Paulin Hountondji (Sur la philosophie africaine), Valentin Mudimbe (The Invention of Africa) et Fabien Éboussi Boulaga (La crise du Muntu) en particulier n’ont cessé de dénoncer la sorte d’identitarisme qui ne s’obtient qu’en érigeant en trait exclusif les multiples appartenances dont nous sommes les héritiers. 

A la suite du philosophe ghanéen Anthony Appiah (In My Father’s House), j’ai moi-même sévèrement critiqué l’idéologie victimaire (De la postcolonie) tout en proposant le concept d’“afropolitanisme” comme antidote à la négritude et au nativisme. Au demeurant, qui ignore encore aujourd’hui que le recours à des poncifs tels que “ l’âme noire ” ou l’“ authenticité africaine ” sont, avant tout, des manières pour les régimes corrompus et leurs élites politiques et intellectuelles de se prévaloir de la différence dans l’espoir de légitimer leur brutalité et leur vénalité ? N’est-il pas vrai, par ailleurs, qu’à cet esprit de la vénalité “ coopèrent ” sans vergogne et depuis la décolonisation bien des réseaux français qui, pour l’occasion, ne s’embarrassent guère de la couleur de la peau ? 

Par ailleurs, beaucoup d’entre nous, de Frantz Fanon à Françoise Vergès (La république coloniale), avons toujours dit que la repentance et la réparation produisent des victimes. La vulgate de la repentance perpétue l’image de l’autre comme corps non parlant, comme corps sans énergie ni vie. Et cela, ce n’est pas nous. Car nous ne sommes pas seulement des victimes de notre propre drame. Nous en sommes également des acteurs et des témoins. 

Pouvoir de nuisance 

Plus que jamais, les relations entre la France et l’Afrique seront des liens consciemment voulus et non plus imposés. À leur fondement se trouveront des valeurs morales et éthiques, ou alors ce ne seront pas des liens du tout – un simple pouvoir de nuisance. 

Si la France persiste dans son autisme, c’est-à-dire son refus de comprendre le monde et d’avoir du génie dans son rapport avec l’Afrique, alors nous ne l’écouterons point. Pour l’heure, le projet néo-conservateur français pour l’Afrique tel qu’énoncé par Nicolas Sarkozy à Dakar n’est pas une invitation à bâtir une société humaine, un langage commun, encore moins un monde commun. Parce qu’il se contente de reproduire les sottises qui divisent, ce projet n’est pas une invitation à faire ensemble l’expérience de la liberté. 

Voilà pourquoi il faut s’y opposer dès maintenant, sans crainte, mais avec courage, intelligence et fermeté. Parce que si on laisse faire, le prix à payer sera, mine de rien, très élevé pour les Africains. 

Achille Mbembe in Le Messager, le 10 août 2007 

par Mahalia Nteby publié dans : Politique africaine
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Commentaires

Remarquable de pertinence, de précision et de culture. Ce qu'il faut entendre pour un avenir commun de l'humanité. Le temps des mesquineries sera bref en regard de cette envergure. (Avez-vous eu, Mahalia, réception, sur mon blog, de mes éléments de réponse à la question que vous me posiez sur l'analyse de Mamadou Koulibaly ?)
commentaire n° : 1 posté par : delugio (site web) le: 11/08/2007 00:00:23
 SI Sarkozy visite des dictateurs en Afrique, d'une part, ce n'est pas lui qui les a mis en place ou qui les soutient et, d'autre part, on ne trouve a quelques tres rares exceptions pres, que ca sur ce continent. On peut d'ailleurs s'interroger: le Gabon est-il reellement considere comme une dictature aux yeux du monde? Ondimba est-il mettre au mme rang que Mugabe, ce grand Africain, fossoyeur de son propre pays ou Kagame, le grand liberateur du Rwanda au prix de genocides qu'il a lui-mme provoques? Ou encore qu'un Habre que l'Afrique elle meme reconnait comme un dictateur mais qu'elle a un mal de chien trainer devant ses propres tribunaux?... Il y a bien d'autres exemples, sans parler des dictatures europennes, asiatiques et sud amricaines bien plus abominables...
Quel mal par ailleurs y-a-t-il a inviter les jeunes Africains participer a la marche et a l'histoire du monde? Comment pretendre que l'Afrique a directement pris part a l'Histoire?
Elle a servi de support l'histoire d'autres continents, sans plus. Elle ne peut pas se contenter de continuer dans cette voie. Il lui faut marquer le monde d'une autre empreinte et le plus vite serait le mieux.
Pretendre que ce serait les peuples africains qui seraient a l'origine de l'abolition de l'esclavage, c'est faire peu de cas des cercles anglicans de Grande-Bretagne et philantropiques... francais et americains notamment, qui sont les vrais initiateurs de l'abolition de l'esclavage.
On pointe aussi du doigt les entreprises francaises comme contributives au maintien des dictatures africaines. Soit! Mais sont-elles les seules? Et que faut-il faire? Dclarer l'embargo de toutes les entreprises etrangeres et pas seulement francaises, sur tous les pays africains diriges par ceux qu'on considere ici comme des dictateurs? Qui en souffrirait le plus? Les etrangers ou les Africains?
Ensuite, la decolonisation est surtout le fruit de decisions politiques prises par les pays colonisateurs sous l'influence des grandes organisations internationales (principe de la liberte des peuples a s'autodeterminer) et trs accessoirement sous la pression des peuples africains.
Alors, il faut cesser de se contempler le nombril et d'avoir une vue plus vaste de l'histoire avec un grand H, et a ne pas se referer a ce qui s'est passe 20 ou 30 ans en arriere, mais a l'histore telle qu'elle est aujourrd'hui. Peut-on reprocher a Sarkozy ce qu'a fait Foccart? C'est stupide!
Cet ecrit est sans importance car il transforme la realite des choses a des fins que nous connaissons bien.
Sarkozy veut asseoir des relations nouvelles avec l'Afrique (plus de paternalisme, un discous debarrasse de l'habituelle langue de bois) pour traiter d'egal a egal avec les pays d'Afrique... tout en tenant compte des realites francaises. Doit-on l'en blamer?
Comment veut-on encore traiter avec un pays sans s'adresser avec celui qui le dirige? On peut toujours discuter avec l'opposition... quand celle-ci veut bien faire des efforts d'objectivite, mais on ne peut pas traiter avec elle. D'ailleurs, quel chef d'Etat etranger vient-il en Afrique dans l'ide de debattre avec d'autres que ses dirigeants?

Irrealiste, provocateur, trompeur, oriente... On s'etonne de voir comment un tel papier puisse s'attirer une telle sympathie...
commentaire n° : 2 posté par : MISE AU POINT le: 12/08/2007 08:50:20
L’aplomb qu’il manifeste dans ses certitudes n’en laisse aucun doute : « Mise au point » a lu avec assiduité tous les auteurs que cite Achille Mbembe et en a conçu des réfutations qu’il lui eût été opportun de nous livrer. À défaut d’un développement explicite de son argumentaire contre ces auteurs, « Mise au point » nous laisse sur notre faim. (La suite sur mon blog : http://delugio.zeblog.com/2007/08/12)
commentaire n° : 3 posté par : delugio (site web) le: 12/08/2007 19:36:07

L’INJURE DE SARKOZY A L’AFRIQUE ENTIERE

 

 

Chers Bien-aimés frères et sœurs,

 

 

Le 26 Juillet 2007, à la faveur d’une visite officielle au Sénégal, Monsieur Nicolas SARKOZY, Président de la République Française, a tenu, face à la Jeunesse estudiantine, à l’Université CHEIKH ANTA DIOP de Dakar, un discours qui sera de triste mémoire, tant son contenu est impertinent et, à la limite, injurieux pour le peuple africain tout entier.

 

Ce discours dans sa texture générale se veut, tout à la fois, affable, conciliant et franc. Mais, à la vérité,  c’est du cynisme bien enrobé qu’il m’a plutôt été, personnellement, donné de décrypter.

Ce discours est plus qu’offensant, c’est une véritable injure faite aux Africains et à l’Afrique.

Ce qui me fait penser et dire que cet homme pourrait bien être pire que CHIRAC.

        

         La première chose qui me heurte l’esprit chez cet homme, en général, et dans son laïus de Dakar, en particulier, c’est sa propension et son obsession à  marquer son opposition à toute logique de repentance, pour les actes commis par son pays et l’Europe, ainsi que leurs responsabilités clairement engagées, dans les désastres de la Traite négrière et de la Colonisation.

A même l’écouter, les Africains devraient presque les remercier et les féliciter  d’avoir apporté un soupçon de civilisation dans leur immense océan d’obscurantisme.

 

L’allergie de Monsieur SARKOZY à la repentance prouve bien qu’il n’a pas de grandeur d’âme et que le fait qu’il fasse de l’esprit en parlant de l’Afrique avec emphase, donnant l’impression d’en être soucieux, n’est que pure tromperie et du vernis.

On ne décèle aucune lueur de remord dans son speech ; cet homme me semble insensible (tant qu’il s’agit de nègres, qu’en a-t-il à cirer ?). Il a la réaction exacte et typique d’un sataniste ou d’un franc-maçon de haut rang. Il se vante presque d’avoir banni la repentance de son champ lexical. Ses dehors avenants et sa personnalité énigmatique ne cachent-ils pas un monstre ? Il y a à s’interroger.

 

         Je m’insurge contre son assertion selon laquelle « nul ne peut demander aux fils de se repentir des fautes de leurs pères », parlant des désastres de la Traite négrière et de la Colonisation.

Je le redis, cet homme est étranger à la grandeur d’âme.

La repentance, loin d’être un archaïsme religieux, et loin de rabaisser un homme, un peuple ou une nation, l’élève plutôt.

Et s’il ne le sait pas, il n’est pas digne de diriger un pays, ni même d’être appelé un leader.

 

Monsieur SARKOZY ne pouvait tenir un tel discours qu’au Sénégal ou au Gabon et trouver des oreilles attentives et des regards admiratifs ; chez les Présidents WADE et BONGO, affligeants parmi les plus tristes bras séculiers de la France et de la Françafrique.

En Côte d’Ivoire, il aurait été proprement conspué.

Comment les Sénégalais ont pu écouter une telle coulée d’impudence sans broncher, sans dire à cet homme son fait. J’en suis encore retourné.

Il célébrait, devant eux, les bienfaits de la colonisation (sic) et nul n’a pu dire mot.

En quoi ce discours est-il différent de celui de Monsieur CHIRAC qui souleva une véritable levée de bouclier, en France, et qui fit réviser l’inique loi qu’il s’apprêtait à faire voter sur la même thèse ?

Si cet auditoire sénégalais est ce qu’on appelle la future élite africaine, alors il faut désespérer totalement de l’Afrique.

Quant à la France, je dis à son propos qu’un pays qui n’éprouve aucun remord pour ses crimes est appelé à les reproduire, intégralement. Dut-il le reproduire sous d’autres formes comme on le voit, aujourd’hui, en Côte d’Ivoire et en Afrique subsaharienne.

 

         Heureusement qu’il y a un pays comme la Côte d’Ivoire qui, même pauvre et diabolisé à souhait par le néocolonisateur, affirme sa souveraineté et sa détermination à être traitée à égal et à être maître de son destin.

 

         Ce que Monsieur SARKOZY dit ne pas être venu faire, il le fait exactement dans son discours.

SARKOSY n’a aucune leçon à faire aux Africains. Il doit arrêter de nous infantiliser de la sorte. Pour qui nous prend t-il, au juste ?

La responsabilité de l’Europe et, plus particulièrement, de la France dans le désastre africain, dans les guerres, les famines, les génocides, les coups d’Etats, la pauvreté et la récurrence du sous-développement, est infiniment plus grande que celle de l’Afrique, vis-à-vis d’elle-même.

Car comment fait-on (j’aimerais qu’on me le dise, franchement) pour développer un continent qui a hérité de modèles de développement foireux et où règne, sans merci, une mafia internationale que nul ne contrarie, qui continue de signer des accords de coopération iniques et léonins avec les Africains (récemment pour l’uranium, au Niger, par l’entreprise française AREVA avec le Gouvernement, sous la menace d’une rébellion collée à la tempe comme une arme), les privant des précieuses ressources nécessaires à leur essor, pour les accuser, après coup, d’être responsables de leur propre misère et de la paupérisation de leurs populations.

 

         La seule et véritable responsabilité des Africains dans leur désastre et le drame de leur continent, c’est d’être assez myopes pour ne pas voir que la France sème la mort et la désolation (même sous SARKOZY, « l’Ami » de l’Afrique), qu’elle les divise pour mieux régner et piller leurs ressources inestimables, et qu’ils doivent la « jeter » dehors, raser ses bases militaires, frapper de caducité tous ses contrats et accords insultants, et prendre en main leur destin par un multilatéralisme commercial et économique audacieux, seule issue de sortie de la misère lancinante qui nous étripe.

 

         Si nous réussissons ce coup, en moins d’une génération, l’Afrique toute entière émerge !

Comment « s’inventer un destin », comment « entrer dans l’histoire », comme le dit si bien Monsieur SARKOZY dans son allocution, quand la France qu’il dirige nous nie le droit à l’autodétermination et à toute véritable indépendance politique ?

Cher Monsieur SARKOSY, « GIVE US A BREAK ! », retirez-vous de l’Afrique, elle s’en portera infiniment mieux !

Personnellement, je n’ai jamais considéré votre pays comme une amie de l’Afrique. Arrêtez donc de nous assommer de votre marketing politique enjoliveur et venez, franchement, discuter avec nos leaders de la nécessaire et indispensable remise en cause du Pacte colonial, de l’instauration d’une nouvelle plate-forme de coopération fondée sur l’égalité et le respect mutuel et du retrait sans autre forme de négociation de vos troupes d’Afrique.

Voilà ce qui peut guérir l’Afrique et voilà ce que nous, Jeunesses de l’Afrique digne, attendons de vous, et rien d’autre!

 

Vous adresser ainsi aux Africains prouve bien que vous ne les connaissez pas et que vous n’êtes pas leur ami, comme vous vous en targuez.

Les Africains veulent être vraiment libres et vous seul et votre pays en êtes les seuls véritables obstacles.

 

         « L’Afrique a le droit au bonheur comme tous les autres continents du monde », c’est tellement vrai !

Mais l’entendre dire par un Chef de l’Elysée, sonne comme une insulte à mes oreilles d’Africain et, singulièrement, d’Ivoirien, car c’est justement cela que des leaders africains et des panafricanistes de toutes générations ont, de tout temps, hurlé à la France et à la face du monde. Mais autant parler à un mur !

 

         Chers frères et sœurs, personnellement, ce discours me laisse de marbre et toutes ses pirouettes de Monsieur SARKOZY pour gagner le cœur des jeunes africains que nous sommes n’ont réussi qu’à m’inspirer davantage de méfiance pour sa personne et plus de dégoût pour la France.

Comment peut-il en être autrement quand il affirme, sans sourciller, que « la réalité de l’Afrique, c’est celle d’un grand continent qui a tout pour réussir et qui ne réussit pas parce qu’il n’arrive pas à se libérer de ses mythes », comme si notre problème trouvait ses sources dans des considérations culturelles ou abstraites.

L’Afrique ne réussit pas, tout simplement, parce que la France et ses multinationales qui exècrent la saine concurrence et ne prospèrent que dans la prébende, la parasitent et parce que les pays occidentaux hégémonistes la considèrent comme une vache à lait, un grenier à piller, sans avoir de compte à rendre à qui que ce soit. C’est leur chose, pour ainsi dire. Ils l’administrent à leur guise, jusque dans les moindres affaires. Avec la caution de l’ONU.

 

Pauvre Afrique, terre mienne ! Vivement que tu amorces, enfin, ton éveil tardif !

 

Debout, dignes fils de l’Afrique, pour conquérir votre liberté, et que le bras de l’Eternel, votre DIEU, se déploie devant vous!

 

 

 

 

DINDE Fernand 
dindefernand@yahoo.fr

 

 

 

commentaire n° : 4 posté par : Dindé Fernand le: 21/08/2007 15:44:09
Quelle decouverte que ce blog ! Merci pour ces articles tellement puissants de verite. 

Merci "MISE AU POINT" pour votre visite sur ce site. La triste constatation: la qualite des textes n'aura pas dissipe le brouillard epais qui vous trouble la vue.
commentaire n° : 5 posté par : Milia (site web) le: 28/11/2007 17:42:35
Je ne connais presque aucun auteur que vous citez (il faut dire que la littérature et la philosophie africaines ne sont pas tellement mises en avant en France), il va falloir chercher un peu.
Quand on lit le commentaire de MISE AU POINT on voit bien à qui Sarkozy s'adresse: au beauf français de base, qui ne s'est jamais renseigné avant de parler, qui fanfaronne sans la moindre culture, et qui se décomplexe à grand renfort de points d'interrogations qui appellent des réponses qui ne sont évidentes qu'au bon sens moyen, c'est à dire aux raisonnements faciles, aux idées faciles d'accès comme dirait l'autre, aux concepts réducteurs que pourrait circonscrire l'encéphale d'une poule.
Honte à toi MISE AU POINT avec ton pseudo péremptoire et à ceux que tu soutiens. il suffit de lire l'article situé sur la même page à propos des palmeraies du Cameroun pour se rendre compte qu'il y a énormément d'africains qui souffrent encore de la mainmise de l'Europe, de ses états, de ses entreprises -et des relents de colonialisme de ses ressortissants- sur les richesses de leurs pays.
 Comment ne pas faire le  rapprochement entre "«Nous savons que les ouvriers ne s'en sortent pas, que leurs employeurs les paient en retard», reconnaît Marc Mutsaars, le patron de Socapalm. La situation est la même dans les autres plantations du pays, explique-t-il pour tempérer. " et "On pointe aussi du doigt les entreprises francaises comme contributives au maintien des dictatures africaines. Soit! Mais sont-elles les seules? Et que faut-il faire?" d'une part et "«Qu'ils fassent grève. Quand ils auront faim, ils reviendront travailler», leur auraient répondu les patrons.  " et "Qui en souffrirait le plus? Les etrangers ou les Africains?" d'autre part.
Toujours ce refus de voir la souffrance là où elle contredit nos vieilles théories et pour finir, la menace de celui qui se sent en position de force.
commentaire n° : 6 posté par : Thomas NICOL le: 08/10/2008 00:39:09

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Tibet: Le piège tendu par les Occidentaux à la Chine


Aucune autre occasion n'aura été si belle pour les Occidentaux, comme celle offerte par les Jeux Olympiques de Pékin, pour s'essayer à des basses manœuvres de déstabilisation de la Chine par des manipulations en tous genres comme ce qui se passe aujourd'hui. Déplacer une question de géostratégie sur le terrain des droits de l'homme, on l'a vu avec l'Irak ou l'Afghanistan, est une ruse utilisée par les Occidentaux pour initier le chaos. Cette fois-ci, la question est de savoir s'ils ne risquent pas gros en s'attaquant au géant chinois.

Le réveil de la Chine ainsi que celui d'autres pays comme l'Inde est perçu, par les Occidentaux, comme un affront, une réelle menace qui constitue une atteinte à leur dignité. Situation que l'orgueil occidental ne saurait trop accepter et qu'il faut combattre par tous les moyens. Une preuve de plus qui trahit les bonnes intentions des occidentaux lorsqu'ils abordent la question du "Bien-être" de l'humanité. Tout dans les intentions et les incantations.

La crise qui sévit aujourd'hui au Tibet est parmi les possibles instruments et moyens de rétorsion dont les Occidentaux useront sans scrupules d'en abuser, pour essayer de contrer et faire face à la puissante machine chinoise, dont l'avancée a pour conséquence d'écarter, de faire vaciller la condescendance de l'Occident dans les territoires qui leur servent de sources d'approvisionnement et qu'ils considèrent comme conquis à jamais. Ainsi la Chine est, depuis quelques années maintenant, considérée comme le grain de sable qui vient enrayer la mécanique d'oppression occidentale, habituée à broyer et mettre à mal les économies africaines par exemples.

Les informations ci et là relayées dans les médias occidentaux de la situation au Tibet et les condamnations unanimes des puissances occidentales sont de nature en induire en erreur le citoyen lambda qui ne prendrait pas en compte la question d'approvisionnement en matières premières et autres énergies [la géostratégie], pour se contenter de scruter l'argument fallacieux et fantaisiste des droits de l'homme que les Occidentaux balancent à tout va. LOoccident peut-il lui-même se targuer de garantir les droits de l'homme sur son territoire ?

Pourquoi l'Occident ne met-il pas le même entrain à donner l'autonomie aux Basques qui la réclament du gouvernement espagnol, aux Bavarois qui veulent la sécession d'avec le pouvoir central allemand ou aux Corses qui sont en perpétuel mouvement pour se séparer de la France ?

Espérons simplement que les "états africains" dont les équipes participent aux jeux olympiques ne suivront pas l'hystérie occidentale en boycottant les Jeux ou leur ouverture, se privant ainsi d'un contrepoids qui, s'ils sont malins, les sort de l'asphyxie dans lequel l'Occident les plonge depuis des lustres.

Mboa Nguila
100 langue de bois
19/03/2008

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