Calendrier

Avril 2007
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Bluff

Les Camerounais exploités des palmeraies de Bolloré 

bollor--esclavagiste.jpg 

C'est un Germinal sous les tropiques qui se joue dans la palmeraie de Kienké, dans le sud-ouest du Cameroun. Dans cette plantation de palmiers à huile de 9 000 hectares de la Société camerounaise des palmeraies (Socapalm) - filiale d'un groupe belge, Socfinal, lui-même détenu à près de 40 % par le français Bolloré aux côtés de son traditionnel partenaire, la famille belge Fabri -, les ouvriers sont en colère. Depuis novembre, ils ont plusieurs fois fait grève contre leurs conditions de vie et de travail. En retour, la police a arrêté et détenu pendant quelques jours leur leader, Michael Agbor.

«Une journée ne suffit pas pour décrire nos souffrances», assure Albert, un ouvrier. Depuis plusieurs années, il vit en permanence dans la palmeraie. Six jours par semaine, il coupe de lourds régimes de noix de palme. Sans gants pour protéger ses mains : ses paumes ont pris la couleur orange des noix que Socapalm transforme en huile de cuisine. Chaque matin, il s'entasse avec ses collègues et le matériel de coupe dans les camions, des épaves, qui s'enfoncent dans la plantation pour charger les régimes. Le soir, il doit marcher, parfois sur une quinzaine de kilomètres, pour rentrer dans un des sept campements d'ouvriers installés au cœur de la plantation.

«Esclaves»

Le tout pour pas grand-chose : il gagne 22 francs CFA pour un régime de 15 kg. En moyenne, il touche 35 000 francs CFA (environ 53 euros) par mois, ce qui ne lui permet pas de vivre décemment. Il a néanmoins plus de chance que ceux qui coupent les régimes de 10 kg pour 8 francs CFA. «Les retenues sur nos salaires sont courantes. Nous sommes souvent payés en retard voire pas du tout», précise-t-il. Albert n'est pas affilié à la sécurité sociale et n'a pas de couverture médicale. «Beaucoup voudraient partir mais ne le peuvent pas, parce qu'ils n'en ont pas les moyens et parce qu'ils attendent qu'on paie leurs arriérés de salaire», affirme-t-il. «Nous sommes les esclaves de la Socapalm», soupire un de ses collègues. Ce n'est cependant pas auprès de l'entreprise, qui contrôle 80 % du marché de l'huile de palme au Cameroun, qu'ils peuvent se plaindre : celle-ci ne les emploie pas directement, mais a passé des contrats de sous-traitance avec une soixantaine de sociétés pour la gestion de l'essentiel de la main-d'œuvre.

«Nous savons que les ouvriers ne s'en sortent pas, que leurs employeurs les paient en retard», reconnaît Marc Mutsaars, le patron de Socapalm. La situation est la même dans les autres plantations du pays, explique-t-il pour tempérer. Il assure que l'entreprise va réduire de moitié le nombre de sous-traitants pour mieux contrôler leurs pratiques. Cette mesure permettra-t-elle d'améliorer aussi les conditions de logement ? «Nous vivons comme des animaux», indique, dégoûté, Albert. Il n'y a pas d'eau, pas de sanitaires et seulement quelques heures d'électricité par jour dans le campement où il vit avec sa famille. Surpopulation, insalubrité et promiscuité font le reste du quotidien de ces vieilles baraques de bois grisâtre et étroites, collées les unes aux autres. Un hôpital, des écoles pour les enfants qui habitent trop loin de l'unique établissement scolaire de la plantation : Michael Agbor tient scrupuleusement la liste des réclamations depuis qu'il a été élu à la tête d'une sorte de syndicat, créé il y a quelques mois par les ouvriers.

«Notre messie»

Vulgaire «agitateur» pour Socapalm, il est devenu un héros dans les campements. Ses collègues, qu'il estime au nombre de 10.000, savent que son intransigeance et sa détermination face aux entreprises sous-traitantes sont exceptionnelles dans un pays où les syndicats sont systématiquement achetés. Le lendemain de son arrestation, en décembre, certains ont marché sur 15 km, jusqu'à Kribi, où il avait été amené par la police, en scandant : «No Michael, no work!» «Nous n'avons pas peur, nous sommes tous mobilisés», commente Albert. Il raconte comment l'électricité a été coupée dans son campement lors du dernier débrayage. «Qu'ils fassent grève. Quand ils auront faim, ils reviendront travailler», leur auraient répondu les patrons.

«Michael est notre messie», avouent plusieurs salariés de Socapalm, mécontents de leurs salaires et de leurs conditions de vie. De peur des représailles, ils restent cependant à l'écart des mouvements des ouvriers. Michael Agbor a fait également profil bas pendant plusieurs jours en janvier. Après que des représentants des autorités camerounaises lui ont glissé : «Si tu continues, on va te tuer.» Il venait de refuser l'augmentation de 3 francs CFA par régime proposée par les sous-traitants. Depuis, ses collègues lui ont conseillé de ne plus travailler dans la plantation.

Fanny Pigeaud
Libération
11/03/2008

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Dimanche 1 avril 2007



«En politique, il faut moins résoudre les problèmes que faire taire ceux qui les posent.»
(Henri Queuille)

Ainsi donc, cela est vrai. Guillaume Soro est le nouveau Premier Ministre de Côte d’Ivoire. Déprimante pour les uns, risible pour les autres, la décision de Laurent Gbagbo de nommer le chef rebelle aux mains souillées de sang à la tête du gouvernement ivoirien suscite surtout une perplexité croissante quant aux véritables desseins du chef de l’Etat éburnéen. Est-il prêt à tout, juste pour conserver son fauteuil le plus longtemps possible, comme le laissent supposer ses récentes actions et prises de paroles, ou ces dernières s’inscrivent-elles dans le cadre d’un savant et sinueux plan d’émancipation et de développement de la Côte d’Ivoire ?

Le décret de nomination que Guillaume Soro est venu, tout sourire, chercher à la Présidence de la République la semaine passée met fin au pitoyable interlude Charles Konan Banny. Mais il n’est pas certain pour autant que les Ivoiriens y gagnent au change. Un bouffon contre un criminel. En effet, en dépit des intéressants exercices de style auxquels se livrent depuis quelques temps les médias proches du pouvoir, se pliant aux injonctions d’un Laurent Gbagbo qui a nouvellement endossé les atours bien peu seyants de censeur de presse, la réécriture de l’Histoire demeure une tâche ardue. Même si toute une armada de journalistes et conseillers en communication, autrefois symboles de patriotisme et d’intégrité intellectuelle, est mise à contribution, rien n’y fait : la pilule ne passe pas. Et tout le matraquage médiatique qui consiste à refaire un curriculum au nouveau Primus n’arrive pas à faire oublier les actes barbares et sanglants dont Guillaume Soro a été l’auteur et l’instigateur. N’est-il pas vaudevillesque de se remémorer l’unanime levée de boucliers de ces mêmes intervenants lorsqu’au sortir de Kleber en 2003, Soro exigeait les ministères de la Défense et de l’Intérieur ? Et pourtant, le voilà nommé à la tête de tout le gouvernement, seulement quatre ans plus tard. Qui eut cru que l’accord de Linas Marcoussis serait un jour amèrement regretté sur les berges de la lagune Ebrié ? Morale de l’histoire : Prends des armes, tue un grand nombre de tes prochains et Premier Ministre tu seras.

Alassane Dramane Ouattara, Henri Konan Bédié, Seydou Diarra, Charles Konan Banny… La liste des victimes politiques de la sale guerre de la France contre la Côte d’Ivoire ne fait que s’allonger. Difficile de s’en plaindre. Mais s’il ne fait aucun doute que Guillaume Soro sera lui aussi «cannibalisé» par Laurent Gbagbo, il n’en demeure pas moins qu’aucune avancée notable n’a été faite concernant une résolution pérenne de la crise. Banny, Ouattara, Soro et même Compaoré ne sont que des marionnettes. Le vrai adversaire des Ivoiriens, c’est la France. Et si l’aboutissement du processus de libération de la Côte d’Ivoire devait réellement passer par un dialogue direct, alors les signatures au bas de l’accord de Ouagadougou auraient dû être celles de Jacques Chirac et de Laurent Gbagbo.

Certes, il ne fait aucun doute que la France a été partie prenante de l’accord «historique» tant vanté et si peu critiquable ces dernières semaines. Le ballet des missi dominici qui se sont succédés à Abidjan, puis dans la capitale burkinabé depuis la fin du mois d’Octobre 2006 est on ne peut plus explicite. Mais comment se fait-il que personne ne se soit offusqué du rôle de médiateur attribué à Blaise Compaoré, alors qu’il est clairement établi que la France lui avait précédemment sous-traité tout le volet militaire de ses attaques contre l’Etat de Côte d’Ivoire ? Et quid des intérêts économiques qui ont motivé les diverses tentatives de renversement du régime Gbagbo par Jacques Chirac ? Quid des investissements effectués par la France au Burkina Faso pour la mise en place d’une sanglante filière détournée du cacao ? Quid de l’exploitation du pétrole, du gaz et de toutes les ressources naturelles qui a justifié l’envoi et le maintien onéreux de milliers de soldats français au sein de la force Licorne et l’extermination de citoyens ivoiriens par l’armée française en mondovision ? Pourquoi, en signant l’accord de Ouagadougou, Gbagbo a-t-il choisi de ne pas donner le coup de grâce au système françafricain pérennisé par une Chiraquie qui n’avait jamais été dans une telle position de faiblesse ? Pourquoi Laurent Gbagbo privilégie-t-il la cosmétique là où une intervention chirurgicale paraît de mise ?

A première vue, la stratégie de gestion de crise de Laurent Gbagbo semble se réduire à un enchainement d’actes inconséquents. Ceci est certainement trompeur, puisque l’homme vaut bien mieux que cela. Laurent Gbagbo a réussi à se hisser en première ligne des héros contemporains de l’indépendance africaine, comme Paul Kagame ou Thabo Mbeki. Mais la nomination de Guillaume Soro au poste de Premier Ministre est tout sauf anodine. L’engagement des populations ivoiriennes aux côtés de Laurent Gbagbo découle d’un choix de conscience. Leur imposer comme chef de gouvernement un individu qui, depuis cinq ans, est coresponsable de leurs souffrances, de leurs misères et de leurs malheurs, en assortissant cette décision d’une interdiction de penser, de critiquer ou de s’exprimer est irrecevable. Si ce décret fait effectivement partie d’un plan complexe ourdi par le président ivoirien pour extraire son pays de la mainmise française, il est évident que des explications – et non des oukases – sont attendues par ceux qui, depuis 2002, se sont engagés sans faillir dans une lutte contre des adversaires puissants, visibles et invisibles.

«A chaque fois que tu entends un homme dire qu’il veut la liberté, mais en même temps énoncer ce qu’il ne fera pas pour l’avoir, sache qu’il ne croit pas à la liberté. Un homme qui croit à la liberté fera n’importe quoi dans ce monde pour l’acquérir ou pour la préserver.» Paroles de Malcolm X à méditer.

Mahalia Nteby

par Mahalia Nteby publié dans : Côte d'Ivoire
ajouter un commentaire commentaires (4)    créer un trackback recommander

Catégories

Réalité

Tibet: Le piège tendu par les Occidentaux à la Chine


Aucune autre occasion n'aura été si belle pour les Occidentaux, comme celle offerte par les Jeux Olympiques de Pékin, pour s'essayer à des basses manœuvres de déstabilisation de la Chine par des manipulations en tous genres comme ce qui se passe aujourd'hui. Déplacer une question de géostratégie sur le terrain des droits de l'homme, on l'a vu avec l'Irak ou l'Afghanistan, est une ruse utilisée par les Occidentaux pour initier le chaos. Cette fois-ci, la question est de savoir s'ils ne risquent pas gros en s'attaquant au géant chinois.

Le réveil de la Chine ainsi que celui d'autres pays comme l'Inde est perçu, par les Occidentaux, comme un affront, une réelle menace qui constitue une atteinte à leur dignité. Situation que l'orgueil occidental ne saurait trop accepter et qu'il faut combattre par tous les moyens. Une preuve de plus qui trahit les bonnes intentions des occidentaux lorsqu'ils abordent la question du "Bien-être" de l'humanité. Tout dans les intentions et les incantations.

La crise qui sévit aujourd'hui au Tibet est parmi les possibles instruments et moyens de rétorsion dont les Occidentaux useront sans scrupules d'en abuser, pour essayer de contrer et faire face à la puissante machine chinoise, dont l'avancée a pour conséquence d'écarter, de faire vaciller la condescendance de l'Occident dans les territoires qui leur servent de sources d'approvisionnement et qu'ils considèrent comme conquis à jamais. Ainsi la Chine est, depuis quelques années maintenant, considérée comme le grain de sable qui vient enrayer la mécanique d'oppression occidentale, habituée à broyer et mettre à mal les économies africaines par exemples.

Les informations ci et là relayées dans les médias occidentaux de la situation au Tibet et les condamnations unanimes des puissances occidentales sont de nature en induire en erreur le citoyen lambda qui ne prendrait pas en compte la question d'approvisionnement en matières premières et autres énergies [la géostratégie], pour se contenter de scruter l'argument fallacieux et fantaisiste des droits de l'homme que les Occidentaux balancent à tout va. LOoccident peut-il lui-même se targuer de garantir les droits de l'homme sur son territoire ?

Pourquoi l'Occident ne met-il pas le même entrain à donner l'autonomie aux Basques qui la réclament du gouvernement espagnol, aux Bavarois qui veulent la sécession d'avec le pouvoir central allemand ou aux Corses qui sont en perpétuel mouvement pour se séparer de la France ?

Espérons simplement que les "états africains" dont les équipes participent aux jeux olympiques ne suivront pas l'hystérie occidentale en boycottant les Jeux ou leur ouverture, se privant ainsi d'un contrepoids qui, s'ils sont malins, les sort de l'asphyxie dans lequel l'Occident les plonge depuis des lustres.

Mboa Nguila
100 langue de bois
19/03/2008

Recherche

Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus