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Jeudi 26 mars 4 26 /03 /Mars 15:59



Il y a quelques années, au détour d’une excursion en France dite métropolitaine, l’une de mes connaissances dont le sens d’engagement pour les causes humanitaires ne fait l’ombre d’aucun doute, me suggéra de prendre part à une marche programmée par une journée de samedi dans les rues parisiennes, en dénonciation d’un meurtre aux Antilles. Un policier Blanc venait une fois de plus d’y abattre un fugitif de quelques balles bien ajustées dans le dos, en légitime défense, comme il est de cette appellation contrôlée, prisée chez les disciples des préceptes lepénistes. Je lui opposai gentiment une fin de non-recevoir, avec pour toute explication, tant je m’en estimais redevable, qu’il s’agissait d’un différend franco-français ! Interloqué, il écarquilla grand les yeux mais loin d’être résigné, misant sur l’hypothèse d’une de ces nouvelles blagues de mauvais goût, dont il m’accorderait volontiers la paternité. Désolé ! Et je l’étais en vérité au seul motif d’estime pour son sens d’engagement que je partageais, quoique pour le coup, il y avait cette forme qui nous divergeait. Si les Antilles faisaient partie de la France, je n’en restais pas moins convaincu que l’Antillais-Français devait accomplir son affirmation et son émancipation nulle part ailleurs qu’aux Antilles. J’étais en somme animé de cette certitude, qu’aussi longtemps les Antillais n’auront pas compris qu’il est de leur devoir de se déterminer par eux-mêmes, leur avenir restera aussi sombre et crispant que le flanc de la voûte céleste d’Amazonie au plus fort des précipitations. Et je ne savais certainement pas si bien le dire !

A l’heure où Guadeloupe et Martinique viennent de vivre un mouvement social d’une ampleur aussi historique que porteuse d’espoir légitime, je m’immisce au cœur de l’événement, ainsi à posteriori au détour d’une rétrospective. Un tour d’horizon dans les médias hexagonaux, et déjà une constance : La France métropolitaine s’inquiète de la montée du racisme dans les Antilles !!!... Tiens, tiens ! C’est bien connu, la meilleure défense reste l’attaque. On ne change pas une tactique qui fait recette. Et ce n’est certainement pas les éminents tacticiens de la World Company qui me démentiraient.

Souvenez-vous ! Au plus fort des émeutes de 2005 dans les banlieues métropolitaines en prise avec ces sinistres désespoirs qui rappellent insidieusement Soweto, un nouveau concept fit étrangement irruption dans l’arène des médias métropolitains : Le racisme anti blanc. Martelé haut, et toujours plus fort, à longueur des ondes. Et les bénévoles n’y manquent pas par ces moments toujours garnis de sursauts patriotiques à profusion. Comme ce fut bien le cas en 2005, et comme c’est à nouveau le cas en ce début d’année 2009. Un antidote éprouvé ! Qu’un peuple exprime ses souffrances, et c’est inacceptable et intolérable. Qu’un syndicaliste expose son exaspération et sa colère, et c’est le tollé général. Il s’agit des termes de nature à constituer un délit, et bien sûr que cela est intolérable dans une République qui ne badine pas avec les dérapages, quels qu’ils soient, encore moins quand ils sont à connotation raciste !… Et c’est la Justice qui ouvre une enquête, avec entrain bien évidemment. Soit. Mais alors ! Qu’en est-il du principe de causalité pourtant cher on le sait, aux maîtres-penseurs métropolitains ? Que vaut donc l’expression de désarroi, fût-elle au relent raciste, en comparaison à une méthodique et lugubre sujétion qui maintient inexorablement atrophié et cahoteux, l’avenir d’une communauté pour laquelle les seules promesses de réussite dite sociale, quoique bien encore hypothétiques, résident dans le sport et la musique ?

Les Antilles sont aussi la France, assure-t-on. Quid donc du développement social dans cette région tout aussi partie intégrante d’une nation solidement hissée dans le G7 ? Et je veux bien accepter que dans l’histoire de la France métropolitaine, il y eut ne serait-ce une seule revendication sociale si paralysante des activités et d’une envergure même régionale, pendant laquelle Matignon et Elysée, alors à l’unisson, auraient si obstinément misé sur la naïveté des syndicalistes… Puisqu’il y a grève et une montée de racisme anti blanc dans les Antilles, essayons donc de décrypter les tenants d’un antagonisme franco-français, désormais exposé par la force des choses, sous les feux des projecteurs. Et pour cela, paraît-il, rien ne vaut, au préalable, une brève intrusion dans l’histoire insulaire ; l’histoire vraie je veux dire, celle que dissimule soigneusement l’armada d’éminents historiens métropolitains.

Indépendance des Antilles

Avant d’abolir l’esclavage, curieusement à la révolution industrielle, au temps où les machines remplaçaient désormais les mains-d’œuvre serviles, la France métropolitaine avait pris le soin de concentrer la richesse dans les îles, entre les mains des siens, les békés, dans l’esprit bien entendu d’idées nobles d’émancipation de la personne humaine, sous la forme de ce qui est alors considéré comme étant une indemnisation pour le prix de la libération des esclaves étonnamment devenus tout aussi précieux que les collections d’art du tandem Bergé/Saint-Laurent… Abandonnés à eux-mêmes, misérables et le plus souvent aux petits soins des rangers toujours bienveillants, il en va dorénavant du piteux quotidien d’une communauté qui allait par la suite être flouée par d’alléchantes offres de départementalisation. Ainsi les békés, faisant à peine 2% de la population, dominent 90% des économies insulaires, particulièrement au niveau foncier mais aussi des pans entiers d’activités en possédant les principales sociétés d’importation et de distribution... Il n’est donc pas surprenant que les Afro-Antillais ou plutôt, les Afro-Français d’Outre-mer, qui font pourtant plus de 90% de la population, se retrouvent livrés à eux-mêmes, à la merci des spéculations méthodiques, tant sur les plans fonciers que des produits manufacturés dont les prix pour la plupart, valent pas moins du double de ceux pratiqués en métropole, sans motif économique quelconque. Et quand l’on sait que comparés à la métropole, les salaires sont moins que rien Outre-mer, et le taux de chômage trois fois plus élevé dans les meilleurs des cas, vous comprenez assez aisément qu’il est des concitoyennetés tout aussi redoutables que l’occupation.

Les récents sondages publiés en France métropolitaine révèlent que majorité des Français sont favorables à l’indépendance des Antilles ; ces Antilles dont ils ne gardent généralement à l’image que plages et soleil, palaces et cocotiers. Voyons donc si leur gouvernement qui venait d’ailleurs de soumettre en bonne et due forme une offre de départementalisation à l’île de Mayotte délestée aux Comores, s’obstinera à consommer un mariage dont on sait à présent que l’un des amants au moins, ne veut démocratiquement pas… Je vous laisse toutefois imaginer les Antilles indépendantes avec 90% des richesses entre les mains d’un groupuscule faisant à peine 2% de la population, et pour qui, généralement, l’égalité des races relève du fantasme sinon, de l’hérésie de pseudo-scientifiques. Reconnaissons-le tout de même, en matière de racisme, et à l’instar du Front national (Fn) de Le Pen, on peut probablement tout reprocher aux békés, sauf d’être hypocrites.

Jacques Bino a tragiquement disparu au plus fort de la crise, au moment même où les appels à l’apaisement à grand racolage médiatique des vedettes sportives issues de Dom, n’ont pas produit l’effet escompté. L’enquête voudrait, et je le concède, qu’il soit tout aussi possible que le meurtre du syndicaliste du Lkp ait été commandité par un Guadeloupéen pour lequel il défendait les intérêts. Soit. Le procureur de la République de Pointe-à-Pitre a ouvert, dit-on, une information judiciaire. Attendons donc les résultats de l’instruction. Espérons surtout que l’infortuné Bino aura, lui, plus de chance que Tjibaou et Yeiwéné-Yeiwéné, et que l’on connaîtra le ou les commanditaires d’un meurtre qui, au plus fort des tensions, avait oppressivement allure d’un cinglant avertissement adressé aux syndicalistes les plus fringants. En cela, disons-le, Elie Domota et ses compagnons de résistance ont le mérite d’abnégation et de ténacité… Avec l’île de la Réunion qui a emboîté, tambour battant, les pas de la Guadeloupe et de la Martinique, les Antilles semblent avoir compris que croiser les bras et subir revient exactement à offrir amende honorable ou plutôt, bonne conscience à la caste métropolitaine dont l’état d’âme relèverait, dans l’absolu, de l’utopie. Espérons donc que cette communauté saura fructifier une dynamique si porteuse d’espoir légitime, pour enfin prendre véritablement conscience de sa propre condition existentielle et surtout, se déterminer par elle en conséquence.

Amitié des dictateurs

A l’évidence sur le fond tout au moins, l’élite politique antillaise ne paraît guère différente de son alter ego subsaharien. A la différence de l’Afrique subsaharienne où l’apparente indépendance des ex-colonies françaises constitue concrètement la seule nuance, la mainmise de la France métropolitaine sur les Antilles porte une étoffe bien officielle. Mais bien au-delà des Antilles et des ex-colonies françaises d’Afrique subsaharienne, la question reste la même, stricto sensu, indépendamment des considérations géopolitiques : Les peuples noirs sont-ils disposés à assumer véritablement par eux-mêmes leur destinée, comme le font Tigres et Dragons, ou plutôt, continuer à croupir si piteusement tels de peuples de seconde zone, sous une funeste dialectique d’asservissement, au demeurant autrement plus destructrice que les deux guerres mondiales réunies ? Une question qui semble hélas, résister au temps !

Il est de ces exactions plus que jamais en droite ligne d’un ordre établi, le règne sans équivoque d’un mode d’expression d’une férocité probablement sans égale. Un gisement plutôt immensément lucratif, l’apanage d’un Gotha pour qui "sensé" et "insensé" représenteraient dans l’absolu une seule et même partition symphonique. La France [métropolitaine], puisque c’est d’elle qu’il s’agit ici, y fait assurément figure de l’une des virtuoses incontestées. Tenez-en : la France qui se démène bec et ongles pour que justice soit rendue pour le meurtre de Hariri, est celle qui déroule tapis rouge aux meurtriers de Sankara. La France qui applaudit la chute de Saddam, est celle qui ne fait guère mystère sur ses amitiés préférentielles avec des dictatures tropicales des plus immondes. La France qui condamne avec véhémence le coup d’Etat en Guinée Conakry, est celle qui octroie son onction au tour de force du clan Eyadema au Togo. La France qui apporte son soutien pour la tragique déchéance du président Lissouba démocratiquement élu au Congo, est celle qui se précipite au secours du régime dictatorial tchadien dont les sinistres prouesses ne sont plus à présenter. La France qui prêche à tout va droits et libertés humains, est celle qui tire à vue et massacre civils à Abidjan. La France qui prêche à tout va justice et égalité, est celle qui distille impunité à ses véreux d’Abéché. La France qui applaudit l’élection d’un Afro-Américain à la tête de la toute première puissance du monde, est celle qui bride le destin politique de sa minorité noire qu’elle qualifie avec panache, de visible. La France qui offre en grande pompe l’asile à l’écrivain bangladaise Taslima, est celle qui persécuta Mongo Béti, de regrettée mémoire, dont on connaît l’indifférence et le dénigrement qui ont fatalement émaillé les sorties des classiques pourtant tout aussi dignes de figurer dans les colonnes de l’anthologie littéraire ; à l’inverse de ces produits doctrinaires, de ces anesthésiants dits à succès, plutôt soigneusement déconnectés d’une réalité déconcertante. Et j’en passe. Bien entendu entre autres, je fais ici fi de l’épouvante du chapitre colonial qui, me diriez-vous à juste titre chers lecteurs, reste encore ouvert ; hélas, à la faveur des compromissions pour le moins affligeantes des nôtres !... Au demeurant, je veux bien comprendre qu’il ne s’agit point ici de contradiction et encore moins, d’absurdité. Je veux bien comprendre qu’il s’agit dans les deux sens, de considérations tout aussi dignes de lumière et de droits et libertés humains, admises par une nation dite civilisée et fière de se considérer comme telle.

Yves Jégo qui découvre apparemment les disparités criardes des prix des produits [manufacturés] entre la Métropole et les Antilles, a saisi, dit-on, l’Autorité de la concurrence qui rendra son rapport fin été… Au cœur de la tragédie, une autre diversion d’un genre plutôt français !

Par Badiadji Horretowdo in Le Messager, le 24 mars 2009

Par Mahalia Nteby - Publié dans : Grands dossiers
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Vendredi 13 mars 5 13 /03 /Mars 06:47



Avec la crise internationale déclenchée à l'été 2008, tous les dogmes néolibéraux ont été battus en brèche et la supercherie qu'ils représentaient a été mise à jour. Ne pouvant nier leurs échecs, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) prétendent avoir abandonné les politiques néolibérales connues sous le nom de «consensus de Washington». Bien que discréditées, ces deux institutions profitent pourtant de la crise internationale pour revenir sur le devant de la scène.

Pendant des décennies, elles ont imposé aux forceps des mesures de déréglementation et des programmes d'ajustement structurel qui ont conduit immanquablement à l'impasse actuelle. C'est un réel fiasco pour la Banque mondiale et le FMI qui doivent maintenant répondre de leurs actes devant l'opinion publique mondiale.

De surcroît, leurs prévisions économiques ne sont pas fiables : en novembre 2008, le FMI pronostiquait une croissance mondiale à 2,2% pour 2009, avant de la revoir à la baisse à 0,5% en janvier, puis de l'estimer finalement négative en mars. En fait, ses experts défendent la cause des grands créanciers face aux citoyens dont les droits fondamentaux sont de moins en moins garantis.

Alors que la situation économique se détériore rapidement, les grands argentiers du monde s'efforcent de garder la main et de donner à un FMI discrédité et délégitimé le rôle du chevalier blanc qui va aider les pauvres à faire face aux ravages de cette crise. Or c'est tout le contraire qui se passe. Les principes défendus par le FMI depuis les années 1980 et combattus par le CADTM (Comité pour l'annulation de la dette du tiers monde) depuis sa création sont toujours de mise. Les gouvernements qui signent un accord avec le FMI pour se voir prêter des fonds doivent appliquer toujours les mêmes recettes frelatées, qui aggravent la dégradation des conditions de vie des populations.

Sous la pression du FMI dirigé par Dominique Strauss-Kahn, plusieurs pays confrontés aux effets de la crise s’en sont pris aux revenus des salariés et des allocataires sociaux. La Lettonie a imposé une baisse de 15% des revenus  des fonctionnaires, la Hongrie leur a supprimé le 13e mois (après avoir réduit les retraites dans le cadre d’un accord antérieur) et la Roumanie est sur le point de s’engager aussi dans cette voie. La potion est tellement amère que certains gouvernements hésitent. C’est ainsi que l'Ukraine a récemment jugé « inacceptables » les conditions imposées par le FMI, notamment le relèvement progressif de l'âge de mise à la retraite et la hausse des tarifs du logement.

Il est temps de dénoncer le double langage du FMI et de Dominique Strauss-Kahn, qui, d’une part, demandent à la communauté internationale d’augmenter les efforts pour atteindre des objectifs de développement du millénaire déjà bien tièdes et, d’autre part, forcent les gouvernements ayant recours à ses services à baisser les salaires dans la fonction publique. Il s'agit là de l'exact opposé d'une vraie véritable politique destinée à faire face à la crise en défendant l'intérêt de ceux qui en sont victimes.

Pour répondre à la crise des années 1930, le président états-unien Franklin Roosevelt avait été amené par la mobilisation sociale à réduire le temps de travail tout en augmentant les salaires, les allocations sociales et les droits des travailleurs, notamment en garantissant le droit de syndicalisation. Avec le New Deal, Roosevelt avait mis en place une réforme fiscale qui augmentait les prélèvements sur le capital. Le «socialiste» Dominique Strauss-Kahn est bien loin d’avoir la carrure de Franklin Roosevelt et continue coûte que coûte à défendre l'intérêt des grands créanciers qui l'ont nommé à ce poste lucratif.

Le FMI démontre donc une fois de plus qu’il est un instrument docile au service de ceux-là mêmes qui ont provoqué la crise financière actuelle. Dans cette période de grande déstabilisation monétaire (comme les variations énormes de parité entre le dollar et l’euro depuis un an), le FMI se révèle incapable de proposer la mise en œuvre d’une taxe de type Tobin-Spahn qui réduirait les variations des cours de change en combattant la spéculation et qui permettrait de réunir enfin les fonds nécessaires pour éradiquer la pauvreté et libérer le développement. Pourtant depuis sa création en 1944, l’obligation de favoriser le plein emploi figure explicitement dans les missions du FMI qui agit donc en violation de ses propres statuts.

La crise financière et économique mondiale souligne la faillite de la déréglementation des marchés financiers et de l’abandon du contrôle sur les mouvements de capitaux, prônés par le FMI. Cela rend indispensable la recherche  d'une nouvelle architecture internationale basée sur le Pacte international sur les droits économiques, sociaux et culturels (1966) et sur la Déclaration des Nations unies sur le droit au développement (1986). Mais une telle logique ne s'imposera pas sans inversion du rapport de force. Si, sous la poussée des mobilisations populaires, un nombre suffisant de gouvernements ne met pas en place une telle alternative, la Banque mondiale et le FMI seront en mesure de surmonter leur crise en mettant à profit la chute des prix des produits de base pour entraîner les pays exsangues vers une nouvelle dépendance envers leurs crédits, dont la substance visera davantage à sauver le système qu'à satisfaire des critères humains et écologiques.

Pour toutes ces raisons, la seule solution acceptable passe par l'abolition immédiate du FMI et de la Banque mondiale, et leur remplacement par des institutions radicalement différentes, centrées sur la satisfaction des besoins humains fondamentaux.

Par Damien Millet et Eric Toussaint le 10 mars 2009

Par Mahalia Nteby - Publié dans : Grands dossiers
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Dimanche 1 mars 7 01 /03 /Mars 05:00



One aspect of the effects of the global recession has been the strong pressures impacting on the monetary arrangements of the Economic Community of West African States (ECOWAS) or in French the Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO). This regional grouping of fifteen African states (Benin, Burkina Faso, Cape Verde, Côte d'Ivoire, The Gambia, Ghana, Guinea, Guinea Bissau, Liberia, Mali, Niger, Nigeria, Senegal, Sierra Leone, and Togo) contains Francophone, Anglophone and one Lusophone states. These nations joined together in the Treaty of Lagos in 1975 in an effort to construct an economic and monetary union which would promote growth, stability and the integration of the economic development in the region. ECOWAS was also designed to become part of an even larger union, the African Economic Community.

The core of the difficulties in maintaining and controlling such a monetary union has been the complicated relationship within ECOWAS between the formerly-French West African states who use the CFA franc (the Financial Community of Africa - Communauté financière d'Afrique, CFA franc) as their common currency and the non-francophone (except Guinea) states in the region who do not use the CFA franc. These eight CFA states are members of the customs and currency union, the West African Economic and Monetary Union (Union économique et monétaire ouest-africaine) WAEMU which co-exists within the wider ECOWAS organization. WAEMU represents seven francophone West African states (Benin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali, Niger, Senegal, and Togo) plus the lusophone Guinea-Bissau. This WAEMU was established by the Treaty of Dakar in 1994.

There are actually two separate CFA francs in circulation. The first is that of the West African Economic and Monetary Union (WAEMU). The second is that of the Central African Economic and Monetary Community (CEMAC) which comprises six Central African countries (Cameroon, Central African Republic, Chad,  Congo-Brazzaville, Equatorial Guinea and Gabon).

The other states within ECOWAS use their own currencies but have pledged to introduce a common currency within their own grouping, the West African Monetary Zone, WAMZ, by the end of this year 2009. These states (Ghana, Guinea, Nigeria, Sierra Leone, the Gambia and soon Liberia) hope to introduce a new common currency, the ECO, to rival the CFA franc and, eventually to merge the ECO and the CFA franc into a single monetary unit for the region. The pace of these developments is very slow.

One of the primary problems in dealing with the CFA is that it is not within the purview or competence of African officials to regulate the value or changes in the CFA franc. This was the sole responsibility of the French Treasury officials, and now, the French officials seconded to the European Central Bank (ECB). This is a result of an incomplete decolonization by France of its former colonies in Africa.
[i]

The French Legacy

The creation and maintenance of the French domination of the francophone African economies is the product of a long period of French colonialism and the learned dependence of the African states. For most of francophone Africa there are only limited powers allocated to their central banks. These are economies whose vulnerability to an increasingly globalised economy expands daily. There can be no trade policy without reference to currency; there can be no investment without reference to reserves. The African politicians and parties elected to promote growth, reform, changes in trade and fiscal policies are made irrelevant except with the consent of the French Treasury which rations their funds. There are many who object to the continuation of this system. President Abdoulaye Wade of Senegal has stated this very clearly: “The African people’s money stacked in France must be returned to Africa in order to benefit the economies of the BCEAO member states. One cannot have billions and billions placed on foreign stock markets and at the same time say that one is poor, and then go beg for money....
[ii]

This system of dependence is a direct result of the colonial policies of the French Government.  In the immediate post-war period after the signing of the Bretton Woods Agreement in July 1944 the French economy urgently needed to recover from the several disasters of the Second World War. To assist in this process it set up the first CFA amongst its African colonies to guarantee a captive market for its goods.

The principal decision which resulted from the Bretton Woods Agreement was the abandonment of the Gold Standard. In short, the new system gave a dominant place to the dollar. The other currencies saw their exchange rate indexed to the dollar. The reserves of the European central banks at that time consisted of currencies of dubious post-war value and gold which had been de-pegged from the fluctuations of the currency. For this reason France needed the currencies of its colonies to support its competitiveness with its American and British competitors. De Gaulle and his main economic advisor, Pierre Mendès France met with some African leaders and developed a Colonial Pact which would enshrine this is in a treaty (with both public and secret clauses).

Following the devaluation of the French Franc, it was naturally expected that the currency which was also circulating in Francophone Africa would also be devalued. Instead, France decided to create a new currency for its African colonies on 26 December 1945. The newly created CFA was however not devalued but overvalued. In deciding to overvalue the new currency, the CFA zone economies were effectively excluded from the international market as their products became too expensive on the competitive global market.

There remained only one market for the CFA zone, and that was France their colonial master. This enabled Metropolitan France to appropriate to itself the raw materials needed for its post-War and young industries. The colonies were tied hand and foot to serve Metropolitan France as other markets closed their doors to their expensive products. Thus through the new CFA currency, France was able to economically re-colonize its African colonies that had earlier been cut off from Paris as a result of the War
”.
[iii]

Decolonization south of the Sahara did not happen as de Gaulle had intended. He had wanted to create a Franco-African Community that stopped short of total independence. But, when Sekou Toure's Guinea voted "no" in the 1958 referendum on that Community, the idea was effectively dead. Guinea was severely punished because of its decision and the French soon had to proceed towards allowing the independence of its colonies but at the price of a strict continuing control over their economies. They agreed at independence to be bound by the Pacte Colonial.

The key to all this was the agreement signed between France and its newly-liberated African colonies which locked these colonies into the economic and military embrace of France. This Colonial Pact not only created the institution of the CFA franc, it created a legal mechanism under which France obtained a special place in the political and economic life of its colonies.

The Pacte Colonial Agreement enshrined a special preference for France in the political, commercial and defense processes in the African countries. On defense it agreed two types of continuing contact. The first was the open agreement on military co-operation or Technical Military Aid (AMT) agreements, which weren’t legally binding, and could be suspended according to the circumstances. They covered education, training of servicemen and African security forces. The second type, secret and binding, were defense agreements supervised and implemented by the French Ministry of Defense, which served as a legal basis for French interventions. These agreements allowed France to have predeployed troops in Africa; in other words, French army units present permanently and by rotation in bases and military facilities in Africa; run entirely by the French.

According to Annex II of the Defense Agreement signed between the governments of the French Republic, the Republic of Ivory Coast, the Republic of Dahomey and the Republic of Niger on 24 April 1961, France has priority in the acquisition of those "raw materials
classified as strategic.” In fact, according to article 2 of the agreement, "the French Republic regularly informs the Republic of Ivory Coast (and the other two) of the policy that it intends to follow concerning strategic raw materials and products, taking into account the general needs of defense, the evolution of resources and the situation of the world market.

According to article 3, "the Republic of Ivory Coast (and the other two) inform the French Republic of the policy they intend to follow concerning strategic raw materials and products and the measures that they propose to take to implement this policy.” And to conclude, article 5: "Concerning these same products, the Republic of Ivory Coast (and the two others) for defense needs, reserve them in priority for sale to the French Republic, after having satisfied the needs of internal consumption, and they will import what they need in priority from it.” The reciprocity between the signatories was not a bargain between equals, but reflected the actual dominance of the colonial power that had, in the case of these countries, organized "independence" a few months previously (in August 1960).

In summary, the colonial pact maintained the French control over the economies of the African states; it took possession of their foreign currency reserves; it controlled the strategic raw materials of the country; it stationed troops in the country with the right of free passage; it demanded that all military equipment be acquired from France; it took over the training of the police and army; it required that French businesses be allowed to maintain monopoly enterprises in key areas (water, electricity, ports, transport, energy, etc.).  France not only set limits on the imports of a range of items from outside the franc zone but also set minimum quantities of imports from France. These treaties are still in force and operational.
[iv]

The WAEMU CFA franc is issued by the BCEAO (Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest).
This currency was originally pegged at 100 CFA for each French franc but, after France joined the European Community’s Euro zone at a fixed rate of 6.65957 French francs to one Euro, the CFA rate to the Euro was fixed at CFA 665,957 to each Euro, maintaining the 100 to 1 ratio. It is important to note that it is the responsibility of the French Treasury to guarantee the convertibility of the CFA to the Euro.

The monetary policy governing such a diverse aggregation of countries is uncomplicated because it is, in fact, operated by the French Treasury, without reference to the central fiscal authorities of any of the WAEMU states. Under the terms of the agreement which set up these banks and the CFA the Central Bank of each African country is obliged to keep at least 65% of its foreign exchange reserves in an “operations account” held at the French Treasury, as well as another 20% to cover financial liabilities.

The CFA central banks also impose a cap on credit extended to each member country equivalent to 20% of that country’s public revenue in the preceding year. Even though the BCEAO has an overdraft facility with the French Treasury, the drawdowns on that overdraft facility are subject to the consent of the French Treasury. The final say is that of the French Treasury which has invested the foreign reserves of the African countries in its own name on the Paris Bourse.

The central banks of these 2 zones (the Central Bank of West African States (BCEAO) for WAEMU and the Bank of the Central African States (BEAC) for CEMAC) have supranational status. For each zone, the reserves of member states are pooled; members have no independent monetary policy and no possibility of undermining the central bank’s independence or monetizing public deficits.

This fixed exchange rate regime draws its credibility from monetary agreements with France that, via the Treasury, guarantee the convertibility of the CFA franc and provide the central banks an overdraft facility (compte d’opération) to meet liquidity needs. As a counterparty to this guarantee, 50% of their reserves must be placed within the French Treasury in the compte d’opération. The reserves must amount at least to 20% of central bank short-term liabilities. If the reserves are below this level (or if the compte d’opération is in debit) for more than one quarter, the central banks must take corrective measures (interest rate increases, credit rationing, and seizure of foreign exchange available in the zone).
[v]

In short, more than 80% of the foreign reserves of these African countries are deposited in the “operations accounts”
 controlled by the French Treasury. The two CFA banks are African in name, but have no monetary policies of their own. The countries themselves do not know, nor are they told, how much of the pool of foreign reserves held by the French Treasury belongs to them as a group or individually. The earnings of the investment of these funds in the French Treasury pool are supposed to be added to the pool but no accounting is given to either the banks or the countries of the details of any such changes. The limited group of high officials in  the French Treasury who have knowledge of the amounts in the “operations accounts”, where these funds are invested; whether there is a profit on these investments; are prohibited from disclosing any of this information to the CFA banks or the central banks of the African states.

Prof Nicholas Agbohou, author of Le Franc CFA et l'Euro Contre l'Afrique, and an ardent critic of the CFA-French relationship stated the dilemma clearly in a recent interview: “The economy of any given country is managed by its central bank or in the case of a regional community such as the Economic and Monetary Union of West African Stares (UEMOA), their central hank, the BCEAO, manages the economies of the member states. A central bank, in turn, is managed by an administrative council that determines the running of the bank. A central bank is therefore an important component of a country's economy as it is the principal bank of any country. Commercial banks give credit to individuals or institutions. The interest rate on credit is increased or lowered in conformity with the socio-economic development objectives of the country. For instance, if the central bank wishes to inject credit into the economy to favor the growth of entrepreneurship, the interest rate is lowered.

The CFA zone central banks' administrative councils are composed of: 16 administrators, 2 of them French in the BCEAO; 13 administrators, 3 of them French in the BEAC; and 8 administrators, 4 of them French in the BCC.

Questioner: But the French are in a minority here?

Agbohou: Yes, but in reality the paradox is that it is their reduced number that poses problems in as far as the less visible the French in these administrative councils, the more they are able to give the naive Africans the illusion that they (the Africans) are the masters in control due to their numerical strength.

The sad truth is that this French minority has "blocking powers", in other words the French enjoy veto powers on any major decisions taken by the banks' administrative councils.

For a decision to be valid at the BEAC, it must be unanimously approved by all the members of the administrative council. At the Comoros Central Bank or BCC, at least five of the eight administrators must approve a decision. At all times, no decision can be approved without the French. France is, therefore, in a position to block any major decisions taken by these banks. So if a decision favoured by the Comorian representatives at the BCC does not tally with French interests, the French administrators have the power to block it.  The way these central banks function, therefore, legalise and perpetuate the direct intervention of France in the vertebral column of the CFA zone economies. Even to appoint the governor of the BEAC for instance, the candidacy is proposed by Gabon, but it must be approved by Paris which seeks to ensure that the governor is malleable and ready to dance to French tunes to the detriment of African economic interests.
[vi]

This makes it impossible for African members to regulate their own monetary policies. The most inefficient and wasteful countries are able to use the foreign reserves of the more prudent countries without any meaningful intervention by the wealthier and more successful countries.

Perhaps the best description of these anomalies can be found in the writings of the Cameroonian economist Célestin Monga
[vii]  The crux of the matter comes down to the plain, unvarnished truth that the much praised advantages of the Franc zone primarily buttress a captive market tailor made to suit certain French businessmen installed in Africa, which concomitantly serves the transactions of corrupt African elites who regularly journey to France to augment their personal deposits in Parisian banks. While they are over here, why not offer themselves Pierre Cardin suits and shopping sprees without worrying about exchange rates? As for some farsighted French or African businessmen who would be interested in creating small businesses or developing industries on a durable basis, they are more concerned by the structural problem of mechanically, deteriorating profitability which persists when the currency of a weak economy is tied to the fixed exchange rate of an overly strong currency such as the euro.

What interests job creators aren’t the modest inflation rate conjured up by the advocates of the Franc CFA but the opportunities for commercializing their production. From this standpoint, the monetary policies of black African countries adhering to the Franc zone continue to suffer from a rash of self-inflicted masochism.
[viii]

The Challenge of the CFA

The major problem with the CFA franc is that because of its pegging to a fixed rate to the Euro its value reflects the successes or failures of European monetary policies, not African realities. For the last few years the rising value of the Euro relative to the US dollar has made African primary products much less competitive than the unfettered currency might have achieved. As Monga continues: “At a time when the world’s economy is slowing down, when the crisis of the international financial system and the stock markets threaten developing countries with recession, it is hard to understand why Francophone African countries, which rely almost exclusively on exports for their development still accept monetary arrangements that leave them no room for maneuver as far as external competition or internal economic policy is concerned. To make matters worse, the imports of these countries are usually billed in Euros whereas exports are paid back in dollars. A strong euro against a weak dollar not only overrates the franc CFA (making for a loss of price competitiveness for export products on international markets), but also means a loss of export volume and therefore tax revenues.
[ix]

This is particularly true for the range of African commodity prices. In the Standard and Chartered Bank Global Focus
[x] this point was stated succinctly: Commodities account for over 80% of the CFA franc zone’s exports and, given their impact on the balance of payments, budgets, and growth, have a strong influence on the policy stance toward the peg. In 1994, depressed commodity prices led to macroeconomic imbalances and contributed to the devaluation. Commodity prices, particularly oil, were booming for much of 2008, pushing up international reserves and leading to a rapid improvement in the barometer. The picture differed between WAEMU and CEMAC, however. Rising oil prices negatively impacted WAEMU countries (net oil importers) but strongly benefited CEMAC countries (net oil exporters). Furthermore, oil prices increased faster than prices of cocoa, gold, and cotton, which are key WAEMU exports. The cotton sector is of high importance to some WAEMU countries (Benin, Burkina Faso, and Mali) in terms of export receipts and employment, it is estimated that 15-20 million people in WAEMU depend on the sector for their livelihoods. Cotton prices did not boom to the same extent as other commodity prices, rising only modestly since 2006. (They are even more depressed in local-currency terms.) [xi]

The vulnerability of the WAEMU to the pressures of the high Euro-dollar spread were not felt by the other African states in ECOWAS, especially Nigeria. In Nigeria the windfall profits of $147 a barrel oil greatly enhanced the economic health of the country and its acquisition of substantial monetary reserves. As an important oil and gas producing state its fortunes burgeoned. The high prices paid for cocoa produced increasing income for Ghana and Guinea benefitted from the rising price of bauxite. These commodities are principally traded in dollars. More importantly, these two states were not bound by the restrictions of the Pacte Colonial and could purchase their imports outside the European market (France) and thus had a much lower vulnerability to a rising Euro.

Now, in the wake of the global credit crunch there are more worrying changes. The principal worry is the state of the French economy and the pressures on a Euro to cope with the vast monetary and fiscal divergences among the 27 states. The ECB has lowered interest rates but seems incapable of pursuing a monetary policy which will resolve the differences among the several European states. The French government has recently allocated 428 billion Euros to stimulate growth in the French economy, a large part of which will be directed at infrastructural projects. This does not leave a lot of cash to assist its African dependencies. The declining value of the African reserves, bound up in investments in a falling French stock market has diminished the ardor for French subsidies of development projects in such economic basket cases as Niger, Mali, Burkina Faso and others. France has shown itself unwilling to continue to finance the stationing in Africa of so many troops, including those wearing the blue berets of the United Nations. Even for those states which have discovered oil and gas reserves the falling price of oil has threatened many budgetary plans.

In the Anglophone countries of ECOWAS there is also a marked effect of the global crisis on the local economies. In Nigeria, long the powerhouse of the West African economy there has been a precipitous decline in the value of the Naira. The continuing crisis in the Niger Delta and the threat of the restriction of oil output by the rebels has increased the lack of confidence in the long-term stability of the Nigerian economy. The Christmas coup in Guinea, and the subsequent suspension of the country from ECOWAS, makes it much more problematic for a rapid restoration of income to the country from the vast mineral wealth which had been flowing to the recently deceased president’s coffers.   In short, there is little about the WAMZ states that would lead investors to expect growth, stability or a common economic policy. There appears to be little chance of an agreement on a common currency by the end of 2009. Still less is there a chance of uniting the WAMZ currencies with the CFA.

In a recent address, the Deputy Governor of The Bank of Ghana, Mr Van Lare Doso, said that even if the ECO was introduced it would take Ghana three years or more to make it legal tender.
[xii]

There is little expectation that the current economic climate will bring windfall benefits to West Africa. The fundamental reason for this is neither the state of the world’s economy nor the piratical domination of the CFA zone by the French; although they play a part. The reason why common markets, customs unions or multinational groups survive and thrive is because the constituent states trade with each other. The reasoning behind the formation of the European Economic Community; the EFTA and similar variants of these models is that the European states were trading heavily with each other. The uneconomic interference of customs duties, tariffs, currency restrictions, if scrapped, would be beneficial to all the partners. Despite the parallel battle over Federalism within the EU it has been clear that there have been positive and sustained gains for most parties from the creation of the union. Indeed it has succeeded in attracting ever more candidates to the union.

This is not true in Africa. There is very little intra-African trade; indeed most of that is the result of land-locked countries having to rely on neighbors for transit business. Intra-African trade, even in foodstuffs, is a small (around 5%) of national trade for most countries in ECOWAS. Some of this is due to producing raw materials which are exported to countries which are equipped to process them; the lack of a large and sophisticated domestic market for semi-finished goods which can be further processed; the lack of efficient storage facilities and, most importantly, the woeful lack of intra-African transport facilities.

Africa is a vast continent of immense resources but with very poorly developed transport integration with other centres of commerce. This lack of integration with the rest of the trading world is a heavy burden on African exporters and has led to a situation in which an enormous percentage of the prices realized by African exports in the world marketplace is paid for in transport costs. In the developed world these transport and insurance costs make up about 5.5%-5.8% of the delivered price. In some countries in Africa the cost of transport and insurance can make up to almost 80% of the cost of goods or products delivered to the world markets. Moreover, absent a developed intra-African air or sea service, this 80% of the market price for African products is paid to foreign companies in the developed world; and paid in U.S. dollars. This burden of external payments has a marked effect on currency price pressures as well.

To illustrate this one can work backwards. If the market price of a good is determined by the price at the destination than that price is the CIF price. If the transport and insurance costs account for such a high percentage of this price, it then follows that to be competitive; the African exporter must reduce his FOB price to reflect this differential. For example, if manganese ore sells at $250 per ton CIF Western Europe and transport costs of this manganese amount to $60 per metric ton, then the maximum FOB price of the manganese ore FOB Africa cannot be more than $190 per metric ton. The price of transport and, most frequently insurance, is not controlled by the African exporter. He is at the mercy of the shippers for whom transport rates are escalating.

Another important aspect of Africa’s dilemma is that the transport patterns which have emerged as a result of the outsourcing of international transport has been the continuation of links between African countries and the traditional colonial markets; e.g. Anglophone Africa to Great Britain; Francophone Africa to France; Lusophone Africa to Portugal, etc. North-South traffic is the most frequent African transport route; East-West Africa is almost unknown. Western Europe still takes about 50% of Africa’s exports. With the growth of major petroleum and gas exports from Africa since 1992 this figure of 50% is, in itself, misleading as these high value exports mask a concomitant decline in the value of African non-hydrocarbon exports. These trade patterns have led to ludicrous anomalies. Fresh produce from Southern Africa is shipped to Europe and then trans-shipped again to West Africa. Tobaccos often follow this routing. The hungry displaced civilians in Africa’s regional wars in Liberia, Sierra Leone, Angola and the D.R. Congo were forced to import expensive food from Europe via the World Food Program while African exporters of food had to send their products to Europe at low prices because of the transport nexus.

The point is that monetary union must reflect a pre-existing economic interdependence. Without that it is a futile exercise. There is no advanced level of economic interdependence in West Africa, partly due to the nature of African export markets and partly because of the distortion in the ability of francophone countries to act in their own interests because of the domination of France. Whatever the reason, there is little convergence among the West African economies so there will likely be no convergence in their monetary policies.

As a result it is unlikely that and ECO will be circulating within the WAMZ in January 2010. However, there is every likelihood that the CFA francs will continue their distortions of the African economies and very little is likely to change for the better.

By Dr Gary K. Busch in Ocnus.net, le 5 février 2009

 


[i] How France lives off Francophone Africa via the CFA franc, Mamadou Koulibaly, New African 1/08
[ii] We Want Our Money, Ruth Tete, New African 1/08
[iii] The Euro is bad news for the CFA, Ruth Nabakwe, New African 7/02
[iv]  Les servitudes du Pacte colonial, Mamadou Koulibaly, CEDA 4/05
[v]   Standard and Chartered Global Focus, 15 January 2009
[vi] CFA, the devil is in the details, Ruth Nabakwe, New African, 7/02
[vii]  Celestin Monga, The Franc Zone: Macroeconomics or Masochism, Billets d'Afrique N° 173, October 2008 
[viii] ibid
[ix] Ibid
[x] Standard and Chartered Global Focus op cit,
[xi]   ibid
[xii] Common African Currency in 2010, Afrol News 29/11/08

Par Mahalia Nteby - Publié dans : Grands dossiers
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Samedi 28 février 6 28 /02 /Fév 18:12



Certains Etats abusent de la malchance au point de banaliser la notion de crise économique. C’est certainement le cas des quatorze pays africains qui, avec les Comores et la France, constituent depuis 1939 une étrange union monétaire connue sous le nom de Zone franc. Relique d’un passé colonial qui semble n’avoir jamais eu de fin, cette union reflète à la fois le mimétisme intellectuel des élites africaines qui ne se sont jamais libérées de la mémoire de l’oppression, et l’égoïsme cupide des membres des réseaux de la Françafrique qui continuent de dominer la classe politique et l’administration de la coopération à Paris.

Alors que les anciens pays africains du Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie) qui étaient eux aussi membres de la zone franc pendant la période coloniale s’étaient réappropriés leur souveraineté monétaire avec l’indépendance, les pays d’Afrique sub-saharienne avaient reconduit la logique du pacte colonial, signant avec la France des accords de coopération qui les plaçaient sous la tutelle monétaire de Paris – ceci au nom d’une “intégration africaine” qui ne s’est jamais matérialisée. Près d’un demi-siècle après les indépendances que le Général de Gaulle leur avait généreusement attribuées, ces pays aux économies fort différentes les unes des autres et ne commerçant pratiquement pas entre eux, continuent d’utiliser la même monnaie qu’à l’époque coloniale (le franc CFA). Celle-ci est liée à un taux de change fixe avec l’Euro et gérée en réalité par une poignée de fonctionnaires de la Banque centrale européenne à Francfort, sans aucun souci ni considération pour la réalité et les besoins réels de ces pays, qui sont aussi parmi les plus pauvres de la planète.

Au moment où l’économie mondiale montre des signes d’essoufflement, que la crise des systèmes financiers et des bourses internationales menace de provoquer une baisse de la croissance dans les pays en développement, il est difficile de comprendre que l’Afrique noire francophone, qui ne peut compter que sur ses exportations pour se développer, continue de s’accommoder d’arrangements monétaires qui la privent de toute marge de manœuvre en matière de compétitivité externe et de politique économique. Les choses sont d’autant plus graves que les importations de ces pays africains sont souvent libellées en euro, alors que leurs exportations leurs sont réglées en dollar. La montée de l’euro par rapport au dollar provoque non seulement une surévaluation du franc CFA (c’est-à-dire une perte de compétitivité de ses produits sur les marchés internationaux), mais aussi une perte de ses recettes d’exportations et revenus fiscaux. La situation actuelle rappelle la situation vécue à la fin des années 1980 lorsque la détérioration des termes de l’échange et la surévaluation du franc FCFA avaient entraîné un appauvrissement des Etats, la baisse des investissements, l’accroissement du chômage, la fuite des capitaux, et une spectaculaire dévaluation dont les conséquences sociales restent incrustées dans l’imaginaire collectif.

Un anachronisme

La zone franc constitue assurément un anachronisme économique et monétaire. Ses partisans justifient son existence en invoquant une série d’arguments politiques et économiques. D’abord, ils affirment qu’elle sert de socle à une future union politique africaine. Si c’était le cas, cette union imposée de facto depuis bientôt soixante-dix ans aurait déjà donné quelques résultats tangibles. Or les mauvais traitements réservés récemment encore à des milliers de citoyens burkinabè en Côte d’Ivoire ou à des Camerounais au Gabon et en Guinée équatoriale prouvent bien que le rêve d’unité africaine entre des populations affamées demeure un lointain mirage, ceci malgré les slogans sur la liberté de circulation des personnes et des biens.

La zone franc est présentée ensuite comme une sympathique copie de l’Union européenne, une espèce de voie obligée dans un monde où les Etats-nations disparaissent au profit de grands ensembles. Ceux qui soutiennent cette thèse oublient que la logique des grands regroupements est dictée en priorité par des considérations économiques, et non idéologiques : c’est à force de commercer entre eux que les pays européens ont créé un grand marché communautaire, et justifié ainsi l’abandon de leurs monnaies nationales pour l’adoption d’une monnaie unique. Les échanges intra-européens représentaient environ 60 % du commerce extérieur français ou allemand lorsque l’euro a été adopté.

En Afrique francophone, soixante-dix ans après l’adoption d’une monnaie unique, ils continuent de représenter moins de 5 %.

Des dirigeants africains incapables de gérer une monnaie ?

De plus, un pays qui choisit d’abandonner sa souveraineté monétaire pour faire partie d’une union doit bénéficier en contrepartie de la flexibilité de l’emploi, qui est alors le meilleur moyen de s’adapter aux chocs extérieurs – ses agents économiques peuvent alors se déplacer librement pour aller saisir des opportunités ailleurs dans la zone monétaire. C’est cette flexibilité du marché du travail qui permet à des plombiers polonais de quitter Varsovie pour s’établir à Hambourg ou Paris s’ils y trouvent plus d’opportunités professionnelles. Un plombier Sénégalais qui voudrait s’installer à Libreville n’a aucune chance de se voir délivrer un visa. S’il s’y aventure clandestinement, il y sera en permanence guetté par la violente méchanceté et la jalousie des travailleurs gabonais aigris et au chômage qui, dans cet Etat de non-droit, ne s’embarrasseront pas de fioritures pour incendier ses biens, voire attenter à sa vie !

Autre argument souvent invoqué pour justifier l’existence de la Zone franc : les dirigeants africains sont trop irresponsables pour qu’on leur confie la gestion d’une monnaie. Ils seraient tous tentés de faire fonctionner la planche à billets comme Mobutu Sese Seko et Robert Mugabe l’ont fait au Zaïre et au Zimbabwe. D’ailleurs, affirme-t-on, la zone franc a permis aux pays d’Afrique noire francophone de maîtriser l’inflation et de maintenir la convertibilité de leur monnaie. Vrai. Mais selon la même logique, ces pays n’auraient jamais dû accepter l’indépendance politique, puisque de nombreux leaders africains se sont montrés bien pires que les colons d’hier. De plus, les cas extrêmes de l’ex-Zaïre et du Zimbabwe (qui n’ont jamais été membres de la zone franc) ne doivent pas dissimuler les très nombreux exemples de grands succès d’anciens membres du club qui ont bien géré leurs monnaies et en ont même fait l’instrument principal de leur industrialisation et de leur développement (Maroc, Tunisie, Vietnam).


La zone franc, un marché captif pour quelques hommes d’affaires français


Quant au mythe de la convertibilité du franc CFA, il suffit d’essayer d’effectuer un virement bancaire de Brazzaville à Bangui ou de Bamako à Ndjamena pour mesurer la pauvreté de ce slogan : les tracasseries administratives, l’ampleur des formalités et documents à fournir, la lourdeur des procédures, le coût des transactions, le nombre d’intermédiaires qui doivent chacun être rémunérés, le volume des taxes et commissions et les délais de l’opération sont tels que cette convertibilité ressemble à un leurre. Elle est d’ailleurs “garantie” par la Banque de France, qui exige en contrepartie à tous les pays de la zone franc d’ouvrir un Compte d’Opérations ouvert au Trésor français, et d’y déposer au moins 65 % de leurs recettes d’exportations. Tiens donc !

En vérité, les avantages tant vantés de la zone franc consistent surtout à offrir un marché captif à quelques hommes d’affaires français installés en Afrique, et à faciliter les transactions de ces élites africaines corrompues qui se rendent régulièrement à Paris pour y approvisionner leurs comptes bancaires, s’offrir des costumes Pierre Cardin ou y faire leurs courses de ménages sans avoir à se soucier du taux de change. Quant aux vrais entrepreneurs français et africains qui désirent s’établir durablement sur le continent et y développer des industries dignes de ce nom, ils se préoccupent plutôt de la détérioration de la compétitivité de ces économies, qui est un problème structurel lorsque la monnaie d’économies aussi faibles est liée à un taux de change fixe à une monnaie aussi forte que l’euro. Ce qui intéresse ces vrais créateurs d’emplois, ce n’est pas tant le niveau modéré de l’inflation dont parlent tant les défenseurs de la zone franc, mais les opportunités d’affaires. Malheureusement, il semble bien que la politique monétaire suivie par les pays d’Afrique noire francophone relève actuellement du masochisme. Quel dommage, quand on sait qu’ils pourraient tirer des enseignements précieux des expériences remarquables d’anciens membres de la zone franc comme la Tunisie ou le Vietnam.

Par Célestin Monga in Billets d’Afrique et d’ailleurs, Octobre 2008

Les pays de la zone franc : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Congo, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée Bissau, Guinée équatoriale, Mali, Niger, République centrafricaine, Sénégal, Tchad et Togo.

Par Mahalia Nteby - Publié dans : Grands dossiers
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Lundi 23 février 1 23 /02 /Fév 13:10

Ce texte, écrit il y a 10 ans par le Pr Mamadou Koulibaly, se lit comme un face-à-face décalé dans le temps entre l’opposant d’alors et l’homme d’Etat d’aujourd’hui, tout en prouvant la constance de l’actuel numéro 2 ivoirien sur la thématique de la corruption. Une exclusivité Saoti.

La corruption, c’est le fait d’être corrompu, c’est-à-dire transformé en mal. Il s’agit donc d’une perversion, d’une altération d’un phénomène, d’un individu, d’une personne ou d’un acte. Au-delà d’être un fait, la corruption est aussi un acte. Celui de corrompre quelqu’un en s’assurant son concours à prix d’argent pour qu’il agisse contre son devoir. Il s’agit dans ce cas, d’un pourrissement de l’acte, de sa dépravation, donc d’une action de décadence. Dans cette acception, la corruption relève de la morale individuelle, même si elle peut conduire à des coûts macroéconomiques non intentionnels. Le devoir est l’obligation à quelque chose, qu’une personne peut avoir envers une autre par la loi, la morale ou les convenances. Donc soudoyer quelqu’un, le corrompre pour qu’il agisse contre son devoir, c’est violer et provoquer la violation de règles de conduite en usage dans une société.




Le corrupteur, comme le corrompu, refuse de se conformer aux règles en vigueur et qui sont considérées comme honnêtes et justes. La corruption est donc un vice individuel qui débouche sur une décadence collective. Donc, aussi bien à l’échelle micro-, méso- que macroéconomique, elle a des coûts directs et indirects.


La corruption en tant que vice individuel


La définition restrictive qui vient d’être adoptée permet, au lieu de la critiquer et de la condamner sans réussir à la vaincre, de la caractériser à travers quelques déterminants et d’analyser ses effets sur l’activité individuelle et collective. Les coûts de la corruption peuvent ainsi être appréciés à travers les coûts externes et les coûts d’opportunités qu’elle fait subir à la collectivité.

La corruption est une activité que des hommes mettent en place, organisent et adoptent. Elle demande qu’on lui consacre du temps et des ressources, même si a priori elle se présente comme une activité non vertueuse. La corruption est une activité qui est donc rentable, sinon personne ne s’y adonnerait. Les personnes qui s’y impliquent, soit offrent de la corruption, soit la demandent pour leurs besoins. Les corrupteurs et les corrompus sont des personnes qui s’entendent et organisent la corruption en vue d’atteindre leurs objectifs réciproques. Même s’il n’y a pas de contrat écrit qui donne un cadre juridique à cette activité commune, les gens impliqués ne passent pas moins un accord implicite ou explicite d’exploitation commune d’un filon mutuellement rentable. Ils sont des cocontractants pour atteindre un objectif commun. La corruption étant définie comme un changement en mal d’un fait, s’y adonner n’est rien d’autre qu’entreprendre de la destruction de valeur et de ressources.

Le corrupteur, comme le corrompu sont des prédateurs. La corruption relève du « free riding », or le free rider est un destructeur de valeur. La corruption paie son homme. Le crime économique paie, il rapporte. Malheureusement, le jeu de la corruption n’est pas à somme nulle.

La corruption implique, au-delà du corrupteur et du corrompu, ceux qui doivent faire les frais de « petit jeu ». Il y a nécessairement une tierce personne qui paye ce que les autres se partagent. Le coût de la corruption peut s’apprécier par la prise en compte de cette tierce personne, qui peut être soit une personne physique ou morale, soit une collectivité plus grande et plus complexe comme l’Etat, la Nation ou la communauté. Dans tous les cas, il n’est pas gratuit, le repas des corrupteurs et des corrompus.

Prenons un exemple simple et qui est pourtant fréquent en Afrique. En voyage dans la chambre d’un splendide hôtel de Ouagadougou, vous confiez votre costume au blanchisseur pour une somme homologuée et affichée de 3000 F CFA, que vous acceptez de payer au moment où vous appelez le service de la blanchisserie. A son arrivée, le blanchisseur vous propose un deal, un accord, un arrangement. Soit vous acceptez la proposition de l’hôtel à 3 000 F, soit vous lui confiez, à lui, en tant qu’employé, pour 1 500 F CFA, votre costume avec la garantie que la qualité du service que vous demandez sera la même dans un cas comme dans l’autre puisque c’est lui le blanchisseur et personne d’autre.

La fiche de blanchisserie du service comptable de l’hôtel fixe le prix du service à 3 000 F CFA et le blanchisseur de l’hôtel propose le même service, au même endroit avec les mêmes intrants à 1 500 F CFA. Pour vous, comme pour lui, s’entendre sur cette occasion signifie que le jeu en vaut la chandelle et qu’il vous rapporte autant à vous qu’au blanchisseur. Il vous propose de corrompre le système des prix de l’hôtel. Le gain attendu est une des principales motivations de la violation de la confiance que le propriétaire de l’hôtel met en vous à travers le contrat de travail et le contrat de logement qu’il a passés avec vous et avec son employé. Vous trahissez sa confiance. Vous violez une loi morale et cela ne se fait pas sans coût. Votre viol a nécessairement une victime et c’est le propriétaire de l’hôtel qui paye ce que votre corruption vous rapporte. Le propriétaire supporte le premier les coûts directs de la corruption. La proposition du blanchisseur, si elle est acceptée, vous fait gagner 1 500 FCFA, puisque vous ne payerez que les 1 500 F CFA demandés par lui. En termes de surplus, vous êtes gagnant.

De même, le blanchisseur, dans cette opération, gagne 1 500 F puisqu’il ne déclarera pas l’opération au service comptable de l’hôtel. A deux, vous vous partagez les 3 000 F CFA attendus dans les recettes de l’hôtel. Le chiffre d’affaires de cette journée sera amputé de 3 000 F. Mais ce n’est pas tout.

Le blanchisseur, pour fournir le service qu’il vous a garanti, sera bien obligé d’utiliser l’eau, l’électricité, les produits de lessive, la main-d’œuvre, le local et les machines achetées par l’hôtel. Les coûts d’exploitation de l’hôtel augmenteront donc nécessairement. Le propriétaire de l’hôtel, sans être présent, paye. Il perd sur le chiffre d’affaires et ses charges augmentent. En conséquence, son bénéfice réalisé sera plus faible que le bénéfice qu’il aurait pu atteindre. Or, il n’y a pas très longtemps que le propriétaire s’est endetté auprès d’amis et du système bancaire pour construire son hôtel. Il n’a même pas terminé les finitions par manque de moyens financiers. Il s’est résolu à ouvrir l’hôtel et à travailler aux finitions progressivement par autofinancement. La corruption d’un de ses employés lui fait perdre de l’argent. Ses clients futurs trouveront l’hôtel toujours pas complètement terminé. Les réparations se feront difficilement car, entre le remboursement du prêt bancaire, les salaires et les autres charges directes, il restera peu d’argent pour continuer les travaux de finition. Ses clients futurs seront moins accommodés et toujours mal logés. Le bien-être collectif intertemporel se dégrade donc ainsi. Au-delà des coûts directs supportés par le propriétaire, les usagers et clients de l’hôtel auront à supporter des coûts indirects et psychologiques.

Il apparaît alors que le retour sur investissements pour le propriétaire de l’hôtel sera faible par rapport à ce qu’il aurait s’il n’y avait pas eu corruption. La baisse du retour sur investissements conduit à la faiblesse du rendement de l’épargne qui a été investie. Les investisseurs potentiels décodent ce message et préfèrent ne pas investir. La consommation de biens durables augmente alors plus vite que la production et l’emploi. Indirectement, la corruption est un acte de prédation économique. Les propriétaires et les consommateurs en sont les victimes. Par le viol de la confiance, elle transforme un phénomène moral en un désastre économique.


La corruption, source de décadence collective

 

Imaginez ce gouvernement africain, membre du club très fermé des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) et vivant d’aide publique internationale. Imaginez que l’Union Européenne alloue à ce pays un appui budgétaire de 50 milliards de F CFA entre 1992 et 1997 pour aider à soulager les effets sociaux des plans d’ajustement structurel (PAS) que ce pays applique sans beaucoup de succès depuis une vingtaine d’années. Dans le budget de ce pays, environ 2 000 milliards de F CFA, voté par son Parlement, 600 milliards sont attendus de l’aide internationale. Et, au titre des dépenses, 700 milliards sont à payer pour le remboursement de la dette. Il s’agit donc d’une situation économique délicate qui devrait inciter à une bonne gestion des rares ressources prélevées sur le travail des paysans, des ouvriers, des hommes d’affaires et autres producteurs, consommateurs et contribuables nationaux et étrangers (dans les pays bailleurs de fonds).

L’utilisation de l’appui budgétaire est encadrée par un système de contrôle dit infaillible. Les fonds ne sont pas directement versés au Trésor Public, c’est la délégation locale de l’UE qui les conserve. Le gouvernement africain est autorisé à effectuer les dépenses de construction et d’équipement de services sociaux pour les populations. Il présente, par la suite, les factures à l’UE qui, après vérification des pièces, rembourse les dépenses effectuées par le Trésor Public. Des plans de passation de marchés sont paraphés. Tout le système semble ainsi verrouillé. Aucune tricherie ne devrait être possible.

Cependant, entre les ministères qui sont les maître d’œuvre, le Trésor Public qui exécute les dépenses et l’UE qui rembourse les factures, l’on s’aperçoit, à la grande surprise de plusieurs personnes dont l’Union Européenne elle-même, qu’une évaluation de programme d’appui réalisée en 1999 révèle des détournements de près de 25 milliards de F CFA sur les 50 milliards alloués. Malgré les verrous, 50 % environ des fonds ont fait l’objet de malversations, de vols, et de détournements grossiers.

Ainsi, pour contourner les procédures d’appels d’offre lors des passations de marchés publics, les dépenses ont été fractionnées par les mêmes entreprises avec plusieurs dénominations différentes et le même compte contribuable sans qu’aucun inspecteur des impôts ne s’en offusque. Les prix pratiqués dans les opérations financières par le programme d’appui sont surfacturés par rapport aux prix de marchés  réglementés, sans qu’aucun inspecteur du Trésor Public ne s’en offusque. Les hauts fonctionnaires des ministères bénéficiaires certifient des prestations de services plusieurs mois après, selon n’importe quelle formule technique et sur n’importe quel support, sans que cela ne choque aussitôt les administrateurs des fonds. Des services sont facturés alors qu’ils n’ont aucunement été réalisés ou livrés.

Ainsi, 30 à 50 % des dépenses effectuées par le gouvernement de ce pays africain l’ont été de façon non conforme aux procédures comptables établies. Ce cas concerne des fonds d’aide au développement, mais les techniques adoptées pour mettre en place les jeux de corruption et de malversations proviennent d’un agenda bien chargé de faux et d’usages de faux pour abuser de biens sociaux avec de multiples comptabilités. Ces techniques s’appliquent aussi aisément aux organisations non étatiques ONG, associations, entreprises privées, établissements publics, etc.

Barry Mamadou, expert comptable, commissaire aux comptes et auditeur externe à Dakar, nous livre une pléiade de cas commentés avec leurs mécanismes, dans un ouvrage sur les «Détournements, fraudes et autres malversations».

Ces pratiques sont peut-être universelles, mais l’impunité dans les économies africaines est reconnue d’utilité publique. La corruption est condamnée par tous, mais l’impunité est admirée et célébrée par les individus impliqués dans la corruption et organisés en bande, en clan, en gang et en réseau avec différentes strates de responsabilité au sommet desquelles, très souvent, se trouvent des magistrats suprêmes de ces républiques. On peut ainsi parler du « clan Suharto », du « clan Mobutu » et autres. Plus l’impunité est forte, plus l’on est proche du sommet de la hiérarchie étatique. La corruption est donc acceptée, même si les hommes de l’Etat la condamnent. Comme le vice aime rendre hommage à la vertu !

La corruption est un acte volontaire de malversation et, en tant que telle, la société la reconnaît puisqu’elle la reconnaît puisqu’elle la connaît. Les cas célèbres de tous ces douaniers africains millionnaires et même parfois milliardaires, pour le haut de la hiérarchie, expliquent l’engouement des jeunes à s’orienter vers ce métier. L’entrée dans les cycles de formation de la douane, de la police, de l’administration fiscale ou de toute autre administration à « haut pouvoir corruptible » se fait sur des listes de candidatures corrompues. Pour entrer dans ces écoles, il faut corrompre la procédure d’entrée. Mais à capacité de corruption égale l’intervention d’une autorité politique est décisive.

Les Etat africains sont responsables de la corruption et les hommes de l’Etat convertissent, par le biais de la corruption, le patrimoine collectif en biens privés leur appartenant et dont ils deviennent les redistributeurs. Pourtant, par le biais de l’Etat, ces mêmes hommes de l’Etat savent que la corruption est moralement condamnable, économiquement répréhensible. C’est pour cela d’ailleurs que les Etats africains ont été dotés d’instruments pour assurer à tous, aussi bien la responsabilité politique, la responsabilité civile et la responsabilité pénale.

Des lois ont été conçues et adoptées pour se prémunir contre tous les crimes économiques et sociaux. Des gendarmes et des policiers sont formés et mis à la disposition de l’Etat par de grandes écoles pour protéger la propriété et le patrimoine des citoyens. Des magistrats et des juges sont formés dans les universités et les grandes écoles d’ici et d’ailleurs, par de brillants professeurs de droit, aux techniques juridiques et d’administration judiciaire. Des procureurs sont, au nom de la République, nommés par les gouvernements ; des prisons, certes en nombre insuffisant, ont été construites et nos huissiers connaissent leur métier autant que nos avocats et nos percepteurs. Pourtant, tout ce beau système avec son beau monde ne fonctionne pas parce que les personnes qui en ont la charge sont elles-mêmes aussi corrompues les unes que les autres, comme l’ensemble de la société. Alors la rentabilité du crime économique consubstantiel à la corruption devient encore plus forte.

Quand les dirigeants d’une économie  sont corrompus, ils sanctifient l’impunité nécessaire à leur survie. La probabilité diminue qu’un corrompu soit appréhendé parce que les gendarmes, les policiers, les douaniers, les inspecteurs des impôts et des douanes et autres contrôleurs sont corrompus. Et même quand un criminel est arrêté, la probabilité qu’il soit jugé et condamné est faible parce que le parquet, les magistrats, les juges et autres procureurs, huissiers, notaires et avocats sont corrompus. Même quand il se trouve un juge pour condamner un tel criminel, la probabilité que la peine soit appliquée est très faible parce que les juges d’application des peines, les gardiens de prisons sont corrompus. Connaître un corrompu, avoir les preuves de sa corruption ne signifie donc pas que l’on a vaincu la corruption. Le blanchisseur qui demande à être corrompu viole la confiance que son employeur place en lui à travers son contrat de travail. Le ministère de la Santé publique et de la population qui participe au détournement de l’appui budgétaire de l’Union Européenne hypothèque la santé et l’avenir de l’enfance. Ce sont des centres de santé en moins dans nos villes et nos campagnes. Des moyens de bien vivre en bonne santé sont ainsi arrachés aux populations pour être confisqués par des corrompus, des prédateurs qui détruisent ainsi les valeurs futures des populations. Il se pose un problème d’équité intergénérationnelle, de justice interpersonnelle, c’est-à-dire d’éthique. La responsabilité morale de la République se transforme ici en responsabilité politique des dirigeants de l’Etat. Cette responsabilité ne pose pas seulement la question de l’enrichissement personnel par le vol. Elle rappelle aussi et surtout la rupture dans la chaîne de solidarité. La corruption renforce la fracture sociale intertemporelle.  Les générations présentes de tricheurs et de corrompus hypothèquent le niveau de vie des générations futures. Le détournement des appuis budgétaires consacrés aux dépenses sociales signifie que dans le pays bénéficiaire de cette aide, il y aura moins d’écoles et moins de centres de santé correctement équipés et faciles d’accès.

Cette réduction de l’offre de services sociaux implique nécessairement de fortes pressions sur la répartition du peu que l’on aura à offrir. La demande excédentaire de santé et d’éducation sera rationnée. De nombreuses personnes ne pourront pas accéder à ces biens. Dans ce pays africain, cette année, 50 % des enfants en âge d’aller à l’école n’y ont pas été. Ces enfants non scolarisés d’aujourd’hui présentent, compte tenu de la relation positive entre capital humain (santé, éducation) et niveau de vie, les plus grands potentiels à devenir des adultes pauvres dans une génération. La corruption accroît ainsi la probabilité de la hausse de la pauvreté du prochain millénaire africain.

Le rationnement de la demande de services sociaux signifie aussi conflit d’arbitrage dans la répartition et donc discrimination face à l’école, à la maladie et à la mort. Ce sont des questions éthiques de redistribution qui ont des conséquences économiques et politiques énormes.

La corruption, en réduisant l’investissement social, comprime l’investissement public effectif. Les montants budgétisés de dépenses sociales ne sont pas, loin s’en faut, les montants réalisés. Et les montants réalisés sont dans de fortes proportions gaspillés, détournés, surfacturés. L’une des lois les plus violées impunément en Afrique se trouve être la loi des finances et personne, même pas les députés, n’osent s’élever contre cette violation parce qu’ils ne votent ces budgets qu’après avoir accepté des pots-de-vin de leur chef d’Etat. C’est le monde du donnant-donnant. L’altruisme en Afrique souffre des méfaits de la corruption. Ce type de corruption est un catalyseur de la pauvreté des économies. Les Etats se battront pour obtenir des Facilités d’Ajustement Structurel Renforcé. Ils gaspilleront ces Facilités. Ils ne seront pas capables de rembourser. Ils reporteront les charges de la dette sur les générations futures alors que celles-ci sont de moins en moins bien assurées face à la maladie et à l’éducation. Les coûts de la corruption conduisent aussi à la décadence, car il s’agit de prendre la même route. La décadence d’une économie est l’étape suprême de sa corruption.


Les réformes juridiques d’abord


De nombreux Africains, leurs partenaires internationaux et plusieurs hommes d’affaires travaillant avec l’Afrique se sont laissés persuader que sur ce continent, le piston politique remplace sans difficultés l’analyse commerciale et financière du risque et protège leurs investissements contre les réalités du marché africain.

La culture politique dominante en Afrique qui inspire les Etats, les gouvernements, les administrations, les entrepreneurs, ne traduit cependant que le programme particulier des partis uniques et de leur régime civil ou militaire au pouvoir. La corruption, contrairement à ce que croît le Président Bédié de la Côte d’Ivoire, ne vient pas du colon et des pays du Nord. Il ne s’agit que de l’expression d’un puissant conservatisme qui sous-tend les traditions et la culture du parti unique qu’il confond avec la culture de la pauvreté, alors que ce dernier dérive du premier. Dans son ouvrage  intitulé «Sur les chemins de ma vie»  et publié chez Plon à Paris en 1999, le chef de l’Etat ivoirien soutient que les membres du G7 se trompent lorsqu’ils estiment que les pays en développement sont en proie à une corruption généralisée. Pour lui, «c’est au Nord que la corruption existe et donne quelques miettes aux Africains, par le biais de certains agents. Ce sont généralement des investisseurs ou des marchands qui veulent obtenir des contrats facilement et distribuent des pots de vin. S’ils le font ici, c’est qu’ils le pratiquent également chez eux. Je pense même que ces « usages » décriés sont plus développés en Europe et dans les pays avancés (page 212)».

Dans le contexte politique africain, ne pas s’en remettre à ses relations politiques est un gage d’échec dans le monde des affaires. S’en remettre à ses relations politiques est un appel à la corruption institutionnelle et au népotisme généralisé. Pour éviter que ces coûts conduisent aux extrêmes de la pauvreté et du sous-développement, des reformes institutionnelles s’imposent.

Dans les économies africaines, de plus en plus de gens sont convaincus que la question de la corruption ne peut se traiter par des artifices et autres habillages de façades à travers «des campagnes de sensibilisation des masses» sur la bonne gouvernance, le civisme et la moralisation de la vie publique. Ce sont des changements fondamentaux qu’il faut admettre.

Il est presque impossible que les dirigeants actuels de l’Afrique guérissent leurs Etats de la corruption et donnent ainsi l’exemple que leurs économies suivront. Toute tentative donnant aux Etats des occasions de discours incantatoires ne fait que renforcer le développement dirigé par les politiciens des partis uniques et des démocraties apaisées, sources mêmes de la corruption. Jusqu’à présent, cela n’a pas marché et les politiciens africains n’acceptent presque jamais la responsabilité de leurs erreurs. La responsabilité politique n’a pas de sens en Afrique,  alors que les politiciens africains aiment à se mêler des affaires des autres. Au lieu de voir ce qui ne va pas dans leurs propres actions, il est plus simple et politiquement moins risqué de s’en prendre au peuple, à une ethnie,  à une profession, à une corporation, ou simplement aux étrangers et pourquoi pas aux bailleurs de fonds dont la complicité est de plus en plus soupçonnée.

Les reformes radicales, si elles ne sont pas faites à temps, peuvent conduire soit à la rébellion (les cas de Suharto et de Mobutu), soit à l’informalisation de l’économie, de la politique et de la vie tout court. Le statut quo conformiste, qui voit la pauvreté et la corruption coexister, choque de plus en plus de consciences qui réclament des réformes réelles et profondes. Ces reformes ne doivent, dans un premier temps, que contribuer au rétablissement de la responsabilité, de la liberté et des droits de la propriété, toute chose capable de limiter l’avancée de la corruption.

Le droit  de la responsabilité est de faire supporter à chacun les conséquences de ses actes, de ses choix. La responsabilité civile protège la propriété et les personnages des dommages causés à autrui. Comme les individus ne sont pas neutres vis-à-vis du risque, ils ne seront pas indifférents aux règles de responsabilité, qu’elles soient civiles, pénales ou politiques. C’est donc le droit, la justice qu’il faut restructurer, c’est vers l’Etat de droit qu’il faut aller. L’Etat de droit signifie ici la situation dans laquelle le droit s’impose à tous sans exception. Les premières réformes doivent être judiciaires pour rétablir la responsabilité politique des hommes de l’Etat. Les réformes économiques suivront ensuite, avec l’appropriation privée des moyens de production pour obliger le prédateur soit à restreindre son champ d’action, soit à payer pour ses actes. Réhabiliter le contrat de sorte que les gens se sentent obligés  d’exécuter les promesses lorsqu’elles sont à la base de l’échange volontaire. Ces réformes élargiront les rayons de l’échange marchand et réduiront la place de l’altruisme aux relations plutôt familiales et affectives.

En clair, il n’est pas possible de lutter contre la corruption si l’Etat de droit n’est pas instauré. Mais cela ne veut pas dire qu’avec l’Etat de droit, la corruption cesse.

La démocratie est une condition nécessaire pour éradiquer la corruption, même si les démocraties ont elles-mêmes leur dose de corruption. L’Afrique doit d’abord rompre avec l’idéologie du parti unique. Sans un succès dans ce sens, le challenge de l’éradication de la pauvreté ne sera qu’un vœu pieu. Car le coût principal de la corruption, c’est la pauvreté supplémentaire qu’elle impose aux pays.

Par Mamadou Koulibaly
 in Le Courrier ACP-UE ; N° 177 Octobre-Novembre 1999

Par Mahalia Nteby - Publié dans : Grands dossiers
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Réalité

Un mois après la chute de Laurent Gbagbo, la presse ivoirienne dans la tourmente 

   mains

Un mois tout juste après l’arrestation de Laurent Gbagbo et l’accession au pouvoir d’Alassane Ouattara, la situation de la presse en Côte d’Ivoire demeure problématique. Si certains journalistes menacés ont finalement pu reprendre le travail, les journaux d’opposition, favorables à l’ancien chef de l’Etat, ne paraissent toujours pas. Les locaux du quotidien Notre Voie, proche du Front populaire ivoirien (FPI, parti de Laurent Gbagbo) sont même occupés par des éléments armés.

Reporters sans frontières exprime sa déception et demande aux nouvelles autorités d’agir rapidement pour restaurer un climat de confiance chez les journalistes et surtout permettre aux journaux d’opposition de préparer leur retour en kiosques.

"L’absence de presse d’opposition porte un coup très dur à la liberté de la presse en Côte d’Ivoire. Dans ces conditions, nous craignons que ne se développe le règne de la pensée unique. Le gouvernement d’Alassane Ouattara suscite des attentes dans le domaine du respect des libertés. Il doit les satisfaire", a déclaré l’organisation.

Aucune disposition officielle n’empêche les journaux d’opposition de paraître, mais le saccage des rédactions des quotidiens Notre Voie et Le Temps ainsi que l’incendie criminel de leur imprimerie ont créé des dommages très conséquents. De plus, la rédaction de Notre Voie est depuis quelques temps occupée par des soldats des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) qui interdisent l’accès des lieux aux journalistes.

"Cette situation est tout à fait nouvelle. Dans le passé, les locaux du Patriote, quotidien favorable à Alassane Ouattara, avaient été attaqués et détruits, mais jamais occupés comme le sont ceux de Notre Voie aujourd’hui. Nous ne comprenons pas le comportement des FRCI qui violent de façon flagrante le droit des employés de ce journal de se rendre sur leur lieu de travail", a estimé Reporters sans frontières.

Dans un discours prononcé au Conseil national de la presse, le 3 mai 2011, à l’occasion de la vingtième Journée internationale de la liberté de la presse, le ministre de l’Intérieur et de la Communication, Hamed Bakayoko, a eu des mots peu rassurants vis-à-vis des médias. Sa déclaration s’apparentait plutôt à une mise en garde. "La liberté oui, mais elle a ses limites. La liberté a une certaine frontière. On ne parle plus de liberté quand elle transcende certaines valeurs. Des gens avaient pensé que l’impunité était sans limite. Il faut qu’ils réalisent que ce n’est plus possible. On ne peut pas déstabiliser le tissu social simplement parce qu’on est journaliste. Nous n’allons pas accepter que la presse enfonce la Côte d’Ivoire. La presse porte une responsabilité importante dans cette crise. Les journaux et les journalistes ont voulu être aux avant-postes des politiques, ils ont voulu aller plus loin que les politiques", a-t-il déclaré.

D’autre part, Reporters sans frontières déplore la persistance dans la presse ivoirienne d’articles désignant certaines personnalités à la vindicte populaire. Le 10 mai 2011, le quotidien Nord-Sud a publié une photo du directeur de publication de Notre Voie, César Etou, pour illustrer un article intitulé "César Etou attise le feu de la haine". Le quotidien reproche au journaliste d’avoir contacté des organisations de défense des droits de l’Homme pour se plaindre du manque de respect des droits de Simone Gbagbo et de son entourage depuis leur arrestation.

En attendant la reprise de la Radio-Télévision Ivoirienne (RTI), Reporters sans frontières exhorte Télévision Côte d’Ivoire (TCI) à se comporter comme un média de service public en arrêtant de diffuser les slogans de campagne du candidat Ouattara et des chansons qui font son apologie. La TCI avait été créée par le camp Ouattara dans une démarche de résistance, elle doit désormais s’adresser à tous les Ivoiriens depuis qu’elle remplace la RTI et qu’Alassane Ouattara est devenu chef de l’Etat

Dans la mesure où l’espace audiovisuel n’est pas encore libéralisé en Côte d’Ivoire, les nouvelles autorités devraient préciser quel est le statut exact de la TCI. Reporters sans frontières rappelle qu’au moment de sa création, début 2011, il s’agissait d’un média pirate.

Enfin, l’organisation prend acte de la transformation du Conseil national de la communication audiovisuelle (CNCA) en Haute autorité de la communication audiovisuelle. La nomination de l’ancien ministre de la Communication, Ibrahim Sy Savané, à la tête de cette institution apparaît comme un signe d’ouverture prometteur. Reporters sans frontières espère que cette nomination va donner un coup d’accélérateur à la réforme libéralisant l’espace audiovisuel.

Reporters Sans Frontières
Le 10 mai 2011

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