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Nouvelle ligne diplomatique

Côte d'Ivoire: Une coopération sans contraintes, sans menaces, sans exigences ni humiliations

 

Le Président de la République trace les nouvelles lignes de l’ouverture de son pays au monde.

«Dans les journaux, nous lisons souvent cette phrase: la Chine est à l’assaut de l’Afrique. Je veux rectifier une chose : ce n’est pas la Chine qui est à l’assaut de l’Afrique. C’est l’Afrique qui est à l’assaut de la Chine. Nous coopérons avec la République populaire de Chine sans que nous ayons des exigences politiques». Et le Président Laurent Gbagbo de préciser : si l’Afrique va à l’assaut de la Chine, c’est parce que «les Africains ne se sentent pas humiliés quand ils coopèrent avec la Chine».

Comment coopérer avec l’autre dans une relation de respect mutuel? Comment aller vers l’autre sans que l’autre ne vous impose des exigences, des contraintes, des humiliations ?  La Côte d’Ivoire, dans sa nouvelle diplomatie, veut se positionner, dans son rapport avec l’autre, comme un pays à respecter, et non un pays à soumettre, non comme un Etat à humilier. La Côte d’Ivoire, dans sa diplomatie, exige respect et réclame un traitement de réciprocité.

Le Président de la République, profitant de la pose de la première pierre de l’hôpital général de Gagnoa (un projet financé par la Chine), samedi dernier, a tenu un discours qui trace, avec fermeté, les lignes de la diplomatie ivoirienne : «Si l’on ne nous humilie pas, nous allons coopérer tranquillement. Si l’on nous humilie, nous irons vers ceux qui ne nous humilient pas». Une ligne claire, qui installe la Côte d’Ivoire dans une diplomatie ouverte sur un monde qui célèbre le respect et la considération de l’autre. Une vision qui s’inscrit dans le refus des contraintes et des exigences qui prennent souvent des allures de chantage : «les milliers de conditions imposées dans le cadre de la coopération avec les autres sont une humiliation» que la Côte d’Ivoire ne peut accepter. D’autant qu’il est clair pour le Président Gbagbo que «les relations internationales consistent à entretenir des relations gagnants-gagnants», et que le premier acte de victoire d’un pays, «c’est de ne pas se sentir humilié». Celui qui ne l’aura pas compris, dira le Chef de l’Etat ivoirien, «ne pourra pas entretenir de relations décontractées avec l’Afrique».

Si l’Afrique, selon lui, «
va en Chine, c’est parce qu’avec la Chine, elle ne se sent pas humiliée. C’est ce que je veux expliquer à l’humanité tout entière. J’en parle en tant que Chef d’Etat qui a entendu certains de ses pairs gémir d’avoir tant été humiliés. L’aspect psychologique des peuples des pays du Tiers monde n’a pas été compris. Or, quand un peuple vous dit qu’il n’a pas peur de la mort, il faut le regarder autrement et le traiter autrement».

Réaffirmant les bonnes relations de la Côte d’Ivoire avec la Chine (une seule Chine), il donnera, sans ambages, son point de vue sur le Tibet : «Le Tibet est à la Chine depuis toujours. Si le Tibet a tant intéressé le monde, c’était à cause des Jeux olympiques. Les Jeux finis, plus personne ne s’intéresse au Tibet». Sur ce point, il précisera : «la diplomatie de provocation et la diplomatie d’humiliation, ce n’est pas bon». Sur la même lancée, il ajoutera : «je me réjouis que les dirigeants de Taïwan soient prêts à négocier». Parlant des Etats-Unis, il dira : «je me réjouis aussi qu’aux USA, nous ayons un nouveau chef qui a l’air de mieux discuter que ceux qui étaient là avant lui. Il faut que les gens se parlent. Il faut que les gens négocient. J’ai bon espoir que nous entrons dans une période plus détendue. La nouvelle diplomatie américaine donne des signes rassurants. Parce que tous les problèmes ne se règlent pas par la force. Quand Obama dit qu’il tend la main à l’Iran, il tient un discours d’un homme responsable».

Et de revenir à la Chine, en s’adressant à SEM. Wei Wenhua, son Ambassadeur accrédité en Côte d’Ivoire : «Excellence, restez sur la ligne sur laquelle vous êtes : le respect des pays du Tiers monde, la non humiliation, la non menace».

Le monde change et exige une diplomatie de respect, de dialogue et de consensus. Le monde change et la crise financière internationale, qui a fait effondrer les assises de l’économie mondiale, nous rappelle qu’un monde nouveau doit se construire sur la solidarité et la prise en compte de toutes les nations. La dégradation climatique nous renvoie à cette exigence vitale.

L’appauvrissement mondial interpelle tous les pays, surtout les plus riches. Et la Côte d’Ivoire s’inscrit dans cette diplomatie qui tourne le dos à l’arrogance, à la force, au mépris. Elle veut pouvoir avancer et se construire sur les chemins d’un monde plus juste, d’un monde qui instaure le respect comme sous-bassement de la diplomatie et des échanges entre les Etats. Cela, Laurent Gbagbo l’a redit à Gagnoa: la Côte d’Ivoire va coopérer avec ceux qui ne  l’humilient pas.


Agnès Kraidy
Fraternité Matin
06 Avril 2009
Mardi 4 mars 2008

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Parfois le changement souhaité change lui-même de cap et produit des faits jamais espérés. C’est en substance le constat que l’on fait de la situation ivoirienne depuis l’arrivée des refondateurs au pouvoir. Un fait, et non des moindres, la corruption, mérite une attention singulière au regard de son ancrage dans la société post-refondation. Dans l’une de nos publications, le Mouvement de Libération de l’Afrique Noire (MLAN) avertissait sur le risque d’une rupture sociale après les efforts pour ramener la paix dans ce pays. En effet, sous le poids d’un gouvernement affairiste dans la deuxième moitié des années 90, on est passé à une élite qui s’est appropriée le patrimoine génétique de la corruption. Il importe donc, de revenir sur les agissements d’une refondation pacotille dont les seuls actes héroïques ne sont que la corruption généralisée au point de devenir un fléau.
 

De l’espoir au rêve d’une révolution avortée 

On peut perdre ses clefs, son temps ou ses illusions, tant que l'on garde espoir... il n'y a pas de quoi s'affoler ! C’est ainsi que les Ivoiriens ont maintenu le cap après la mort d’Houphouët Boigny en 1993 et le coup d’Etat de 1999. Les promesses de quelques marchands d’illusion, de faire de la Côte d’Ivoire, un Etat où l’égalité rimera avec équité, où la promotion ira de paire avec l’effort et où ce sera l’effort qui fera les forts, ont fini par avoir raison d’un peuple déjà désorienté. Les Ivoiriens rêvaient donc d’un pays où l’on ne sera pas considéré par son appartenance religieuse ou ethnique, non plus parce que son père s’appelle tel ou un tel, mais d’un pays où la justice sociale, le droit de l’homme et la paix seront le socle. Comme le temps qui s’écoule si vite pour laisser croire qu’un ordre définitif est enfin établi, la guerre éclate et le naturel revient au galop. Le catéchisme pieux est abandonné au profit des pratiques peu recommandables et infectes. L’école n’est plus l’ascenseur social ou du moins elle est complémentaire d’une poche pleine de monnaie sonnante et trébuchante. Où est passé ce rêve de faire de la Côte d’Ivoire, la petite «Suisse», un Etat prospère où chaque citoyen pourrait reprendre tel un refrain que nous sommes tous égaux en droit ? La paix, si jamais elle existe, ne reposera pas sur la crainte de la guerre mais sur l'amour de la paix, disait Julien Benda, mais peut-on parler de paix lorsqu’on foule au pied la justice sociale ? 

La corruption institutionnalisée en Côte d’Ivoire 

Un dictateur n'est qu'une fiction. Son pouvoir se dissémine en réalité entre de nombreux sous-dictateurs anonymes et irresponsables dont la tyrannie et la corruption deviennent bientôt insupportables. Comme le rappelait Jacques Brillant, "au banquet de la corruption, l'or vaut plus que la foi"! C’est le moins qu’on puisse dire de la Côte d’Ivoire d’aujourd’hui : la foi en la justice a laissé la place au désordre et au pillage des ressources par une «bourgeoisie compradore». Les actes de corruption en Côte d’Ivoire sont légions. On pourra citer l’affaire des déchets toxiques qui n’a jamais été élucidé, le détournement des 100 milliards dans la filière café-cacao. De même, des détournements de 500 millions et 1 milliard 100 millions ont eu lieu respectivement dans les Universités de Cocody et Bouaké. Cette épidémie qui gagne du terrain a contraint les hommes de Dieu à dénoncer cette flagellation sociale des dirigeants ivoiriens. La déclaration des évêques en témoigne : «au nom et à la faveur de cette même guerre, un petit nombre de citoyens s’accaparent avidement des biens du pays et garantissent leur avenir et celui de leur postérité, pour des générations entières. L’on s’est installé dans l’hypocrisie, le mensonge et la duplicité. Le peuple est pris en otage, victime et souffrant». 

Les Ivoiriens perdent pied dans ce bouillon de confusion et leur vie est si précaire qu’elle se conjugue au présent. Le régime du président Laurent Gbagbo se retrouve sous le feu des critiques, nourries par plusieurs affaires de blanchiment et de détournements de fonds présumés qui suscitent des doutes jusqu'à l'intérieur de son camp. Les vérités dérangeantes du professeur Mamadou Koulibaly sonnent comme un aveu d’impuissance au milieu d’un système dont le seul dessein est l’enrichissement illicite, fiévreux et honteux. La multiplication et l'ampleur des révélations concernant des affaires de corruption ont profondément terni l'image de la classe politique et des milieux économiques. Outre la corruption généralisée, c’est l’insolence et le caractère ostentatoire de «ces pauvres en esprit» qui dérangent. Tandis que les Ivoiriens végètent et vivent comme à l’époque de Zola, certaines personnes, de part leur train de vie, narguent la patience et la sagesse des Ivoiriens. Que dire de la MayBach de monsieur Victor Ecra, un refondateur, ami personnel de Laurent Gbagbo, qui s`est offert une voiture de grand luxe d`une valeur de 505 millions FCFA? Ce mal est d'autant plus grave qu'il se produit dans une période de profonde crise de l'emploi et qu'au même moment, le phénomène d'exclusion repousse à la marge de la société une masse sans cesse croissante de personnes issues de toutes les couches sociales. La Côte d’Ivoire est devenue un pays en état de catatonie avec une corruption assonante. La Côte d’Ivoire est devenue une véritable pétaudière où la classe moyenne et les pauvres sont les recalés de la société. Les ressources du pays doivent être affectées à sa reconstruction au lieu de les dilapider. Point n’est besoin du FMI pour nous rappeler que les ressources disponibles gagneraient à aller à la réhabilitation des routes et autres investissements qui bénéficient directement aux populations. Les questions de racket des forces de l’ordre et de l’unicité des caisses de l’Etat ont été aussi abordées. Le FMI a même réitéré par ailleurs son souhait que l’exécution du budget soit communiquée régulièrement à la population, au moins chaque trimestre afin que chacun sache comment les ressources de l’Etat sont utilisées. Faisons en sorte que cette corruption prenne fin car elle conduit au carriérisme, au népotisme et au favoritisme. 

Où est passée la justice ?

Une radiographie sociologique de la justice ivoirienne est devenue nécessaire afin que la philosophie retrouve sa vocation naturelle de tribunal de la raison politique. Les biens publics sont sacrés et inviolables, il incombe à tout citoyen de les respecter et de les protéger. Tout acte de sabotage, de vandalisme, de corruption, de détournement, de dilapidation ou d’enrichissement illicite doit être réprimé dans la stricte limite de la Constitution. Face à certain train de vie douteux et aux affaires de détournement en Côte d’Ivoire, on se demande si le procureur de la République vit dans ce pays. Toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l'exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit est tenu d'en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs. Monsieur le procureur devrait ouvrir une information judiciaire pour «corruption» et «abus de biens sociaux» à l’encontre de tous ceux qui ont un train de vie dont les revenus d’activité ne le permettent pas. 

Le peuple aura le dernier mot 

Le choc entre ce monde de l'exclusion et celui d'une élite dirigeante partiellement gangrenée par la corruption est porteur de graves conséquences, dont les plus manifestes sont le rejet de toute la sphère politique ou le recours à des formations extrêmes. Les hommes politiques ont tourné le dos aux préoccupations des populations pour poursuivre des buts personnels : l’enrichissement et la corruption. Les Ivoiriens ne sont plus maître de leur émotion, ils sont des joueurs du destin qu’ils n’ont pas choisi. Le peuple de Côte d’Ivoire aura raison des marchands d’illusions le moment venu car la majorité a toujours raison, mais la raison a bien rarement la majorité aux élections. 

Les élections prochaines seront l’occasion pour les oubliés, les exclus, les Ivoiriens d’en bas de choisir celui ou celle qui amènera la Cote d’Ivoire vers le développement équilibré où les enfants de pauvres auront les mêmes chances que les enfants de la Côte d’Ivoire d’en haut. Aucune autorité ne pourra feindre l’innocence vu l’impunité et l’immobilisme face à ces pratiques odieuses et immorales auxquelles une certaine élite ivoirienne s’adonne depuis quelques années. 

Ne nous reposons pas sur nos acquis, mais efforçons-nous de construire la paix, de vouloir que la paix soit dans le cœur et dans l'esprit de chacun. Cette paix tant recherchée, au demeurant, est possible. Mais elle exige que des engagements soient pris et tenus, en conscience. Il s’agit d’œuvrer à la réduction des inégalités. Il est peut-être temps que les autorités ivoiriennes s’emploient à l’éradication d’une corruption qui est nuisible à la croissance et au recul de la pauvreté. Le niveau moral de notre vie n'a rien de commun avec la gravité ou la nature de nos fautes. C'est la manière de se comporter bien ou mal dans le mal aussi bien que dans le bien qui nous classe. Il vous reviendra peuple de Côte d’Ivoire d’ensevelir les actes de quelques arrivistes qui à la faveur de cette douloureuse épreuve ivoirienne, construisent leur fortune sur les cendres de vos souffrances. 

Je signe cette prière au nom du peuple ivoirien. Après avoir connu des nuages chargés de menace, d’injustice et d’angoisse, le soleil brillera mais son éclat dépendra de vous. Je vous convie peuple ivoirien à ramener à leurs désillusions les marchands d’illusion qui ne pourront vendre leur forfaiture que sur des marchés parallèles de la politique. Vous aurez à faire bientôt un choix entre le politicien et l’homme d’Etat car comme le rappelle James Freeman Clarke, la différence entre le politicien et l'homme d'Etat est la suivante : le premier pense à la prochaine élection, le second à la prochaine génération. 

Prao Yao Séraphin, le 04 mars 2008

Par Mahalia Nteby - Publié dans : Côte d'Ivoire
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Mercredi 20 février 2008

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Un coup d’État est un changement de pouvoir soudain, imposé par surprise, par une minorité utilisant la force. La technique de base du coup d'État consiste à s'emparer des organes centraux de l'État ou à les neutraliser, en occupant leurs lieux de fonctionnement qui sont aussi les lieux symboliques du pouvoir. Le coup d’Etat monétaire sera donc une manière soudaine d’imposer une monnaie et un régime monétaire à un Etat. Un peuple sans souveraineté est non seulement un peuple privé de liberté, mais un peuple menacé dans son existence [Jean-Marie Le Pen, Extrait du Meeting de Toulouse - 25 Mars 2007]. La souveraineté est le droit exclusif d'exercer l'autorité politique sur une zone géographique ou un groupe de peuples. 

La souveraineté sert de pilier à l'analyse de l'État et constitue le critère de distinction des différentes formes de gouvernement qu'il décrit. La souveraineté est la puissance absolue et perpétuelle d’une République. La souveraineté est la qualité de l'État de n'être obligé ou déterminé que par sa propre volonté dans les limites du principe supérieur du droit et conformément au but collectif qu'il est appelé à réaliser

Ainsi, l’on peut se poser la question de savoir si les pays de la zone franc sont des pays souverains puisqu’ils n’ont pas le pouvoir de battre monnaie, un acte politique qui détruit les fondements de cette souveraineté. Au surplus, ces pays ont en commun une monnaie imposée depuis la période coloniale. Le véritable débat, celui d’une réflexion féconde sur le lien entre monnaie et souveraineté, entre monnaie et développement a été occulté au profit d’un piètre combat pour des postes de gouverneur des banques centrales dont les manettes sont entre les mains de la France. Cette présente contribution sur le franc CFA constitue un appel à méditation des gouvernants des pays membres afin de donner un sens à la notion de souveraineté. 

Un détour historique important

Selon l’histoire des faits économiques, le franc CFA est né formellement le 9 septembre 1939 , lorsque dans le cadre de mesures liées à la déclaration de guerres, un décret instaura une législation commune des changes pour l’ensemble des territoires appartenant à l’empire colonial français. En fait le début de la seconde guerre mondiale va s’accompagner d’un dirigisme monétaire avec la mise en place du contrôle des changes à cette date. La zone Franc, en tant que zone monétaire caractérisée par une liberté des changes, est formellement créée. 

En réalité, ses principales caractéristiques étaient apparues entre les deux guerres. La gestion monétaire des colonies était assurée par des banques privées bénéficiant dans leurs zones respectives de privilèges d’émission. Nonobstant, la dislocation progressive de l’espace monétaire et commercial international dans les années trente, la montée en puissance généralisée du protectionnisme et l’enchainement des dévaluations compétitives provoquèrent de la part des puissances coloniales une réaction de repli sur leurs empires. Après l’échec de la conférence de Londres en 1933, les zones monétaires furent leur apparition. C’est ainsi que prit naissance la «zone sterling». Un grand nombre de pays d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud vont rattacher leur monnaie au dollar pour former la «zone dollar». La formation d’une zone économique impériale, protégé de la concurrence extérieure et fondée sur la complémentarité des productions coloniales et métropolitaines, passait par la création d’un espace monétaire commun. 

Avec le déclenchement de la seconde guerre mondiale, naissait l’instauration d’une réglementation des changes valable pour l’ensemble des résidents de l’empire et la centralisation des réserves en devises au profit de la métropole. Le franc CFA est officiellement né le 26 décembre 1945, jour où la France ratifie les accords de Bretton Woods et procède à sa première déclaration de parité au Fonds monétaire international (FMI). Il signifie alors «franc des colonies françaises d'Afrique». Mais cette définition de la parité du Franc se fait avec une différenciation selon les secteurs géographiques. Nous avons alors trois unités distinctes avec le Franc des Colonies Françaises du Pacifique (FCFP), un Franc des Colonies Françaises d’Afrique (FCFA) et un Franc de la métropole valable également pour l’Afrique du Nord et les Antilles (FF). Le FCFP valait 2,40 FF et le FCFA 1,70 FF. C’est aussi l’occasion d’affirmer l’unité car le communiqué du ministre des Finances parle de «Constitution de la zone franc» et ce sera la première fois que le terme est utilisé officiellement. Certains pays ont choisi, lors de l'indépendance ou après, de quitter la zone franc coloniale : Algérie (1963), Maroc (1959), Tunisie (1958), Mauritanie(1973), Madagascar(1973), Guinée (1958), l’ex- Indochine (Cambodge, Laos, Viêtnam) en 1954. Le Mali l'a quittée en 1962 pour la réintégrer en 1984. 

Les motivations impérialistes de la France

Il s'agit alors de restaurer l’autorité monétaire française dans ces territoires qui ont été isolés de la métropole durant la seconde guerre mondiale, et ont souffert de la raréfaction des échanges, et ont dû parfois créer des émissions locales appuyées sur d'autres devises que le franc français (par exemple le dollar US), voire accepter des émissions fantaisistes par les troupes armées, ou accepter la monnaie des occupants, comme ce fut le cas pour les protectorats et territoires français en Asie, alors que ces territoires, et les institutions financières locales publiques et privées, doivent gérer leurs dettes extérieures à la fin du conflit mondial. Leurs objectifs sont, bien entendu, concentrés sur l'organisation interne des Empires coloniaux, en particulier sur la facilitation des relations financières et commerciales entre la métropole et les territoires. 

Il s'agit toujours pour la France de faciliter l'intégration commerciale et financière des territoires à la métropole par le biais d'un régime de monnaie et de change. La perte de la convertibilité, non seulement lésait les investisseurs étrangers et les déposants, mais aussi rendait plus difficiles les échanges de biens et de capitaux avec la métropole. Un des objectifs des administrateurs était d'assurer la convertibilité pour maintenir les liens économiques avec la métropole. De plus, les colons se mobilisent pour réclamer la même sécurité pour leurs avoirs locaux et leurs avoirs métropolitains, ce qui passe par une fixation du change. L’intérêt de la manœuvre est d’assurer une compensation maximale des règlements entre les deux économies et surtout de supprimer le change entre les deux monnaies. L’épisode de la communauté est du reste significatif du formalisme qui présidait à la conception gaullienne de la décolonisation. Le principe fédéral inspirant ce projet faisait une large place au domaine de gestion commune, «qui doit comprendre la défense, la politique étrangère, la direction de l’économie, la politique des matières premières et la monnaie» . 

Avec la zone franc, la France voulait conserver son aire d’influence, mais aussi, consolider des liens un temps menacés par les aspirations à la souveraineté. La construction de cette zone est due à des facteurs commerciaux (une partie importante des échanges se faisant avec la France), financiers (faciliter le paiement des flux financiers) et politique. Cette tutelle monétaire assure le contrôle des économies de la zone et garantit les bénéfices des capitaux français en assurant la convertibilité illimitée, la parité fixe avec l’euro et surtout la liberté des transferts. 

Fonctionnement de la zone ou les mécanismes de la coopération monétaire

La coopération monétaire entre pays membres de la zone franc repose sur quatre principes : un institut d’émission commun à chaque sous-zone, une parité fixe, une garantie de convertibilité illimitée et la libre transferabilité interne.

     1. Un institut d'émission commun à chaque sous-zone 

Les banques centrales de chaque sous-zone (Banque des États de l'Afrique centrale - BEAC, Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest - BCEAO, et Banque centrale des Comores - BCC) ont la tâche de conduire la politique monétaire de la sous-zone. Elles doivent aussi centraliser la totalité des avoirs extérieurs des États membres. 

     2. Une parité fixe avec le franc français (maintenant l’EURO) 

Cette parité est définie pour chaque sous-zone. Elle est restée stable de 1948 à 1994 pour les trois sous-zones (1 FF = 50 FCFA ; 1FF = 50 FC depuis 1979) et a été ajustée le 12 janvier 1994 (100 FCFA = 1 FF, la parité étant identique pour les sous-zones d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique centrale, 75 F comoriens = 1 FF). 

     3. Une garantie de convertibilité illimitée 

Le Trésor français va innover en matière de régime de convertibilité. Alors que le Trésor britannique abandonne la gestion de la monnaie aux intérêts privés ou aux autorités locales, le Trésor français s’implique. Il garantit une convertibilité sans change, financée par ses propres ressources fiscales, et régulée par la coopération avec les Instituts d’émission locaux. Ce système est fondé sur le compte dit d’opérations dont disposent les Instituts d’émission dans les comptes du Trésor. Ce compte est un compte courant des Instituts auprès du Trésor où se fait la compensation des paiements entre les territoires et qui présente la particularité de pouvoir être débiteur (Vinay, 1988, Lelart, 1997, Guillaumont-Jeanneney, 1996). 

La libre convertibilité de la monnaie de chaque sous-zone est garantie par le compte d'opération ouvert auprès du Trésor français et sur lequel les banques centrales ont un droit de tirage illimité en cas d'épuisement de leurs réserves en devises. En contrepartie de ce droit de tirage, les banques centrales doivent déposer sur le compte d'opération au moins 65 % de leurs avoirs extérieurs nets (réserves de change).Si les banques centrales peuvent recourir sans limitation aux avances du Trésor français, cette faculté doit, dans l'esprit des accords, revêtir un caractère exceptionnel. En cas de découvert prolongé du compte d'opération, les banques centrales sont tenues de mettre en œuvre des mesures de redressement (relèvement des taux directeurs, réduction des montants de refinancement, plafonnement des crédits aux États, ratissage des devises). 

Les variations de position sur le compte d'opération traduisent donc les résultats des paiements extérieurs. Les variations de la position extérieure sur le compte d'opération sont nettement inférieures à la fluctuation des avoirs extérieurs de chaque pays. Le flux vers la métropole étant plus important que celui vers la colonie, le Trésor dispose d’une position excédentaire en francs CFA. 

     4. La libre transferabilité interne 

À l'intérieur de chaque sous-zone, et entre chaque sous-zone et la France, les transferts de capitaux sont en principe libres. Les transferts des capitaux entre les zones monétaires ont fait l'objet de quelques restrictions au cours des années 90, afin notamment de lutter contre les mouvements de capitaux illicites (suppression du rachat des billets entre zones). Chaque franc CFA n'est utilisable que dans sa propre zone (par exemple, le détenteur de francs CFA «Ouest» ne peut les échanger dans un pays de la zone «Est», le transfert ne peut se faire que par voie bancaire, et donc sous contrôle. En clair, les francs CFA ne sont pas identiques, même s'ils ont le même sigle. Ils sont émis par des banques centrales différentes et leur signification n'est pas la même. Le CFA de la zone Ouest se décline ainsi : franc de la Communauté financière africaine. Celui de la zone centrale : franc de la coopération financière en Afrique centrale. 

L’urgence de la reconquête de notre souveraineté monétaire

Alors que l’Asie et le Maghreb, après s’être débarrassés des vestiges du colonialisme, s’en sortent économiquement, les pays de la zone Franc hésitent toujours à rompre le lien colonial, comme s’ils doutaient de leurs propres capacités à prendre en charge leur destinée. Le coup d’Etat monétaire de la France est en passe de devenir une servitude monétaire volontaire. Pourquoi déposer nos réserves de changes dans un Trésor Français alors que nos économies ont des besoins croissant de financement. Si les pays membres ne disposent pas d’économistes ayant une connaissance certaine des mécanismes du marché des changes alors il serait temps de désespérer de l’Afrique. Evidemment que l’Afrique a des économistes rompus à la haute compétition intellectuelle. Pourquoi donc cet esclavage monétaire ? Il n’est plus souverainement juste de perpétuer la dépendance à l’égard de l’ancienne métropole au travers de la Communauté Financière Africaine et de sa "zone Franc CFA". Cette monnaie étrange, nous est étrangère, elle n’est pas notre monnaie. 

Souvenons-nous de l’épisode de la dévaluation en 1994. La dévaluation du Franc CFA annoncée par la France en 1994, avant la convocation des Chefs d’État de la zone CFA, pour consultation. Le franc CFA est un instrument de domination de la France. Cette ingérence monétaire se retrouve au niveau de la gestion de nos banques centrales. L'autonomie des Banques centrales est tempérée par les prérogatives du Conseil des Ministres des différentes zones. En particulier, il revient à celui-ci d'arrêter la distribution du crédit. De plus, à l'échelle nationale, la répartition des quotas de crédit établis par la Banque et le Conseil relève de comités nationaux contrôlés par les gouvernements locaux. Elles disposent d’un conseil d’administration où chaque membre et la France ont une représentation égalitaire. Les administrateurs, à raison de deux, sont nommés par les Etats : ce sont de hauts fonctionnaires. Par exemple, La France dispose de deux représentants au Conseil d'Administration de la BCEAO comme n'importe quel pays membre. La France, aujourd’hui comme par le passé, continue d’intimider ceux qui confessent la mort du franc CFA. 

Déjà en 1963, prétextant d’une mutinerie des soldats, démobilisés de la guerre d’Algérie, un coup d’Etat est organisé contre le président togolais Sylvanus Olympio. Que reprochait-on à ce dernier ? D’avoir demandé en 1958 l’indépendance du Togo, sous mandat franco-onusien. Puis, une fois l’indépendance acquise en 1960, de vouloir réviser le contrat d’exploitation du phosphate togolais; d’avoir entrepris la diversification du partenariat économique avec d’autres États occidentaux, dont l’Allemagne, ex-métropole coloniale qui devait aussi le soutenir dans la création d’une monnaie nationale, en sortant de la Zone Franc. Les pressions financières, monétaires et politiques exercées pour que le Mali soit obligé de revenir dans la zone franc après sa sortie en 1962. A contrario, l’adhésion du régime dictatorial de la Guinée équatoriale à la zone BEAC n’a pu se faire, compte tenu de la situation désastreuse du pays, que grâce au paiement par la France de sa quote part à la BEAC. Dans le cas du Mali, la France a dû, pour surmonter les réticences des états membres de l’UMOA, transformer en prêts à long terme avec différé d’amortissement le découvert du compte d’opération de l’institut d’émission malien, qui s’élevait à 850 millions de franc en 1984. Inscrite au budget du ministère de la coopération, cette opération expliquait à elle seule les deux tiers de l’accroissement de l’aide française au PMA en 1984. 

Au nom de la restauration de notre souveraineté monétaire, le prochain sommet de l’UEMOA doit se pencher sur l’avenir du franc CFA, une monnaie qui devient de plus en plus un goulot d’étranglement pour le développement de nos économies. Les dispositions et les règles régissant le franc CFA ne permettent pas au système bancaire de jouer son rôle de moteur du développement. Enfin pour préserver l’équilibre monétaire, les concours aux Etats ne doivent pas excéder 20% des recettes fiscales de l’exercice antérieur. Comme le fait remarquer Paul Fabra «peu de grands pays s’imposent une discipline aussi strict que celle que comporte le mécanisme de la zone franc. On est plus facilement orthodoxe pour les pauvres». Les pertes de change successives à la dévaluation de 1969 avaient été d’autant plus durement ressenties que la contribution des soldes positifs des comptes d’opérations à la défense du franc français n’avait jugé bon ni de les consulter ni de les indemniser. Les modifications des parités des francs CFA ne peuvent être décidées qu’à l’unanimité des pays membres de chaque union et après consultation de la France.

La zone franc porte la coopération monétaire au-delà des frontières de la définition théoriques, elle est le lieu où la France orchestre de façon permanente et ce, depuis la période coloniale, un coup d’Etat monétaire. Au risque de donner raison à ceux qui pensent que l’Afrique n’est pas rentrée dans l’Histoire, nous devons abandonner le débat puéril sur le gouvernorat des banques centrales pour créer des monnaies régionales puissantes et crédibles, pour aboutir à terme à la création d’une monnaie continentale. 

Que les pays de la zone franc comprennent que le chaînon manquant de leur développement est leur souveraineté monétaire. 

Prao Yao Séraphin, le 13 janvier 2008

 

Par Mahalia Nteby - Publié dans : Grands dossiers
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Samedi 16 février 2008

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Et maintenant, le Tchad ! Le Tchad de l'Arche de Zoé, du Darfour et de ses massacres ? Non ! Celui d'un énième coup de force contre un pouvoir en place, avec nos militaires en tampon... 

Le statut postcolonial de la France en Afrique mêle intérêts légitimes et fidélités suspectes, atouts stratégiques et devoirs humanitaires, solidarité francophone et zizanies multiples, secrets de famille et intermédiaires clandestins. Pèsent encore sur ce magma l'inconscient refoulé du maître et de l'esclave, et les relents d'un psychodrame historique inachevé... 

Nous n'avons longtemps abordé l'Afrique qu'avec des fantasmes exotiques. Après « le bon sauvage » des Lumières vinrent le « cannibale » et les bamboulas indignes de l'Exposition universelle de 1900. Nous n'avons quitté « La case de l'oncle Tom » que pour « Tintin au Congo » ou « Le coeur des ténèbres ». Pendant ce temps, notre engagement colonial s'écartelait entre l'instituteur et l'exploitant, entre le médecin et le négrier. Et désormais entre nostalgie et repentance. L'Afrique d'aujourd'hui s'accouche-avec et contre nous-dans la douleur. L'Europe eut les siennes et ses millions de morts. La tragédie de l'Histoire change d'époque, de décor et de victimes. Mais elle remplit, pour finir, les mêmes abattoirs de la condition humaine... 

De notre balcon européen, dans la jouissance d'une longue paix, nous contemplons, vaguement ahuris, les affres du pandémonium africain. Ce génocide rwandais, d'abord, où notre injonction démocratique et notre souci d'influence régionale auront fait exploser les haines comprimées du couple Tutsi-Hutu. Et puis ces massacres récurrents du Darfour. Mais combien de violences couvent encore dans des nations adolescentes dont les frontières furent tracées à l'équerre, il y a cent cinquante ans, par nos diplomates en jaquette dans le mépris des ethnies, langues, religions, royaumes ou empires d'une Afrique écrabouillée ! Combien de conflits annoncés entre un Nord musulman et un Sud chrétien ! Quel crève-coeur de voir les deux nations les plus policées de l'Afrique postcoloniale, la Côte d'Ivoire dans l'Ouest, le Kenya dans l'Est, rechuter dans la violence interethnique ! Pensons à cette extension des déserts sous réchauffement planétaire, à cette extinction des cultures vivrières, à ces millions de faméliques agrippés aux ghettos de villes écloses comme champignons vénéneux... A ces désespérés, enfin, qui bricolent des radeaux de misère vers nos eldorados de riches ! 

Et pourtant ! Pourtant, on peine à le croire, mais l'Afrique va mieux. Elle trouve peu à peu, hors ces trous noirs, des espaces apaisés, des leaders respectables... L'ensemble du continent connaît enfin des taux de croissance positive (6,2 % prévus pour 2008). Le pétrole y est pour beaucoup, qui gonfle des budgets anémiques. Il ne crée encore que des pays riches à peuples pauvres. Mais tout de même un peu moins pauvres ! 

Cette Afrique émergente, elle inspire en tout cas des appétits nouveaux. Et d'abord celui, phénoménal, de la Chine. Avec sa masse, ses moyens colossaux, la Chine investit l'Afrique et son pétrole. Elle y expédie ses ingénieurs et ses ouvriers stakhanovistes, au total déjà près de 150 000 hommes. Un début de colonisation sans colonialisme ! La Chine se jette dans l'Afrique comme un fleuve dans la mer... 

L'Afrique nouvelle, nous autres Français devons l'aborder de plain-pied et sans condescendance, en quittant le balcon où le passé nous a juchés. A Dakar, Sarkozy a choqué en dispensant, de ce balcon, un paternalisme conseilleur à « l'homme africain qui n'est pas assez entré dans l'Histoire... » Et il est vrai que, vu jadis de ce surplomb (hégélien), l'Afrique irrationnelle était, comme la Sibérie, chassée d'une Histoire réservée aux seules chevauchées des paladins occidentaux de la Raison et du Progrès (1). Fâcheuse réminiscence ! 

Il nous faut apprendre à penser l'Afrique autrement. Constater que le nationalisme réveille, loin de notre modernité, des traditions englouties. Que, loin de sacrifier aux droits de l'homme, les pays d'Islam exaltent d'abord les droits de Dieu. Et que notre idéal démocratique bute, ici ou là, sur la servitude volontaire. Les peuples qui ne se sentent pas auteurs de notre modernité économique, technique, scientifique souffrent d'en être d'incommodes émules. Et d'être, en somme, « nés du mauvais côté » (2). Mais quoi, l'Histoire ne choisit plus son côté ! Elle charrie partout le meilleur et le pire 

Claude Imbert in Le Point, 07 février 2008

1. Voir « Dostoïevski lit Hegel en Sibérie et fond en larmes », de Földényi (Actes Sud). 
2. Voir l'ardente confession de la Tunisienne Hélé Béji, « Nous, décolonisés » (Arléa).

Par Mahalia Nteby - Publié dans : Edito
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Vendredi 15 février 2008

France is helping to protect Chad's President but it is his people who deserve protection. Europe stands on the brink of entangling itself in France's neocolonial war in Africa.
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The only surprise about this month's battle for Chad's capital city N'Djamena is that it was so long in coming. Every Chadian political dispute in the last 40 years has been settled by force of arms, and the latest conflict is running true to form. A coalition of Chadian rebels, backed by Sudan, made a lightning dash westward across the country from Darfur and assaulted the capital city. Hundreds of soldiers and civilians died in two days of bloody street fighting before Chad's President, Idriss Déby, with help from the French, rallied and pushed back his enemies. The tense standoff comes as the European Union is poised to dispatch 2,500 troops to eastern Chad, where hundreds of thousands of Darfurian refugees and displaced Chadians live in fear. Now Europe's leaders must decide: Will those soldiers be a neutral protection force for civilians, or an army fighting to protect Chad's embattled despot? 

Déby has hung on to power for 16 years by mastering Bedouin politics. Along with physical courage — he commands from the front line — he has a gift for intrigue. Sometimes he buys off his enemies with cash, which is more plentiful since ExxonMobil started pumping oil in 2003. He has also been accused by Amnesty International and the Chadian opposition of murdering his enemies. But key to his survival is France's calculation, backed by military support, that his adversaries are worse. 

Chad is remote — almost equidistant from the Red Sea, the Atlantic Ocean and the Mediterranean. From 1966 onward it was racked by 25 years of war. N'Djamena was destroyed and the country divided into rival fiefdoms. Libya's Colonel Muammar Gaddafi tried to annex Chad, prompting France and the U.S. to fund a covert contra war in support of Chadian warlord-turned-President Hissène Habré. 

Déby was among the French-trained Chadian warriors who defeated Gaddafi's army in 1987. He then chased Libya's proxy Arab militias — known as Janjaweed — into Darfur, sparking that region's descent into bloodshed. But Déby soon fell out with Habré, who tortured and executed thousands of opponents, real and suspected. Déby is a Zaghawa — part of a tribe of black Saharans equally at home in Darfur, Chad and the oases of the Libyan Sahara. Armed by Sudan and Libya, he stormed across the Chadian savanna from rear bases in Darfur and seized power in 1990. Paris ordered its troops to stand aside, congratulated the coup maker and renewed its military cooperation pact with Chad. 

Under Déby's rule, Chadians began to enjoy stability for the first time. Oil promised real wealth, even schools and clinics. But hopes soured when Déby fixed the 2001 elections and Transparency International ranked Chad as the world's most corrupt country (alongside Bangladesh). Déby faced down mutinies at home, but the fuse for the current conflict was lit with the 2003 insurrection in Darfur, led in part by his own Zaghawa tribesmen. 

The French Connection 

Throughout Darfur's war, weapons have flooded in from Chad. When Sudan's security chiefs realized Déby would not cut the rebel supply lines, they resolved to get rid of him. Their offers of money and guns found plenty of takers among disaffected Chadian commanders. Three times the Sudanese organized attacks, nearly capturing N'Djamena in April 2006. 

It is no coincidence that they struck this time just days before the E.U. force was due to arrive. The European troops are under a U.N. mandate to protect civilians, but Sudan's security chiefs fear the operation could be a staging post for intervention in Darfur. Chadian rebels see the real role of the mostly French troops as defending France's protégé, Déby. 

The tide of battle in N'Djamena turned on Feb. 3. French logistics and intelligence were pivotal, though Déby's tactical prowess and rifts among the rebels helped too. Neither of the two main rebel chiefs, Timan Erdimi and Mahamat Nouri, wants the other to become President. The French weapons now pouring into Chad on Libyan aircraft will not seed stability. Many will flow into the armory of Déby's Darfurian ally Ibrahim Khalil, leader of the Justice and Equality Movement, encouraging him to escalate his war in Darfur. 

Déby sees only a military solution. He used the rebel attack as a pretext to arrest the leaders of Chad's civil opposition. They are alive — for now. On Feb. 4, Paris won the U.N. Security Council's authorization to send weapons to Chad. France is fast becoming a belligerent in Chad's war, and an accomplice to a crackdown on the faint hope of a democratic future. 

Chadian civilians and Darfurian refugees alike stand in the path of this fast-moving war. If there was ever a need for international troops to protect them, the time is now. But European leaders must recognize that France's military mission is protecting Déby, not Chadian civilians. Europe stands on the brink of entangling itself in a neocolonial war in Africa. It is not clear that it can salvage the high principle of protecting the victims of war amid the ongoing carnage and chaos. 

Alex De Waal in Time Magazine, 18 Février 2008

Par Mahalia Nteby - Publié dans : Politique africaine
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Mardi 12 février 2008

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Jusqu’au 31 décembre 2007, la coopération commerciale entre l’Union européenne et les pays Acp (Afrique au Sud du Sahara, Caraïbes, Pacifique) est régie par le principe de non-réciprocité : les produits en provenance des Acp sont admis librement sur les marchés européens, sans droits de douane, alors que les produits européens peuvent être frappés de droits de douane lorsqu’ils sont importés dans les Acp. 

Le grand changement apporté dans la nouvelle coopération est l’introduction des Accords de partenariat économique (Ape) qui reposent pour l’essentiel sur le principe de réciprocité : dorénavant, les produits européens devront entrer sur les marchés africains sans droits de douane, exactement comme c’est le cas pour les produits africains sur le marché européen. Un autre changement apporté par la nouvelle coopération est de ne plus avoir les Etats comme seuls ayants droit de regard dans les pays Acp ; invitation est faite à toutes les composantes de la société civile (groupements professionnels, syndicats patronaux, syndicats de travailleurs, communicateurs, simples citoyens…) à s’impliquer pour donner leur avis. 

Les Ape présentent au départ, entre autres, des inconvénients pour les producteurs africains, dans l’agriculture comme dans l’industrie : 

(1) - Les produits agricoles européens qui sont subventionnés (ce qui permet de les vendre moins cher) vont inonder les marchés africains ; les produits africains similaires (comme la volaille, les œufs par exemple) ne pourront pas résister à la concurrence. Il faut dire que le terrain a été préparé par les programmes d’ajustement de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international qui ont supprimé les subventions en Afrique. 

(2) - Les embryons d’industrie qui existent dans les pays africains pour ne satisfaire que le marché local (allumettes, piles électriques par exemple) vont être étouffés par la concurrence européenne, surtout avec cette préférence marquée des Africains pour tout ce qui est importé ; ce qui va se traduire par des fermetures d’usines avec le cortège bien connu de nouveaux chômeurs. Pour ne rien dire, des énormes pertes de recettes douanières pour les Etats. 

Les Ape ne sont ainsi rien d’autre qu’une réédition accentuée de la promenade du pot de fer et du pot de terre. L’Union européenne est d’ailleurs bien consciente des plumes que les pays Acp vont laisser dans l’opération ; elle leur a prévu un fonds de compensation (Forape), sournoisement appelé ‘aide’, et qui n’est rien d’autre qu’une rémunération pour ‘bonne conduite’. Ce qui n’a en fait rien de nouveau ; cette méthode a toujours régi les relations entre l’Europe et l’Afrique, avec les résultats que l’on sait pour cette dernière. 

En réalité, les produits africains même s’ils sont théoriquement admis librement sur le marché européen sans droits de douane, y sont soumis à d’autres discriminations non tarifaires comme les normes de qualité contraignantes qui leur sont imposées, pour ne pas concurrencer les produits européens similaires ; c’est le cas dans le secteur de la pêche où les exigences de critères de navires ne peuvent être satisfaites par les pêcheurs locaux, ce qui ouvre la voie aux bateaux de pêche européens pour venir se servir abondamment sur les côtes africaines. 

Il convient d’ailleurs de s’interroger sur les avantages réels retirés par les pays Acp de cette coopération. L’Union européenne a elle-même, en 1997, publié un Livre Vert dressant un bilan peu reluisant de la coopération pour les partenaires du Sud. La situation s’est même détériorée depuis lors ; au seul plan commercial, sous le régime de la non-réciprocité, la part des exportations des Acp sur le marché européen qui était déjà faible (8 %) est tombée à 3 %, alors que le marché européen s’est élargi avec les nouvelles adhésions ; parce que de nouveaux membres (Espagne, Portugal, Grèce) ont des produits agricoles qui concurrencent certains produit s africains. 

Dans la nouvelle coopération, il était question au départ de mettre en place des Accords régionaux de partenariat économique (Arpe) : utiliser les communautés économiques qui existent dans les Acp pour faire le libre-échange avec l’Union européenne ; parce qu’il est plus avantageux d’avoir un seul accord dans une région. Mais c’était sans compter avec la réticence des Etats africains à s’engager ainsi de façon collective. A côté des Arpe, on introduit alors les Ape : chaque Etat pourra séparément négocier avec l’Union européenne. Ce qui ne fera que mettre à mal les communautés africaines d’intégration économique qui n’étaient déjà pas performantes. 

Les Ape se présentent ainsi comme une entreprise de désintégration, de néo-balkanisation de l’Afrique, au moment où l’Europe s’intègre pleinement. En toute logique, c’est l’Union africaine (même si elle n’est pas encore zone de libre-échange) qui devrait négocier avec l’Union européenne, et non des Etats africains séparés. C’est comme si un syndicat patronal contournait les syndicats des travailleurs pour négocier directement avec des travailleurs isolés. 

Au regard des Ape, les Acp peuvent être scindés en trois groupes. 

(1) - Le groupe des Caraïbes, le seul à avoir signé un accord complet au niveau régional 

(2) - Le groupe de pays dont il est dit, sans précision, qu’ils ont paraphé un ‘accord intermédiaire’. Cela vaut-il signature individuelle, ou bien est-ce un tremplin pour amener les autres à signer un accord complet au niveau régional ? Pour l’instant, c’est le flou artistique total, qui alimente bien des spéculations. Au 31 décembre 2007, en Afrique de l’Ouest, ce sont la Côte d’Ivoire et le Ghana qui sont dans ce cas. En Afrique Centrale, c’est le Cameroun. Ces pays qui ne figurent pas parmi les pays moins avancés (Pma), ont plus intérêt que les autres à avoir un accès libre sur le marché européen pour leurs produits (cacao, café, bananes, ananas, aluminium) qui constituent l’essentiel de leurs recettes d’exportation. Ces produits ne peuvent y être compétitifs que s’ils sont exonérés de droits de douane, face aux mêmes produits en provenance d’Asie, d’Amérique Latine ou des Antilles françaises. Cela permettra d’engranger des recettes d’exportation substantielles, comme auparavant, mais cette fois au détriment des industries locales déprotégées qui ne pourront pas résister à la concurrence européenne. 

(3) - Les pays qui, au 31 décembre 2007, n’ont pas signé ou paraphé l’accord. Ce sont tous les autres, à commencer par le Nigeria dont la principale exportation est le pétrole fortement demandé, pour lequel il ne se pose pas un problème de marché. Ce pays n’a aucun intérêt à signer un Ape qui ne pourra que compromettre son industrialisation. Les autres non signataires sont des Pma qui ont une part de marché insignifiante dans l’Union européenne. Ce sont les pays auxquels les Ape porteraient le plus préjudice, en termes de calcul économique coût-avantage : il n’y aura rien de changé au niveau de leurs exportations, mais leurs industries et leurs finances publiques vont en souffrir. 

La question qui ne manquera pas d’être posée est : Qu’adviendra-t-il de ces pays ? Ce scénario est déjà prévu au niveau des instances européennes. Les pays non-Ape seront versés dans le Système de préférences généralisées (Spg) mis en en place depuis 1971, et qui accorde un traitement commercial préférentiel à l’ensemble des pays en développement. Mais le Spg est moins favorable que le système des conventions Ue-Acp. Un régime intermédiaire est prévu pour les pays les moins avancés (trois quarts des pays africains) pour tous les produits, à l’exception des armes. 

La philosophie du Spg était au départ de permettre aux pays en développement d’avoir libre accès sur les marchés des pays développés pour leurs produits manufacturés. C’est sous ce régime que Taïwan, Singapour, Corée du Sud, Hongkong, Malaisie, Thailande, pourtant peu dotés en matières premières, ont consolidé leurs programmes d’industrialisation, avec la réussite que l’on sait. Pendant que les pays africains se confortaient paresseusement dans l’exportation de matières premières sous le régime soi-disant plus favorable de coopération avec l’Europe. 

Cela dit, quelle est l’origine des Ape ? Avec le tintamarre actuellement orchestré sur la question avec sa dose poussée de théâtralisation, on a l’impression d’une nouveauté. Or, les Ape sont contenus dans l’Accord de Cotonou qui fait suite aux conventions de Lomé, pour régir la nouvelle coopération entre l’Union européenne et les Acp (articles 34 à 37). Les Ape sont justifiés par le souci de se conformer aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (Omc) dans le cadre de la mondialisation : des dispositions qui ne servent que les seuls intérêts des pays développés. 

Seulement, l’Accord de Cotonou, avec sa composante Ape qui est officiellement dénoncée aujourd’hui, a été signé par les chefs d’Etat africains en exercice à l’époque (en pleine connaissance de cause, ou insouciance ?). C’était le 23 juin 2000. 

Lisons l’article 37 de l’Accord de Cotonou, alinéa 1 : ‘Des Accords de partenariat économique seront négociés durant la phase préparatoire qui se termine au 31 décembre 2007 au plus tard. Les négociations formelles pour les nouveaux arrangements commerciaux débuteront en septembre 2002 et les nouveaux arrangements commerciaux entreront en vigueur le 1er janvier 2008….’. En quoi consistent les nouveaux arrangements commerciaux ? L’alinéa 7 de l’article 37 le dit clairement : ‘Les négociations des Accords de partenariat économique auront principalement pour objet d’établir un calendrier pour la suppression progressive des barrières commerciales entre les parties, en conformité avec les règles de l’Omc’. Les dirigeants africains qui ont signé ce document en juin 2000, n’ont donc pas été pris en traîtres. 

Personnellement, c’est très tôt que j’ai attiré l’attention sur les Ape dans un livre publié en 2002, ‘L’Afrique dans la mondialisation’, qui n’a suscité ici aucune réaction, ni de la part des pouvoirs publics, ni de la part de la presse publique ou privée. 

Cela dit, c’est une erreur de se polariser sur les Ape qui ne sont qu’un maillon d’une chaîne qu’il faut saisir dans son ensemble. Les Ape viennent seulement s’inscrire dans une entreprise de marginalisation accentuée de l’Afrique, sous couvert de libéralisation et de mondialisation. Les Ape sont appelés à ouvrir totalement les marchés africains à la production agricole et industrielle des pays de l’Union européenne. Mais on oublie que dans le même temps, sous l’égide du Fmi, on a mis en place dans différentes régions africaines des unions douanières artificielles avec un ‘tarif extérieur commun’. L’opération démarre avec l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) qui regroupe huit pays francophones : les anciens droits de douane que chaque pays membre avait mis en place pour protéger son industrie (qui étaient de l’ordre de 65 % en moyenne) sont remplacés par un droit de douane unique (tarif extérieur commun) dont les taux selon les produits vont de 0 (zéro) pour cent à 20 pour cent. Le principe est adopté en 2006 pour l’étendre à l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest, et aussi à l’Afrique Centrale. Une aubaine pour les autres pays industrialisés. Mais ils seront moins compétitifs que les pays européens qui, bénéficiant des Ape permettant la libre entrée totale de leurs produits, continueront à faire de l’Afrique leur chasse gardée. 

Et pourtant, aucun de ces pays d’Amérique, d’Asie, d’Europe n’a développé son industrie sans une forte protection douanière. Ce qu’on demande aux Africains, c’est : ‘Ne faites pas ce nous avons fait’. C’est toute cette chaîne d’exploitation des pays africains qu’il faut briser. 

En réalité, la véritable solution pour les pays africains est la valorisation industrielle, c’est-à-dire la transformation sur place d’une bonne partie de leurs matières premières, dans le cadre de leurs communautés économiques, sous une protection adéquate. Aucun pays au monde ne peut se développer en ne comptant que sur des exportations de matières premières, quel que soit le traitement commercial qui leur est accordé. La lutte contre la pauvreté ne peut reposer que sur une politique saine de développement. Ce qui malheureusement est loin d’être le cas dans des pays comme le Sénégal, avec une politique autocratique et véritablement ‘je-m’en-foutiste’ de gaspillage et de dilapidation des maigres ressources financières, comme s’il s’agissait d’un héritage familial. 

Les dénonciations que l’auteur de ce texte, d’autres patriotes africains et des compagnons de recherche de l’extérieur font depuis des décennies ne rencontrent aucune oreille attentive de la part de nos dirigeants, quel que soit le régime en place. Le meilleur service que les ‘partenaires au développement’ peuvent rendre aux populations africaines est de dénoncer ces pratiques des dirigeants africains et de les exhorter à y mettre fin, d’autant plus qu’ils sont en partie bailleurs de ces fonds mal utilisés. Droit d’ingérence ? Ils savent bien se l’octroyer, pour régler des problèmes à leur convenance : Qui a imposé aux populations africaines les mortels programmes d’ajustement structurel ? 

Oui pour un nouvel ordre économique international ! Mais, oui aussi pour un nouvel ordre économique interne ! 

Makhtar Diouf in Wal Fadjiri, le 4 février 2008

Par Mahalia Nteby - Publié dans : Politique africaine
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Opinion

Do not leave Africa in scramble



To many minds, Africa is a picture of hopeless misery: afflicted by poverty, scarred by corruption and ravaged by Aids and war. These facts are true, but they tell only half the story. In many sub-Saharan African countries output briskly outpaced population growth during the last decade, leading to sustained growth in income per capita and promising a lasting escape from poverty.

Behind the success lies many African leaders’ willingness to adopt solid macroeconomic policies and move towards more transparency and less red tape. Economic integration with the world deepened and trading relations diversified. Record-breaking prices boosted commodity exporters’ incomes. The private sector’s success, for example in telecommunications, showed that Africa does not lack good business opportunities. Before the crisis, countries such as Ghana were on course to escaping aid dependence by entering global capital markets.

But Africa is now slipping. Foreign direct investment has shrivelled. Capital markets have seized up as funds flee to the safety of rich-country sovereign bonds – with which the market is flooded. The price of trade credit has soared, sharply halting trade flows, with commodity exporters suffering additionally from the drop in prices.

As tax revenues fall and demands on public services rise, governments without large savings are in a squeeze. African leaders warn of a popular backlash: if the public suffers undeserved pain after governments followed what rich countries told them to do in the 1990s, economic growth and democratic stability are at risk. Already coups and riots are on the rise.

The world’s leading countries must act to end the global crisis as soon as possible. In the meantime, Africa should not be a casualty of other priorities. African governments that have shown a commitment to sound policies must be helped to fill temporary funding gaps. And rich countries should quickly prop up trade finance: it would do much good and cost little.

Development aid
can do ill as well as good; the long-term goal must be to get rid of it. But that is no argument against short-term crisis assistance, which has been provided – quickly – to small and relatively rich European countries; many African countries need the same. Moreover, rich countries made aid promises at the Gleneagles summit that they have yet to fulfil.

The potential cost of the crisis in Africa is not just unemployment; it is starvation, civil war and the closing of an escape route from poverty. That is a price the world cannot afford to pay.


Editorial
Financial Times
Le 16/03/2009

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