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Nouvelle ligne diplomatique

Côte d'Ivoire: Une coopération sans contraintes, sans menaces, sans exigences ni humiliations

 

Le Président de la République trace les nouvelles lignes de l’ouverture de son pays au monde.

«Dans les journaux, nous lisons souvent cette phrase: la Chine est à l’assaut de l’Afrique. Je veux rectifier une chose : ce n’est pas la Chine qui est à l’assaut de l’Afrique. C’est l’Afrique qui est à l’assaut de la Chine. Nous coopérons avec la République populaire de Chine sans que nous ayons des exigences politiques». Et le Président Laurent Gbagbo de préciser : si l’Afrique va à l’assaut de la Chine, c’est parce que «les Africains ne se sentent pas humiliés quand ils coopèrent avec la Chine».

Comment coopérer avec l’autre dans une relation de respect mutuel? Comment aller vers l’autre sans que l’autre ne vous impose des exigences, des contraintes, des humiliations ?  La Côte d’Ivoire, dans sa nouvelle diplomatie, veut se positionner, dans son rapport avec l’autre, comme un pays à respecter, et non un pays à soumettre, non comme un Etat à humilier. La Côte d’Ivoire, dans sa diplomatie, exige respect et réclame un traitement de réciprocité.

Le Président de la République, profitant de la pose de la première pierre de l’hôpital général de Gagnoa (un projet financé par la Chine), samedi dernier, a tenu un discours qui trace, avec fermeté, les lignes de la diplomatie ivoirienne : «Si l’on ne nous humilie pas, nous allons coopérer tranquillement. Si l’on nous humilie, nous irons vers ceux qui ne nous humilient pas». Une ligne claire, qui installe la Côte d’Ivoire dans une diplomatie ouverte sur un monde qui célèbre le respect et la considération de l’autre. Une vision qui s’inscrit dans le refus des contraintes et des exigences qui prennent souvent des allures de chantage : «les milliers de conditions imposées dans le cadre de la coopération avec les autres sont une humiliation» que la Côte d’Ivoire ne peut accepter. D’autant qu’il est clair pour le Président Gbagbo que «les relations internationales consistent à entretenir des relations gagnants-gagnants», et que le premier acte de victoire d’un pays, «c’est de ne pas se sentir humilié». Celui qui ne l’aura pas compris, dira le Chef de l’Etat ivoirien, «ne pourra pas entretenir de relations décontractées avec l’Afrique».

Si l’Afrique, selon lui, «
va en Chine, c’est parce qu’avec la Chine, elle ne se sent pas humiliée. C’est ce que je veux expliquer à l’humanité tout entière. J’en parle en tant que Chef d’Etat qui a entendu certains de ses pairs gémir d’avoir tant été humiliés. L’aspect psychologique des peuples des pays du Tiers monde n’a pas été compris. Or, quand un peuple vous dit qu’il n’a pas peur de la mort, il faut le regarder autrement et le traiter autrement».

Réaffirmant les bonnes relations de la Côte d’Ivoire avec la Chine (une seule Chine), il donnera, sans ambages, son point de vue sur le Tibet : «Le Tibet est à la Chine depuis toujours. Si le Tibet a tant intéressé le monde, c’était à cause des Jeux olympiques. Les Jeux finis, plus personne ne s’intéresse au Tibet». Sur ce point, il précisera : «la diplomatie de provocation et la diplomatie d’humiliation, ce n’est pas bon». Sur la même lancée, il ajoutera : «je me réjouis que les dirigeants de Taïwan soient prêts à négocier». Parlant des Etats-Unis, il dira : «je me réjouis aussi qu’aux USA, nous ayons un nouveau chef qui a l’air de mieux discuter que ceux qui étaient là avant lui. Il faut que les gens se parlent. Il faut que les gens négocient. J’ai bon espoir que nous entrons dans une période plus détendue. La nouvelle diplomatie américaine donne des signes rassurants. Parce que tous les problèmes ne se règlent pas par la force. Quand Obama dit qu’il tend la main à l’Iran, il tient un discours d’un homme responsable».

Et de revenir à la Chine, en s’adressant à SEM. Wei Wenhua, son Ambassadeur accrédité en Côte d’Ivoire : «Excellence, restez sur la ligne sur laquelle vous êtes : le respect des pays du Tiers monde, la non humiliation, la non menace».

Le monde change et exige une diplomatie de respect, de dialogue et de consensus. Le monde change et la crise financière internationale, qui a fait effondrer les assises de l’économie mondiale, nous rappelle qu’un monde nouveau doit se construire sur la solidarité et la prise en compte de toutes les nations. La dégradation climatique nous renvoie à cette exigence vitale.

L’appauvrissement mondial interpelle tous les pays, surtout les plus riches. Et la Côte d’Ivoire s’inscrit dans cette diplomatie qui tourne le dos à l’arrogance, à la force, au mépris. Elle veut pouvoir avancer et se construire sur les chemins d’un monde plus juste, d’un monde qui instaure le respect comme sous-bassement de la diplomatie et des échanges entre les Etats. Cela, Laurent Gbagbo l’a redit à Gagnoa: la Côte d’Ivoire va coopérer avec ceux qui ne  l’humilient pas.


Agnès Kraidy
Fraternité Matin
06 Avril 2009
Vendredi 14 mars 2008

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L'auteur de l'article, William Easterly, est professeur d'économie à l'Université de New York et auteur, entre autres, du livre "The White's Man Burden: Why the West's efforts to aid the rest have done so much ill and so little good", paru en français aux Editions l'Organisation sous le titre: "Les pays pauvres sont-ils condamnés à le rester ?". Il s'interroge ici sur la réelle efficacité de la philantrophie de M. Gates, fondateur de Microsoft et l'un des hommes les plus riches du monde, dans la lutte contre la pauvreté. 

Ce journal [Le Wall Street Journal, ndlr] a récemment rapporté que Bill Gates déteste mes idées. M. Gates s’est allié avec la bureaucratie de l’aide au développement. Or, cette bureaucratie est notoirement sensible aux critiques de gens comme moi, qui ne trouvent aucune preuve confirmant que les grands projets de «l’industrie» de l’aide au développement aient sorti un quelconque pays de la pauvreté. 

M. Gates semble croire que la solution au problème du développement est de persuader les entrepreneurs de répondre aux besoins des pauvres en promouvant la philanthropie d’entreprise. Cette dernière est fondée sur une motivation liée à la reconnaissance. Historiquement, on remarque malheureusement que cet argument n’est pas valable. D’abord, la motivation fondée sur la reconnaissance a démontré qu’elle pesait très peu en comparaison avec la motivation du profit. Sinon, il y aurait beaucoup plus que les 5,1 milliards de dollars donnés chaque année par la philanthropie d’entreprise américaine au Tiers Monde (chiffres de 2005). Ce chiffre représente en effet seulement 0.0004 % des 12400 milliards de dollars de la production américaine sur le marché. Le fait que l’entreprise GAP donne quelques centimes par T-shirt vendu à la lutte contre le Sida en Afrique est-il vraiment le seul espoir des pauvres ? 

Par contraste, la recherche du profit dans le système de libre entreprise a considérablement amélioré le sort des travailleurs pauvres. En effet, les entrepreneurs investissent, ce qui permet d’accroître la production et donc les profits. Ils cherchent les progrès technologiques qui permettent de produire plus. Grâce à l’aide de machines plus performantes, les travailleurs génèrent plus de richesses. Avec un marché du travail concurrentiel, la demande des entreprises en travailleurs plus productifs s’accroît, élevant ainsi leurs salaires. La croissance régulière des salaires tire ainsi de la pauvreté les travailleurs non qualifiés. 

Le nombre de gens incapables d’acheter de la nourriture pour leurs enfants est bien plus faible que ce qu’il a été par le passé – grâce au système de libre entreprise. Ce dernier n’a pas créé la malnutrition, il l’a réduite. La mondialisation depuis les années 1950 jusqu’à aujourd’hui a accru le revenu annuel moyen mondial de 2000 dollars à l’époque à 7000 dollars aujourd’hui. Contrairement à une légende populaire, les pays plus pauvres ayant choisi au départ la libre entreprise, ont alors connu des taux de croissance similaires à ceux des riches. Cette croissance a donné la plus impressionnante sortie de la pauvreté de l’histoire de l’humanité. 

Les régions du monde qui sont toujours pauvres souffrent d’un manque de liberté d’entreprise. L’investissement direct étranger en Afrique, bien qu’en hausse, ne représente que 1% des flux mondiaux aujourd’hui. La raison en est que l’environnement de l’investissement privé en Afrique est toujours hostile. Même s’il existe en Afrique des success stories de pays et d’entreprises, cela est loin d’être suffisant. 

M. Gates a aussi annoncé que sa fondation a entamé un «partenariat qui donne aux paysans africains un accès au marché du café de première qualité, avec l’objectif de doubler leurs revenus grâce à leurs cultures». Cela suffit sans doute pour aider quelques paysans producteurs de café rwandais et kenyans, mais cela ne permettra pas d’initier la dynamique de développement, fondée sur la libre entreprise. Les obstacles majeurs aux exportations dans les pays pauvres sont intérieurs : corruption ou conflits politiques. Ce n’est pas parce que les pays riches n’achètent pas assez de café de première qualité. 

En outre, comment les philanthropes choisissent-ils le produit qui va devenir le moteur de croissance d’un pays ? Les recherches concluent pour la plupart que la stratégie de «sélection de projets gagnants» à travers la politique industrielle de l’Etat s’est avérée être un échec. Les projets «gagnants» sont trop imprévisibles pour être découverts par des bureaucrates, et encore moins par des philanthropes extérieurs. Pourquoi l’Egypte s’est-t-elle accaparé 94% des importations italiennes en céramiques de salle de bain ? Pourquoi l’Inde, une économie avec très peu de travail qualifié, est-elle devenue un géant en technologies de l’information et en délocalisations de services qui requièrent du travail qualifié ? Pourquoi le Kenya a-t-il gagné 39% des parts du marché européen de la fleur coupée ? Pourquoi le petit Lesotho est-il devenu un exportateur majeur de textiles vers les Etats-Unis ? Pourquoi les Philippines se sont emparées de 72% du marché mondial des circuits intégrés ? Parce que des entrepreneurs motivés par le profit ont cherché le succès, et ce, sans planification publique. 

Bien sûr, il faut laisser ceux que la libre entreprise a enrichi essayer de faire le bien pour ceux qui sont encore pauvres, comme a admirablement choisi de le faire M. Gates. Mais ce mélange «New-Age» d’entreprise, de philanthropie et de besoin de reconnaissance ne mettra certainement pas fin à la pauvreté. L’histoire a montré que le système de libre entreprise motivé par le profit est le meilleur espoir pour les pauvres. 

Par William Easterly in The Wall Street Journal, le 07 mars 2008 (traduction in unmondelibre.org)

Par Mahalia Nteby - Publié dans : Grands dossiers
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Dimanche 9 mars 2008

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Un des objectifs principaux de l'Union Africaine est de favoriser l'intégration économique et politique du continent. À côté de l'Union Africaine, d'autres organisations régionales sont établies pour stimuler l'intégration économique dans une région particulière. Une intégration efficace en Afrique est perçue comme une des voies susceptibles de surmonter les défis auxquels fait face le continent. 

L'idée d'une Unité Africaine existe principalement sur le papier. Il n'y a aucun effort concret pour que les pays africains puissent profiter les uns des autres aux termes d'une coopération économique forte. Cette situation n'est pas intentionnelle. En dehors des barrières linguistiques, il y a les problèmes de communication et de transport qui gênent la libre circulation des marchandises et des services. Les divers efforts gouvernementaux et régionaux d'organisation pour créer une Afrique sans frontières n'ont pas pu voir le jour. 

Avec un total de 53 Membres, l'Union Africaine comprend 15 Etat sans littoral et 7 États insulaires, le transport aérien qui devait favoriser l'intégration de l'Afrique n'a eu aucun impact. En dehors des tarifs élevés qui caractérisent les vols inter-africains, les liaisons aériennes sont bien meilleures avec les pays de l'Europe et de l'Amérique du Nord. En comparaison, le trafic aérien annuel de l'Afrique constitue environ 4.5 % des 1.8 milliards de passagers du trafic mondial annuel. 

Cela pose en Afrique le défi intimidant de libérer les mouvements de marchandises et de services. L'amélioration des technologies et les réalisations du secteur privé pour vraiment unir l'Afrique ont commencé à faire avancer les choses. Car il y a bien sûr des avantages économiques énormes à avoir une Afrique unie. Ainsi, les sociétés de télécommunication mobiles en Afrique ont préparé le terrain pour l'unité africaine. 

Cela vient suite à la libéralisation du secteur des télécommunications mobiles dans beaucoup de régions du continent. Plus de 36 pays ont créé un organisme de réglementation séparé pour le secteur des télécommunications. De même, environ 45 pays ont autorisé des opérateurs privés de téléphonie mobile à s'installer. Cela a ouvert la voie pour l'apparition de la concurrence dans le secteur de la téléphonie mobile. 

L'intégration réelle vient du secteur privé. Les sociétés de télécommunication fonctionnant dans le continent le démontrent avec le lancement d'un réseau unique. Avec son lancement, en septembre 2006, cette innovation du marché a garanti la liberté de mouvement à travers les frontières géographiques. 

En fin de compte, cela a permis de donner le tempo pour l'apparition d'un marché fort en l'Afrique. 

Une initiative de réseau commencée en Afrique de l'Est est devenue aujourd'hui un large réseau qui couvre 12 pays comprenant l'Est, le Centre et l'Ouest de l'Afrique. En conséquence, 400 millions de personnes dans ces régions de l'Afrique peuvent émettre des appels et envoyer le SMS aux tarifs locaux. À cet égard, le prix du marché commun est fixé conformément au tarif moyen proposé par les compagnies de télécommunication. 

Les avantages sont bien sûr immenses. Cela va éliminer les appels à l'intérieur de l'Afrique qui doivent d'abord être acheminés par l'Europe avant la connexion. Les abonnés peuvent émettre et recevoir des appels partout où ils sont dans les 12 pays. De plus, ils seraient capables de gérer leurs affaires en temps réel, sans avoir à s'inquiéter de la façon de contacter leurs associés dans leur pays d'origine. De même, il est possible d'émettre des appels sortant au même tarif moyen qu'un client local. 

Fondamentalement ici, un réseau unique de télécommunication mobile a vraiment lancé l'Afrique vers une union poussée et une relation commerciale améliorée. En s'impliquant, les opérateurs privés de télécommunication cimentent les diverses parties de l'Afrique et mettent, en même temps, le continent sur la route certaine de la prospérité économique. Par dessus tout, le nouveau développement jouerait un rôle crucial dans la promotion du commerce transfrontalier et stimulerait la croissance économique. 

Ce qui peut être déduit de ceci est que l'unité africaine est tout à fait possible. Cela a été convenablement démontré. Cependant, cette union sera impossible à atteindre si la tâche de la réaliser est laissée aux divers Etats dans le continent. Au mieux, l'Unité Africaine continuerait à exister uniquement sur le papier et elle constituerait un sujet de discussion à chaque forum. 

En gros, l'atteinte graduelle de l'objectif d'une Afrique sans frontières a été rendue possible par l'action du secteur privé. C'est une indication forte que les objectifs de l'Union Africaine et de plusieurs organisations régionales sont progressivement récupérés par les entrepreneurs privés qui sont prêts à penser du nouveau, à se rendre en dehors des sentiers battus. 

Ce qui doit être fait par les divers Etats dans le continent désormais, c'est d'éliminer progressivement toutes les lois et réglementations qui entravent la participation du secteur privé à l'économie. Du moment où il y a des opérateurs de télécommunication qui assurent pouvoir connecter les diverses parties de l'Afrique avec leurs réseaux, il incombe aux régulateurs de télécommunication et aux fonctionnaires d'Etat des divers pays en Afrique de réduire et de simplifier les procédures de licences. 

Mieux encore, ils devraient arrêter d'imposer des frais de licences énormes aux opérateurs de télécommunication mobiles. Quand cela sera fait, une des voies concrètes pour unir réellement l'Afrique sera enfin dégagée. 

Thomson Ayodele, in unmondelibre.org, le 23 décembre 2007

Par Mahalia Nteby - Publié dans : Edito
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Samedi 8 mars 2008

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Assis à la table des conférenciers, je regardais les différents visages autour de moi, et chacun semblait raconter une histoire, une histoire africaine, une histoire de pouvoir, de créativité, de courage et de résistance. Et dans les visages des non africains, je lisais de grandes attentes, comme s'ils disaient : «Afrique lève-toi, lève-toi» ! Comme si chaque visage chantait «c'est le moment» encore et encore.

ll est temps pour l'Afrique de faire le point sur ce qu'elle est et a été, et de se positionner pour un enjeu plus grand sur la plateforme mondiale. Autour du thème de la conférence «positionner l'Afrique pour le 21 ème siècle», beaucoup d'idées ont été partagées, et beaucoup de voies explorées. La conférence de deux jours a commencé le 12 novembre 2007 et a réuni 104 leaders politiques, acteurs de la société civile non marchande et hommes d'affaires venant de plus de 13 Etats africains, des Etats-Unis, d'Europe et du Moyen Orient. 

Je crois que l'Afrique reste pour la planète entière un grand partenaire commercial, sans lequel le monde ne serait pas où il est aujourd'hui ; et ce qu'il reste à faire au continent, c'est de posséder le pouvoir de l'unité et de rapatrier les bénéfices de ce commerce. Mon continent a largement contribué à la civilisation du monde par ce qu'il a donné en termes de travail, de gouvernance, de défense et de sécurité, d'éducation, mais aussi de médecine, de musique et de danse, de technologie, d'agriculture, de commerce, ou encore de religion, de tourisme, d'ingénierie, de possibilités en affaires et bien d'autres domaines de l'activité humaine. 

Il ne reste aux peuples, aux gouvernements et aux sociétés qu'à commencer à envisager un cadre plus large ; ils doivent voir au-delà des limites politiques, religieuses, ethniques et nationalistes afin d'embrasser la perspective d'une Afrique plus grande dans tous les sens du terme. Ma vision est celle d'une Afrique qui dépend d'une nouvelle génération de leaders ouverts à l'idée de partage du pouvoir, contrairement aux groupes actuels qui sont prêts à sacrifier tout le continent pour des intérêts égoïstes. 

Ma vision de l'Afrique est celle d'un continent où le système éducatif donne aux futurs leaders une énergie qui amène l'Afrique vers le monde. Je vois beaucoup de pays africains se rallier à l'Union Africaine. Je vois une nouvelle génération de leaders décidés à arrêter les guerres sur le continent. Je vois l'Union Africaine guider l'Afrique vers le nouvel ordre mondial du 21 ème siècle. 

Je vois des médias africains émergeants célébrant la renaissance du continent. Je vois des médias qui vont influencer le continent pour construire des démocraties plus fortes, de meilleures infrastructures, une meilleure sécurité et une meilleure défense, une bonne gouvernance, plus de sécurité alimentaire pour enfin résoudre peu à peu d'autres problèmes liés au sous-développement; afin de réduire considérablement les conflits politiques, la corruption, le paludisme, le Sida et d'autres maladies, la violence et la criminalité ; les violations des droits des hommes, des femmes et des enfants, et les autres maux du sous-développement. 

Je vois un système africain de gouvernance qui transcende les barrières coloniales, reconnaissant ainsi la vraie nature et la complexité de l'esprit de l'Afrique. Je vois un système de gouvernance mené par le peuple et dont la quête serait de reconstruire l'Afrique, réécrire son histoire et déterminer son avenir. Ce dont l'Afrique a besoin, c'est d'utiliser tous les outils disponibles dans cette campagne ayant pour but de passer de la perception d'une Afrique sévèrement pauvre, dépendante de l'aide, déchirée par la guerre et où l'injustice règne, vers celle d'un continent réellement indépendant qui offre à ses peuples les libertés fondamentales : d'expression, d'association, de religion, de l'éducation etc., un continent qui assure un environnement favorable pour les affaires, le commerce et les investissements. 

Je vois une Afrique qui ne dépend pas d'une vieille génération de leaders inamovibles, mais qui cède la place à une jeune génération de leaders dynamiques pour propulser le continent vers la gloire tant espérée ; une jeunesse qui ne sera pas vaniteuse et qui ne se permettra pas d'être manipulée par une minorité égoïste ; une jeunesse qui va imiter les patriarches d'une Afrique libérée, comme Nelson Mandela, Samora Machel, Kwame Nkrumah et d'autres, sans tomber dans le piège de vouloir garder le pouvoir à vie. 

Je vois une Afrique qui embrasse tous ses citoyens quels que soient leur credo, leur couleur, leur ethnie et toute autre forme de discrimination qui gêne évidemment le développement. Je vois une génération d'Africains qui s'étaient installés loin de leur patrie, revenir avec de l'argent, des compétences et des expertises pour investir dans leur terre mère. 

Je vois l'émergence d'une classe moyenne influente qui va soutenir et contrôler ses gouvernants dans l'administration et les finances. Je vois un peuple qui se déplace et commerce librement en Afrique. Je vois également en place une société civile informée, évoluée et éduquée. Je vois un partenariat entre l'Etat et le secteur privé et le développement de politiques économiques communes et intégrées partout en Afrique. 

Oh quelle belle Afrique je vois, libre et puissante ! 

Samuel Svikeyo, in unmondelibre.org, le 1er décembre 2007

Par Mahalia Nteby - Publié dans : Edito
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Jeudi 6 mars 2008

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Question à 8 milliards €: Où va l'aide publique au développement ?


Avec 8,2 milliards d’euros alloués en 2006 au titre de l’aide publique au développement (APD), la France se classe au quatrième rang des pays de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economiques) et au premier rang des pays du G8 en terme de contribution rapportée à son PIB (0,47% en 2006). J. Chirac avait même promis 0,5% en 2007 et 0,7% en 2012, l’objectif fixé par la communauté internationale en 1970. Finalement, l’APD française tournera autour de 0,43% en 2007 et 2008 et Nicolas Sarkozy a repoussé l’objectif des 0,7 % à 2015. 

Dans les instances diplomatiques, on n’en finit pas de redécouvrir l’importance du financement du développement, de la lutte contre la pauvreté et la France est souvent au premier rang des donneurs de leçons de vertu. Après le Président Chirac, initiateur (parmi d’autres) de la nouvelle taxation internationale sur les billets d’avion, ce fut au tour de Nicolas Sarkozy de plaider pour un "nouvel ordre mondial" lors d’un discours prononcé à l’ONU le 25 septembre 2007. "Les pauvres et les exploités se révolteront un jour contre l’injustice qui leur est faite" affirmait le président français. 

La réalité oblige pourtant à une lecture critique du tableau "idyllique" des engagements français en matière de solidarité internationale. Sur les montants d’abord. Si on exclut la partie allouée aux "opérations de rééchelonnement de la dette des pays du Sud", qui souvent ne permet pas de dégager de l’argent frais dans les pays récipiendaires et qui est en grande partie la résultante de prêts antérieurs contractés en toute irresponsabilité avec des régimes illégitimes et corrompus, l’APD française n’augmente pas. Elle diminuerait même sensiblement (- 90 millions de 2004 à 2005). De plus, le contenu même de l’enveloppe réserve quelques surprises. Elle contient par exemple les frais de bourses accordées aux étudiants étrangers, les coûts administratifs relatifs à l’accueil des demandeurs d’asile, des financements accordés aux territoires d’outre-mer ainsi que des programmes dédiés à la promotion de la francophonie et au rayonnement culturel de la France dans le monde. En définitive, moins de 55% de l’APD seraient constituées de programmes sectoriels ou d’assistance technique, dont la moitié seulement allouée aux pays les moins avancés. 

Plus généralement, cette APD française s’inscrit dans une politique de la France en Afrique qui est contestable dans ses objectifs et souvent incontrôlable : 

- cette politique continue à se décider à l’Elysée, avec un contrôle insuffisant du Parlement 

- elle maintient au pouvoir des régimes dictatoriaux et corrompus, peu soucieux du bien être de leur population et qui détournent bien souvent l’aide dont leur pays bénéficie 

- elle est incohérente avec ses objectifs déclarés de solidarité internationale dans sa gestion de la dette des pays pauvres, dans sa politique agricole et dans sa politique au sein des institutions internationales telles que la Banque Mondiale, le FMI (Fond Monétaire International), l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce)... 

- elle a permis aux réseaux de la "Françafrique" de s’intégrer dans les réseaux internationaux aux tendances mafieuses qui ont pour vecteurs la spéculation sur les dettes des pays du Sud, le mercenariat, les ventes illégales d’armes, le pillage des ressources africaines et la criminalité internationale. 

Il est donc nécessaire de réformer le dispositif de coopération française au développement, au-delà des timides réformes institutionnelles de 1997 et 2004, et de proposer et appliquer une nouvelle politique extérieure de la France, plus responsable et plus transparente. Ce sont bien les fondements et la légitimité de notre relation avec les pays africains qui doivent se poser à nous aujourd’hui. Conduite à terme, cette réflexion conduirait sans doute à ternir l’image d’Epinal de "la France, amie et bienfaitrice de l’Afrique". 

En effet si l’on décortique les statistiques économiques, on s’aperçoit que l’argent versé par la France au titre de l’aide est peu de choses en comparaison avec les rapatriements des multinationales, l’argent des trafics menés en Afrique ou même les transferts des migrants africains résidants en France. Le phénomène est identique au niveau mondial où la charité et la générosité affichée par les grandes puissances, qui aiment afficher leur compassion pour le continent africain, est au final bien peu de choses en comparaison à ce que ces dernières font ou ont fait subir à l’Afrique : exploitation des richesses, dette, accords commerciaux iniques, plans d’ajustements structurels et schémas néolibéraux imposés, etc. 

S’intéresser aux dessous du financement du développement revient donc souvent à tordre le cou à bon nombre d’idées reçues dont la première et la plus répandue est l’affirmation selon laquelle les pays du Nord et la France en particulier "aident" l’Afrique. 

L'aide publique au développement, un cache-misère ?

- Les principaux écueils de l'APD française
- Une coopération bilatérale au service des intérêts français
- Une coopération multilatérale aux contours flous
- Des annulations de dette qui gonflent l'aide
- La vraie nature des flux financiers Nord-Sud

Lire le document entier sur
http://survie-france.org/IMG/pdf/4pagesAPDSURVIEv2.pdf

Survie in survie-france.org, Décembre 2007

Par Mahalia Nteby - Publié dans : Politique africaine
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Mercredi 5 mars 2008

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C'est pas parce que tu as faim que tu vas vendre tes dents
 


One of the most important influences in the economic and political life of African states which were formerly French colonies is the impact of a common currency; the Communuate Financiere de l’Afrique (‘CFA’) franc. There are actually two separate CFA francs in circulation. The first is that of the West African Economic and Monetary Union (WAEMU) which comprises eight West African countries (Benin, Burkina Faso, Guinea-Bissau, Ivory Coast, Mali, Niger, Senegal and Togo. The second is that of the Central African Economic and Monetary Community (CEMAC) which comprises six Central African countries (Cameroon, Central African Republic, Chad, Congo-Brazzaville, Equatorial Guinea and Gabon). This division corresponds to the pre-colonial AOF (Afrique Occidentale Française) and the AEF (Afrique Équatoriale Française), with the exception that Guinea-Bissau was formerly Portuguese and Equatorial Guinea Spanish). 

Each of these two groups issues its own CFA franc. The WAEMU CFA franc is issued by the BCEAO (Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest) and the CEMAC CFA franc is issued by the BEAC (Banque des Etats de l’Afrique Centrale). These currencies were originally both pegged at 100 CFA for each French franc but, after France joined the European Community’s Euro zone at a fixed rate of 6.65957 French francs to one Euro, the CFA rate to the Euro was fixed at CFA 665,957 to each Euro, maintaining the 100 to 1 ratio. It is important to note that it is the responsibility of the French Treasury to guarantee the convertibility of the CFA to the Euro. 

The monetary policy governing such a diverse aggregation of countries is uncomplicated because it is, in fact, operated by the French Treasury, without reference to the central fiscal authorities of any of the WAEMU or the CEMAC. Under the terms of the agreement which set up these banks and the CFA the Central Bank of each African country is obliged to keep at least 65% of its foreign exchange reserves in an “operations account” held at the French Treasury, as well as another 20% to cover financial liabilities. 

The CFA central banks also impose a cap on credit extended to each member country equivalent to 20% of that country’s public revenue in the preceding year. Even though the BEAC and the BCEAO have an overdraft facility with the French Treasury, the drawdowns on those overdraft facilities are subject to the consent of the French Treasury. The final say is that of the French Treasury which has invested the foreign reserves of the African countries in its own name on the Paris Bourse. 

In short, more than 80% of the foreign reserves of these African countries are deposited in the “operations accounts” controlled by the French Treasury. The two CFA banks are African in name, but have no monetary policies of their own. The countries themselves do not know, nor are they told, how much of the pool of foreign reserves held by the French Treasury belongs to them as a group or individually. The earnings of the investment of these funds in the French Treasury pool are supposed to be added to the pool but no accounting is given to either the banks or the countries of the details of any such changes. The limited group of high officials in the French Treasury who have knowledge of the amounts in the “operations accounts”, where these funds are invested; whether there is a profit on these investments; are prohibited from disclosing any of this information to the CFA banks or the central banks of the African states . 

This makes it impossible for African members to regulate their own monetary policies. The most inefficient and wasteful countries are able to use the foreign reserves of the more prudent countries without any meaningful intervention by the wealthier and more successful countries. The fact that as the French GDP grows and the parity of the Euro to the dollar (the main currency of international trade) appreciates there is the constant danger that the CFA franc may be fixed at too high an exchange rate. This dampens the growth in trade between Africa and the rest of the world and allows other countries, especially in Asia, to use their more flexible exchange rates to gain market share, supplanting the Africans. 

The creation and maintenance of the French domination of the francophone African economies is the product of a long period of French colonialism and the learned dependence of the African states. For most of francophone Africa there is only limited power allowed to their central banks. These are economies whose vulnerability to an increasingly globalised economy is increasing daily. There can be no trade policy without reference to currency; there can be no investment without reference to reserves. The politicians and parties elected to promote growth, reform, changes in trade and fiscal policies are made irrelevant except with the consent of the French Treasury which rations their funds. There are many who object to the continuation of this system. President Abdoulaye Wade of Senegal has stated this very clearly “The African people’s money stacked in France must be returned to Africa in order to benefit the economies of the BCEAO member states. One cannot have billions and billions placed on foreign stock markets and at the same time say that one is poor, and then go beg for money.” 

How Did This Happen? 

This system of dependence is a direct result of the colonial policies of the French Government. In the immediate post-war period after the signing of the Bretton Woods Agreement in July 1944 the French economy urgently needed to recover. To assist in this process it set up the first CFA amongst its African colonies to guarantee a captive market for its goods. The principal decision which resulted from the Bretton Woods Agreement was the abandonment of the Gold Standard. In short, the new system gave a dominant place to the dollar. The other currencies saw their exchange rate indexed to the dollar. The reserves of the European central banks at that time consisted of currencies of dubious post-war value and gold which had been de-pegged from the fluctuations of the currency. For this reason France needed the currencies of its colonies to support its competitiveness with its American and British competitors. De Gaulle and his main economic advisor, Pierre Mendès France met with some African leaders and developed a Colonial Pact which would enshrine this is in a treaty (with both public and secret clauses). The genius behind this was Jacques Foccart, France’s “Mister Africa”. 

Decolonization south of the Sahara did not happen as de Gaulle had intended. He had wanted a Franco-African Community that stopped short of total independence. But when Sekou Toure's Guinea voted "no" in the 1958 referendum on that Community, the idea was effectively dead. Guinea was cast into outer darkness because of its decision and a Community of sorts came into existence, but the call of full independence proved too strong to resist. 

Not really having planned for it, in 1960 de Gaulle had to improvise structures for a collection of small newly independent states, each with a flag, an anthem, and a seat at the UN, but often with precious little else. It was here that Foccart came to play an essential role, that of architect of the series of Cooperation accords with each new state in the sectors of finance and economy, culture and education, and the military. There were initially eleven countries involved: Mauritania, Senegal, Cote d'Ivoire, Dahomey (now Benin), Upper Volta (now Burkina Faso), Niger, Chad, Gabon, Central African Republic, Congo-Brazzaville, and Madagascar. Togo and Cameroon, former UN Trust Territories, were also co-opted into the club. So, too, later on, were Mall and the former Belgian territories (Ruanda-Urundi, now Rwanda and Burundi, and Congo-Kinshasa), some of the ex-Portuguese territories, and Comoros and Djibouti, which had also been under French rule for many years but became independent in the 1970s. The whole ensemble was put under a new Ministry of Cooperation, created in 1961, separate from the Ministry of Overseas Departments and Territories (known as the DOM-TOM) that had previously run them all. 

The key to all this was the agreement signed between France and its newly-liberated African colonies which locked these colonies into the economic and military embrace of France. This Colonial Pact not only created the institution of the CFA franc, it created a legal mechanism under which France obtained a special place in the political and economic life of its colonies. 

The Pacte Colonial Agreement enshrined a special preference for France in the political, commercial and defence processes in the African countries. On defence it agreed two types of continuing contact. The first was the open agreement on military co-operation or Technical Military Aid (AMT) agreements, which weren’t legally binding, and could be suspended according to the circumstances. They covered education, training of servicemen and African security forces. The second type, secret and binding, were defense agreements supervised and implemented by the French Ministry of Defense, which served as a legal basis for French interventions. These agreements allowed France to have predeployed troops in Africa; in other words, French army units present permanently and by rotation in bases and military facilities in Africa; run entirely by the French. 

According to Annex II of the Defence Agreement signed between the governments of the French Republic, the Republic of Ivory Coast, the Republic of Dahomey and the Republic of Niger on 24 April 1961, France has priority in the acquisition of those "raw materials classified as strategic.” In fact, according to article 2 of the agreement, "the French Republic regularly informs the Republic of Ivory Coast (and the other two) of the policy that it intends to follow concerning strategic raw materials and products, taking into account the general needs of defence, the evolution of resources and the situation of the world market.” 

According to article 3, "the Republic of Ivory Coast (and the other two) inform the French Republic of the policy they intend to follow concerning strategic raw materials and products and the measures that they propose to take to implement this policy.” And to conclude, article 5: "Concerning these same products, the Republic of Ivory Coast (and the two others) for defence needs, reserve them in priority for sale to the French Republic, after having satisfied the needs of internal consumption, and they will import what they need in priority from it.” The reciprocity between the signatories was not a bargain between equals, but reflected the actual dominance of the colonial power that had, in the case of these countries, organised "independence" a few months previously (in August 1960). 

In summary, the colonial pact maintained the French control over the economies of the African states; it took possession of their foreign currency reserves; it controlled the strategic raw materials of the country; it stationed troops in the country with the right of free passage; it demanded that all military equipment be acquired from France; it took over the training of the police and army; it required that French businesses be allowed to maintain monopoly enterprises in key areas (water, electricity, ports, transport, energy, etc.). France not only set limits on the imports of a range of items from outside the franc zone but also set minimum quantities of imports from France. These treaties are still in force and operational. 

The creation of such a system was not the preserve of the French National Assembly or the result of any democratic process. It was the result of policies conducted by a small group of people in the President’s office, the ‘African Cell’, initially led by Foccart. For the past half-century, the secretive and powerful "African Cell" has overseen France's strategic interests in Africa, holding sway over a wide swath of former French colonies. Acting as a general command, the Cell uses France's military as a hammer to install leaders it deems friendly to French interests. In return, these countries give French industries first crack at their oil and other natural resources. Sidestepping traditional diplomatic channels, the Cell reports only to one person: the president. The Cell's close ties to oil giant Elf Aquitaine, where top executives were jailed on corruption charges, was a source of embarrassment. And a former Cell chief has now been convicted of charges related to arms trafficking to Angola. These highly contentious policy issues never came before any of France’s democratically-elected bodies. African policy is the personal fiefdom of the President’s office. 

This was true for De Gaulle, Mitterrand, Giscard D’Estaing and Chirac. Sarkozy apparently has no contacts or ambitions in this field and has left Chirac’s Cell in place. 

The Impact of the Colonial Pact 

Some of the consequences for the Africa countries of the continuation of a policy of dependence are obvious – lack of competitive options; dependence on the French economy; dependence on the French military; and the open-door policy for French private enterprise. However, there are more subtle differences which arise. 

The French companies in francophone Africa, by virtue of their protected monopolistic or oligarchic status, contribute a substantial share of the GDP of these countries. More importantly, however, they are often the single largest group of taxpayers. In many of these countries the French corporations pay over 50% of the national tax revenues collected. This gives them a unique status. Quite frequently the French say that without the French companies the economy of the African state will collapse. When coupled with the inability of the country to access its reserves it undoubtedly true. However, it doesn’t follow that private corporations from other countries, like the U.S. or China, would not contribute equally. This is one reason that the French are so concerned with allowing competition into the market place. 

Another aspect of this is the inability of these francophone countries to collect taxes from its ordinary citizens. In a country like the Ivory Coast which has been divided for a number of years between the rebel North and the loyalist South, tax collections in the rebel regions have been impossible. The rebels have waxed fat on taxes and fees imposed on their captive populations and the sale of stolen goods from their regions. They do not want to disarm because it will have a deleterious economic effect on them, not just a political one. 

The lack of a citizenry paying taxes breeds a gulf between the government and the citizens; mutual responsibility is missing in the equation. It is the job of the National Assembly to legislate for programs based on the supply of revenue to the state, but if there are insufficient revenues the National Assembly is frustrated in its role. If 80% of the funds go to France as part of the CFA franc project there is little left for the ministers and the National Assembly to allocate for social programs. 

In many of the francophone countries, suffering under conditions of drought, lack of food; lack of health care; it is only French ‘aid’ to the national treasuries that sustains them. This ‘aid’ is often their own money which the French have shepherded for them. 

There are many in Africa who have seen and understood the problem of the CFA franc and the Colonial Pact. Mamadou Koulibaly, the President of the National Assembly in the Ivory Coast has been an outspoken critic of the Colonial Pact and the dominance of the CFA franc. He has written an excellent book on the subject and gives speeches and interviews on the subject regularly. The problem is that very few people understand the fundamental iniquity of this French system; including many Africans. 

If African nations are to achieve growth and participate fully in the opportunities of globalisation they must be freed from the fetters of this colonial albatross. In order to attract additional direct investment in the economies, as opposed to just portfolio investment this situation must be changed. In the words of President Koulibaly, “In Africa we do not need alms, our problem is not due to a lack of money. My conviction is that we must first of all clearly state our ownership rights over our own land and the resources in our soil which were taken away by the colonialists when they conquered our countries, and still be taken away through the Colonial Pact”. 

Dr. Gary K. Busch in Ocnus.net, le 6 février 2008

 

Par Mahalia Nteby - Publié dans : Grands dossiers
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Opinion

Do not leave Africa in scramble



To many minds, Africa is a picture of hopeless misery: afflicted by poverty, scarred by corruption and ravaged by Aids and war. These facts are true, but they tell only half the story. In many sub-Saharan African countries output briskly outpaced population growth during the last decade, leading to sustained growth in income per capita and promising a lasting escape from poverty.

Behind the success lies many African leaders’ willingness to adopt solid macroeconomic policies and move towards more transparency and less red tape. Economic integration with the world deepened and trading relations diversified. Record-breaking prices boosted commodity exporters’ incomes. The private sector’s success, for example in telecommunications, showed that Africa does not lack good business opportunities. Before the crisis, countries such as Ghana were on course to escaping aid dependence by entering global capital markets.

But Africa is now slipping. Foreign direct investment has shrivelled. Capital markets have seized up as funds flee to the safety of rich-country sovereign bonds – with which the market is flooded. The price of trade credit has soared, sharply halting trade flows, with commodity exporters suffering additionally from the drop in prices.

As tax revenues fall and demands on public services rise, governments without large savings are in a squeeze. African leaders warn of a popular backlash: if the public suffers undeserved pain after governments followed what rich countries told them to do in the 1990s, economic growth and democratic stability are at risk. Already coups and riots are on the rise.

The world’s leading countries must act to end the global crisis as soon as possible. In the meantime, Africa should not be a casualty of other priorities. African governments that have shown a commitment to sound policies must be helped to fill temporary funding gaps. And rich countries should quickly prop up trade finance: it would do much good and cost little.

Development aid
can do ill as well as good; the long-term goal must be to get rid of it. But that is no argument against short-term crisis assistance, which has been provided – quickly – to small and relatively rich European countries; many African countries need the same. Moreover, rich countries made aid promises at the Gleneagles summit that they have yet to fulfil.

The potential cost of the crisis in Africa is not just unemployment; it is starvation, civil war and the closing of an escape route from poverty. That is a price the world cannot afford to pay.


Editorial
Financial Times
Le 16/03/2009

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