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Nouvelle ligne diplomatique

Côte d'Ivoire: Une coopération sans contraintes, sans menaces, sans exigences ni humiliations

 

Le Président de la République trace les nouvelles lignes de l’ouverture de son pays au monde.

«Dans les journaux, nous lisons souvent cette phrase: la Chine est à l’assaut de l’Afrique. Je veux rectifier une chose : ce n’est pas la Chine qui est à l’assaut de l’Afrique. C’est l’Afrique qui est à l’assaut de la Chine. Nous coopérons avec la République populaire de Chine sans que nous ayons des exigences politiques». Et le Président Laurent Gbagbo de préciser : si l’Afrique va à l’assaut de la Chine, c’est parce que «les Africains ne se sentent pas humiliés quand ils coopèrent avec la Chine».

Comment coopérer avec l’autre dans une relation de respect mutuel? Comment aller vers l’autre sans que l’autre ne vous impose des exigences, des contraintes, des humiliations ?  La Côte d’Ivoire, dans sa nouvelle diplomatie, veut se positionner, dans son rapport avec l’autre, comme un pays à respecter, et non un pays à soumettre, non comme un Etat à humilier. La Côte d’Ivoire, dans sa diplomatie, exige respect et réclame un traitement de réciprocité.

Le Président de la République, profitant de la pose de la première pierre de l’hôpital général de Gagnoa (un projet financé par la Chine), samedi dernier, a tenu un discours qui trace, avec fermeté, les lignes de la diplomatie ivoirienne : «Si l’on ne nous humilie pas, nous allons coopérer tranquillement. Si l’on nous humilie, nous irons vers ceux qui ne nous humilient pas». Une ligne claire, qui installe la Côte d’Ivoire dans une diplomatie ouverte sur un monde qui célèbre le respect et la considération de l’autre. Une vision qui s’inscrit dans le refus des contraintes et des exigences qui prennent souvent des allures de chantage : «les milliers de conditions imposées dans le cadre de la coopération avec les autres sont une humiliation» que la Côte d’Ivoire ne peut accepter. D’autant qu’il est clair pour le Président Gbagbo que «les relations internationales consistent à entretenir des relations gagnants-gagnants», et que le premier acte de victoire d’un pays, «c’est de ne pas se sentir humilié». Celui qui ne l’aura pas compris, dira le Chef de l’Etat ivoirien, «ne pourra pas entretenir de relations décontractées avec l’Afrique».

Si l’Afrique, selon lui, «
va en Chine, c’est parce qu’avec la Chine, elle ne se sent pas humiliée. C’est ce que je veux expliquer à l’humanité tout entière. J’en parle en tant que Chef d’Etat qui a entendu certains de ses pairs gémir d’avoir tant été humiliés. L’aspect psychologique des peuples des pays du Tiers monde n’a pas été compris. Or, quand un peuple vous dit qu’il n’a pas peur de la mort, il faut le regarder autrement et le traiter autrement».

Réaffirmant les bonnes relations de la Côte d’Ivoire avec la Chine (une seule Chine), il donnera, sans ambages, son point de vue sur le Tibet : «Le Tibet est à la Chine depuis toujours. Si le Tibet a tant intéressé le monde, c’était à cause des Jeux olympiques. Les Jeux finis, plus personne ne s’intéresse au Tibet». Sur ce point, il précisera : «la diplomatie de provocation et la diplomatie d’humiliation, ce n’est pas bon». Sur la même lancée, il ajoutera : «je me réjouis que les dirigeants de Taïwan soient prêts à négocier». Parlant des Etats-Unis, il dira : «je me réjouis aussi qu’aux USA, nous ayons un nouveau chef qui a l’air de mieux discuter que ceux qui étaient là avant lui. Il faut que les gens se parlent. Il faut que les gens négocient. J’ai bon espoir que nous entrons dans une période plus détendue. La nouvelle diplomatie américaine donne des signes rassurants. Parce que tous les problèmes ne se règlent pas par la force. Quand Obama dit qu’il tend la main à l’Iran, il tient un discours d’un homme responsable».

Et de revenir à la Chine, en s’adressant à SEM. Wei Wenhua, son Ambassadeur accrédité en Côte d’Ivoire : «Excellence, restez sur la ligne sur laquelle vous êtes : le respect des pays du Tiers monde, la non humiliation, la non menace».

Le monde change et exige une diplomatie de respect, de dialogue et de consensus. Le monde change et la crise financière internationale, qui a fait effondrer les assises de l’économie mondiale, nous rappelle qu’un monde nouveau doit se construire sur la solidarité et la prise en compte de toutes les nations. La dégradation climatique nous renvoie à cette exigence vitale.

L’appauvrissement mondial interpelle tous les pays, surtout les plus riches. Et la Côte d’Ivoire s’inscrit dans cette diplomatie qui tourne le dos à l’arrogance, à la force, au mépris. Elle veut pouvoir avancer et se construire sur les chemins d’un monde plus juste, d’un monde qui instaure le respect comme sous-bassement de la diplomatie et des échanges entre les Etats. Cela, Laurent Gbagbo l’a redit à Gagnoa: la Côte d’Ivoire va coopérer avec ceux qui ne  l’humilient pas.


Agnès Kraidy
Fraternité Matin
06 Avril 2009
Jeudi 20 novembre 2008

Je ne suis pas venu effacer le passé car le passé ne s’efface pas.

Je ne suis pas venu nier les fautes ni les crimes car il y a eu des fautes et il y a eu des crimes.

Il y a eu la traite négrière, il y a eu l’esclavage, les hommes, les femmes, les enfants achetés et vendus comme des marchandises. Et ce crime ne fut pas seulement un crime contre les Africains, ce fut un crime contre l’homme, un crime contre l’humanité.

(…) Cette souffrance de l’homme noir c’est la souffrance de tous les hommes. Cette blessure ouverte dans l’âme de l’homme noir est une blessure ouverte dans l’âme de tous les hommes.
Mais nul ne peut demander aux générations d’aujourd’hui d’expier ce crime perpétré par les générations passées. Nul ne peut demander aux fils de se repentir des fautes de leurs pères.

Jeunesse d’Afrique, je ne suis pas venu te parler de repentance. Je suis venu te dire que je ressens la traite et l’esclavage comme des crimes envers l’humanité. Je suis venu te dire que ta déchirure et ta souffrance sont miennes. Je suis venu te proposer de regarder ensemble, Africains et Français, au-delà de cette déchirure et de cette souffrance.

Je suis venu te proposer, jeunesse d’Afrique, non d’oublier cette déchirure et cette souffrance qui ne peuvent pas être oubliées, mais de les dépasser.

Je suis venu te proposer, jeunesse d’Afrique, non de ressasser ensemble le passé mais d’en tirer ensemble les leçons et de regarder ensemble vers l’avenir.

Nicolas Sarkozy (Dakar, le 26 juillet 2007)

 

 

Pourquoi la France est-elle si frileuse sur la question de son histoire avec le continent africain, alors qu’aujourd’hui, certaines grandes démocraties affrontent courageusement leur passé, en reconnaissant les torts causés aux peuples oppressés, en leur présentant des excuses, et même en allant parfois plus loin ?

Au fil de l’histoire des hommes, des peuples en ont assujetti d’autres. L’expression de cet avilissement a pris diverses formes, parmi lesquelles l’envahissement, l’occupation, l’esclavage, le colonialisme, l’assimilation, la guerre ou le génocide.

Lorsque le peuple victime finit par retrouver des forces, seul ou avec le concours de tiers, il organise un procès pour se faire justice et exige réparation, comme la France l’a fait avec l’Allemagne, à l’issue de la seconde guerre mondiale.

Mais, lorsque le peuple victime est encore trop faible par rapport à son bourreau pour être en mesure d’exiger la reconnaissance des faits qui peut conduire au mea culpa et à la réparation, le processus de réconciliation peut émaner du bourreau sur lequel le temps aura fait son œuvre et permis la prise de conscience collective qui engendre le devoir de mémoire. C’est dans ce cheminement intrinsèque que certaines grandes Nations s’engagent aujourd’hui pour se réconcilier avec la face peu reluisante de leur histoire.

L’exemple de l’Italie

Dernier d’une liste qui commence à s’allonger, timidement mais significativement, l’Italie vient de faire son entrée dans le club des États qui, autrefois, ont partagé une histoire tumultueuse avec d’autres peuples, et qui ont décidé d’affronter leurs peu glorieux passés.

Tout a commencé par la colonisation de la Libye, qui s’est étalée sur une trentaine d’années, de 1911 à 1943. Cette relative courte durée n’a rien enlevé à la profondeur de la tragédie vécue par le peuple libyen, si l’on rappelle que dans l’histoire de l’humanité, la Libye a été le premier pays victime d’un bombardement aérien.

Il ne s’agit pas ici de retracer les horreurs que charrie toute colonisation, cela étant su de tous, mais de souligner la démarche que l’État italien a menée, et qui a conduit son Premier ministre Silvio Berlusconi à reconnaître, publiquement et solennellement, tous les torts causés par l’administration coloniale au peuple libyen, et à s’engager à un dédommagement à hauteur de 5 milliards de dollars, pour « tourner définitivement la page du passé », a-t-il déclaré en août 2008. D’une part, il est évident que la quantification des dommages et leurs conséquences qui persistent à ce jour est une tâche difficile, voire impossible, et donc, aussi considérable que puisse paraître l’évaluation du montant du dédommagement, il ne peut revêtir qu’un caractère forfaitaire et surtout symbolique. D’autre part, « tourner définitivement la page du passé », comme indiqué par Berlusconi, ne peut signifier, au mieux, que la fin de toute nouvelle revendication financière de compensation, et non l’effacement de la mémoire qui doit d’ailleurs être préservée.

Si l’on peut supputer sur l’opportunisme dont fait preuve l’État italien en alliant son devoir de mémoire aux contraintes économiques qu’impose la mondialisation, il n’en demeure pas moins que l’acte est posé, et que pour le peuple victime, cela représente une libération psychologique majeure, qui ouvre la porte à un deuil pouvant enfin être entamé. Reconnaître le statut de victime à un peuple, surtout lorsque cela émane du bourreau d’hier, c’est le défaire du poids de l’influence négative de l’histoire, et le dévêtir de son complexe de peuple infériorisé. Son génie créateur peut alors se libérer. C’est aussi cela, le droit des peuples.

Dans notre société moderne, la reconnaissance des faits est le minimum que l’on demande à l’auteur d’un crime, ne fût-ce que pour que la famille puisse faire son deuil.

Personne ne peut reprocher à l’Italie d’avoir franchi le pas trop tard. Il n’y a jamais prescription pour des douleurs de cette nature. En revanche, ce qu’il faut souligner, c’est le courage politique de l’État italien d’aujourd’hui qui assume, au nom du peuple italien, les actes que les gouvernements passés ont posés. Cela illustre la continuité de l’État et l’expression de la grandeur d’un peuple, comme l’ont précédemment montré les Allemands.

Le franc parler de l’Allemagne

Chaque pays trouve la formule appropriée pour préparer sa réconciliation avec les peuples qu’il a agressés dans le passé. L’Allemagne, pour sa part, s’est focalisée sur un événement précis pour amorcer le processus : le massacre de milliers de Hereros, populations de l’actuelle Namibie, par les troupes allemandes commandées par le général Lothar Von Trotha en août 1904. En août 2004,
lors de la commémoration de ce carnage, des excuses au nom du gouvernement et du peuple germaniques ont été exprimées en Namibie par la ministre allemande du Développement, Heidemarie Wieczorek-Zeul, en des termes très clairs : « Les atrocités commises à cette époque seraient appelées aujourd'hui génocide et le général Von Trotha serait traduit en justice et condamné. […] Nous, Allemands, acceptons notre responsabilité morale et historique et la culpabilité des Allemands à cette époque. […] J'ai un grand respect pour vos ancêtres qui sont morts pendant le soulèvement. Ceux qui ne se souviennent pas du passé sont aveugles face au présent. L'Allemagne a appris les amères leçons du passé […] Au nom de Dieu, je vous demande de nous pardonner […] Chaque chose que j'ai dite est une excuse et je veux que cela soit clair pour qu'il n'y ait pas de malentendus », a-t-elle déclaré.


En posant un tel geste, l’Allemagne renforce la position de ses ressortissants installés par milliers en Namibie, et ouvre la voie d’une réconciliation sérieuse avec ce peuple, ce qui profitera aux intérêts des deux parties. Cela, les Canadiens l’ont également compris.

Le réalisme canadien

Le Premier ministre canadien Stephen Harper, dans une approche similaire, a présenté, le 11 juin 2008, au nom du gouvernement de son pays, des excuses officielles aux populations indiennes et Inuites. « Il n'y a pas de place au Canada pour les attitudes qui ont pu inspirer les pensionnats indiens. Le gouvernement s'excuse et demande pardon », a déclaré Harper. En effet, dès le 19ème siècle, le gouvernement canadien, au plus fort de la politique d’assimilation en vogue à l’époque, a enrôlé dans des pensionnats des milliers de petits Indiens, arrachés de force à leurs parents. Ils y ont subit les pires sévices.

Très multiracial aujourd’hui, le peuple canadien a affronté son histoire, a fait son examen de conscience et a jugé inacceptable les actes posés par les gouvernements d’alors. Une fois cette étape de devoir de mémoire passée, le reste est pure procédure. Le Canada l’a fait, il s’est excusé et il a dédommagé. On parle de 3 milliards d’euros environ.

Même s’il s’agit d’une action de repentance menée à l’intérieur de son propre territoire et de sa propre Nation, cela n’enlève rien à la grandeur du geste canadien. Peu importe que l’acte dénote d’un réalisme dicté par un contexte économique et social, ce qu’il faut retenir, c’est cette volonté de réparation à l’endroit d’un peuple abusé, qu’il soit étranger ou issu de la même Nation que le coupable.

Le grand symbole de l’Australie

Autre lieu et autre pays, mais la même politique d’assimilation et la même nécessité de se repentir. Durant une période à cheval sur le 19ème et 20ème siècle, tous les gouvernements australiens ont mené une politique raciste ayant pour victimes les aborigènes et caractérisée par l’assimilation des enfants soustraits à leurs parents et remis à des familles blanches sensées les civiliser, au mépris de leurs droits fondamentaux.

Après l’indispensable devoir de conscience, suivi du travail de mémoire sur les populations, le gouvernement du Premier ministre Kevin Rudd décide de passer à l’acte fondateur d’une nouvelle relation entre les différentes communautés composant la Nation australienne.

Le 13 février 2008, Kevin Rudd déclare à la tribune du Parlement, « Nous présentons nos excuses pour les lois et les politiques des parlements et gouvernements successifs qui ont infligés une peine, une douleur et une perte profondes à nos compatriotes. Pour la douleur et les souffrances subies par ces générations volées, leurs descendants et leurs familles, nous demandons pardon. Et pour l’atteinte à la dignité et l’humiliation infligée à un peuple fier de lui-même et de sa culture ». Pour cette promesse électorale à laquelle il souscrivait trois mois après son élection, Kevin Rudd multiplie les symboles, allant jusqu’à poser un genou à terre devant une aborigène qui lui offrait un cadeau lors de cette cérémonie de repentance officielle.

Sans évoquer dans le détail les drames et les crimes commis pendant deux siècles, citons un élément qui illustre à lui seul les conséquences actuelles de cette politique désastreuse. Alors qu’ils vivent dans le même pays, dans les mêmes villes et sont soumis aux mêmes lois, la communauté blanche jouit d’une espérance de vie de 75 ans, contre seulement 53 ans pour les aborigènes.

Avant le Premier ministre Kevin Rudd, son prédécesseur John Howard, comme d’autres persistent à le faire ailleurs aujourd’hui, s’était toujours refusé à engager le processus de réconciliation pourtant fortement recommandé par les études. Ce type de verrou a aussi existé chez les Américains.

Le pas décisif des États-Unis d’Amérique

Les Etats-Unis sont un autre grand pays qui affronte une douloureuse partie de son histoire. Leur blessure historique, c’est l’esclavage.

Le peuple américain a lancé à la tribune de la Chambre des Représentants, par la voix du parlementaire Steve Cohen, une phrase qui incarne au niveau fédéral la volonté d’en finir avec les crimes contre ceux qui sont devenus citoyens américains. Cohen disait : « Au nom des citoyens des États-Unis, la Chambre des représentants présente ses excuses aux Africains-Américains pour les erreurs commises contre eux et à leurs ancêtres qui ont souffert de l’esclavage et des lois Jim Crow invitant à la ségrégation raciale ». (Jim Crow était le père des lois ségrégationnistes dont les Noirs furent largement victimes, lois abolies en 1954 et 1964).

Même si Cohen a utilisé l’euphémisme ‘erreur’ pour qualifier les atrocités dont il est question, cela n’enlève rien au geste fort que représente cette volonté, au niveau fédéral, de briser le mur que l’histoire a dressé entre les communautés.

Cette décision fédérale est la suite logique des actes de repentance similaires que certains États avaient déjà posés. Ce fut le cas de la Virginie, du Maryland, de la Caroline du Nord, de l’Alabama, de la Floride, et même du Sénat américain lorsqu’il a présenté ses excuses aux Indiens en février 2008. Les « regrets » du président Clinton et les propos du président George W. Bush qualifiant l'esclavage de « l'un des plus grands crimes de l'histoire » ont certainement contribué à obtenir ce pardon fédéral.

Ce qu’il y a de véritablement encourageant, c’est l’engagement des parlementaires à œuvrer pour corriger « les conséquences persistantes », selon leurs propos, de ce qu’ils qualifient de « la fondamentale injustice, la cruauté, la brutalité et l'inhumanité ». Tout est dit. Ce qui s’est produit durant des siècles a incontestablement des répercussions sur la vie d’aujourd’hui.

A côté des pays qui tiennent actuellement le haut de l’affiche en ayant le courage d’engager le processus conduisant à clore définitivement le chapitre douloureux des atrocités infligées à un autre peuple, il y a la position britannique.

La timidité de la Grande Bretagne

En 2005, pendant six mois, la Grande Bretagne a célébré à grand renfort de couverture médiatique, l’abolition deux cents ans plus tôt par le parlement britannique, de l’esclavage subi par les Africains. La société civile a été grandement impliquée dans cette commémoration, et les médias ont alors largement mis en lumière le rôle prépondérant joué par la monarchie et l’église, ainsi que les bénéfices directs qu’elles en ont tirés.

En ce qui la concerne, l’Eglise anglicane s’est prononcée sur son rôle dans l’esclavage et a présenté des excuses officielles en «reconnaissant les dégâts causés aux héritiers de ceux qui y ont été placés», et en recommandant à la société britannique dans son entièreté la nécessité d’en faire autant. Le Premier ministre britannique d’alors, Tony Blair, a-t-il entendu cette recommandation ? Toujours est-il qu’il a exprimé son « profond regret », comme le fit Clinton avant lui. On peut déjà se réjouir de cette première étape timide venant de Londres, en se souvenant que l’expression des regrets de Bill Clinton avait été le précurseur de la demande de pardon fédéral exprimée par les parlementaires américains quelques années plus tard. Quant à la question de la réparation, le Royaume Uni ne l’a pas encore évoqué, mais l’Archevêque de Canterburry en accepte le principe, tout en reconnaissant la complexité de sa mise en œuvre.

Ce frémissement augure de perspectives prometteuses de voir, à l’avenir, la Grande Bretagne emboîter le pas aux pays ayant déjà franchi le rubicon. Qu’en est-il des Français ?

La frilosité de la France

De tous les pays ayant pratiqué l’esclavage des Africains et disposé de colonies, la France semble être la seule grande démocratie occidentale à traîner lourdement les pieds dans l’engagement au processus de réconciliation, comme en témoigne les propos récurrents du président Sarkozy, rapportés le 10 mai 2007 par le journal français l’Humanité : «
Au bout du chemin de la repentance et de la détestation de soi il y a, ne nous y trompons pas, le communautarisme et la loi des tribus. » (Paris, 14 janvier 2007). « Je déteste la repentance qui veut nous interdire d’être fiers d’être français, qui est la porte ouverte à la concurrence des mémoires, qui dresse les Français les uns contre les autres en fonction de leurs origines et qui est un obstacle à l’intégration parce qu’on a rarement envie de s’intégrer à ce que l’on a appris à détester. » (Lyon, 5 avril). « Je déteste cette repentance qui est une falsification de l’histoire de France. Car la France n’a pas à avoir honte de son histoire. » (Metz, 17 avril). « Pourquoi tant de haine ? Parce que je n’accepte pas la repentance ? Parce que je ne veux pas qu’on demande aux enfants d’expier les fautes supposées de leurs pères ? Parce que je considère que la France n’a pas à avoir honte de son histoire ? Parce que je dis que la France n’a pas inventé la solution finale, ni commis de génocide et qu’elle est le pays au monde qui a le plus fait pour la liberté des hommes ? » (Dijon, 23 avril). « Il y avait la repentance qui demandait aux fils d’expier les fautes supposées de leurs pères et même de leurs aïeux ou de leurs ancêtres. Il fallait expier l’histoire de France, il fallait expier les croisades, les révolutions, les guerres, la colonisation. Tout, il fallait tout expier. » (Montpellier, 3 mai).

C’est on ne peut plus clair sur le manque de volonté politique d’accorder aux victimes le droit d’entendre leur bourreau reconnaître ses crimes, et de participer à l’effacement des conséquences qui en découlent.

Comment réagirait la famille d’une victime, si elle entendait l’auteur du crime reconnaître son forfait et refuser de présenter les excuses qui s’imposent ? C’est exactement ce comportement que Sarkozy a eu en décembre 2007 à Alger, lorsqu’il déclarait « Oui, le système colonial a été profondément injuste, contraire aux trois mots fondateurs de notre République : liberté, égalité, fraternité », tout en s’abstenant de présenter les excuses du gouvernement français. Cet acharnement à repousser toute idée de repentance cache mal l’embarras de Paris, comme l’illustre la valse hésitation des députés français qui d’un côté, votent en mai 2001 la loi Taubira (du nom de la députée Christiane Taubira), qui qualifie l’esclavage de crime contre l’humanité, et qui, d’autre part, se précipitent pour en voter une autre en février 2005, demandant aux programmes français, au sujet de la colonisation, de « reconnaître le rôle positif de la présence française outre-mer », soulevant ainsi un tollé général qui a finalement fait échec à l’article incriminé.

Comment comprendre cette position de l’État français, quand on sait qu’il aime à proclamer que la France est le pays des droits de l’Homme, ce qu’elle sait effectivement être dans certaines circonstances ?

Certaines pistes peuvent permettre de comprendre ce mal-être de la France face aux différentes périodes sombres de son histoire avec l’Afrique. En effet, on peut simplement observer que si la France est si gênée et frileuse à s’engager dans l’initiative de la repentance, c’est parce qu’elle n’a pas encore véritablement rompu avec toutes les formes des faits qui nécessitent des excuses. On ne peut logiquement pas demander pardon pour un acte que l’on continue de poser, ni tourner une page sur laquelle l’on continue d’écrire. En cela, la France est logique avec elle-même. Elle est encore tellement présente, et pas toujours de manière glorieuse, dans la vie politique et économique de ses anciennes colonies, qu’il lui est quasiment impossible de parler de ses crimes comme s’ils relevaient du passé.

Une autre chose qui illustre le paradoxe de la France, c’est la comparaison que l’on peut faire avec les Etats-Unis. La France a environ deux cents ans d’histoire républicaine, tout comme l’Amérique depuis l’établissement de son État fédéral. Autant en l’espace de deux siècles, les Etats-Unis, en dépit d’insuffisances que l’on peut encore déplorer aujourd’hui, ont pu produire un président, potentiel à ce jour, issu de la communauté noire elle-même bien représentée au sein de toutes leurs Institutions, la haute administration civile et militaire, les médias, et au sommet des grandes entreprises, autant les gouvernements français successifs refusent la promotion de leurs citoyens d’origine immigrée dans les hautes sphères de leurs Institutions, la haute administration, et dans la représentation du paysage médiatique. Certes, l’histoire de ces deux pays n’est pas la même, mais les faits sont là. Autant l’Amérique a été très difficile pour les Noirs par le passé, autant elle leur offre aujourd’hui certaines chances. En France, en revanche, autant sous la IVème République on trouvait des députés noirs, autant aujourd’hui on les cherche en vain à l’Assemblée.

Après être passée de l’esclavage au colonialisme, puis aux accords de coopération protectionnistes, la France est arrivée au bout d’un chemin où il lui est difficile de trouver, en cette période de mondialisation que d’autres pays comptent bien mettre à profit, une nouvelle formule lui garantissant les privilèges d’antan. L’époque ne s’y prête plus et les Africains ne veulent plus se laisser faire.

Il est indispensable, tant pour le bénéfice de l’Afrique que pour celui de la France, que cette dernière remette en cause ses pratiques actuelles, afin de pouvoir se donner les moyens d’ouvrir les voies d’une réconciliation avec une bonne partie du continent Noir. Maintenant que la pratique de la repentance semble devenir une  approche qui tend à se généraliser, les Africains deviennent de plus en plus impatients.

Un jour, il faudra que la France affronte l’esclavage qu’elle a pratiqué quatre siècles durant, la colonisation qu’elle a implémentée pendant cent ans, et le mode de « coopération » qu’elle a instauré depuis cinq décennies au détriment des pays africains. Nous reconnaissons que cela fait beaucoup pour la France, mais cela est à l’échelle des tragédies qu’elle a causées, et nous avons confiance. La France saura absorber le choc, dès lors que la volonté politique sera établie. Elle trouvera alors à ses côtés, une Afrique prête à pardonner.

En Italie, en Allemagne, au Canada, en Australie, aux Etats-Unis, en Grande Bretagne, plusieurs gouvernements se sont opposés à toute repentance, avant qu’un groupe d’hommes politiques courageux prennent à bras-le-corps le sujet et le conduisent à son terme. C’est le sens de l’Histoire et chaque jour qui passe sans que la France ne s’y soumette est un jour qui éloigne d’autant l’Afrique de l’Hexagone. La France n’y échappera pas. Ce n’est qu’une question de temps, et il joue pour l’Afrique.

Par Mamadou Koulibaly in Fraternité Matin, le 11 octobre 2008

Par Mahalia Nteby - Publié dans : Politique africaine
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Mercredi 5 novembre 2008


"If there is anyone out there who still doubts that America is a place where all things are possible; who still wonders if the dream of our founders is alive in our time; who still questions the power of our democracy, tonight is your answer.

It's the answer told by lines that stretched around schools and churches in numbers this nation has never seen; by people who waited three hours and four hours, many for the very first time in their lives, because they believed that this time must be different; that their voice could be that difference.

It's the answer spoken by young and old, rich and poor, Democrat and Republican, black, white, Latino, Asian, Native American, gay, straight, disabled and not disabled - Americans who sent a message to the world that we have never been a collection of Red States and Blue States: we are, and always will be, the United States of America.

It's the answer that led those who have been told for so long by so many to be cynical, and fearful, and doubtful of what we can achieve to put their hands on the arc of history and bend it once more toward the hope of a better day.

It's been a long time coming, but tonight, because of what we did on this day, in this election, at this defining moment, change has come to America.

I just received a very gracious call from Senator McCain. He fought long and hard in this campaign, and he's fought even longer and harder for the country he loves. He has endured sacrifices for America that most of us cannot begin to imagine, and we are better off for the service rendered by this brave and selfless leader. I congratulate him and Governor Palin for all they have achieved, and I look forward to working with them to renew this nation's promise in the months ahead.


I want to thank my partner in this journey, a man who campaigned from his heart and spoke for the men and women he grew up with on the streets of Scranton and rode with on that train home to Delaware, the Vice President-elect of the United States, Joe Biden.

I would not be standing here tonight without the unyielding support of my best friend for the last sixteen years, the rock of our family and the love of my life, our nation's next First Lady, Michelle Obama. Sasha and Malia, I love you both so much, and you have earned the new puppy that's coming with us to the White House. And while she's no longer with us, I know my grandmother is watching, along with the family that made me who I am. I miss them tonight, and know that my debt to them is beyond measure.

To my campaign manager David Plouffe, my chief strategist David Axelrod, and the best campaign team ever assembled in the history of politics - you made this happen, and I am forever grateful for what you've sacrificed to get it done.

But above all, I will never forget who this victory truly belongs to - it belongs to you.

I was never the likeliest candidate for this office. We didn't start with much money or many endorsements. Our campaign was not hatched in the halls of Washington - it began in the backyards of Des Moines and the living rooms of Concord and the front porches of Charleston.

It was built by working men and women who dug into what little savings they had to give five dollars and ten dollars and twenty dollars to this cause. It grew strength from the young people who rejected the myth of their generation's apathy; who left their homes and their families for jobs that offered little pay and less sleep; from the not-so-young people who braved the bitter cold and scorching heat to knock on the doors of perfect strangers; from the millions of Americans who volunteered, and organized, and proved that more than two centuries later, a government of the people, by the people and for the people has not perished from this Earth. This is your victory.

I know you didn't do this just to win an election and I know you didn't do it for me. You did it because you understand the enormity of the task that lies ahead. For even as we celebrate tonight, we know the challenges that tomorrow will bring are the greatest of our lifetime - two wars, a planet in peril, the worst financial crisis in a century. Even as we stand here tonight, we know there are brave Americans waking up in the deserts of Iraq and the mountains of Afghanistan to risk their lives for us. There are mothers and fathers who will lie awake after their children fall asleep and wonder how they'll make the mortgage, or pay their doctor's bills, or save enough for college. There is new energy to harness and new jobs to be created; new schools to build and threats to meet and alliances to repair.

The road ahead will be long. Our climb will be steep. We may not get there in one year or even one term, but America - I have never been more hopeful than I am tonight that we will get there. I promise you - we as a people will get there.

There will be setbacks and false starts. There are many who won't agree with every decision or policy I make as President, and we know that government can't solve every problem. But I will always be honest with you about the challenges we face. I will listen to you, especially when we disagree. And above all, I will ask you join in the work of remaking this nation the only way it's been done in America for two-hundred and twenty-one years - block by block, brick by brick, calloused hand by calloused hand.

What began twenty-one months ago in the depths of winter must not end on this autumn night. This victory alone is not the change we seek - it is only the chance for us to make that change. And that cannot happen if we go back to the way things were. It cannot happen without you.

So let us summon a new spirit of patriotism; of service and responsibility where each of us resolves to pitch in and work harder and look after not only ourselves, but each other. Let us remember that if this financial crisis taught us anything, it's that we cannot have a thriving Wall Street while Main Street suffers - in this country, we rise or fall as one nation; as one people.

Let us resist the temptation to fall back on the same partisanship and pettiness and immaturity that has poisoned our politics for so long. Let us remember that it was a man from this state who first carried the banner of the Republican Party to the White House - a party founded on the values of self-reliance, individual liberty, and national unity. Those are values we all share, and while the Democratic Party has won a great victory tonight, we do so with a measure of humility and determination to heal the divides that have held back our progress. As Lincoln said to a nation far more divided than ours, "We are not enemies, but friends...though passion may have strained it must not break our bonds of affection." And to those Americans whose support I have yet to earn - I may not have won your vote, but I hear your voices, I need your help, and I will be your President too.

And to all those watching tonight from beyond our shores, from parliaments and palaces to those who are huddled around radios in the forgotten corners of our world - our stories are singular, but our destiny is shared, and a new dawn of American leadership is at hand. To those who would tear this world down - we will defeat you. To those who seek peace and security - we support you. And to all those who have wondered if America's beacon still burns as bright - tonight we proved once more that the true strength of our nation comes not from our the might of our arms or the scale of our wealth, but from the enduring power of our ideals: democracy, liberty, opportunity, and unyielding hope.

For that is the true genius of America - that America can change. Our union can be perfected. And what we have already achieved gives us hope for what we can and must achieve tomorrow.

This election had many firsts and many stories that will be told for generations. But one that's on my mind tonight is about a woman who cast her ballot in Atlanta. She's a lot like the millions of others who stood in line to make their voice heard in this election except for one thing - Ann Nixon Cooper is 106 years old.
She was born just a generation past slavery; a time when there were no cars on the road or planes in the sky; when someone like her couldn't vote for two reasons - because she was a woman and because of the color of her skin.

And tonight, I think about all that she's seen throughout her century in America - the heartache and the hope; the struggle and the progress; the times we were told that we can't, and the people who pressed on with that American creed: Yes we can.

At a time when women's voices were silenced and their hopes dismissed, she lived to see them stand up and speak out and reach for the ballot. Yes we can.

When there was despair in the dust bowl and depression across the land, she saw a nation conquer fear itself with a New Deal, new jobs and a new sense of common purpose. Yes we can.

When the bombs fell on our harbor and tyranny threatened the world, she was there to witness a generation rise to greatness and a democracy was saved. Yes we can.

She was there for the buses in Montgomery, the hoses in Birmingham, a bridge in Selma, and a preacher from Atlanta who told a people that "We Shall Overcome." Yes we can.

A man touched down on the moon, a wall came down in Berlin, a world was connected by our own science and imagination. And this year, in this election, she touched her finger to a screen, and cast her vote, because after 106 years in America, through the best of times and the darkest of hours, she knows how America can change. Yes we can.

America, we have come so far. We have seen so much. But there is so much more to do. So tonight, let us ask ourselves - if our children should live to see the next century; if my daughters should be so lucky to live as long as Ann Nixon Cooper, what change will they see? What progress will we have made?

This is our chance to answer that call. This is our moment. This is our time - to put our people back to work and open doors of opportunity for our kids; to restore prosperity and promote the cause of peace; to reclaim the American Dream and reaffirm that fundamental truth - that out of many, we are one; that while we breathe, we hope, and where we are met with cynicism, and doubt, and those who tell us that we can't, we will respond with that timeless creed that sums up the spirit of a people:

Yes We Can. Thank you, God bless you, and may God Bless the United States of America."


Barack Obama, President-Elect of the United States of America in his Acceptance Speech, le 4 Novembre 08 
Par Mahalia Nteby - Publié dans : Grands dossiers
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Vendredi 28 mars 2008

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For once the World Bank says something smart about the real causes of prosperity


A Mexican migrant to the U.S. is five times more productive than one who stays home. Why is that?

The answer is not the obvious one: This country has more machinery or tools or natural resources. Instead, according to some remarkable but largely ignored research—by the World Bank, of all places—it is because the average American has access to over $418,000 in intangible wealth, while the stay-at-home Mexican's intangible wealth is just $34,000.

But what is intangible wealth, and how on earth is it measured? And what does it mean for the world's people—poor and rich? That's where the story gets even more interesting.

Two years ago the World Bank's environmental economics department set out to assess the relative contributions of various kinds of capital to economic development. Its study, "Where is the Wealth of Nations?: Measuring Capital for the 21st Century," began by defining natural capital as the sum of nonrenewable resources (including oil, natural gas, coal and mineral resources), cropland, pasture land, forested areas and protected areas. Produced, or built, capital is what many of us think of when we think of capital: the sum of machinery, equipment, and structures (including infrastructure) and urban land.

But once the value of all these are added up, the economists found something big was still missing: the vast majority of world's wealth! If one simply adds up the current value of a country's natural resources and produced, or built, capital, there's no way that can account for that country's level of income.

The rest is the result of "intangible" factors—such as the trust among people in a society, an efficient judicial system, clear property rights and effective government. All this intangible capital also boosts the productivity of labor and results in higher total wealth. In fact, the World Bank finds, "Human capital and the value of institutions (as measured by rule of law) constitute the largest share of wealth in virtually all countries."

Once one takes into account all of the world's natural resources and produced capital, 80% of the wealth of rich countries and 60% of the wealth of poor countries is of this intangible type. The bottom line: "Rich countries are largely rich because of the skills of their populations and the quality of the institutions supporting economic activity."

What the World Bank economists have brilliantly done is quantify the intangible value of education and social institutions. According to their regression analyses, for example, the rule of law explains 57 percent of countries' intangible capital. Education accounts for 36 percent.

The rule-of-law index was devised using several hundred individual variables measuring perceptions of governance, drawn from 25 separate data sources constructed by 18 different organizations. The latter include civil society groups (Freedom House), political and business risk-rating agencies (Economist Intelligence Unit) and think tanks (International Budget Project Open Budget Index).

Switzerland scores 99.5 out of 100 on the rule-of-law index and the U.S. hits 91.8. By contrast, Nigeria's score is a pitiful 5.8; Burundi's 4.3; and Ethiopia's 16.4. The members of the Organization for Economic Cooperation and Development—30 wealthy developed countries—have an average score of 90, while sub-Saharan Africa's is a dismal 28.

The natural wealth in rich countries like the U.S. is a tiny proportion of their overall wealth—typically 1 percent to 3 percent—yet they derive more value from what they have. Cropland, pastures and forests are more valuable in rich countries because they can be combined with other capital like machinery and strong property rights to produce more value. Machinery, buildings, roads and so forth account for 17% of the rich countries' total wealth.

Overall, the average per capita wealth in the rich Organization for Economic Cooperation Development (OECD) countries is $440,000, consisting of $10,000 in natural capital, $76,000 in produced capital, and a whopping $354,000 in intangible capital. (Switzerland has the highest per capita wealth, at $648,000. The U.S. is fourth at $513,000.)

By comparison, the World Bank study finds that total wealth for the low income countries averages $7,216 per person. That consists of $2,075 in natural capital, $1,150 in produced capital and $3,991 in intangible capital. The countries with the lowest per capita wealth are Ethiopia ($1,965), Nigeria ($2,748), and Burundi ($2,859).

In fact, some countries are so badly run, that they actually have negative intangible capital. Through rampant corruption and failing school systems, Nigeria and the Democratic Republic of the Congo are destroying their intangible capital and ensuring that their people will be poorer in the future.

In the U.S., according to the World Bank study, natural capital is $15,000 per person, produced capital is $80,000 and intangible capital is $418,000. And thus, considering common measure used to compare countries, its annual purchasing power parity GDP per capita is $43,800. By contrast, oil-rich Mexico's total natural capital per person is $8,500 ($6,000 due to oil), produced capital is $19,000 and intangible capita is $34,500—a total of $62,000 per person. Yet its GDP per capita is $10,700. When a Mexican, or for that matter, a South Asian or African, walks across our border, they gain immediate access to intangible capital worth $418,000 per person. Who wouldn't walk across the border in such circumstances?

The World Bank study bolsters the deep insights of the late development economist Peter Bauer. In his brilliant 1972 book Dissent on Development, Bauer wrote: "If all conditions for development other than capital are present, capital will soon be generated locally or will be available . . . from abroad. . . . If, however, the conditions for development are not present, then aid . . . will be necessarily unproductive and therefore ineffective. Thus, if the mainsprings of development are present, material progress will occur even without foreign aid. If they are absent, it will not occur even with aid."

The World Bank's pathbreaking "Where is the Wealth of Nations?" convincingly demonstrates that the "mainsprings of development" are the rule of law and a good school system. The big question that its researchers don't answer is: How can the people of the developing world rid themselves of the kleptocrats who loot their countries and keep them poor?

Ronald Bailey in Reason Magazine, le 05 octobre 2007

Par Mahalia Nteby - Publié dans : Edito
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Lundi 24 mars 2008

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Si les événements qui ont secoué le Cameroun à la fin du mois de février ont permis de mettre en exergue le malaise que vit une frange importante de la population dans notre environnement socio-économique, elle a aussi trahi l’incapacité du consommateur camerounais à prendre son destin en charge dans la définition de son rapport au commerçant. Les revendications formulées  dans le sens de l’amélioration de la vie ont souvent été conclues par un appel à l’Etat à venir mettre de l’ordre là où le pouvoir d’achat des ménages perdait du souffle.

 

Certes, il est des secteurs où les dérives monopolistiques sont venues brimer la marge de manœuvre du consommateur et l’empêcher de se mêler comme il se doit à la détermination des prix des produits et services auxquels il voudrait accéder (électricité, eau, ciment, etc.). Certes encore il est fortement besoin que l’Etat s’astreigne à mettre en jeu une politique fiscalo-douanière qui prenne toute sa part dans la dynamisation de la consommation des ménages. Mais force est de constater que le client camerounais brille aussi par un manque certain de vitalité dans les batailles de pouvoir qui se livrent à l’intérieur des espaces marchands que les monopoles étatiques ou quasi-étatiques ont pourtant déserté ou épargné.

 

Les questions de la vie chère concernent aussi tout un éventail de produits dont le commerce laisse clients et vendeurs dans un face-à-face libéré de toute interférence. Il en va ainsi des produits agricoles dont les valeurs sont dictées pour l’essentiel par les seuls opérateurs des différentes filières. Ici, la ménagère fait souvent face à la loi des intermédiaires dont les marges bénéficiaires tendent, à la faveur des réactions peu déterminées qui s’opposent à leur diktat, à croître plus souvent qu’à leur tour. Et bizarrement, là où son propre laxisme crie, l’acheteur dénonce celui des services publics.

 

Or, d’où vient-il que le citoyen attende de l’Etat qu’il mobilise ses moyens et déploie ses agents dans les marchés pour contraindre importateurs et «bayam-sellam» [vendeurs ambulants, ndlr] à pratiquer des prix plus abordables pour la ménagère? Pourquoi et sur quelles bases l’Etat devrait-il se mêler de définir la valeur du poisson, de la viande, du plantain ou du macabo quand le client dispose pourtant de la plus redoutable et de la plus influente des armes qui existent sur un marché, à savoir la liberté d’acheter ou de ne pas acheter ? Rien n’est plus parlant dans l’esprit d’un commerçant que le refus de sa clientèle d’acquérir sa marchandise. Quelles pénalités ou amendes, au demeurant vite répercutées sur le prix de vente, pourraient conduire à la diminution des prix plus efficacement que la baisse de la demande ?

 

Cette solution étatiste qui coalise les risques d’augmenter le poids de la mauvaise dépense publique et d’entretenir des niches de corruption, présente en outre le désavantage de confiner le consommateur dans l’inconfort décrié en février avec force bris et barricades, lequel inconfort relève pourtant bien souvent de son auto-déresponsabilisation.

 

Il n’y a en effet rien de plus simple pour une ménagère que d’abandonner à la pourriture des tomates dont la valeur marchande serait portée à des hauteurs inconsidérées, et de se référer à des recettes culinaires qui assument l’absence de cet ingrédient. Aucune  pression insurmontable ne l’oblige à emporter dans ses cuisines un régime de plantains dont elle juge pourtant le prix démesuré et fantaisiste. Les denrées périssables qui offriraient la possibilité de mettre le vendeur dans les cordes plus vite qu’il ne le pense dans le cadre d’une opposition frontale avec l’acheteur, peuvent constituer le premier champ de cette bataille contre la vie chère, à condition que le consommateur prenne conscience autant de sa force que du besoin pour lui de s’organiser plus efficacement.

 

Car c’est bien de s’organiser qu’il sera le plus question ici, plutôt que d’exiger de l’Etat qu’il vienne tremper dans des eaux où sa présence sera plus nuisible que bénéfique. Aux ménagères de se communiquer spontanément les points de vente les plus intéressants pour leurs finances. Aux familles de mettre leurs moyens en commun pour aller faire leur marché mensuel là où les revendeurs s’approvisionnent, et se soustraire ainsi aux fantaisies de l’intermédiation. Les solutions fourmillent au-delà de ces exemples, il suffit de les identifier et de les mettre en œuvre.

 

Il n’était donc absolument pas besoin que le ministère du Commerce aille conclure des protocoles d’accord avec des importateurs dans le but déclaré de rendre leurs produits plus accessibles. L’Etat n’est pas plus au fait de la situation financière et du réel pouvoir d’achat d’un ménage que lui-même. Il ne dispose pas de la réactivité nécessaire pour opérer en temps et en heure les adaptations des prix aux conjonctures de l’économie.

 

Parions au passage que, toute honte bue, le consommateur viendra saluer ces protocoles comme les bouées de sauvetage sans lesquelles sa vie n’aurait plus été possible. Prenons aussi le pari que les prix convenus, pour n’être qu’indicatifs, connaîtront vite des variations à la hausse que les ménagères viendront dénoncer avec l’inertie de l’Etat comme les causes des malaises de leur porte-monnaie.

 

Il est d’autant plus aisé de se livrer à ces projections que les solutions appelées plus haut se trouvent bien loin de cette triste infantilisation, soit-elle consacrée par l’approbation de ses principales victimes. Elles procèderont nécessairement et presqu’exclusivement de l’esprit d’un acheteur conscient de porter en lui la part la plus importante du pouvoir de décider du niveau des prix, dans l’esprit d’un consommateur qui sait qu’il ne sera jamais roi s’il ne se décide résolument à quitter ses chaînes d’esclave.

Jean-Rostand Mounlom, le 24 mars 2008

Par Mahalia Nteby - Publié dans : Edito
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Samedi 15 mars 2008

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Jacob Zuma, the new leader of South Africa’s ruling African National Congress, has claimed supremacy over his bitter rival, Thabo Mbeki, the country’s president, whom he ousted as party president last year, saying unequivocally that power resides in the ANC and not the presidency. 

Speaking to the Financial Times, he all but dismissed Mr Mbeki and his cabinet ministers as lame ducks as he sought to stamp his authority on the country and address the bitter power struggle that has left business people worried the country is leaderless. 

Power lies in the ANC,” he said. “It’s the ANC that wins elections, the ANC that has the power to identify people who must be part of government ... If he [the president] is not part of the ANC leadership, he doesn’t have authority.” 

In an interview in the party headquarters, Mr Zuma, who relied on the support of the unions and the left to take over the party, repeated his mantra that the advent of a new party leader did not mean that ANC economic policies would change. 

But in a reflection of his balancing act between wooing business and satisfying his power base in the unions, he refused to rule out a debate on a left-ward shift of economic policy. 

Asked if he would consider supporting calls by the Communist party for a return to nationalisation, he said that, if asked to give a view on such a shift, he would not make a definitive statement, but rather would open a discussion. “I think let the issues be put on the table so that we discuss what are the merits of that argument,” he said. 

Such equivocation is increasingly exasperating business people as they seek to understand the implications of his takeover of the party in last December’s five-yearly ANC conference. In the past two months South Africa’s business confidence has suffered a series of blows, primarily caused by an electricity crisis that has led to rolling power cuts but also compounded by uncertainty about the direction of the ruling ANC. 

Given the ANC’s electoral dominance, as party leader Mr Zuma is on paper the out-and-out favourite to be the country’s next president after next year’s elections. But first he has to overcome a trial in August on charges of corruption, fraud, racketeering and tax evasion. 

He reiterated his longstanding charge that the prosecutors have pursued a politicised agenda in their seven-year investigation, and dismissed the idea of not competing in the elections while he sought to clear his name. “It is a very funny case, very funny,” he said. 

Mr Zuma was concerned about the rand’s 15 per cent fall in value since the start of the year. He said he would like it to strengthen but attributed its decline to global economic jitters as well as domestic uncertainties. 

His strongest language was reserved for the fight against the country’s dire rate of violent crime, which has claimed two more high-profile victims this week and led to calls from a prominent black actor for a “million man” march to the government buildings. 

He called for more “biting laws” and less focus on the rights of criminals, who he said were too easily released from prison. “We must strengthen the law so people mustn’t think that even if I commit a crime in any case it’s fine.” He also said he would not oppose a referendum on the death penalty that was abolished soon after the end of white rule, if there was a “sufficient majority” calling for one. But he added he was against the death penalty. 

Par Alec Russel in The Financial Times, le 6 mars 2008

Par Mahalia Nteby - Publié dans : Politique africaine
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Opinion

Do not leave Africa in scramble



To many minds, Africa is a picture of hopeless misery: afflicted by poverty, scarred by corruption and ravaged by Aids and war. These facts are true, but they tell only half the story. In many sub-Saharan African countries output briskly outpaced population growth during the last decade, leading to sustained growth in income per capita and promising a lasting escape from poverty.

Behind the success lies many African leaders’ willingness to adopt solid macroeconomic policies and move towards more transparency and less red tape. Economic integration with the world deepened and trading relations diversified. Record-breaking prices boosted commodity exporters’ incomes. The private sector’s success, for example in telecommunications, showed that Africa does not lack good business opportunities. Before the crisis, countries such as Ghana were on course to escaping aid dependence by entering global capital markets.

But Africa is now slipping. Foreign direct investment has shrivelled. Capital markets have seized up as funds flee to the safety of rich-country sovereign bonds – with which the market is flooded. The price of trade credit has soared, sharply halting trade flows, with commodity exporters suffering additionally from the drop in prices.

As tax revenues fall and demands on public services rise, governments without large savings are in a squeeze. African leaders warn of a popular backlash: if the public suffers undeserved pain after governments followed what rich countries told them to do in the 1990s, economic growth and democratic stability are at risk. Already coups and riots are on the rise.

The world’s leading countries must act to end the global crisis as soon as possible. In the meantime, Africa should not be a casualty of other priorities. African governments that have shown a commitment to sound policies must be helped to fill temporary funding gaps. And rich countries should quickly prop up trade finance: it would do much good and cost little.

Development aid
can do ill as well as good; the long-term goal must be to get rid of it. But that is no argument against short-term crisis assistance, which has been provided – quickly – to small and relatively rich European countries; many African countries need the same. Moreover, rich countries made aid promises at the Gleneagles summit that they have yet to fulfil.

The potential cost of the crisis in Africa is not just unemployment; it is starvation, civil war and the closing of an escape route from poverty. That is a price the world cannot afford to pay.


Editorial
Financial Times
Le 16/03/2009

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