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Nouvelle ligne diplomatique

Côte d'Ivoire: Une coopération sans contraintes, sans menaces, sans exigences ni humiliations

 

Le Président de la République trace les nouvelles lignes de l’ouverture de son pays au monde.

«Dans les journaux, nous lisons souvent cette phrase: la Chine est à l’assaut de l’Afrique. Je veux rectifier une chose : ce n’est pas la Chine qui est à l’assaut de l’Afrique. C’est l’Afrique qui est à l’assaut de la Chine. Nous coopérons avec la République populaire de Chine sans que nous ayons des exigences politiques». Et le Président Laurent Gbagbo de préciser : si l’Afrique va à l’assaut de la Chine, c’est parce que «les Africains ne se sentent pas humiliés quand ils coopèrent avec la Chine».

Comment coopérer avec l’autre dans une relation de respect mutuel? Comment aller vers l’autre sans que l’autre ne vous impose des exigences, des contraintes, des humiliations ?  La Côte d’Ivoire, dans sa nouvelle diplomatie, veut se positionner, dans son rapport avec l’autre, comme un pays à respecter, et non un pays à soumettre, non comme un Etat à humilier. La Côte d’Ivoire, dans sa diplomatie, exige respect et réclame un traitement de réciprocité.

Le Président de la République, profitant de la pose de la première pierre de l’hôpital général de Gagnoa (un projet financé par la Chine), samedi dernier, a tenu un discours qui trace, avec fermeté, les lignes de la diplomatie ivoirienne : «Si l’on ne nous humilie pas, nous allons coopérer tranquillement. Si l’on nous humilie, nous irons vers ceux qui ne nous humilient pas». Une ligne claire, qui installe la Côte d’Ivoire dans une diplomatie ouverte sur un monde qui célèbre le respect et la considération de l’autre. Une vision qui s’inscrit dans le refus des contraintes et des exigences qui prennent souvent des allures de chantage : «les milliers de conditions imposées dans le cadre de la coopération avec les autres sont une humiliation» que la Côte d’Ivoire ne peut accepter. D’autant qu’il est clair pour le Président Gbagbo que «les relations internationales consistent à entretenir des relations gagnants-gagnants», et que le premier acte de victoire d’un pays, «c’est de ne pas se sentir humilié». Celui qui ne l’aura pas compris, dira le Chef de l’Etat ivoirien, «ne pourra pas entretenir de relations décontractées avec l’Afrique».

Si l’Afrique, selon lui, «
va en Chine, c’est parce qu’avec la Chine, elle ne se sent pas humiliée. C’est ce que je veux expliquer à l’humanité tout entière. J’en parle en tant que Chef d’Etat qui a entendu certains de ses pairs gémir d’avoir tant été humiliés. L’aspect psychologique des peuples des pays du Tiers monde n’a pas été compris. Or, quand un peuple vous dit qu’il n’a pas peur de la mort, il faut le regarder autrement et le traiter autrement».

Réaffirmant les bonnes relations de la Côte d’Ivoire avec la Chine (une seule Chine), il donnera, sans ambages, son point de vue sur le Tibet : «Le Tibet est à la Chine depuis toujours. Si le Tibet a tant intéressé le monde, c’était à cause des Jeux olympiques. Les Jeux finis, plus personne ne s’intéresse au Tibet». Sur ce point, il précisera : «la diplomatie de provocation et la diplomatie d’humiliation, ce n’est pas bon». Sur la même lancée, il ajoutera : «je me réjouis que les dirigeants de Taïwan soient prêts à négocier». Parlant des Etats-Unis, il dira : «je me réjouis aussi qu’aux USA, nous ayons un nouveau chef qui a l’air de mieux discuter que ceux qui étaient là avant lui. Il faut que les gens se parlent. Il faut que les gens négocient. J’ai bon espoir que nous entrons dans une période plus détendue. La nouvelle diplomatie américaine donne des signes rassurants. Parce que tous les problèmes ne se règlent pas par la force. Quand Obama dit qu’il tend la main à l’Iran, il tient un discours d’un homme responsable».

Et de revenir à la Chine, en s’adressant à SEM. Wei Wenhua, son Ambassadeur accrédité en Côte d’Ivoire : «Excellence, restez sur la ligne sur laquelle vous êtes : le respect des pays du Tiers monde, la non humiliation, la non menace».

Le monde change et exige une diplomatie de respect, de dialogue et de consensus. Le monde change et la crise financière internationale, qui a fait effondrer les assises de l’économie mondiale, nous rappelle qu’un monde nouveau doit se construire sur la solidarité et la prise en compte de toutes les nations. La dégradation climatique nous renvoie à cette exigence vitale.

L’appauvrissement mondial interpelle tous les pays, surtout les plus riches. Et la Côte d’Ivoire s’inscrit dans cette diplomatie qui tourne le dos à l’arrogance, à la force, au mépris. Elle veut pouvoir avancer et se construire sur les chemins d’un monde plus juste, d’un monde qui instaure le respect comme sous-bassement de la diplomatie et des échanges entre les Etats. Cela, Laurent Gbagbo l’a redit à Gagnoa: la Côte d’Ivoire va coopérer avec ceux qui ne  l’humilient pas.


Agnès Kraidy
Fraternité Matin
06 Avril 2009
Vendredi 26 décembre 2008


On ne sait pas vraiment s’il faut en rire ou en pleurer la mort de Lansana Conté venait d’être officiellement annoncée depuis seulement six petites heures, un deuil national de 40 jours venait d’être décrété et les drapeaux mis en berne quand, aux première lueurs du jour, un capitaine de l’armée guinéenne, du nom de Moussa Dadis Camara, annonça dans une déclaration télévisée la dissolution du gouvernement, de l’Assemblée nationale et des autres institutions républicaines, la suspension de la Constitution, etc.

Un Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) venait de voir le jour et un Conseil consultatif, qui regrouperait des militaires et des civils, devrait être formé dans les jours à venir.
Mais où est-ce qu’il était donc, ce "valeureux" officier subalterne, qui prétend sauver aujourd’hui la nation, en péril, alors que, depuis des années, la Guinée allait à vau-l’eau à mesure que son chef était perclus et reclus dans son patelin?

Une demi-surprise


A peu de choses près, c’est le même scénario qui avait, en 1984, mis l’alors colonel Conté au devant de la scène. Après la mort du héros devenu dictateur. Mais celui qui était à l’époque le chef d’état-major général des armées avait au moins eu la décence de patienter une bonne semaine, le temps qu’on enterre le despote, pour s’emparer au huitième jour d’un pouvoir détenu par le Premier ministre Louis Lansana Béavogui, qui assurait l’intérim.

Vingt quatre ans plus tard, les militaires qui viennent, pour ainsi dire, de faire un coup d’Etat à un cadavre n’ont même pas eu la délicatesse d’attendre. On en rirait presque si ce n’était pas aussi tragique. Tout le monde en était encore donc à conjecturer, sitôt la nouvelle connue, sur les lendemains à la fois lourds de dangers et d’espérances, sur comment la succession se passerait, les voilà fixés. En fait, excepté l’extrême rapidité de l’exécution, cette intrusion de la grande muette sur un échiquier politique qu’elle n’a jamais quitté depuis un quart de siècle est une demi-surprise.


Théoriquement, tout était, on le sait, réglé: en cas de vacance du pouvoir, le président de l’Assemblée nationale assurerait l’intérim et organiserait une présidentielle dans un délai n’excédant pas 60 jours. Ça, c’était sur le papier. Mais dans nos démocraties bananières, où les premiers magistrats sont souvent les premiers à violer la constitution, peut-on s’étonner de ce qu’elle ne soit pas sacrée et que les autres aussi puissent la fouler aux pieds impunément?


Il suffisait d’ailleurs de voir les trois personnalités principales de l’interrègne annoncer ensemble le décès, comme si elles se marquaient à la culotte, pour se rendre compte que la solution constitutionnelle, quoique la plus souhaitable, n’était pas la plus évidente. Côte à côte en effet, Aboubacar Somparé, président de l’Assemblée nationale, et, à ce titre, dauphin constitutionnel; Ahmed Tidiane Souaré, Premier ministre, qui tient l’Exécutif; et le troisième larron, le général Diarra Camara, chef d’état-major général des armées.
Chacun, croyant in petto son heure venue, tenait à marquer sa présence et son territoire, de sorte que c’était peut-être à qui ferait le premier le croche-pied aux autres.


Chef de la section carburant à l'intendance militaire


Autant dire que le jeune capitaine, qui était jusque-là le chef de la section carburant à l’Intendance militaire, vient de les mettre tous d’accord, à supposer qu’il ait agi de son propre chef, car il a tout aussi bien pu avoir été envoyé en éclaireur par les étoilés, qui ne devraient donc pas tarder, dans ce cas, à sortir du bois. En vérité, dans un climat d’incertitudes où, dans tous les cas, il aurait été impossible d’organiser un scrutin propre d’ici deux mois, sauf à proroger la transition par des mécanismes légaux, dont disposent généralement les lois fondamentales, la solution militaire n’aurait pas forcément été la plus mauvaise si on connaissait les véritables intentions de la soldatesque.

S’il s’agissait de refonder la démocratie dans une période maximum de neuf mois, par exemple en associant toutes les forces vives de la Nation et en ne se présentant pas aux élections, dont elle serait l’arbitre impartial, ce serait à la limite une action salutaire, une œuvre de salubrité publique, dans la mesure où elle aurait au moins l’avantage d’éviter le chaos.


Mais, sur un continent où il y a moins d’ATT et d’Ould Vall que de Guéi et de Bozizé, autrement dit de militaires qui légalisent par les urnes, quand ils le peuvent, ce qu’ils ont conquis par les armes, on peut raisonnablement douter de la culture démocratique des putschistes de Conakry. Après tout, le défunt lui-même, qui avait affiché une volonté d’ouverture après les années de braise de Sékou et de son camp Boiro, de sinistre mémoire, ne s’est-il pas, à son tour, muré peu à peu dans un autisme suicidaire au fur et à mesure que les mutineries se multipliaient et que son diabète aiguë et sa leucémie s’aggravaient? Résultat, celui a régné en vrai chef de village buté et en soldat obtus laisse un Etat délité, que se disputent donc les charognards politiques, un pays exsangue mais pourtant potentiellement riche, un champs de ruines, dont les matières sont, fort heureusement, encore intactes.


Des discussions entre loyalistes et putschistes


On savait que la succession de celui qui n’a jamais pu se convertir à la démocratie serait difficile, de ce point de vue on n’est pas déçu, car hier, c’est une véritable confusion où une vache ne saurait retrouver son veau qui régnait à Conakry. L’aile civile du régime tentait en effet de faire pièce au coup de force sans qu’on ne sache trop si elle y parviendrait. Le chef du gouvernement disait rester en place, que son équipe n’était pas dissoute et que la transition se poursuivrait selon les règles constitutionnelles tout en indiquant que des discussions étaient engagées entre loyalistes et putschistes.


Après s’être réveillée dans la stupeur, la Guinée s’est donc endormie hier avec une situation mouvante, susceptible d’évoluer à tout moment dans un sens ou dans un autre, de sorte que l’éditorial que vous parcourez peut se trouver décalé par endroits au regard de la situation en temps réel.

Pauvre Guinée! Vingt-six épouvantables ans de Sékou Touré, vingt-quatre autres éreintantes à se taper Lansana Conté. Et maintenant que le bouchon a sauté, aujourd’hui que l’horizon est dégagé, alors que la chape de plomb est enfin levée, et qu’on pensait que les Guinéens allaient un peu souffler et mettre leur patrie sur les rails de la démocratie et du développement, voilà que le ciel s’obscurcit de nouveau. Quand donc prendra fin le calvaire?

Mais si on en est arrivé là, c’est en grande partie du fait du défunt grabataire de Wawa, qui semblait vouloir que le pays sombre en même temps que lui. Et il y est parvenu, à force de le mener à la banqueroute; à force de martyriser une opposition obligée de s’asseoir à l’ombre des syndicats pour survivre; à force d’exacerber les querelles intestines de son propre camp, en jouant les uns contre les autres pour les neutraliser tous et demeurer seul maître du jeu. Jusqu’au dernier souffle.


La pudeur africaine commande certes de ne pas médire des morts et de ne pas tirer sur un corbillard, mais peut-on décemment verser une larme sur la tombe d’un dirigeant pareil, qui n’est, hélas, pas un cas isolé dans cette Afrique de malheur?

Par Ousséni Ilboudo in L'Observateur Paalga, 24 décembre 2008

 

Par Mahalia Nteby - Publié dans : Politique africaine
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Mercredi 17 décembre 2008


"Il n’est pas certain que l’extrême personnalisation du conflit et la diabolisation de l’un des principaux protagonistes - Robert Mugabe en l’occurrence - ait aidé en quoi que ce soit à clarifier les enjeux de la lutte sociale et politique en cours au Zimbabwe".

Achille Mbembe



Qui juge qui ? Pour quels crimes ?

Le torrent de boue dont on couvre Robert Mugabe depuis de longs mois a quelque chose de nauséabond et de suspect. J’en souffre.

"Qui le juge ? De quels crimes est-il coupable ?" sont parmi les questions que nous sommes nombreux à nous demander, ce 10 décembre 2008, à l’occasion du 60ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH).


"A 85 ans, pourquoi s’accroche-il tant au pouvoir ?" entendons nous dire. Est-ce une raison suffisante pour l’humilier ? Est-il le seul de cette génération, à occuper ce poste a un tel âge ?


"Il est au pouvoir depuis 28 ans." En termes de longévité au pouvoir est-il le doyen en Afrique ?

 
"La fraude électorale ?" A-t-on oublié les élections américaines de 2000 ?


Rares sont ceux qui, en dehors du continent, se doutent des enjeux véritables de cette campagne de dénigrement et de déstabilisation d’une rare violence contre cet homme tant le titre de dictateur sied aux dirigeants du Sud, plus particulièrement à ceux du Continent noir. Il suffit de regarder du côté de la Cour Pénale Internationale pour s’en convaincre. Pendant ce temps les fauteurs de guerre en Irak et en Afghanistan se posent en défenseurs des droits de l’homme au Zimbabwe et partout ailleurs.

Puisqu’ils ne sont pas à une contradiction près, les puissants de ce monde élèvent par ailleurs des murs devant ceux dont ils prétendent défendre les droits lorsque ceux-ci tentent d’échapper aux effets destructeurs du capitalisme mondialisé. Le pacte européen sur l’immigration et l’asile dont la France a fait de l’adoption une priorité dans le cadre de sa présidence de l’Union Européenne est l’une des traductions de ce cynisme.


L’indignation sélective


L’indignation et la justice à géométrie variable qui jettent le discrédit sur les droits de l’homme tournent au scandale lorsque George W. Bush se joint à Gordon Brown et Nicolas Sarkozy pour exiger la démission de Robert Mugabe, responsable selon eux des 600 personnes victimes du choléra. Toute perte de vie humaine est un drame. Mais alors, que dire des guerres en Irak et en Afghanistan qui ont fait près d’un million et demi de morts ?


Robert Mugabe aurait ruiné son pays dont l’économie était florissante et violé les droits des Zimbabwéens. En huit années d’une gestion calamiteuse George W. Bush, a fait pire en conduisant l’économie la plus puissante de la planète au bord du gouffre avec des conséquences dramatiques et pour son pays et pour le reste du monde : accroissement du chômage, pertes de revenus, tensions sociales et violences en tout genre.


Que fait et que compte faire la fameuse communauté internationale dont George W. Bush et ses alliés se réclament face au drame de l’Irak puisqu’il a enfin admis qu’il a commis une "erreur" tout en se défaussant sur des services de renseignements qui lui auraient présenté Saddam Hussein comme une menace pour les USA ? Ce mea-culpa tardif n’incite, visiblement, ni le Président américain, ni le Premier ministre britannique à changer de regard et de perspectives quant au Zimbabwe. Le départ de Robert Mugabe, le Saddam Hussein de Tony Blair, est une obsession. Et, tant mieux, si la faim, le chômage, la maladie et la fuite des Zimbabwéens, provoqués par des années d’isolement et de sanctions économiques, peuvent être instrumentalisés en vue d’atteindre cet objectif. Un tel acharnement participe, bel et bien, à la criminalisation, la traque et l’élimination de la "racaille" dans les banlieues du monde globalisé.


Ainsi va le monde, soixante ans après la déclaration universelle des Droits de l’Homme (DUDH). Le "plus jamais ça" est parfaitement valable pour les "civilisés" qui évitent la guerre chez eux et se serrent les coudes dans la mise au pas des "barbares". Pillée et humiliée, l’Afrique se doit de tirer le maximum d’enseignements de cette réalité en apprenant à distinguer les conséquences des actes de sabotage économique et de déstabilisation des dirigeants qui osent dire "non" de la mauvaise gestion que les démocraties occidentales savent, du reste, pardonner tant que leurs intérêts ne sont pas menaces


L’asphyxie économique

 
Pèle mêle, les ennemis Robert Mugabe retiennent, contre lui, en plus de l’expropriation des fermiers blancs des terres agricoles, l’hyperinflation qui chasse les élites (médecins, avocats, enseignants, journalistes...) du pays, l’opération de déguerpissement des mal logés en 2005, la fuite de plus de trois millions zimbabwéens vers l’Angleterre et l’Afrique du Sud, la répression des opposants, le pourcentage élevé de personnes atteintes du SIDA, la faim et, à présent, l’épidémie de choléra.


Mais, la quasi-totalité des situations imputées à l’incapacité du dirigeant zimbabwéen à gérer son pays résulte d’abord du non respect d’engagements pris, l’une des caractéristiques de nos rapports avec les pays riches comme l’atteste, plus récemment, les fausses promesses d’aide du Sommet de Gleneagles. L’argent qui coule à flot ces derniers temps dans le cadre du sauvetage des banques a toujours fait défaut quand il s’agit d’honorer les engagements pris envers les peuples dominés. Le facteur déclencheur de la crise zimbabwéenne est plus précisément le non respect par la Grande Bretagne de l’accord de Lancaster House (signé en 1979) selon lequel elle devait dédommager les fermiers blancs dans le cadre de la réforme agraire.


La terre, - un enjeu central dans toutes les sociétés dont l’économie repose sur l’agriculture - est donc au cœur de la rupture. C’est en cela que le bras de fer entre l’ex Rhodésie du Sud et l’ancienne puissance coloniale est emblématique des tensions en Afrique Australe et des conflits à venir à l’échelle du Continent puisque l’ouverture au marché rime de plus en plus avec l’octroi de centaines de milliers d’hectares aux investisseurs étrangers au détriment des petits producteurs.


L’économie zimbabwéenne était florissante et Robert Mugabe fréquentable tant que la minorité de fermiers blancs d’origine britannique pouvaient faire travailler des centaines de milliers d’ouvriers agricoles noirs sur les millions d’hectares de terres agricoles qui étaient en leur possession. Le héros de l’indépendance, est devenu l’homme à abattre à partir du moment où face au refus de Tony Blair de respecter les termes de l’accord de Lancaster House, il a dû récupérer les terres des fermiers blancs. Tout a depuis lors été dit à propos de la redistribution de ces terres qui n’aurait profité qu’aux proches de Robert Mugabe. La réalité est toute autre. Des milliers de familles sans terre jouissent aujourd’hui de leur droit à ce moyen de production. L’irrigation, les fertilisants, les prêts et la mécanisation sont autant d’efforts fournis dans le cadre de cette réforme agraire, avec les maigres moyens de l’Etat la priorité étant la couverture des besoins nationaux par l’agriculture nationale.


L’Europe, l’Amérique du Nord, l’Australie, la Nouvelle Zélande ont réagi dès la première procédure de retrait des terres, en 1997. Le dollar zimbabwéen a commencé à chuter et les sanctions économiques à pleuvoir : privation du pays de toute aide extérieure, de crédit, d’assistance de la part des institutions financières internationales et l’interdiction d’échanges commerciaux avec les entreprises américaines. Le pays de Robert Mugabe n’a bénéficié d’aucune aide en matière de balance des paiements depuis 1994 alors que jamais auparavant, il n’avait été privé d’apports extérieurs. Il a fallu, faute de prêts assortis de conditions favorables, procéder à des émissions monétaires.


L’ingérence et la subversion à la base consistent dans ces circonstances à créer la pénurie en privant l’Etat souverain de moyens et à soutenir des ONG et des opposants politiques qui s’attirent la sympathie des populations auprès desquelles ils interviennent.


Les conséquences de l’embargo et des sanctions économiques ont été aggravés par des sécheresses autrefois cycliques (à peu près tous les dix ans) mais désormais fréquentes du fait des perturbations climatiques.


L’alibi démocratique

 
La Grande Bretagne prendrait une sacrée revanche sur l’histoire et rendrait un immense service aux fermiers blancs qui attendent, si elle parvenait à porter au pouvoir dans son ancienne colonie, un dirigeant de son choix ou tout au mois acquis au libéralisme économique.


Au-delà de la Grande Bretagne, les puissances coloniales et leurs alliés n’ont jamais eu autant besoin de renforcer leur présence en Afrique, l’avancée de la Chine étant une véritable menace pour eux. Ils y arrivent au prix de l’ingérence, de la subversion et de la guerre. C’est dire jusqu’à quel point le fossé est abyssal entre la rhétorique sur la démocratie, les droits de l’homme et les desseins des Etats libéraux d’Europe et d’Amérique sur le Continent noir.

 
Le débat houleux qui pendant longtemps a opposé les Occidentaux aux dirigeants des pays d’Asie, dont la Chine, quant à la primauté des droits économiques et sociaux sur les droits politiques ressurgit ainsi à la faveur de la mondialisation néolibérale sans être pris en charge de manière conséquente par les formations politiques africaines, la société civile et les médias. Il en est ainsi parce que les dirigeants africains savent que leurs pays seraient dans le même piteux état que le Zimbabwe s’ils s’avisaient, à l’instar de Robert Mugabe, à aller à l’encontre des intérêts dominants. La politique de la terre brûlée est réservée, comme ce fut également le cas pour la Guinée de Sékou Touré, à tous ceux qui s’écartent du "droit chemin".


Pour l’heure, en dépit du satisfecit des Occidentaux pour certaines "transitions démocratiques", le vote ne sert qu’au renouvellement du personnel local du système-monde. Les électeurs locaux en deviennent, à leur propre insu des clients de la politique spectacle et les victimes des rapports marchands qui lui sont sous-jacents. Les sujets qui peuvent écorcher les oreilles du G8, de l’UE et les IFIS tel que le pillage des matières premières de l’Afrique, le diktat des grandes puissances, la dette extérieure, les réformes néolibérales sont soigneusement écartés du débat électoral quand débat il y a. Et gare aux esprits critiques (opposants, médias, citoyens avisés...) qui osent défier les dirigeants dirigés dans leurs comportements mimétiques et complaisants. Ils sont combattus, de manière sournoise ou ouverte. Par contre, les faux opposants, les médias aux ordres, les associations et ONG qui savent manier la langue de bois seront épargnés, récompensés et utilisés pour soigner l’image du pays.


Nous sommes tous Zimbabwéens

 
Rien ne justifie l’humiliation de Robert Mugabe et les privations imposées à son peuple afin qu’il se soulève et le renverse. Il n’est pas paranoïaque puisque Gordon Brown et ses alliés, après avoir poussé Morgan Tsvangiraï, marchent à présent à visage découvert et sans complexe, lui demandant de démissionner. Nommer et défier ses agresseurs n’a rien à voir avec la haine des Occidentaux véhiculée par certains médias qui excellent dans le lavage des cerveaux quant à Robert Mugabe. Précisément parce qu’il se savait le dirigeant d’un pays composé de Blancs et de Noirs, il a tenté de les fédérer en nommant des ministres zimbabwéens d’origine britannique dans gouvernement.

 
Robert Mugabe n’est en aucun cas ce bourreau qui affame son peuple et le condamne à mourir du choléra et de je ne sais pas quelle autre maladie. Les quinze années durant lesquelles il avait les mains libres, il a réussi à réaliser le taux d’éducation le plus élevé du continent en plus des performances économiques enregistrées. On ne peut lui reprocher non plus de s’être enrichi personnellement, à l’instar de la plupart de ses homologues, même si certains excès son reprochés à son épouse.

 
La persécution dont il est l’objet augure en réalité des difficultés à venir chaque fois qu’un dirigeant africain voudra se démarquer de la pensée unique en revendiquant la souveraineté économique, politique et alimentaire. Nous serons faibles et vulnérables tant que, face a une telle situation, les peuples conscients des enjeux et des dangereux rouages du monde actuel ne prendront pas leurs destins en mains et ne défieront pas eux-mêmes leurs dirigeants mais aussi l’Union Européenne, les institutions financières internationales, les anciennes puissances coloniales en quête de lieux d’ancrage, de matières premières et de parts de marchés.


Nous sommes tous des Zimbabwéens face au défi de la nouvelle citoyenneté, qui fera de nous les seuls et véritables responsables de l’alternance politique dans nos pays et de la défense de tous nos droits.

Aminata D. Traoré, le 10 décembre 2008

Par Mahalia Nteby - Publié dans : Politique africaine
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Lundi 15 décembre 2008



“C’est dans un environnement où la place de l’Etat est réduite à l’essentiel, c’est-à-dire la construction d’un édifice institutionnel et légal solide, prévisible et absolument impartial, que l’individu et l’entreprise peuvent réaliser le maximum de leur potentiel.”

Charles De Smet (Institut Hayek)

 

La pré-campagne présidentielle a commencé. Il faut espérer qu’elle ne se limitera pas à «pour ou contre Gbagbo» et qu’elle donnera l’opportunité aux Ivoiriens d’assister à des débats d’idées et à une confrontation de projets. Tout le monde a le droit d’être candidat, les chercheurs de pouvoir ne manquent pas, le peuple votera au suffrage universel et c’est sa volonté qui s’exprimera. Un gouvernement met exactement en œuvre ce que veut le peuple dans tous les domaines: armée, énergie, impôts, inflation, chômage, urbanisme, éducation, politique étrangère. Donc, si ce qui existe est le reflet de ce que désire le peuple, alors celui-ci maintiendra le statu quo. Mais si le peuple veut autre chose que ce qui existe actuellement, alors un candidat qui le proposerait aura plus de chance d’être élu. Il est donc important que la volonté du peuple soit éclairée pour que son choix soit motivé et non pas seulement émotionnel.

En dehors de demander aux Ivoiriens de voter pour le Président Laurent Gbagbo, le Front Populaire Ivoirien (FPI) a une ligne de discours politique et économique qu’il souhaite proposer aux électeurs lors de meetings et autres rencontres. Il est incontestable que le prochain Président de la République sera confronté à la nécessité de relancer l’économie. Or que constatons-nous?

En Côte d’Ivoire, des milliers d’entreprises de type PME (petite et moyenne entreprise) et dans une moindre mesure PMI (petite et moyenne industrie) se créent chaque année. Et c’est grâce à elles que l’économie, pendant la période de crise, ne s’est pas effondrée. Or, globalement parlant, 80 à 85% de ces entreprises disparaissent purement et simplement dans les cinq années qui suivent leur création, alors qu’une autre partie glisse progressivement vers l’informel en fuyant les services du fisc et des organismes de cotisation. Cette situation est fort déplorable, car les initiatives ne manquent pas, et la volonté d’entreprendre est de plus en plus forte en Côte d’Ivoire. Mais la réalité prouve que seule une infime portion de ces entreprises devient pérenne. Les conséquences sont multiples. La richesse qu’auraient produite ces entreprises est perdue pour la Côte d’Ivoire. Les employés de ces entreprises sont souvent laissés à un triste sort et bien entendu, le manque à gagner pour les caisses de l’État devient très vite colossal. Tout le monde y perd.

Les causes de cette situation sont variées. Le point commun à toutes ces entreprises est la faiblesse de leur capitalisation et leur incapacité à engranger des ressources nécessaires auprès des banques et des établissements de crédit, afin de faire face à un besoin de financement ou à une tension temporaire de trésorerie. S’ajoutent à cela le manque de volonté des banques à sortir de leurs secteurs traditionnels de financement et à adapter leurs ressources aux besoins d’un marché en pleine mutation, le refus de certaines d’entre elles de soutenir des PME locales, ainsi que le manque de savoir-faire des entrepreneurs dans le montage de dossiers à valeur sûre intéressants pour les institutions financières.


A ces aspects se greffent des considérations plus techniques. Bien souvent, les entrepreneurs ne disposent
pas de compétences suffisantes en matière de gestion. Ne comptant que sur leur expérience du métier qu’ils veulent promouvoir, ils négligent toute la partie concernant la gestion comptable et administrative. Cette ignorance éloigne petit à petit leurs entreprises de l’administration fiscale et des organismes de cotisation. Elles deviennent alors un nouveau genre de sociétés, régulièrement enregistrées mais informelles au regard de l’acquittement des taxes fiscales et des charges sociales. Certains de ces entrepreneurs, misant uniquement sur la qualité de leurs produits et services pour gagner des parts de marché, font abstraction de toute autre  démarche commerciale et perdent par conséquent la possibilité de générer du chiffre d’affaire additionnel, renforçant par là-même la situation de marginalisation vers laquelle ils glissent.

Il est navrant de constater que, sous nos cieux, les grandes entreprises ainsi que les grandes administrations de l’Etat nourrissent souvent une certaine méfiance à l’endroit des PME locales, leur préférant généralement des entreprises françaises ou tenues par des Occidentaux, alors que dans tous les pays qui se développent, l’État est le premier levier de lancement et de développement des entreprises locales. Et même s’il faut reconnaître que certaines PME autochtones ont pu laisser des souvenirs périssables, l’on ne coupe pas un arbre fruitier parce que l’on y a découvert un insecte.


A l’issue de ce constat, deux solutions peuvent être proposées.

Tout d’abord, la création d’une structure d’appui aux PME et PMI par l’Etat n’est pas seulement utile, elle est nécessaire. L’attribution principale de cette entité devrait être d’accompagner l’établissement des entreprises concernées en leur offrant des conseils et des prestations en gestion
et en finance. Un jeune entrepreneur qui s’installe pourrait ainsi bénéficier des services de cette structure en matière de comptabilité, de relations avec les organismes de cotisation et du fisc, et même de démarche commerciale. La prestation pourrait être constituée par des formations ou même par un suivi direct de l’entreprise par un agent de la structure d’appui. L’entrepreneur serait ainsi provisoirement déchargé des préoccupations de gestion et de comptabilité. Dans un premier temps ces prestations pourraient être gratuites sur une période de deux à trois ans, puis payantes sur les trois années suivantes.

Cette option pouvant être jugée déresponsabilisante, une alternative serait de faire prendre en charge par la structure d’appui une partie du salaire de certains collaborateurs clé de la PME (comptables, commerciaux) pendant les trois premières années et de leur offrir l’accès à des formations (fiscales, comptables, commerciales ou managériales) gratuites sur une période de six ans, si le dirigeant de la PME a recruté lesdits employés au sein d’un pool de chercheurs d’emploi recensés par la structure ou les agences étatiques existantes. La structure offrirait également un soutien dans le montage des dossiers financiers à soumettre aux banques.

Après six années d’exploitation en mode coaching, l’on peut estimer que les PME sont sorties de la période de risque élevé de disparition. L’entrepreneur formé, son entreprise est opérationnelle et peut donc évoluer normalement, comme toute autre société. Dans certains pays, comme la France, l’État met des locaux à disposition des jeunes entreprises pour une durée limitée. On a également déjà vu par le passé des financements octroyés par la Banque Africaine de Développement servir de fonds de garantie à des PME. Dans le cas posé ici, un tel fonds pourrait à la fois servir à la mise en place et à l’exploitation de la structure de soutien en question, en même temps qu’il procurerait une garantie aux proje
ts de valeur sûre dont le dossier aurait été monté par la structure. A travers cette dernière, on peut également envisager une plate-forme de bourse d’entreprises, où des PME et PMI pourraient mutualiser leurs ressources ou être encouragées à procéder à des fusions.

L’autre volet de cette proposition est d’aider à la professionnalisation des petites et moyennes entreprises. Il est bien connu que les PME n’ont pas le profil exigé, ni en terme de capacité financière, ni en terme de compétences, pour accéder aux grands marchés publics. Seules les grandes entreprises et les multinationales sont concernées par ces marchés à hauts profits, réduisant les PME à la portion congrue du secteur privé, où elles ne sont d’ailleurs souvent pas mieux loties.

L’idée serait donc d’adopter une législation qui obligerait toutes les grandes entreprises gagnant un marché public de l’État ou d’une collectivité locale à sous-traiter un pourcentage (20% par exemple) de la valeur totale du marché à une PME locale, comme cela se fait aux Etats-Unis. L’intérêt est double : d’abord, ce dispositif permettrait à ces PME d’avoir accès aux marchés publics, et donc de faire du chiffre ; ensuite il leur offrirait l’opportunité d’acquérir de l’expérience en se frottant aux exigences et au savoir-faire des grandes entreprises. Bien entendu, la grande entreprise ou la multinationale demeurerait seule responsable de la bonne exécution du projet, ce qui l’obligerait à suivre de près les travaux de la PME et à l’encadrer. Ce partenariat s’accompagnerait donc d’un transfert de compétences.

En tout état de cause, il ne s’agit pas pour l’État d’entraver ou de s’immiscer dans la liberté de commercer, mais plutôt d’inciter à la création et à la pérennisation d’entreprises privées. Certains pays européens ne se sont développés qu’avec le concours des PME et PMI, comme la Belgique qui est souvent citée en exemple, ou la Suisse qui, ne vivant que de services, dispose dans son réseau de banques, d’établissements financiers et de sociétés qui sont pour la plupart des PME. En Côte d’Ivoire, il est vrai que le CEPICI (Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire) existe et est chargé de la promotion des entreprises. Mais il semble bien plus porté vers les entreprises étrangères et les grands groupes et, dans tous les cas, ses attributions ne sont pas celles développées ici.

La mise en place de ce type de démarche contribuerait à asseoir durablement l’implantation et le développement de PME, dont la réussite serait un modèle pour d’autres jeunes entrepreneurs. L’État aurait ainsi lancé de nouvelles valeurs de réussite sociale, différentes du traditionnel cheminement qui passe par l’entrée à la fonction publique, la nomination à la tête d’une société d’Etat, puis la participation à un gouvernement. Ce modèle de réussite sociale par la politique doit être cassé au bénéfice de l’action privée que l’État se doit de promouvoir et d’accompagner par des mesures incitatives. La liberté et l’économie sociale de marché s’en trouveraient renforcées, pour le bien de tous.


Par Pr. Mamadou Koulibaly*, in Fraternité Matin, le 13 décembre 2008 

(*) Député, Président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire et Professeur en Economie

Par Mahalia Nteby - Publié dans : Côte d'Ivoire
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Dimanche 14 décembre 2008



The origin of the word “idiot” is from the ancient Greek. It originally meant a free-born Athenian citizen with the right to vote. Later usages of the word through the Romans and subsequent cultures depict an idiot as someone of low intellect and easily fooled. The citizens of the Ivory Coast are being treated as “idiots” right now; despite the fact that they have the right to vote, their political leaders are treating them as if they were of low intellect and are busy spending their time trying to fool them.

The political leaders assert that there can be a vote for a new President when there has been no reuniting of the country; no disarmament of the rebels; the continued occupation of their country by the French soldiers and the UN; no social programs in place; no promises of how change might be effected; nor on what basis the idiots can choose among several grotesquely uninspiring candidates for office; each with an appalling record of previous rule.


1)  The citizens of the rebel North continue to say they feel they have not been enfranchised to participate as equal citizens in the running of the country and have missed out on any deliveries of social services for years. Banks have not opened; hospitals have not opened; another school year is missed; social services are non-existent.

2)  The rebel leadership which occupies the positions of power in the rebel North are unable or unwilling to govern their regions except as tin-pot warlords. They were enfranchised as the de facto rulers of the occupied North in the Ouagadougou Agreement but have no idea about governing; no budget to make improvements; no ability or interest in delivering services to their areas of control.

3) These rebels remain armed despite promises of disarmament and, concomitantly, the militias are also armed. Each has notionally handed in weapons but they are stacked in easily reachable caches for whenever they might be needed. The money bounty for handing in weapons has not been fully paid so they are sure they have a right to keep their weapons.

4)  The system of voter registration has bogged down despite a great deal of money having been transferred from foreign donors (especially the Germans) to the French company SAGEM charged with that responsibility who have been unable and unwilling to fulfill this task in the time frame allowed and agreed.

5)  The infrastructure of the country as a whole, and the North in particular, is in a state of advanced decay. The cleanup operations, including that of toxic wastes, have been subcontracted to French companies without tender. Water contracts, energy, electricity and new port and transport contracts have been given to French companies without a tender. French business has returned in force to the Ivory Coast and is active in keeping all competition out.

6)  There are no tax collectors or civil servants in the North. There is no national government which functions. The government is unable to collect revenues from over half of the country and, as a consequence, is unable to deliver the services (schools, hospitals, civil administration, etc.) which would be paid from these tax revenues.

7)  The produce of the North of the country is being diverted, untaxed, from the channels of national commerce to the private accounts of the self-appointed warlords, thus depriving all the citizens of the taxes on the earnings that their labors have produced. The products produced in the South are channeled through a bunch of political rentiers who divert some of the returns on the sales of these products to private accounts. Some grow fat on the cocoa and coffee revenues; others fill their gorges on the revenues from oil sales. The world price of oil has dropped by more than 60% but petrol in Abidjan, even next door to the refinery, has only declined by less than 9%. The poor people of the Ivory Coast (that is about 85% of the population) have grown poorer after Ouagadougou than before.

8)  The forces of law and order are still divided between the loyalists and the rebels and coups and counter-coups are the recurring themes of this relationship. The thugs, bandits, rapists and thieves of the New Forces expect to be given a place and rank in the new armed forces and paid a pension for their time in rebellion against the state. There is constant fighting among the soldiers of the New Forces. In late November former rebels close to Kone Zackaria – a former warlord – attacked the town of Seguela. Police reports said that ten assailants and one New Forces’ soldier were killed when unidentified gunmen tried to take control of the arms depot of the New Forces in the central city of Seguela. According to the paper the armed group also set free prisoners. The New Forces (the euphemistic term for the rebels) are not now ready to give up their booty and privileges and cannot even agree with their fellow rebels how this loot should be shared.

9)  There is no coherent government as the ministers have been chosen, not elected, to fill their posts and pockets until a new election can be held.  Many of the ministers in the Cabinet were imposed on the FPI government by the Ouagadougou Agreement. They were never elected; many have never held any office above ‘eraser monitor’ in their madrassa but rose to high office through attacking their fellow citizens and stealing their property. They represent no one but their own ambitions. There is no government economic or developmental program; there is no government. There is a bunch of failed politicians scrambling to keep their places at the public trough as the new elections approach.

10) The elected politicians of the National Assembly have been in power since 2000. Many of their constituencies have changed dramatically since their election. Many constituencies are behind rebel lines where they still dare not travel. They have nothing to discuss in the Assembly as the country has become an international beggar seeking assistance to run an election that will change nothing. There is an election coming in which there are no issues being discussed by the politicians. The election is based on personalities. In other words there is little hope that these elections will actually change anything, other than the pecking order of the politicians at the public trough. It has been postponed several times; the most recently since November 30th. Perhaps it will be held in the Spring 2009.

11) The country is beset with exposures of crime and corruption. An investigation of the cocoa and coffee business exposed massive diversions of funds. The oil industry has been shown to be even worse. The State Prosecutor, Tchimou, is enmired in allegations of corruption and malfeasance using funds exceeding 71 billion CFA francs. The jails are overflowing.  A recent report stated that 2,000 people are languishing in jail in the Abidjan main prison for the past ten years in remand, awaiting their trial. According to the report, most of the inmates are living in appalling conditions. “At least two prisoners die every month,” said the report, adding “28 percent of the more than 5,000 prisoners incarcerated in the Abidjan prison are HIV-positive.” There are growing security concerns in Abidjan, as the economic capital of Cote d’Ivoire has become “a den of bandits.” According to the report, armed robberies take place everywhere in the city including houses, on the streets, in taxi cabs, churches, restaurants and filling stations… etc. The forces of law and order are failing the people.

12) The working people of the Ivory Coast are constantly active in venting their opposition to the current situation. Virtually every union has gone on strike; the students are out protesting; the township leaders in Abobo, Akouedo and Vridi have given up any hope of a government program to help them; despite promises to do so; especially in the removal of waste and poisons from the environment.

With no disarmament; no political debate on methods of relief for the current desperate; with only failed politicians seeking high political office; what is the point of having a vote? The election will change nothing without a program of reform. The voters are not called ‘idiots’ for nothing. When will the country awake and realize that its misfortunes have been brought about by themselves. They needed no external enemy. They, coached and supported by the French, have done it to themselves. Surely reform is possible; starting with disarmament; then the removal of the French occupying troops and advisors; and then moving on to a debate on where the country wants to go and a decision of how it wants to get there. Surely this is the right time to get started. If not now, when?

Dr. Gary K. Busch

Par Mahalia Nteby - Publié dans : Côte d'Ivoire
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Mardi 9 décembre 2008



«Zimbabwe : La pression de la communauté internationale s’accentue. Après l’Union Européenne et la Grande-Bretagne, c’est le président français Nicolas Sarkozy qui a exigé aujourd’hui le départ du pouvoir du président zimbabwéen Robert Mugabé». Lorsque j’ai entendu la présentatrice du journal de France 24 énoncer ces phrases comme si elles étaient les plus normales du monde, mon sang, je l’avoue, n’a fait qu’un tour.

Mais pour qui se prend-il ? Après être venu déverser son venin raciste à Dakar en juillet 2007, le gnome de l’Elysée récidive et s’autorise donc encore une fois à mettre son grain de sel dans une affaire qui échappe totalement à sa compétence. Pour bien se faire voir de Gordon Brown, chez qui il est une fois de plus allé prendre des leçons d’économie ce lundi, l’omniprésent mais si peu efficace président français s’est cru obligé de démontrer sa solidarité avec la Grande-Bretagne, ancienne puissance colonisatrice du Zimbabwe. Il n’est peut-être pas inutile de rappeler à Nicolas, réputé pour ses très arides connaissances en histoire, que la perfide Albion, qui n’a jamais mieux porté son nom, est responsable au premier chef de la situation qui prévaut actuellement en ex Rhodésie, que ce soit par le non respect des accords de Lancaster House, signés il y a maintenant vingt neuf ans, ou par l’asphyxie économique avec laquelle elle a volontairement étouffé toute perspective de développement de son ancienne colonie, dont elle a été contrainte d’accepter l’indépendance en 1980.

De même, c’est assurément en connaisseur, puisqu’il est lui-même un fervent adepte de méthodes de gestion despotiques et népotistes, que Sarkozy de Nagy-Bocsa s’est permis de qualifier Robert Mugabé de «dictateur». En effet, l’ami Nicolas, voyant la paille dans l’œil de son homologue zimbabwéen mais pas la poutre dans le sien, ne s’arroge-t-il pas le droit de nommer le président de son parti, l’UMP, faisant fi des opinions et du choix des militants, qui ne sont même pas consultés ? Que dire de l’augmentation de 170% de sa rémunération, qu’il a décidé tout seul comme un grand, pendant que la grande majorité de ses compatriotes tire le diable par la queue ? Les exemples sont légions, et ce ne sont pas les employés des chaînes publiques de télévision françaises réunies au sein de France Télévisions qui le démentiront, dont les dirigeants seront désormais nommés par le mari de Carlita.

Nicolas Sarkozy a encore une fois raté une occasion en or de se taire, alors qu’il aurait été beaucoup mieux inspiré de s’atteler à gérer une économie gauloise en pleine récession. Mais sommes-nous vraiment encore obligés, en décembre 2008, de devoir supporter cette arrogance occidentale envers l’Afrique ? Comment pouvons-nous permettre aux Blancs de continuer à ainsi marquer impunément leur mépris à notre encontre et à celui de nos chefs d’Etat sans réagir ?

Quand est-ce que les ambassadeurs de France et de Grande Bretagne seront-ils convoqués par nos ministres des Affaires Etrangères, qui se chargeront de leur rappeler vigoureusement que leurs pays n’ont aucun droit d’ingérence dans les affaires intérieures de nos Etats ?

Quand est-ce que nos dirigeants disposeront-ils de suffisamment de colonne vertébrale et de matière grise pour comprendre que ce ne sont pas les discours creux qu’ils prononcent lors de réunions internationales inutiles ou les jolis télégrammes de félicitations qu’ils envoient à Barack Obama qui les feront prendre au sérieux, mais bel et bien des actions et de réactions de souveraineté, sur laquelle nous n’acceptons plus de transiger ?

Quand est-ce que les présidents africains agiront-ils, comme Paul Kagame, en prenant des mesures contraignant nos tortionnaires d’hier et d’aujourd’hui à nous respecter ou même à nous craindre ?

En attendant ce jour béni, je me souviens du conseil qu’une vieille mère du village m’avait un jour donné pour la route : «Si tu croises un Français sur ton chemin, gifle-le avant toute chose. Parce qu’il y a toujours une bonne raison de gifler un Français quand on est Africain». Pas vrai, Nicolas ?

Mahalia Nteby, le 08 décembre 2008
Par Mahalia Nteby - Publié dans : Edito
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Opinion

Do not leave Africa in scramble



To many minds, Africa is a picture of hopeless misery: afflicted by poverty, scarred by corruption and ravaged by Aids and war. These facts are true, but they tell only half the story. In many sub-Saharan African countries output briskly outpaced population growth during the last decade, leading to sustained growth in income per capita and promising a lasting escape from poverty.

Behind the success lies many African leaders’ willingness to adopt solid macroeconomic policies and move towards more transparency and less red tape. Economic integration with the world deepened and trading relations diversified. Record-breaking prices boosted commodity exporters’ incomes. The private sector’s success, for example in telecommunications, showed that Africa does not lack good business opportunities. Before the crisis, countries such as Ghana were on course to escaping aid dependence by entering global capital markets.

But Africa is now slipping. Foreign direct investment has shrivelled. Capital markets have seized up as funds flee to the safety of rich-country sovereign bonds – with which the market is flooded. The price of trade credit has soared, sharply halting trade flows, with commodity exporters suffering additionally from the drop in prices.

As tax revenues fall and demands on public services rise, governments without large savings are in a squeeze. African leaders warn of a popular backlash: if the public suffers undeserved pain after governments followed what rich countries told them to do in the 1990s, economic growth and democratic stability are at risk. Already coups and riots are on the rise.

The world’s leading countries must act to end the global crisis as soon as possible. In the meantime, Africa should not be a casualty of other priorities. African governments that have shown a commitment to sound policies must be helped to fill temporary funding gaps. And rich countries should quickly prop up trade finance: it would do much good and cost little.

Development aid
can do ill as well as good; the long-term goal must be to get rid of it. But that is no argument against short-term crisis assistance, which has been provided – quickly – to small and relatively rich European countries; many African countries need the same. Moreover, rich countries made aid promises at the Gleneagles summit that they have yet to fulfil.

The potential cost of the crisis in Africa is not just unemployment; it is starvation, civil war and the closing of an escape route from poverty. That is a price the world cannot afford to pay.


Editorial
Financial Times
Le 16/03/2009

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