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Bluff

Les Camerounais exploités des palmeraies de Bolloré 

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C'est un Germinal sous les tropiques qui se joue dans la palmeraie de Kienké, dans le sud-ouest du Cameroun. Dans cette plantation de palmiers à huile de 9 000 hectares de la Société camerounaise des palmeraies (Socapalm) - filiale d'un groupe belge, Socfinal, lui-même détenu à près de 40 % par le français Bolloré aux côtés de son traditionnel partenaire, la famille belge Fabri -, les ouvriers sont en colère. Depuis novembre, ils ont plusieurs fois fait grève contre leurs conditions de vie et de travail. En retour, la police a arrêté et détenu pendant quelques jours leur leader, Michael Agbor.

«Une journée ne suffit pas pour décrire nos souffrances», assure Albert, un ouvrier. Depuis plusieurs années, il vit en permanence dans la palmeraie. Six jours par semaine, il coupe de lourds régimes de noix de palme. Sans gants pour protéger ses mains : ses paumes ont pris la couleur orange des noix que Socapalm transforme en huile de cuisine. Chaque matin, il s'entasse avec ses collègues et le matériel de coupe dans les camions, des épaves, qui s'enfoncent dans la plantation pour charger les régimes. Le soir, il doit marcher, parfois sur une quinzaine de kilomètres, pour rentrer dans un des sept campements d'ouvriers installés au cœur de la plantation.

«Esclaves»

Le tout pour pas grand-chose : il gagne 22 francs CFA pour un régime de 15 kg. En moyenne, il touche 35 000 francs CFA (environ 53 euros) par mois, ce qui ne lui permet pas de vivre décemment. Il a néanmoins plus de chance que ceux qui coupent les régimes de 10 kg pour 8 francs CFA. «Les retenues sur nos salaires sont courantes. Nous sommes souvent payés en retard voire pas du tout», précise-t-il. Albert n'est pas affilié à la sécurité sociale et n'a pas de couverture médicale. «Beaucoup voudraient partir mais ne le peuvent pas, parce qu'ils n'en ont pas les moyens et parce qu'ils attendent qu'on paie leurs arriérés de salaire», affirme-t-il. «Nous sommes les esclaves de la Socapalm», soupire un de ses collègues. Ce n'est cependant pas auprès de l'entreprise, qui contrôle 80 % du marché de l'huile de palme au Cameroun, qu'ils peuvent se plaindre : celle-ci ne les emploie pas directement, mais a passé des contrats de sous-traitance avec une soixantaine de sociétés pour la gestion de l'essentiel de la main-d'œuvre.

«Nous savons que les ouvriers ne s'en sortent pas, que leurs employeurs les paient en retard», reconnaît Marc Mutsaars, le patron de Socapalm. La situation est la même dans les autres plantations du pays, explique-t-il pour tempérer. Il assure que l'entreprise va réduire de moitié le nombre de sous-traitants pour mieux contrôler leurs pratiques. Cette mesure permettra-t-elle d'améliorer aussi les conditions de logement ? «Nous vivons comme des animaux», indique, dégoûté, Albert. Il n'y a pas d'eau, pas de sanitaires et seulement quelques heures d'électricité par jour dans le campement où il vit avec sa famille. Surpopulation, insalubrité et promiscuité font le reste du quotidien de ces vieilles baraques de bois grisâtre et étroites, collées les unes aux autres. Un hôpital, des écoles pour les enfants qui habitent trop loin de l'unique établissement scolaire de la plantation : Michael Agbor tient scrupuleusement la liste des réclamations depuis qu'il a été élu à la tête d'une sorte de syndicat, créé il y a quelques mois par les ouvriers.

«Notre messie»

Vulgaire «agitateur» pour Socapalm, il est devenu un héros dans les campements. Ses collègues, qu'il estime au nombre de 10.000, savent que son intransigeance et sa détermination face aux entreprises sous-traitantes sont exceptionnelles dans un pays où les syndicats sont systématiquement achetés. Le lendemain de son arrestation, en décembre, certains ont marché sur 15 km, jusqu'à Kribi, où il avait été amené par la police, en scandant : «No Michael, no work!» «Nous n'avons pas peur, nous sommes tous mobilisés», commente Albert. Il raconte comment l'électricité a été coupée dans son campement lors du dernier débrayage. «Qu'ils fassent grève. Quand ils auront faim, ils reviendront travailler», leur auraient répondu les patrons.

«Michael est notre messie», avouent plusieurs salariés de Socapalm, mécontents de leurs salaires et de leurs conditions de vie. De peur des représailles, ils restent cependant à l'écart des mouvements des ouvriers. Michael Agbor a fait également profil bas pendant plusieurs jours en janvier. Après que des représentants des autorités camerounaises lui ont glissé : «Si tu continues, on va te tuer.» Il venait de refuser l'augmentation de 3 francs CFA par régime proposée par les sous-traitants. Depuis, ses collègues lui ont conseillé de ne plus travailler dans la plantation.

Fanny Pigeaud
Libération
11/03/2008

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Vendredi 28 septembre 2007

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Hubert Védrine a encore frappé. L'ancien ministre des Affaires Etrangères a rendu son rapport sur la mondialisation au président de la République. Que trouve-t-on dedans ? Des banalités, de la langue de bois et de l'anti-américanisme. Entrons dans le détail... 

L'auteur du rapport nous assure dans l'introduction qu'entre le moment où Nicolas Sarkozy lui a confié cette mission, le 2 juillet dernier, et la remise du rapport, le 4 septembre, il a «relu l'essentiel de ce qui a pu être écrit et proposé ces dernières années sur cette question de la mondialisation». Quand on sait que tous les ans paraissent des centaines de livres et des milliers d'articles et d'études sur le sujet, son aveu nous laisse pantois. En regardant dans la bibliographie à la fin du rapport (Annexe II) on ne trouve que des rapports publics comme le rapport Beffa ou bien Gaymard ou encore Levy-Jouyet, c'est-à-dire rédigés par des hauts fonctionnaires et tous à la gloire des administrations et des politiques publiques. Il n'y a pas de trace d'ouvrages très connus et parus ces dernières années comme celui de Johan Norberg (In Defence of Global Capitalism) dont le succès international et la qualité en font une référence incontournable sur ce sujet. A l'intérieur du Rapport, Védrine mentionne un seul ouvrage, celui de Charles Cogan, «How to deal with the Grande Nation». Or, le titre réel de cette étude est French Negotiating Behavior: Dealing With LA Grande Nation et elle n'est disponible qu'en anglais. M Védrine a-t-il pu la lire, lui qui ne maîtrise pas l'anglais ? 

Le rapport (60 pages) part d'un constat correct : «Depuis une quinzaine d'années au moins, l'attitude française envers la mondialisation se caractérise par une méfiance persistante, et par un pessimisme constant des Français quant à leur devenir, leur pays, l'avenir de leurs enfants». Oui, mais à qui la faute ? M. Védrine oublie de rappeler le rôle néfaste joué par les médias, les «experts» et surtout les politiques - de l'extrême gauche à l'extrême droite - dans cette méfiance à l'égard de la mondialisation vue comme une menace. En réalité, depuis plus de 20 ans - et l'ancien ministre est tout aussi coupable - nos politiques n'ont fait qu'accuser ce phénomène (considéré comme un danger «l'ultralibéral» et une «américanisation») dans tous leurs discours et pendant toutes leurs campagnes électorales. Qui brandissait le spectre de la mondialisation féroce et le besoin de protection qui passe, bien entendu, par l'Etat et les services publics ? Toutes les campagnes électorales depuis le début des années 1980 ont tourné autour de la «protection à l'égard de la mondialisation libérale». La plus symptomatique a été celle de 2005 sur le référendum constitutionnel lorsque les deux camps, du «oui» et du «non», se battaient pour assumer le rôle de protecteur à l'égard de la mondialisation. Voter pour la Constitution signifiait disposer des moyens de cette protection tandis que voter contre était un…moyen de se «protéger contre la mondialisation»… 

Hubert Védrine critique à juste titre la stérilité et les excès idéologiques des «anti» et autres «alter» mondialisation mais tout en rajoutant une louche à l'égard des «ultralibéraux» adeptes du «catéchisme néo-libéral» et qui auraient échoué dans leur propagande pro-mondialisation. Il est vrai qu'ils ont disposé des mêmes moyens médiatiques que les anti… 

En rappelant qu'il existe des perdants de la mondialisation (si M. Védrine avait fait son travail correctement, il aurait pu nommer ces «perdants» qui sont surtout les pays fermés, les dictatures et autres régimes autoritaires enkystés dans l'économie étatique et le dirigisme administratif), l'auteur tire à la fin de ce premier chapitre une conclusion renversante : «Le but à atteindre est que les Français se convainquent que la France sait quoi faire et comment faire non plus face à la mondialisation mais dans la mondialisation». Avait-on besoin de ce rapport pour apprendre que la France devait participer à la mondialisation ? 

Le deuxième chapitre de cette première partie du rapport propose une «stratégie offensive» pour la France dans la mondialisation. En quoi consistent les propositions ? Pour notre haut fonctionnaire et énarque, la France devrait garder son réseau à l'étranger (un vrai gouffre financier, les représentations bureaucratiques à l'étranger sont plus nombreuses que celles des Etats-Unis avec les résultats que l'on sait : recul de la langue française dans le monde et du rôle de la France sur la scène mondiale) , investir dans le capital «immatériel» (sic), valoriser constamment son attractivité touristique (!), faire de Roissy la première vitrine d'accueil des étrangers (?) et, bien entendu, dépenser plus d'argent public pour la recherche et la formation… La «stratégie offensive» de la France devra se faire aussi au niveau des organisations internationales mais aussi du protectionnisme car, d'après l'auteur du rapport, tout le monde se protège… Enfin, en conclusion, il est préconisé l'organisation d'un grand «Grenelle de la mondialisation». Ah, ces coups de baguette magique grâce auxquels les palabres se transforment en actions et l'argent public devient efficace ! 

Pourquoi M. Védrine - qui affirme avoir «(re)lu l'essentiel sur la mondialisation» - n'a pas regardé un peu ce qu'ont fait les autres pays pour profiter de cet extraordinaire bouleversement mondial ? Pourquoi fermer les yeux sur les réformes faites à l'étranger, le recul de l'Etat et des administrations, l'ouverture à la concurrence des services publics, la baisse des impôts et des prélèvements qui ont libéré les initiatives privées, seules à même de s'adapter et de faire profiter les pays de la mondialisation ? 

La deuxième partie du rapport est consacrée à la politique étrangère et de défense de la France. Il préconise une «nouvelle politique» qui pourrait être définie comme celle du «ni, ni», c'est-à-dire celle qui était déjà en place. En gros, il faut continuer à faire de l'antiaméricanisme (Hubert Védrine consacre plusieurs pages à la dénonciation de la «politique américaine») tout en suggérant de faire de la «Realpolitik» sur le plan international. En gros, refaire la guerre froide avec le terrorisme international et les dictatures en espérant qu'elles vont s'écrouler seules… Il suffit de rappeler à l'expert que pendant la fameuse «Realpolitik» des années 1970, le communisme et l'URSS avaient atteint leur apogée en occupant (ou en influençant) les trois quarts du globe. C'est justement la mise en cause de cette «Realpolitik» par Reagan qui avait donné le coup d'envoi de la chute de l'Empire communiste. Le rapport met donc en garde contre un alignement sur la politique de Bush (avis aux amateurs !), suggère «l'indépendance diplomatique» et une «OTAN nouvelle». Des propositions qui font sourire tant leur incohérence est patente. N'importe quel étudiant en relations internationales sait que l'OTAN n'existe et ne peut fonctionner que grâce aux Américains, seuls capables d'intervenir militairement à n'importe quel endroit sur le globe. D'ailleurs M. Védrine était ministre des Affaires étrangères lorsque les Américains sont intervenus en mars 1999 sous l'égide de l'OTAN et à la demande de Chirac et de Bruxelles pour arrêter les massacres dans les Balkans et se substituer à une Europe complètement incapable d'éteindre une guerre sur son territoire. Pour leur remercier de ce coup de main, notre ministre a forgé à la même époque le terme d' «hyperpuissance» américaine, probablement pour mieux masquer celui d' «impuissance» française et européenne. 

Notons aussi d'autres incongruités dans ce rapport. Le problème du terrorisme est traité avec aveuglement et mépris à l'égard de ceux qui sont touchés. Il serait lié au problème palestinien (vieille salade et aveu involontaire d'inefficacité face aux problèmes terroristes) alors que l'on voit dans toutes les déclarations d'Al Qaïda que le but de cette organisation est la destruction du monde libre et capitaliste. Ensuite l' «angoisse du terrorisme» et les politiques sécuritaires seraient dangereuses (on l'a bien vu avec les attentats déjoués au Canada, au Danemark et en Allemagne). Il faudrait des Etats forts et de gouvernements puissants face à la mondialisation (Hubert Védrine semble oublier que les grands crimes de l'histoire de l'humanité ont été commis par des Etats…forts), faire de la «diplomatie transformationnelle» (sic), continuer la «politique arabe et africaine de la France» et renforcer notre ministère (contrairement à ce que dit le rapport, le budget du ministère a augmenté de plus de 20 % entre 2002 et 2006). 

En conclusion : «continuer à avoir notre propre politique étrangère, repensée et reformulée, forte et intelligible», phrase illogique car on ne peut pas «continuer» et en même temps changer. «Repensée», «reformulée», rendre plus «forte» et «intelligible» veut dire qu'avant, cette politique était : mal pensée, mal formulée, faible et inintelligible. Alors, faut-il la continuer ? 

Parmi les choses qu'oublie de mentionner Hubert Védrine dans son rapport, on peut rappeler qu'il a été Conseiller diplomatique de François Mitterrand à l'Elysée en 1981, Secrétaire général de l'Elysée à l'époque du génocide de Rwanda (il a d'ailleurs été auditionné par une commission d'enquête parlementaire sur ce sujet) et ministre des Affaires étrangères pendant la guerre des Balkans. Des périodes qu'on peut considérer - et c'est le moins que l'on puisse dire - comme assez troubles pour la France : affairisme et corruption dans la politique africaine et arabe, inefficacité et impuissance dans la politique européenne. 

Bogdan Calinescu in
http://libres.org/, le 17 septembre 2007

par Mahalia Nteby publié dans : Politique africaine
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Mercredi 26 septembre 2007

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Professeur titulaire à l’Institut des relations internationales du Cameroun (Iric), Jean Emmanuel Pondi fonde sa démarche et son parcours intellectuel sur l’Afrique d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Sa réflexion est également traversée par une recherche effrénée de la place de l’Afrique dans le monde d’aujourd’hui. Il parle de “Reine Afrique ou Racine de l’Union africaine”, et de l’avenir du continent dans une planète fortement mondialisée.
 

Comment apprécier une quarantaine d’années après, l’évolution de l’unité africaine et la distance parcourue ? 

Une des choses les plus paradoxales, quand on parcourt la pièce de façon systématique, c’est qu’on se rend compte que le débat de juillet 2007 est le même que celui de Mai 1963 à Addis-Abeba. Comment dès lors, l’Unité africaine va-t-elle se mettre en route de façon concrète ? Plus de quarante-quatre ans après le rendez-vous d’Addis-Abeba de 1963, si nous en sommes à nous poser la même question, cela veut dire qu’il y a un vrai problème quelque part ; que nous n’avons pas autant avancé que nous l’aurions souhaité. Cela veut dire qu’il faut chercher, les vraies causes des réticences des uns et des autres ; les deux groupes s’étant encore manifestés. Le groupe majoritaire de Monrovia en 1963, s’est une fois de plus manifesté à Accra en 2007. Les minimalistes, qui voulaient l’intégration africaine ici et maintenant, se sont encore retrouvés en position minoritaire. De tout cela, il ressort que, nous devons consulter à nouveau le passé, voir là où ça cloche. Il nous appartient de chercher là où se trouvent les goulots d’étranglements et les problèmes sérieux qui sont autant de freins à l’intégration africaine. Les analystes, les universitaires, doivent s’atteler à ce travail-là. Il ne s’agit plus de convoquer seulement, les hauts décideurs africains ou les seuls chefs d’Etat, mais la population africaine, pour expliquer les enjeux de l’intégration, les enjeux de l’unité. Il faut les convaincre de ce que dans le monde d’aujourd’hui, on ne peut pas s’en sortir, si on est divisé ; si nous avançons en rangs dispersés, comme des micros-Etats ; qui n’ont aucune influence sur la marche du monde de 2007. 

De nombreux lecteurs de “Reine Afrique” pensent que vous êtes du bloc de Casablanca. 

Je suis, j’ai toujours été pour l’intégration totale du continent. Cela est vrai. Nkwame Nkhrumah dans son livre “Africa must unite” a dit l’essentiel. Ce qu’il a dit en 1963, s’avère totalement vrai aujourd’hui. Plus de quarante ans après. Nous ne pouvons pas nous donner le luxe de penser que les Etats africains, individuellement pris, peuvent peser sur la marche du monde. Si d’autres pays, bien plus puissants que les pays africains ressentent le besoin de se mettre ensemble, cela veut dire que dans la dynamique intégrative, il y a plus à gagner qu’à perdre. Je ne vois pas pourquoi nous les Africains, déjà au départ relativement faibles, pouvons penser qu’on peut s’en sortir, en faisant l’économie d’une intégration continentale. Dans le même ordre d’idées, il est important pour nous, d’être réalistes, en prenant en compte les susceptibilités des uns et des autres. Ma conviction profonde est telle que, c’est la prochaine génération d’africains qui doit mener le train de l’intégration. Mais elle ne peut pas le faire, si elle n’a pas les fondamentaux que nous devons leurs inculquer. 

Quand vous parlez de la prochaine génération d’africains, cela suppose que vous ignorez ou ne faites plus confiance à celle qui est aux affaires. 

Il faut d’abord dire que la question de l’unité africaine s’aborde à plusieurs niveaux. Prenons le premier niveau, qui est celui, peut-être le plus important de la culture. L’unité africaine sur le plan culturel est une évidence. Il y a certes beaucoup de diversités, mais davantage d’homogénéité dans la culture africaine. Du Nord jusqu’au Sud de l’Afrique, on trouve beaucoup de points communs de même que de la diversité. Cela est vrai en Afrique, et vrai partout dans le monde. Ce qui nous uni culturellement, est plus important que ce qui nous différencie ou nous divise. Si on prend cela comme point de départ, la question de savoir, pourquoi l’unité politique fait problème pourrait se poser autrement. Au lieu d’apporter des réponses à cette question, on tombe dans les individualismes et les égocentrismes. Par conséquent, on s’enferme dans une lecture plus personnelle, que continentale des intérêts. Sans vouloir dédouaner les dirigeants africains actuels, on peut penser que cela est quelque part compréhensible. Beaucoup ont combattu pour être là où ils sont. Nombreux sont ceux qui ne se voient pas entrain de déléguer (parce que c’est en fait cela le nœud du problème), leurs pouvoirs pour une entité continentale dont ils ne voient pas très bien les contours. C’est cela le problème. Pour démonter ces tendances, il vaut mieux commencer à travailler sur la physionomie de ce que sera, l’Afrique intégrée. Une fois qu’on aura une vue plus claire de ses prérogatives, de sa structure, de la formation des hommes qui vont mener cette Afrique intégrée, alors, il sera plus facile de lâcher du lest. C’est un travail qui doit se faire sur la psychologie. Une fois qu’on arrive à démontrer que nous avons plus à gagner qu’à perdre dans l’intégration, la plupart des pays africains seront logiquement tentés, d’aller vers l’intégration. 

Cela ne relève-t-il pas d’un simple rêve d’intellectuel? 

Nous sommes 800 millions de consommateurs. C’est une donnée qu’il ne faut pas éluder. Dans vingt ans, nous serons un milliard de consommateur en Afrique. Il s’agit de transformer notre économie, pour qu’elle réponde aux besoins de cette importante masse de consommateurs. Ce n’est pas négligeable, quand on sait que l’Afrique dispose de toutes les matières dont elle a besoin pour se développer. C’est une révolution de l’esprit, de la pensée qui doit être envisagée. Cela ne peut pas se faire avec les seuls hauts décideurs. Tout cela n’est réalisable qu’avec les populations et les citoyens du continent. C’est à cette construction réellement continentale et citoyenne, que s’adresse cet ouvrage. Il n’est plus question de laisser le pouvoir de décision, aux seuls décideurs uniquement. Quand vous lisez l’acte constitutif de l’Union africaine par exemple, il concerne les peuples d’Afrique. Et pas seulement les chefs d’Etat, qui sont une émanation de ce peuple. Il faut que les populations soient concernées et impliquées au premier chef. On ne peut pas être l’avocat d’une cause dont on ne comprend rien. Il faut pour épouser une cause, la comprendre et l’intérioriser. C’est cette intériorisation que nous tentons de faire par des moyens divers. Comme celui-ci. L’Afrique peut-elle oui ou non, se développer, en tant qu’entité continentale ? La réponse est oui. Puisque ça s’est fait ailleurs, il n’y a aucune raison que cela ne se fasse en Afrique. 

Quelles sont les pistes de lecture de votre ouvrage, qu’on indique aux lecteurs, surtout les jeunes Africains en âge scolaire ? 

Je voudrais d’abord remercier le groupe Le Messager, pour l’initiative qui consiste à rencontrer l’auteur de l’ouvrage que je suis, pour expliquer la démarche. Mais il faut quand même dire que l’auteur ne peut pas se substituer à l’œuvre. Il s’agit d’un ouvrage pluriel par excellence. Tout est dit dans le livre. Les indications scéniques sont là. Comment faire, où placer qui et qu’est-ce qui doit être dit. Le décor est également planté. Nous invitons les troupes de théâtre (amateurs ou professionnelles) à prendre le relais ; à produire ces pièces dans le cadre des écoles, les lycées et collèges ; le cadre des universités et grandes écoles… Pourquoi pas dans le cadre des associations professionnelles et autres différents sites de travail. Nous croyons que c’est en multipliant cette connaissance de proximité, que l’on arrivera justement à implanter cette connaissance qui, est le préalable d’une action politique. Il faut disséminer cette connaissance pour que soit pris le relais, au niveau des différents groupes et auditoires. Après, on passera à une autre phase, qui est celle de la discussion. Une fois qu’on a planté le décor de ce qui s’est passé, le pourquoi ça s’est passé, devient la 2ème phase. Dans l’ouvrage, nous montrons comment ça s’est passé. Chacun peut engager la discussion sur le pourquoi ça s’est passé comme ça. Plus tard, on sera amené à s’interroger sur pourquoi, il y a eu une impasse bien souvent, dans la thématique de l’intégration africaine ? Pourquoi il y a tant de scepticisme ? Est-ce un scepticisme justifié ? Organisé ? 

Vous avez choisi de publier l’ouvrage en deux versions : le français et l’anglais 

Nous sommes enfermés aujourd’hui dans des combats linguistiques qui tentent à nous diviser, plutôt qu’à nous unir. Or, l’Africain est par nature, multilingue. Il peut aux langues qu’il connaît, en ajouter d’autres. Le débat sur la francophonie ou l’anglophonie, pour l’africain, ne devrait pas se poser, puisque nous sommes multilingues par nature. Quand une pareille œuvre est produite, il est important qu’elle soit lue au moins dans les principales langues des pays d’Afrique. Quand c’est en anglais et en français, plus de 60%, 80% des pays africains sont couverts. Nous invitons vivement les autres acteurs à prendre le relais et à produire cette pièce là où ils sont, avec les moyens de bord qui sont les leurs. L’ouvrage est publié, bien avant la tournée du président Nicolas Sarkozy en Afrique. Hors après le passage du président français, les Africains ressentent tout le besoin qui est à être solidaires. Il ne faudrait pas que les Africains considèrent que leurs vies et leurs destins se décident ailleurs qu’en Afrique. C’est une attitude dommageable à nos intérêts. Il me semble important que nous comprenions bien que, aucun président extra africain ne devrait donner le là, par rapport à nos problèmes. Ceci étant, c’est seulement dans notre capacité à nous africains, et à nos responsables de traiter et de trancher les problèmes africains que s’améliorera la condition de vie de l’africain moyen. Il faut bien recentrer le débat. Disions haut et fort que les problèmes de l’Afrique, auront une solution idoine, d’abord quand nos dirigeants s’y seront encore mieux penchés que par le passé. Pour le reste, nous vivons bien sûr dans une communauté internationale ; l’impacte des uns et des autres, ne peut avoir qu’un reflet sur la condition de l’Afrique. Mais le destin de l’Afrique doit de plus en plus se manifester et se gérer ici en Afrique. Mr Sarkozy est le président de la France. Son allégeance va d’abord au peuple français. Lorsqu’il a été élu, il est devenu responsable devant le peuple français. Il n’a nullement été question pendant sa prestation de serment, d’une quelconque allégeance par rapport aux peuples d’Afrique. Il faut une fois de plus que le débat soit recentré, que nous prenions ensemble, toutes nos responsabilités aujourd’hui par rapport au destin de l’Afrique. Le continent regarde les Africains avant tout, même s’il est vrai, qu’il est aussi tributaire du contexte international et des décisions du système international par rapport à l’Afrique. Devant l’histoire, nous avons le devoir de prendre nos responsabilités. 

Pensez-vous que l’unité du continent est ce qu’il y a de plus préoccupant pour les africains, dans un contexte fortement mondialisé ? 

Je voudrais peut-être recadrer historiquement cette œuvre. Elle a été d’abord écrite pour le sommet de l’Oua qui s’est tenu à Yaoundé en 1996. Elle a été jouée pour la 1ère fois, en ce moment là, mais n’a pas connu, un grand retentissement. Toutefois, il faut indiquer que la qualité technique des acteurs était excellente. Qu’on en parle plus aujourd’hui, montre que nous avons tous franchi un grand pas. L’unité du continent est la clef de la solution à la pauvreté de l’Afrique. Malheureusement, nous sommes les derniers en tant que citoyens d’Afrique à nous en apercevoir. Nous avons toujours les yeux rivés vers l’extérieur, pensant que les solutions à nos problèmes sont logées hors d’Afrique. D’où l’émigration qui est devenue une obsession pour beaucoup de nos populations. Je pense que la clef à nos problèmes réside en Afrique. Plus nous en sommes conscients, mieux nous allons œuvrer ensemble, en tant que peuple qui reconnaît ses diversités, qui reconnaît même ses divergences, mais qui les considère comme quelque chose de positif et de fort. Nous devons nous réjouir de nos différences et les positiver. Si nous abordons les choses de cette manière, aucun continent ne peut rivaliser avec l’Afrique. Parce que nous avons la jeunesse pour nous (plus de 50% des africains ont moins de 20 ans soit à peu près 500 millions). Cela veut dire que sur le plan des ressources humaines, nous sommes le continent du futur. Nous le sommes aussi parce que nous détenons toutes les richesses minières et matérielles qui font bouger le monde aujourd’hui. Nous sommes enfin le continent du futur parce que notre philosophie, notre approche de la vie est aujourd’hui, celle qui reste encore le plus près de ce qu’est l’homme dans son essence. Nous avons donc des atouts. Il ne nous manque plus qu’une chose : la confiance en nous-même, la croyance en l’Afrique. Tant que nous ne l’avons pas restituée, nous serons toujours l’objet des autres peuples du monde. Malheureusement. 

Interview réalisée par Souley Onohiolo in Le Messager, le 14 septembre 2007

par Mahalia Nteby publié dans : Politique africaine
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Dimanche 23 septembre 2007

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Citigroup is to host a dozen top international fund managers to a private lunch with Jacob Zuma, the deputy leader of South Africa’s ruling African National Congress, in a clear sign the markets are preparing for the possibility the controversial populist will be the country’s next president. 

Mr Zuma has made a remarkable political comeback from two scandals and is now, if not the frontrunner, one of the two clear favourites to be voted leader of the ANC at the party’s elections in December. If successful, given the party’s electoral dominance he would become the country’s president at the next national election, in 2009. 

This would be the most significant turning point in South Africa since the end of white rule in 1994. His alliance with the Communist party and the unions – last week the main union federation Cosatu endorsed his campaign – and his populist reputation have led business people to fret he would lead the country to the left and reverse President Thabo Mbeki’s market-friendly policies. 

His aides insist he would not oversee a U-turn, and as his campaign gains momentum they are making plans for a co-ordinated international marketing campaign. 

On Wednesday, the FT has learned, he faces potentially his most important audience yet when he talks about his economic policies at the Citigroup lunch. “It’s up to the Zuma camp to reach out to try to have people understand what a Zuma presidency would look like,” said Jeff Gable, head of research at Absa Capital. “Investors do not like uncertainty. They know little or nothing about what economic policy would look like under him. His job as the frontrunner now is to start speaking to the stakeholders of the economy and financial markets.” 

South Africa’s stability since the end of apartheid, its developed infrastructure and solid economic performance have attracted increasing interest from foreign investors. It is also seen as a hub for the region. Mr Zuma’s principal rival is old ally turned bitter enemy, Mr Mbeki. While he cannot run again as state president, he is pushing for a third term as party leader primarily, it is believed, to stop Mr Zuma. 

Gus Felix, the managing director of Citigroup in South Africa, said he approached Mr Zuma two months ago. “People are attending this lunch as part of many meetings in South Africa,” he said. “I know they are curious and will be taking notes.” 

Mr Zuma, 65, was Mr Mbeki’s deputy for six years but was fired after his embroilment in a corruption scandal. A graft case against him collapsed but he may face fresh charges. He was also acquitted on rape charges in a separate trial. “He is having ‘quiet’ lunches with business people so he doesn’t come across as a stranger to the world in December,” said one aide. “We are acutely aware there has been an attempt to present him as an ogre.” 

Alec Russell in Financial Times, le 23 septembre 2007

par Mahalia Nteby publié dans : Politique africaine
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Samedi 22 septembre 2007

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L’or au Mali n’est pas l’or du Mali, encore moins l’or des Maliens. Une douloureuse devenue banale constatation que la FIDH [Fédération internationale des Droits de l’Homme] vient de publier (septembre 2007) après enquête au Mali, cette "démocratie modèle" en Afrique pour les africainement corrects. Les associations semblent déchanter avec les populations locales qui s’échinent en vain en attente des fameuses retombées partout promises contre l’ouverture des économies en développement au capital étranger. Ouvertures tous azimuts dictées par Sa Science prédatrice la Banque mondiale … 

Le troisième producteur d’or africain, le Mali, dans une bonne conjecture du métal jaune n’en pointe pas moins aux dernières places du développement économique mesuré à l’aune de l’Indice de Développement Humain du Pnud. Le métal jaune y a pourtant supplanté le coton depuis quelques années comme principale source d’exportation du pays. Des exportations qui représentent de l’ordre de 90% de la production, soit un maigre reliquat pour les acteurs maliens. 

Le rapport de la FIDH met en exergue les conditions exagérément avantageuses faites aux multinationales de l’or, la difficulté à recouvrer l’impôt qui les frappe, et la faiblesse des Etats à contrôler la production, l’exportation et même les effets de pollution environnementale de cette industrie. Un aveu renseigné qui émane de la Direction nationale de la Géologie et des Mines. 

Ceci revient à dire, comme au Niger, grand producteur mondial d’uranium et parallèlement pays de grande misère matérielle, que l’exploitation des matières premières stratégiques peut se faire à des niveaux les plus élevés, sans aucun bénéfice pour les populations et pour le développement économique. 

Fraudes et évasions fiscales, corruptions des administrations, sous capacités des administrations en matière de contrôles, concourent à faire durer la tragédie géologique africaine. Tout se passe comme si une concurrence et un rush s’étaient engagés pour savoir qui braderaient le plus et le mieux les dotations naturelles africaines. Avec les institutions internationales de Bretton Woods qui veillent, à coups d’interventionnismes sur les programmes économiques et cadres juridiques biaisés au format des multinationales, cette équation de prédation n’a cessé de s’appliquer dans le monde, semant horreur et terreur économique. Même au pays de l’exemplaire général Amadou Toumani Touré, surnommé ATT, démocrate officiellement irréprochable, et qui lui incarne une nouvelle génération d’équation : élection "démocratique" écrasante, oppositions laminées et paupérisations accrue des peuples. 

Ce général salué par une certaine presse occidentale et continentale, n’a pas échappé aux critiques acerbes et impitoyables du débat électoral, sérieusement tancé dans un pamphlet dirigé contre sa personne, "ATTcratie : la promotion d’un homme et de son clan" [L’Harmattan, 2007]. Ecrit par un auteur anonyme signant "Sphinx", assez médiocre sur la forme et la qualité argumentative, ce livre s’attache à démontrer et les incompétences et les corruptions d’un pouvoir personnel et clanique au Mali. A l’arrivée, on a l’impression de se trouver … dans toutes les démocratures classiques d’Afrique, avec des élections qui se suivent et reproduisent au pouvoir les mêmes équipes dirigeantes poussives, et par ailleurs taillées en pièces dans toutes les discussions de bar… Dans ces démocratures et ATTcraties, la prédation règne en maîtresse des céans, peu importe le classement à l’indice des exportateurs mondiaux, invariablement le résultat profite essentiellement aux multinationales qui s’acquittent des droits de prédation auprès des élites politiques et administratives, et le manège recommence jusqu’à épuisement de la ressource. En période d’anticipation de la fin des rentes, comme au Gabon, au Cameroun ou Congo, les élites au pouvoir déploient des trésors d’imagination et d’indignité corruptive pour "manger" un maximum avant le début de la sécheresse. Une situation qui ne pourra pas s’éterniser. 

Agni Blé in Afrikara, le 23 septembre 2007

par Mahalia Nteby publié dans : Politique africaine
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Dimanche 2 septembre 2007

Les incompréhensions concernant l’Afrique sont multiples, le dernier discours de Nicolas Sarkozy à Dakar en apporte une preuve éclatantE. Dans les pays riches, ces malentendus sont souvent véhiculés par des médias officiels qui devraient avoir pour but d’ouvrir les yeux des citoyens sur des différences à propos desquelles il y a tant à apprendre, notamment sur une autre façon de concevoir le monde et la relation à autrui. Mais l’existence de cette autre vision du monde est dérangeante quand on veut accréditer l’idée qu’il n’y a pas d’alternative à la logique actuelle. Il est fondamental d’ouvrir les yeux sur l’Afrique, sans l’idéaliser, sans la mépriser, sans la dénaturer, mais en la respectant.

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Smithologie ? 

Stephen Smith, pour ceux qui l’ignorent, a été responsable Afrique du journal français Le Monde, journal de référence s’il en est. Il est donc un responsable éminent de l’information sur l’Afrique en France. Il a publié un livre intitulé Négrologie qui a eu l’insigne honneur de recevoir le Prix du livre d’essai France Télévisions 2004. On se dit alors qu’il ne peut être fondamentalement mauvais. Pourtant il l’est. 

L’idée-force de cet ouvrage est exprimée dès l’introduction : «Pourquoi l’Afrique meurt-elle ? En grande partie, parce qu’elle se suicide.» Selon lui, tous ceux qui défendent une quelconque authenticité africaine sont complices. Ce sont eux qu’il appelle négrologues. 

Très tôt dans son livre, Smith pourfend tous ceux qui pensent que l’Afrique a une place particulière dans le monde et est porteuse de valeurs qu’elle doit s’efforcer de préserver : «En dépit des circonstances atténuantes que l’on peut lui reconnaître, l’afro-optimisme est un crime contre l’information. On n’a ni le choix ni le droit. [...] L’Afrique au singulier existerait seulement en tant qu’abstraction, à l’instar de l’Europe, si le continent au sud du Sahara ne s’était pas abîmé dans de multiples catastrophes, affligé de nombreux fléaux, victime de lui-même. [...] Depuis l’indépendance, l’Afrique travaille à sa recolonisation. Du moins, si c’était le but, elle ne s’y prendrait pas autrement. Seulement, même en cela, le continent échoue. Plus personne n’est preneur.» 

Au fil des pages, en s’appuyant sur un pseudo-raisonnement à l’emporte-pièce, perce une haine rampante qui se pare de condescendance. Selon Smith, le monde occidental est la référence absolue et tout se mesure à l’aide de cette jauge. Il ne peut envisager que l’on refuse l’ordre établi par les pays riches : «A-t-on le droit de s’interroger sur "les capacités institutionnelles de l’État postcolonial", alors qu’il n’y a guère un aéroport en Afrique qui soit convenablement administré, plus de services postaux qui fonctionnent, que la distribution d’eau et d’électricité a dû être confiée, presque partout, à des groupes étrangers, toujours les mêmes, ces nouvelles "compagnies concessionnaires" ? Enfin, sur un continent qui n’a inventé ni la roue ni la charrue, qui ignorait la traction animale et tarde toujours à pratiquer la culture irriguée, même dans les bassins fluviaux, les coopérants doivent-ils se mordre les lèvres quand, en discutant avec leurs homologues africains, ils ont eu le malheur d’évoquer le "retard" de l’Afrique ?» L’Afrique n’est pas en retard, monsieur Smith, elle est dominée. Et les enfants d’Afrique ne se complaisent pas dans ce rôle de dominés, ils se débattent, souvent brillamment, ils imaginent, ils inventent, ils subissent, ils « débrouillent »… Mais le propos de Smith est-il vraiment surprenant quand on sait qu’il a commis en 1994 un autre livre au titre évocateur et insupportable : L’Afrique sans Africains ? 

Inégalité et différence 

Pour ne pas être accusé de prôner l’inégalité des races, Smith prend les devants… sans oublier d’ajouter quelques commentaires sympathiques comme des lames de couteaux : «Qu’est-ce à dire ? Que "les" Africains sont des incapables pauvres d’esprit, des êtres inférieurs ? Sûrement pas. Seulement, leur civilisation matérielle, leur organisation sociale et leur culture politique constituent des freins au développement, au sens littéral de ce terme dérivé du verbe latin volvere pour désigner des pays qui "tournent". L’Afrique ne tourne pas parce qu’elle reste "bloquée" par des obstacles socioculturels qu’elle sacralise comme ses gris-gris identitaires. Le succès de ses émigrés en est la meilleure preuve a contrario : ceux qui parviennent à s’échapper de l’Afrique réussissent en règle générale fort bien, et d’autant mieux qu’ils s’arrachent à la sociabilité africaine.» La civilisation matérielle est le summum des critères pour Smith, et en cela, la façon d’être de nombre d’Africains est un obstacle. Une seule issue donc pour l’Afrique de Smith : s’intégrer à la mondialisation néolibérale et consumériste, accepter les volontés de ses oppresseurs, se perdre pour leur ressembler, même si la planète ne pourrait supporter bien longtemps un mode de vie universel calqué sur celui des pays riches d’aujourd’hui. 

La solidarité objective entre les riches des pays les plus industrialisés et ceux d’Afrique est bien visible pour qui analyse le système actuel et cette colonisation subtile via la dette, mais pour Smith, rien ne différencie un Africain d’un autre Africain. Il n’ausculte pas, il ne parle qu’en terme simpliste d’opposition Nord/Sud, il frappe à l’aveugle : «D’où un sentiment d’impuissance toujours renouvelé chez nombre d’Africains, qui ne demandent qu’à croire à la conspiration permanente d’un Occident bien connu pour sa "duplicité", son "cynisme", ses "coups fourrés". C’est là le vocabulaire, passablement paranoïaque, de toute une série noire d’ouvrages sur l’Afrique qui, avec au moins une décennie de retard, font leur fiel des "scandales" imputés à l’Occident, alors que celui-ci s’est retiré du continent sur la pointe des pieds, sans même payer son ticket de sortie pour les abus réellement commis, du temps de son hégémonie incontestée. Mais comme il s’agit seulement d’ "accrocher" les pouvoirs occidentaux, le feu sacré de l’indignation ne brûle pas au sujet de la criminalisation de beaucoup d’États du continent, des trafics d’armes, de drogues ou d’êtres humains sans connexion blanche, de l’interventionnisme militaire des nouvelles puissances régionales telles que le Rwanda, l’Angola, le Nigeria, des guerres hors conventions, des exactions commises à l’égard d’opposants, des massacres d’Africains par d’autres Africains.» Et c’est tout pour Smith, pas de militaires français pour former les génocidaires rwandais, pas de Total pour faire perdurer la guerre en Angola, pas de pétrole ou de diamants achetés par des puissants au Nord qui permettent aux exactions de se poursuivre… Pourtant, les pays africains n’ont pas le monopole des exactions contre des opposants, toute l’actualité le démontre. Il n’y a donc là aucun rapport avec une certaine identité africaine. Quand on en est réduit à parler de «massacres d’Africains par d’autres Africains», c’est qu’à coup sûr, la grille de lecture n’est pas la bonne. Il se trouve que certains d’entre eux sont armés par des grandes puissances qui y ont intérêt, et que les autres subissent aussi bien les exactions que l’ajustement structurel et la pauvreté. 

La décolonisation seulement apparente, les manœuvres des anciennes métropoles pour rester aux commandes sans en avoir l’air, les compromissions des dirigeants servant ce but, furent des bombes à retardement. Le chaos a ses causes précises. Les anciens tuteurs au Nord ont une part importante de responsabilités. Il ne faut surtout pas croire que le jour où le dernier gouverneur français est parti d’Afrique, tout est redevenu comme si la France n’avait jamais pris le contrôle de pans entiers du continent. Les conséquences se font encore sentir aujourd’hui. Mais Smith accuse l’Afrique de tous les maux : «Privée de sa "rente" géopolitique, incitée à se hisser au niveau du reste du monde en matière de libertés publiques et de gestion d’État, l’Afrique s’est livrée à des violences inouïes, moins à l’encontre de ses anciens "tuteurs", souvent hors de portée, que contre elle-même. En vingt ans, un continent "bon enfant" que des hippies attardés traversaient en auto-stop sans la moindre crainte s’est transformé en une zone largement interdite, une jungle sans foi ni loi avec des clairières surprotégées, réservées aux expatriés. Crime inconnu dans le temps, nombre de "Blanches" y ont été violées, un geste vengeur que les ambassades occidentales tentent d’isoler comme un mauvais germe en étouffant le "scandale". Mais, surtout, l’Afrique s’est automutilée, s’est abandonnée à l’ultime chantage du faible : le suicide. À quel point faut-il être hors de soi, aliéné à ne plus se reconnaître, pour se grimer et s’affubler de perruques, pour abattre, brûler vifs ou écharper à coups de machette des hommes, femmes et enfants ?» Ainsi décrit, le viol semble s’être progressivement inscrit dans la culture africaine… Monsieur Smith, l’Afrique est un des territoires du système capitaliste et les peuples africains y sont mutilés et opprimés avec la complicité des dirigeants du Sud. Il ne s’agit pas d’une automutilation. Les coups portés le sont par des puissants, au Nord et au Sud, que vous servez ou que vous couvrez. 

Génocide de la pensée 

Après le viol, le génocide est une seconde nature pour l’Afrique que croit connaître Smith, l’Afrique de son invention pour alimenter ses cauchemars : «[Patrice Nganang] fait cette remarque dans un court texte, titré "La dernière station de l’imagination africaine", où le Rwanda est présenté comme le terminus d’une pensée qui se résume dans des concepts tels que "essentialisme", "négritude", "africanisé"... La prolifération de la thématique "génocidaire" partout au sud du Sahara donne, hélas, raison à Patrice Nganang : la pensée identitaire, la plupart du temps "tribale" en Afrique, cherche son ultime preuve d’existence dans la négation absolue de l’Autre qu’est le meurtre de masse.» Il ne lui traverse pas l’idée dans ce livre que la manipulation du clivage Hutu/Tutsi au Rwanda par le colonisateur belge puisse être pour quelque chose dans le génocide de 1994… Et il oublie d’écrire clairement que le génocide n’est absolument pas une spécificité africaine, il ne rappelle pas le lourd passé de certains Européens dans ce domaine, de l’Inquisition à la Shoah, des «Indiens» d’Amérique à la Bosnie, pour n’en citer que quelques-uns. Il est des non-dits coupables dans des sujets aussi sensibles que celui-là… 

Jusque là latent, le racisme anti-africain de Smith s’affirme alors, odieusement : «Comme le dit, avec son inimitable acidité, Yambo Ouologuem : "Quant au Noir, lorsqu’il devient un individu, c’est un type brillant." Mais en tant que membre d’une collectivité, que sait-il faire d’utile ? [...] La "fuite des cerveaux" prive l’Afrique de sa sève, seul reste le bois mort. Car il n’y a pas que les diplômés qui partent. Les habitants les plus dynamiques - les plus entreprenants au sens large usent de tous les moyens, légaux ou illégaux, pour émigrer dans un pays occidental. Là encore, c’est un choix rationnel, les chances de mieux gagner sa vie y étant infiniment plus grandes. Toutefois, on aurait tort de penser que le pays d’origine en profite, par exemple à travers les mandats envoyés aux parents : dans bien des cas, ces fonds rapatriés - "gratuits" comme l’aide étrangère - subventionnent, et perpétuent, des pratiques économiques condamnées, sans avenir (comme l’agriculture traditionnelle dans la vallée du fleuve Sénégal ou des investissements improductifs à Kayes, au Mali).» Selon Smith, l’Africain moyen est donc du bois mort : le lecteur sera juge. 

L’Afrique est un continent à qui on dicte depuis longtemps les règles du jeu sinistre qu’on lui fait jouer. Nombreux sont les Africains qui refusent ces règles-là. Et ils ont raison. Mais la domination est trop forte. Quand on vous fait jouer avec des règles qui vous sont absolument étrangères, le jeu tourne vite à l’anarchie. Smith n’envisage pas d’autres règles que celles du modèle dominant. Il n’envisage de système de pensée que le sien. Il n’envisage de démocratie qu’à l’occidentale, où 50,1 % des individus qui se sont déplacés aux urnes, convoqués trop rarement après des campagnes électorales coûteuses et très contrôlées sur le plan médiatique, donnent à quelques notables la possibilité de décider pour tous, sans aucune possibilité de les révoquer et de les contraindre à rendre des comptes aux électeurs… Il n’envisage de richesse que financière. Il n’envisage de réussite que sociale et matérielle. Alors forcément, nombreux sont ceux en Afrique qui ne se reconnaissent pas dans cette façon de voir, et qui refusent ce modèle. Ce refus, qui est donc profondément une affirmation, est considéré par Smith comme un recul : «Les explorateurs, et tous les étrangers qui les ont suivis depuis, ont basculé les Africains dans un monde que ceux-ci ne reconnaissent pas comme le leur. N’est-ce pas la raison profonde pour laquelle l’Afrique, au lieu d’avancer, recule ? Ou, plus précisément, n’avance que sous la contrainte extérieure, hier coloniale, aujourd’hui tutélaire (FMI, Banque mondiale, États donateurs, etc.) ? Le développement, l’État, le rang du continent dans le monde, même la santé publique ou l’éducation nationale ne sont pas, en Afrique, le souci du plus grand nombre. C’est "une affaire de Blancs", comme on dit couramment en Afrique francophone. En somme, ce serait seulement la suite logique d’une erreur historique d’aiguillage ayant mis le continent sur une voie de garage. Au lieu de s’épuiser à vouloir rattraper les "maîtres de la terre", hier les colons, aujourd’hui les "mondialisateurs", les Africains se sont enfermés dans un passé réinventé et idéalisé, une "conscience noire" hermétiquement scellée. [...] tant que les Africains ne comprendront pas qu’ils ne peuvent pas baigner dans le liquide amniotique de leur « authenticité » tout en se lamentant de l’absence d’eau chaude et d’électricité, ils seront obligés de "détourner" leur destin : en volant des deniers publics, en tuant le "temps des Blancs" et ceux de leurs "frères" qui s’y inscrivent pour bâtir une existence, laborieuse mais honnête. Les "négrologues" sont pires que la "négrologie" : l’Afrique se meurt d’un suicide assisté.» Il semblerait donc qu’un Africain authentique ne puisse pas avoir l’eau chaude, et que la meilleure issue pour l’Afrique selon Smith serait de s’épuiser à rattraper ses oppresseurs… Quel programme séduisant ! 

Degré zéro 

Le suicide assisté dont parle Smith est le degré zéro du raisonnement. Cette affirmation sous-entend que l’Afrique, par ce qu’elle est, veut sa propre perte. Or l’Afrique n’est pas homogène. Il n’y a pas en Afrique une entité pensante unique. Les enfants d’Afrique sont tous différents. Dans l’histoire de la pensée, l’attitude qui consiste à parler d’un continent de façon monolithique s’est toujours révélée être une faute intellectuelle majeure. Smith n’y échappe pas. Avec le même manque affligeant de rigueur que lui, on pourrait faire un livre intitulé Francologie pointant les différentes dérives de responsables français et leurs implications dans tant d’affaires peu glorieuses comme les détournements d’Elf… Quiconque examine les dictatures violentes en Amérique du Sud pendant les années 1970 et 1980 pourrait facilement faire un livre intitulé Latinologie et se tromper tout aussi lourdement… 

La logique défendue par Smith est exactement celle des grandes puissances et de la dette. En s’attaquant aux Africains et à l’Afrique, il exonère les puissants de leurs responsabilités. Il était au Rwanda en 1994, il a vu la France soutenir le pouvoir génocidaire puis favoriser l’évacuation des assassins par l’opération Turquoise. Cela ne l’empêche pas de défendre avec acharnement la position française. Les propos d’un journaliste du Nouvel Observateur, Laurent Bijard, en mai 2004, dix ans plus tard, sont troublants : «J’ai honte que la France n’admette toujours pas sa responsabilité, alors que tous les autres l’ont fait, y compris les États-Unis et la Belgique. Et je n’ai plus trop d’espoir... surtout quand je vois que des confrères, comme Stephen Smith, continuent à soutenir la France. J’étais avec Smith au Rwanda, nous avions les mêmes opinions, et il ne se gênait pas pour les exprimer. Aujourd’hui il a complètement changé de discours, je ne me l’explique toujours pas... » Smith est un serviteur de l’ordre établi, celui des puissants d’aujourd’hui. 

Il méconnaît lourdement le passé du continent, pourtant révélateur d’un continent qui avait atteint un haut niveau de développement politique, social et culturel avant que la traite des esclaves et la colonisation par les puissances européennes n’amorcent le déclin du continent. Par exemple, «aux 13e et 14e siècles, la ville de Tombouctou était plus scolarisée que la plupart des villes analogues en Europe». La plus ancienne université au monde, dont la création remonte au 9e siècle, avant celle de Bologne ou de la Sorbonne à Paris, est l’université Quaraouiyyîn, à Fès au Maroc. Dans la prestigieuse cité yorouba d’Ifé, au Nigeria, qui a dominé la région entre le 12e et le 15e siècle, les recherches archéologiques ont permis de découvrir des sculptures en terre cuite puis en bronze d’un style inconnu, dont la perfection et le réalisme idéalisé était largement comparable à l’art classique de la Grèce antique. 

Smith fait semblant de croire que l’Afrique est déconnectée de son passé, notamment d’opprimée, et des forces économiques mondiales, qu’elle décide de tout ce qui lui arrive. Qu’elle se pilote elle-même. Et qu’elle choisit librement le suicide. L’Afrique des peuples n’est pas libre mais ce n’est pas parce qu’elle refuse de l’être et qu’elle préfère ses chaînes. Elle subit le rapport de forces mondial. Elle subit la volonté du FMI, de la Banque mondiale, des multinationales, des dirigeants africains. Elle est mise en coupe réglée. Elle ne se suicide pas, on tente de l’exécuter. Et il ne manque pas d’Africains, hommes et femmes, jeunes et vieux, pour agir au quotidien afin que les peuples d’Afrique choisissent leur propre voie vers la réalisation des droits humains. C’est à leur côté que nous nous battons. 

Pour comprendre l’Afrique, quel meilleur conseil que de lire ses écrivains et ses intellectuels ? De Franz Fanon à Wolé Soyinka, de Cheikh Anta Diop à Aminata Traoré, de Mongo Beti à Ngugi Wa Thiong’o, de Ken Saro-Wiwa à Joseph Ki-Zerbo, de Dennis Brutus à tant d’autres, la littérature africaine est une mine d’or pour l’esprit, loin du déluge erroné et malodorant de Smith. 

Laissons la conclusion à l’écrivain André Gide, qui ne fut pas un hippie attardé traversant l’Afrique en auto-stop : «Moins le blanc est intelligent, plus le noir lui paraît bête.» 

Par Damien Millet in CADTM, le 19 Août 2007

Nous recommandons la lecture de Négrophobie, le livre-réponse de Boubacar Boris Diop, Odile Tobner et François-Xavier Verschave aux insanités distillées par Stephen Smith.

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par Mahalia Nteby publié dans : Politique africaine
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Tibet: Le piège tendu par les Occidentaux à la Chine


Aucune autre occasion n'aura été si belle pour les Occidentaux, comme celle offerte par les Jeux Olympiques de Pékin, pour s'essayer à des basses manœuvres de déstabilisation de la Chine par des manipulations en tous genres comme ce qui se passe aujourd'hui. Déplacer une question de géostratégie sur le terrain des droits de l'homme, on l'a vu avec l'Irak ou l'Afghanistan, est une ruse utilisée par les Occidentaux pour initier le chaos. Cette fois-ci, la question est de savoir s'ils ne risquent pas gros en s'attaquant au géant chinois.

Le réveil de la Chine ainsi que celui d'autres pays comme l'Inde est perçu, par les Occidentaux, comme un affront, une réelle menace qui constitue une atteinte à leur dignité. Situation que l'orgueil occidental ne saurait trop accepter et qu'il faut combattre par tous les moyens. Une preuve de plus qui trahit les bonnes intentions des occidentaux lorsqu'ils abordent la question du "Bien-être" de l'humanité. Tout dans les intentions et les incantations.

La crise qui sévit aujourd'hui au Tibet est parmi les possibles instruments et moyens de rétorsion dont les Occidentaux useront sans scrupules d'en abuser, pour essayer de contrer et faire face à la puissante machine chinoise, dont l'avancée a pour conséquence d'écarter, de faire vaciller la condescendance de l'Occident dans les territoires qui leur servent de sources d'approvisionnement et qu'ils considèrent comme conquis à jamais. Ainsi la Chine est, depuis quelques années maintenant, considérée comme le grain de sable qui vient enrayer la mécanique d'oppression occidentale, habituée à broyer et mettre à mal les économies africaines par exemples.

Les informations ci et là relayées dans les médias occidentaux de la situation au Tibet et les condamnations unanimes des puissances occidentales sont de nature en induire en erreur le citoyen lambda qui ne prendrait pas en compte la question d'approvisionnement en matières premières et autres énergies [la géostratégie], pour se contenter de scruter l'argument fallacieux et fantaisiste des droits de l'homme que les Occidentaux balancent à tout va. LOoccident peut-il lui-même se targuer de garantir les droits de l'homme sur son territoire ?

Pourquoi l'Occident ne met-il pas le même entrain à donner l'autonomie aux Basques qui la réclament du gouvernement espagnol, aux Bavarois qui veulent la sécession d'avec le pouvoir central allemand ou aux Corses qui sont en perpétuel mouvement pour se séparer de la France ?

Espérons simplement que les "états africains" dont les équipes participent aux jeux olympiques ne suivront pas l'hystérie occidentale en boycottant les Jeux ou leur ouverture, se privant ainsi d'un contrepoids qui, s'ils sont malins, les sort de l'asphyxie dans lequel l'Occident les plonge depuis des lustres.

Mboa Nguila
100 langue de bois
19/03/2008

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