Communiqué n°007/PDT/BDP/CAB relatif à la situation au Mali
En date du 22 mars 2012, à cinq semaines du scrutin présidentiel, un coup d’Etat conduit par des éléments se revendiquant du Comité national pour le redressement de la
démocratie et la restauration de l'Etat (CNRDR) a renversé le gouvernement légitime du Mali, dirigé par le Président Amadou Toumani Touré. Les putschistes ont justifié le renversement des
institutions démocratiques par la défaillance du gouvernement dans le traitement de la rébellion Touareg, déclenchée à la mi-janvier 2012, qui a infligé de lourdes pertes à l’armée malienne,
provoqué l’exil de plus de 126.400 personnes et vu la dématérialisation de l’intégrité territoriale du Mali.
Il existe une corrélation évidente entre la guerre menée par
l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en 2011 en Libye et l’avancée fulgurante de la rébellion, qui bénéficie de moyens accrus et occupe dorénavant les villes de Kidal, Gao et
Sango.
LIDER condamne toute forme de coup d’Etat et de rébellion.
LIDER rappelle que la première atteinte à la légalité
constitutionnelle malienne a été la désintégration de la souveraineté territoriale du Mali du fait du déclenchement de la rébellion Touareg.
LIDER souhaite que toutes les atteintes à l’ordre constitutionnel
malien, à savoir la désintégration du territoire et le coup d’Etat, soient prises en compte dans le règlement urgent et global du problème.
LIDER recommande que toutes les parties prenantes acceptent de
travailler dans le cadre de la Constitution malienne.
Pour ce faire, LIDER demande aux membres du CNRDR de libérer les
ministres, serviteurs et autres commis de l’Etat mis aux arrêts et de rétablir l’armée dans son rôle institutionnel.
LIDER souhaite que le Président Amadou Toumani Touré assume ses
responsabilités jusqu’au dernier jour de son mandat ou, à défaut, programme la vacance du pouvoir telle que prévue par la Constitution malienne.
LIDER suggère aux institutions restaurées de prendre en compte les
revendications légitimes formulées par l’armée dans la solution constitutionnelle transitoire globale.
LIDER conseille aux autorités légales maliennes issues de la
solution transitoire globale d’engager sans tarder des négociations franches avec les rebelles Touareg pour éviter l’éclatement définitif du Mali.
LIDER préconise que l’intégrité territoriale du Mali soit restaurée
avant l’organisation d’élections.
LIDER souhaite que les choses soient réglées dans
l’intérêt exclusif du peuple malien, de la façon la plus pacifique, pour un retour à la démocratie qui a caractérisé le Mali ces 20 dernières années, avec pour objectif la préservation de
l’intégrité territoriale du pays.
LIDER invite la communauté internationale – et plus spécifiquement
l’Organisation des Nations Unies (ONU) et l’OTAN – qui s’est fortement impliquée dans la guerre en Libye, à urgemment assumer pleinement son rôle dans la gestion et l’éradication de ses
conséquences concrétisées par la malheureuse situation malienne.
LIDER demande à la CEDEAO de poursuivre ses efforts dans le sens de
la médiation.
LIDER attire l’attention de la CEDEAO sur l’existence du même
problème Touareg au Niger, qu’il serait judicieux d’intégrer dans le cadre d’une solution sous régionale globale.
LIDER appelle tous les acteurs de la crise à faire preuve de retenue
et de sagesse, dans l’intérêt du peuple malien et de la stabilité sous régionale.
LIDER continuera de mettre en œuvre ce qui est en son pouvoir pour
la résolution pacifique de la situation au Mali.
Fait à Abidjan le 31 mars 2012
Pour la Direction du Parti
Mamadou KOULIBALY
Président de LIDER
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