Dimanche 1 avril 7 01 /04 /Avr 07:32


carte mali


Communiqué n°007/PDT/BDP/CAB relatif à la situation au Mali


En date du 22 mars 2012, à cinq semaines du scrutin présidentiel, un coup d’Etat conduit par des éléments se revendiquant du Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat (CNRDR) a renversé le gouvernement légitime du Mali, dirigé par le Président Amadou Toumani Touré. Les putschistes ont justifié le renversement des institutions démocratiques par la défaillance du gouvernement dans le traitement de la rébellion Touareg, déclenchée à la mi-janvier 2012, qui a infligé de lourdes pertes à l’armée malienne, provoqué l’exil de plus de 126.400 personnes et vu la dématérialisation de l’intégrité territoriale du Mali.

Il existe une corrélation évidente entre la guerre menée par l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en 2011 en Libye et l’avancée fulgurante de la rébellion, qui bénéficie de moyens accrus et occupe dorénavant les villes de Kidal, Gao et Sango.

LIDER condamne toute forme de coup d’Etat et de rébellion.

LIDER rappelle que la première atteinte à la légalité constitutionnelle malienne a été la désintégration de la souveraineté territoriale du Mali du fait du déclenchement de la rébellion Touareg.

LIDER souhaite que toutes les atteintes à l’ordre constitutionnel malien, à savoir la désintégration du territoire et le coup d’Etat, soient prises en compte dans le règlement urgent et global du problème.

LIDER recommande que toutes les parties prenantes acceptent de travailler dans le cadre de la Constitution malienne.

Pour ce faire, LIDER demande aux membres du CNRDR de libérer les ministres, serviteurs et autres commis de l’Etat mis aux arrêts et de rétablir l’armée dans son rôle institutionnel.

LIDER souhaite que le Président Amadou Toumani Touré assume ses responsabilités jusqu’au dernier jour de son mandat ou, à défaut, programme la vacance du pouvoir telle que prévue par la Constitution malienne.

LIDER suggère aux institutions restaurées de prendre en compte les revendications légitimes formulées par l’armée dans la solution constitutionnelle transitoire globale.

LIDER conseille aux autorités légales maliennes issues de la solution transitoire globale d’engager sans tarder des négociations franches avec les rebelles Touareg pour éviter l’éclatement définitif du Mali.

LIDER préconise que l’intégrité territoriale du Mali soit restaurée avant l’organisation d’élections.

LIDER souhaite que les choses soient réglées dans l’intérêt exclusif du peuple malien, de la façon la plus pacifique, pour un retour à la démocratie qui a caractérisé le Mali ces 20 dernières années, avec pour objectif la préservation de l’intégrité territoriale du pays.

LIDER invite la communauté internationale – et plus spécifiquement l’Organisation des Nations Unies (ONU) et l’OTAN – qui s’est fortement impliquée dans la guerre en Libye, à urgemment assumer pleinement son rôle dans la gestion et l’éradication de ses conséquences concrétisées par la malheureuse situation malienne.

LIDER demande à la CEDEAO de poursuivre ses efforts dans le sens de la médiation.

LIDER attire l’attention de la CEDEAO sur l’existence du même problème Touareg au Niger, qu’il serait judicieux d’intégrer dans le cadre d’une solution sous régionale globale.

LIDER appelle tous les acteurs de la crise à faire preuve de retenue et de sagesse, dans l’intérêt du peuple malien et de la stabilité sous régionale.

LIDER continuera de mettre en œuvre ce qui est en son pouvoir pour la résolution pacifique de la situation au Mali.
 

Fait à Abidjan le 31 mars 2012

 

Pour la Direction du Parti

 

Mamadou KOULIBALY

Président de LIDER

 

Par Mahalia Nteby - Publié dans : Politique africaine
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Vendredi 2 mars 5 02 /03 /Mars 12:53

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Les populations ivoiriennes dans leur ensemble font à nouveau face au phénomène incommodant des délestages électriques dans certaines zones du pays et sont victimes d’un trafic usurier de carburant frelaté, signe évident d’une gestion chaotique des ressources énergétiques de la Côte d’Ivoire.

 

Le délestage empoisonne la vie quotidienne des Ivoiriens

 

Plusieurs quotidiens ivoiriens font état cette semaine de coupures intempestives d’électricité sur l’ensemble du territoire national. Bien plus, d’après nos propres enquêtes et expériences, il ne se passe pas un seul jour depuis le 18 décembre 2011 sans qu’à un moment de la journée, l’électricité ne fasse défaut dans différentes communes d’Abidjan et localités de l’intérieur du pays.  A titre d’exemple, pendant la CAN 2012, des matchs de l’équipe nationale n’ont pas pu être suivis en direct à la télévision par certains de nos compatriotes, faute d’électricité. Egalement, les délestages récurrents et aléatoires ont des conséquences très graves sur le traitement des malades dans les hôpitaux et centres de santé en Côte d’Ivoire, sans que les dirigeants du pays ne s’en émeuvent.

 

La Compagnie Ivoirienne d’Electricité (CIE), en situation d’entreprise protégée, ne juge pas utile d’informer au préalable les usagers de ses interruptions de service, sans pour autant être rappelée à l’ordre ou inquiétée par le gouvernement ou les agences de régulation du secteur.

 

La productivité des Ivoiriens est mise à mal par le déficit énergétique consécutif à la mauvaise gestion des ressources naturelles et énergétiques. On se souvient que déjà en 2010, les mêmes causes avaient provoqué le ralentissement de la productivité, et donc la diminution du travail dans les entreprises. En 2012, les coupures répétitives d’électricité ont également des conséquences substantielles sur les PME et les ménages, qui ne peuvent pas exercer leurs activités professionnelles (tailleurs, coiffeurs, mécaniciens, soudeurs, restaurateurs, tenanciers de maquis etc.) et perdent leurs outils de travail et appareils ménagers, souvent endommagés par les modulations intempestives de tension. La perte de denrées alimentaires, abîmées pour cause d’interruption de la chaîne du froid, affecte également familles et commerces.

 

Cette crise énergétique gangrénant la qualité de vie des habitants et plusieurs activités économiques est mal gérée par le gouvernement, qui annonce pourtant tabler cette année sur une croissance économique de 8% pour soutenir ses réformes, alors que la réalité est reflétée par le taux de croissance négatif enregistré en 2011 (-5,8%), le sous-emploi et les mises en chômage en cascade qui se multiplient. Les Ivoiriens, enfermés dans la paupérisation, ont donc raison de s’inquiéter.

 

Différents  prix du carburant dans un seul et même pays

 

Des sources concordantes font état de la flambée des prix du carburant dans l’ex-zone CNO (Centre, Nord et Ouest), autrefois occupée par la rébellion.

 

Pour mémoire, Alassane Ouattara, à travers des communiqués publiés alors qu’il était dans l’opposition, s’insurgeait contre les augmentations du prix du carburant, qu’il qualifiait de mépris pour les populations ivoiriennes souffrant déjà de la stagnation des revenus.

 

C’est le lieu de rappeler à ces passagers d’hier, devenus aujourd’hui capitaines du même bateau Ivoire, qu’ils naviguent à vue depuis bientôt un an, sans aucune réduction, aussi infime soit-elle, du prix du carburant. Pis, ce dernier flambe même dans les zones qui, il n’y a pas longtemps, étaient sous leur contrôle.

 

Récemment, la décision prise par le gouvernement de clore les frontières Nord au carburant frauduleusement introduit de l’extérieur, sans pour autant assurer le ravitaillement légal de la zone, a fortement fait grimper le prix de l’essence, qui atteint 3000, voire 4000 FCFA le litre dans certaines localités du Septentrion ivoirien. Les répercussions sur les populations ont été telles qu’elles ont eu raison de la volonté des décideurs, qui ferment désormais les yeux sur le trafic illégal transfrontalier des hydrocarbures.

 

Aujourd’hui, après la réunification virtuelle et médiatique du pays, tout porte à croire que personne, en dehors de quelques individus tapis dans les salons feutrés d’Abidjan ou d’ailleurs, ne maîtrise le système d’approvisionnement de ces produits essentiels. Cette situation aboutit au développement du commerce de carburant frelaté, pour le malheur des automobilistes, motocyclistes et autres laissés-pour-compte de cette zone et pour le plus grand bonheur de ceux dont les comptes en banque se remplissent grâce à ces agissements illicites.

 

En lieu et place des solutions miracles et des promesses mirobolantes de lendemains meilleurs énumérées par le candidat Alassane Ouattara lors de pompeux discours de campagne, c’est plutôt une précarisation grandissante qui est infligée aux Ivoiriens depuis son accession au pouvoir.

 

LIDER ne saurait rester silencieux face à de telles atteintes au bien-être du peuple ivoirien, qui a déjà suffisamment souffert de la crise postélectorale et mérite mieux que ces manquements pénibles qui ne semblent pas préoccuper le président de la République, toujours entre deux avions ou dans sa douillette résidence privée éternellement en reconstruction, coupé de la réalité à laquelle sont confrontés ses concitoyens.

 

LIDER s’inquiète du silence profond et de la partialité de l’Etat face à ces atteintes graves au bien-être social et économique des populations et condamne cette attitude qui favorise le chômage et l’appauvrissement des ménages et des entreprises.

 

LIDER rappelle au gouvernement sa mission consistant, entre autres, à veiller et travailler à la mise en adéquation des besoins des populations – entreprises comprises – et des ressources énergétiques à leur allouer. Par ailleurs, il l’invite à jouer son rôle et à s’assurer du «respect de la gestion des normes et spécifications des produits pétroliers, du contrôle de la qualité de ces produits, et de la lutte contre la fraude», comme cela figure sur le site Internet du ministère des Mines et de l’Energie.

 

LIDER convie le président Alassane Ouattara à honorer le serment qu’il a pris de protéger les droits des citoyens et à respecter son engagement à mettre un terme aux souffrances des populations de Côte d’Ivoire.                      

 

Fait à Abidjan le 2 mars 2012

 

Pour la Direction du Parti

 

Y. Kone (Lider 130)

Délégué National à l’Energie et au Développement durable

 

Par Mahalia Nteby
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Mercredi 22 février 3 22 /02 /Fév 23:48

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Azaguié assiégée pendant plusieurs heures par un commando / Appelées au secours par les populations terrorisées, les forces de l’ordre ne bougent pas.

 

L’enfer s’est abattu sur Azaguié dans la nuit du jeudi 16 au vendredi 17 février 2012, lorsque la ville qui a vu naître Mamadou Koulibaly a été assiégée pendant de longues heures par un commando de plus de cinquante personnes armées de kalachnikov.

C’est une population d’Azaguié-Ahoua encore sous le choc que la délégation de LIDER, conduite par M. Lancina Karamoko et venue apporter soutien et compassion aux victimes au nom de son Président et des militants, a rencontré ce mercredi 22 février à 9 heures.

La première personne que nous rencontrons est M. Martin Kouadio Kouakou, qui relate ainsi sa mésaventure: «Je suis instituteur à l’EPP Ahoua 4. Ce jeudi 16 février 2012, aux environs de minuit, ma famille, comme plusieurs habitants d’Azaguié, s’est levée pour recueillir de l’eau à la pompe. Il faut noter que la SODECI (Société de distribution d’eau) n’arrive pas à fournir convenablement de l’eau courante aux populations. Il faut attendre généralement minuit ou 1 heure du matin pour avoir de l’eau au robinet. C’est à ce moment précis que j’ai entendu un bruit assourdissant chez mon voisin, suivi des pleurs de ses enfants. Le temps de comprendre ce qui se passe, la porte de ma maison est également fracturée et des hommes en tenues militaires font irruption dans le salon, prenant toute la maisonnée en otage. Pendant environ 40 minutes, on m’a ligoté les mains et les pieds. J’ai été frappé et blessé au front avec une hache. Ma femme et mes enfants ont subi le même sort. Même mon bébé de 9 mois n’a pas été épargné. Nous avons été dépouillés de nos biens, notamment cellulaires et argent liquide. Nous sommes encore sous le choc et nous attendons avec impatience la fin de l’année scolaire pour quitter Azaguié».

Puis il a conclu en ces termes : «Dites au Président Mamadou Koulibaly de dire au Président de la République, M. Alassane Ouattara, que tant que la question sécuritaire n’est pas réglée dans ce pays, tous les projets de réconciliation et de relance de l’économie sont voués d’avance à l’échec. Je le dis par rapport aux propos tenus par nos agresseurs qui, sans gêne, nous ont dit que c’est pour eux, militaires non retenus dans l’armée, la seule façon de se prendre en charge».

M. Albert Brawadje est la prochaine victime visitée. Le discours est le même, mais ce dernier donne beaucoup plus de précisions sur les assaillants : «C’était un commando de plus de 50 personnes. Ils sont restés chez moi durant 1h et 40 mn. Ils ont attaqué de façon simultanée douze familles, dont la plupart sont des fonctionnaires en activité mais aussi des retraités et un opérateur économique. Chose curieuse, la gendarmerie, appelée au secours, n’a pas bougé. C’est seulement le lendemain à 15 heures que les forces de l’ordre sont arrivées pour faire les constats. Notez que M. Jean Kemo, agent de l’ANADER à la retraite, a eu le bras et la jambe fracturés. Il est hospitalisé en ce moment au CHU de Cocody. C’est vous dire le niveau de violence avec laquelle le commando a opéré par endroit. L’opération a duré de minuit à 3h du matin».

Au cours de cette expédition punitive qui fait suite à la visite que le président de LIDER a effectuée à Azaguié le weekend précédent (les 11 et 12 février) et lors de laquelle il a échangé avec de nombreux interlocuteurs, grand nombre de violences contre des enfants et des adultes et pillages ont été perpétrés. L’on ne peut s’empêcher de se poser la question de savoir si ces graves méfaits ne sont pas en relation avec la volonté clairement exprimée par les populations d’Azaguié de voir Mamadou Koulibaly briguer le mandat de maire lors des prochaines élections municipales.

Toujours est-il que face à l’inertie des autorités administratives et militaires de la localité, tous les fonctionnaires d’Azaguié, dans un élan de solidarité, ont décidé d’observer, en guise de protestation et d’avertissement,  deux jours d’arrêt de travail les mardi 21 et mercredi 22 février 2012.

Mahalia Nteby le 22 février 2012

Par Mahalia Nteby - Publié dans : Côte d'Ivoire
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Mercredi 22 février 3 22 /02 /Fév 21:37

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Le 6 mai 2012, Alassane Dramane Ouattara achèvera sa première année à la tête de la Côte d’Ivoire. Dans le microcosme RHDP en général et RDR en particulier, l’on pourrait s’attendre à de nouveaux feux d’artifice dans le ciel abidjanais, à l’image de la «fête des lumières» célébrée par le couple présidentiel à l’occasion de la fin d’année 2011.

 

Un constat s’impose pourtant: Au lieu du million d’emplois promis lors de sa campagne électorale de 2010, ce sont plutôt des milliers de chômeurs en plus qu’Alassane Ouattara a déversé en Côte d’Ivoire depuis son accession à la magistrature suprême il y a près d’un an maintenant. En effet, à peine installé au pouvoir, le nouveau président a procédé à des purges impressionnantes dans l’Administration et les entreprises publiques, sous prétexte d’en réduire les effectifs jugés pléthoriques. Cela pourrait être louable si les personnes licenciées ou mises au chômage n’étaient pas automatiquement remplacées par des militants nordistes de Ouattara et de son clan, ou par des membres de leurs familles. Il ne s’agit donc pas de nécessaires opérations de dégraissage ou de mises au chômage technique, mais bel et bien d’un nouveau concept créé par le pouvoir en place, qui se fait au nom des nordistes de Côte d’Ivoire : le chômage ethnique. Selon le secrétaire général adjoint de l’Union Générale des Travailleurs de Côte d’Ivoire (UGTCI), ce sont près de 80.000 employés qui avaient, au mois d’août 2011, perdu leurs emplois des suites de la crise postélectorale.

 

La tribu comme premier critère qualifiant

 

Les dernières manœuvres en date sont celles opérées, entre autres, au sein du Port Autonome d’Abidjan, de la Radio Télévision Ivoirienne (RTI), du ministère de la Construction, de l’Assainissement et de l’Urbanisme et de la Société des Transports Abidjanais (SOTRA), où plus d’un millier de personnes ont été mises sur la touche pour être supplantées par des gens qui partagent tous des caractéristiques communes : avoir la bonne religion, être originaire de la bonne région, militer au bon parti et appartenir au bon clan.

 

Ce tribalisme d’Etat domine également l’affectation des cadres politiques aux dépens de la compétence et de l’éthique : après plusieurs dizaines de nominations ethniques, Ouattara, lui-même originaire du Septentrion, envisage ainsi installer un autre nordiste au perchoir de l’Assemblée nationale. Confronté à ce sectarisme par des journalistes français, le président ivoirien a, sans sourciller, admis qu’il était au pouvoir pour faire du rattrapage ethnique. Loin de s’offusquer de ces propos outranciers et dangereux, le partenaire gouvernemental du RDR se mure dans un silence d’autant plus complice que son président Henri Konan Bédié est l’inventeur du pernicieux concept de l’ivoirité, totalement en phase avec le principe de la préférence ethnique pratiqué par son ex-adversaire.

 

Les Ivoiriens et la communauté internationale mesurent-ils la  gravité des propos tenus par le Président Ouattara et sont-ils conscients des conséquences des politiques qui s’en suivent ? Ceux qui se réjouissent de l’apartheid tribal pratiqué par Ouattara et les nordistes qui assistent en silence à l’instrumentalisation de leur groupe ethnique se rendent coupables de complicité de purification et de division durable de la Nation ivoirienne en construction. Ce genre d’attitudes et de paroles maintient les populations dans un cercle vicieux de violence et de vengeance. Il est important de rappeler aux partisans du repli identitaire qui s’apprêtent à célébrer bruyamment et en grande pompe l’an Un de l’accession de leur champion à la présidence que le plus fort d’aujourd’hui ne demeurera pas indéfiniment en position d’écraser tous les autres. Nul ne peut se maintenir éternellement au pouvoir. Un jour, le règne de Ouattara prendra fin. Et après lui, les Dioula sont-ils prêts à affronter le regard et la revanche des autres Ivoiriens contre lesquels la politique de rattrapage ethnique a été élaborée et mise en place ? Sont-ils amnésiques au point d’avoir oublié comment les Baoulé ont plus ou moins disparu du paysage lorsque Bédié a perdu le pouvoir ou comment les Bété se terrent depuis la chute de Gbagbo ?

 

Les graves dérives langagières et politiques du gouvernement mettent en danger le peu de cohésion sociale qui subsiste et hypothèquent l’avenir des populations qui aspirent enfin au progrès, à la paix et à la prospérité. Afin d’éviter les ravages d’une nouvelle poudrière identitaire plus meurtrière que celle que le pays vient de connaître, il est donc plus que temps que les Ivoiriens responsables refusent de se laisser instrumentaliser par des individus pernicieux,  uniquement préoccupés par le bien-être de leur clan, et rejettent sans ménagement tous les partis politiques au sein desquels le repli ethnico-tribal n’est pas inlassablement combattu.

 

Abidjan, le 22 février 2012

 

Mamadou Koulibaly

Président de LIDER

Liberté et Démocratie pour la République

 

Par Mahalia Nteby - Publié dans : Côte d'Ivoire
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Mardi 1 novembre 2 01 /11 /Nov 22:44

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Réconciliation. Le mot à la mode en Côte d’Ivoire. Il revient à toutes les sauces. Les tenants du pouvoir et leurs adversaires d’hier font comme si la réconciliation était une affaire essentiellement religieuse : il suffit pour s’en convaincre de prêter attention à la terminologie utilisée à longueur de journée : pardon, repentance… La réconciliation va bien au-delà de cela et contrairement à ce que pensent certains, il ne suffit pas d’en parler pour que ça se passe. C’est un sujet difficile, dont le galvaudage n’est pas seulement irritant, mais également dangereux.

Les ravages causés par la guerre, la division et le tribalisme, utilisés sans vergogne par Alassane Ouattara, Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo comme moyens de conquête et de rétention du pouvoir, ne sont ni imaginaires, ni superficiels. Aujourd’hui encore, sept mois après l’installation dans la violence de monsieur Ouattara à la tête de l’Etat, des Ivoiriens sont obligés de se rendre à l’hôpital pour soigner des blessures physiques. Aujourd’hui encore, des gens sont sans domicile fixe et contraints de squatter chez des parents ou amis, parce que leurs maisons ont été brûlées, détruites, pillées ou sont occupées par des assaillants. Aujourd’hui encore, des pans entiers de la population ont inscrit profondément dans leurs têtes qu’ils ont, à cause de l’origine ethnique, l’appartenance politique ou religieuse des uns ou des autres, un ennemi à l’intérieur de leurs foyers, de leurs entreprises, de leurs frontières. L’animosité est tenace, la méfiance têtue, la peur enracinée.

Il est donc évident qu’il va nécessiter plus, beaucoup plus qu’une commission instituée à la va-vite, selon une hypothèse biaisée, pour une période de deux ans pour panser les stigmates du peuple de Côte d’Ivoire. Un simple coup d’œil vers les pays ayant mené avec succès un processus de réconciliation aurait pourtant dû suffire à mieux inspirer les dirigeants ivoiriens : l’Afrique du Sud avait confié la supervision de cette lourde mission à Monseigneur Desmond Tutu, personnalité crédible, acceptée aussi bien par les bourreaux que par leurs victimes ; au Rwanda, le processus de réconciliation a duré dix-sept ans !

Des points importants sont occultés, sans que quiconque ne semble s’en inquiéter : Quel est le budget que l’Etat va consacrer à la réconciliation ? Quelle méthodologie sera utilisée ? Qui va juger quoi ? Les viols, les crimes contre l’humanité, la planification de la guerre, les homicides volontaires, les actes de torture et de barbarie, les pillages, les atteintes aux biens doivent-ils tous être jugés indifféremment par les mêmes juridictions ? Quelles seront les compétences de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR) ? A-t-elle un objectif de répression ou est-elle plutôt un moyen de recherche de la vérité ? Et jusqu’où ira la volonté de vérité ? Inclura-t-elle les casses de la Bceao, le massacre des gendarmes d’Agban, les bombardements de Bouaké et Abidjan en 2004 et 2011, le détournement du cacao ivoirien en direction du Burkina Faso, les exactions commises par les FRCI, l’occupation des terres et des plantations par les populations des pays voisins, les relations avec le Burkina Faso, le Ghana, le Libéria et la France ? La CDVR sera-t-elle autorisée à rendre des jugements ? Et si oui, quelle sera la peine maximale qu’elle sera habilitée à administrer ? N’y a-t-il pas une nécessité de confier le processus à des personnes de bonne réputation, reconnues pour leur intégrité ? Le choix de Charles Konan Banny, homme politique disqualifié d’office par son bilan de premier ministre qui a largement contribué au désastre actuel et sa lourde responsabilité dans le scandale des déchets toxiques, pour conduire le processus ne voue-t-il pas immédiatement ce dernier à l’échec ?

Quelle part sera consacrée à l’éducation ? Parce qu’il va bien falloir remanier les programmes scolaires pour faire comprendre à nos enfants que le Sénoufo, le Wê, le Bété, le Baoulé, le Burkinabé n’est pas un ennemi et leur inculquer l’amour de soi, l’amour du prochain dès leur plus jeune âge. Il va bien falloir faire évoluer le vocabulaire des hommes politiques et ringardiser l’usage des mots comme «autochtone», «allogène». Il va bien falloir former les personnels qui seront chargés de conduire le processus, préparer les populations à son déploiement, voire les éduquer, si l’on choisit de les engager activement dans la démarche. Quel équilibre trouver entre une réparation indispensable et une justice dérisoire?

Cette pléiade d’interrogations souligne, si besoin est, la complexité de la question. La tâche est titanesque et demande un réel dépassement de soi. La thématique de la réconciliation n’est pas l’apanage du gouvernement ni d’une commission. Tout le monde doit se serrer les coudes et prendre part au processus. Il s’agit d’un enjeu national. Alors, à quand la mise en place de plateformes informelles, constituées de commissions mixtes gouvernement – opposition ? A quand l’implication des populations, de la société civile ?

Pour avoir une chance de surmonter le traumatisme de la division, de la terreur et de la mort semé consciencieusement par les trois ténors de la politique ivoirienne, c’est tout le paradigme de la réconciliation qui doit être étudié et pris en compte. Mais la légèreté avec laquelle le sujet est abordé, la façon dont l’emphase est mise sur l’aspect politique et médiatique au détriment de la recherche d’une véritable union sociale laissent dubitatif quant à la volonté réelle de réconciliation d’Alassane Ouattara, étant entendu que celle-ci est subordonnée à trois préalables auxquels le président de la République ne trouve aucun intérêt : la justice, la sécurité et les libertés.

 

Mahalia Nteby le 31 octobre 2011

Par Mahalia Nteby - Publié dans : Côte d'Ivoire
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Déclaration

Un mois après la chute de Laurent Gbagbo, la presse ivoirienne dans la tourmente 

   mains

Un mois tout juste après l’arrestation de Laurent Gbagbo et l’accession au pouvoir d’Alassane Ouattara, la situation de la presse en Côte d’Ivoire demeure problématique. Si certains journalistes menacés ont finalement pu reprendre le travail, les journaux d’opposition, favorables à l’ancien chef de l’Etat, ne paraissent toujours pas. Les locaux du quotidien Notre Voie, proche du Front populaire ivoirien (FPI, parti de Laurent Gbagbo) sont même occupés par des éléments armés.

Reporters sans frontières exprime sa déception et demande aux nouvelles autorités d’agir rapidement pour restaurer un climat de confiance chez les journalistes et surtout permettre aux journaux d’opposition de préparer leur retour en kiosques.

"L’absence de presse d’opposition porte un coup très dur à la liberté de la presse en Côte d’Ivoire. Dans ces conditions, nous craignons que ne se développe le règne de la pensée unique. Le gouvernement d’Alassane Ouattara suscite des attentes dans le domaine du respect des libertés. Il doit les satisfaire", a déclaré l’organisation.

Aucune disposition officielle n’empêche les journaux d’opposition de paraître, mais le saccage des rédactions des quotidiens Notre Voie et Le Temps ainsi que l’incendie criminel de leur imprimerie ont créé des dommages très conséquents. De plus, la rédaction de Notre Voie est depuis quelques temps occupée par des soldats des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) qui interdisent l’accès des lieux aux journalistes.

"Cette situation est tout à fait nouvelle. Dans le passé, les locaux du Patriote, quotidien favorable à Alassane Ouattara, avaient été attaqués et détruits, mais jamais occupés comme le sont ceux de Notre Voie aujourd’hui. Nous ne comprenons pas le comportement des FRCI qui violent de façon flagrante le droit des employés de ce journal de se rendre sur leur lieu de travail", a estimé Reporters sans frontières.

Dans un discours prononcé au Conseil national de la presse, le 3 mai 2011, à l’occasion de la vingtième Journée internationale de la liberté de la presse, le ministre de l’Intérieur et de la Communication, Hamed Bakayoko, a eu des mots peu rassurants vis-à-vis des médias. Sa déclaration s’apparentait plutôt à une mise en garde. "La liberté oui, mais elle a ses limites. La liberté a une certaine frontière. On ne parle plus de liberté quand elle transcende certaines valeurs. Des gens avaient pensé que l’impunité était sans limite. Il faut qu’ils réalisent que ce n’est plus possible. On ne peut pas déstabiliser le tissu social simplement parce qu’on est journaliste. Nous n’allons pas accepter que la presse enfonce la Côte d’Ivoire. La presse porte une responsabilité importante dans cette crise. Les journaux et les journalistes ont voulu être aux avant-postes des politiques, ils ont voulu aller plus loin que les politiques", a-t-il déclaré.

D’autre part, Reporters sans frontières déplore la persistance dans la presse ivoirienne d’articles désignant certaines personnalités à la vindicte populaire. Le 10 mai 2011, le quotidien Nord-Sud a publié une photo du directeur de publication de Notre Voie, César Etou, pour illustrer un article intitulé "César Etou attise le feu de la haine". Le quotidien reproche au journaliste d’avoir contacté des organisations de défense des droits de l’Homme pour se plaindre du manque de respect des droits de Simone Gbagbo et de son entourage depuis leur arrestation.

En attendant la reprise de la Radio-Télévision Ivoirienne (RTI), Reporters sans frontières exhorte Télévision Côte d’Ivoire (TCI) à se comporter comme un média de service public en arrêtant de diffuser les slogans de campagne du candidat Ouattara et des chansons qui font son apologie. La TCI avait été créée par le camp Ouattara dans une démarche de résistance, elle doit désormais s’adresser à tous les Ivoiriens depuis qu’elle remplace la RTI et qu’Alassane Ouattara est devenu chef de l’Etat

Dans la mesure où l’espace audiovisuel n’est pas encore libéralisé en Côte d’Ivoire, les nouvelles autorités devraient préciser quel est le statut exact de la TCI. Reporters sans frontières rappelle qu’au moment de sa création, début 2011, il s’agissait d’un média pirate.

Enfin, l’organisation prend acte de la transformation du Conseil national de la communication audiovisuelle (CNCA) en Haute autorité de la communication audiovisuelle. La nomination de l’ancien ministre de la Communication, Ibrahim Sy Savané, à la tête de cette institution apparaît comme un signe d’ouverture prometteur. Reporters sans frontières espère que cette nomination va donner un coup d’accélérateur à la réforme libéralisant l’espace audiovisuel.

Reporters Sans Frontières
Le 10 mai 2011

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